‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 155 sur 214 · GOUDRON · texte numérisé non relu

GOUDRON

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lines. L’eau le dissout à peine, mais se colore en jaune, acquiert l’odeur et la saveur du Goudron et prend une réaction acide. Cette dissolution est employée sous le nom d 'Eau de Goudron.

L’Eau de Goudron était jadis préparée par macération (Goudron, 10; eau, 300). La liqueur ainsi obtenue était âcre, acide, peu colorée, d’une saveur désagréable. Magnes-Lahens a proposé de la faire avec du Goudron préalablement divisé dans du sable ou de la sciure de bois de Sapin. Ce modus faciendi a été adopté par le formulaire des Hôpitaux militaires et parle nouveau Codex, qui prescrit : Goudron , 5 ; sciure, 15 ; eau, 1,000. Cette formule très rationnelle permet de soustraire au Goudron tous ses principes solubles ; elle fournit une liqueur sapide, aromatique, térébenthinée, un peu âcre et qui est assez facilement supportée par les malades.

L’eau de Goudron contient surtout de la Pyrocatéchine, que l’on y reconnaît par divers moyens : 1° le perchlorure de fer lui donne une coloration vert foncé , passant bientôt au noir , mais qui devient rouge, par addition de potasse et enfin violette ; 2° le bichromate de potasse lui fait prendre une coloration brunâtre. Ces réactions sont caractéristiques.

Péraire a retiré du Goudron plusieurs produits, dont un liquide, incolore, très odorant, nommé Rèsinèone et qui paraît, dans certains cas, pouvoir remplacer le Goudron avec

avantage.

En distillant le Goudron de bois, on en obtient : 1° de l’eau contenant do l’acide acétique et divers alcaloïdes ; 2° une huile plus légère que l’eau ; 3° une huile plus épaisse et plus dense que l’eau.

U Huile légère bout de 70° à 250°; de 70° à 100°, elle donne de Y Acétate de méthyle , de Y Acétone, de Y Alcool métliylique, un peu de Benzine; de 100° à 150°, elle distille de YOxyde de mésityle , de la Benzine, du Toluène, du Xylène ; de 150° à 200’, elle fournit du Cumène, d’autres hydrocarbures, et divers principes oxygénés : Phénol, Crésol, etc.

h' Huile lourde renferme quelques hydrocarbures plus

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légers que l’eau, de la Créosote, du Capnomore (?), du Pyroxanthogène (?).

Outre les hydrocarbures et les dérivés métliyliques cidessus, le Goudron parait renfermer : Phénol , Crésol, A Icool phlorylique, Acide oxyphénique, Ga'iol, ITomopyrocatéchine, Créosol. Le mélange de ces divers corps est, encore aujourd'hui, appelé Créosote. C’est à la présence de l’acide oxyphénique, qu’est due la coloration bleue, offerte par le Goudron et par certains vinaigres de bois, sous l’influence de l’ammoniaque et du percblorure de fer (Dict. de chimie , de Wurtz).

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Bien qu'il soit moins fréquemment employé qu’autrefois, le Goudron *o< est encore prescrit, soit à l'extérieur, sous forme de pommades, soit à l'intérieur, en capsules et en pilules. Il paraît devoir son activité surtout au phénol et à la créosote qu'il renferme et possède ainsi des propriétés antiseptiques manifestes. Il agit comme un irritant sur la peau i et sur les muqueuses; son ingestion, à dose élevée, provoque de la gastro- 18' entérite, et l'inflammation des reins; à trop forte dose, il peut déter- u miner la mort, au milieu des phénomènes de l’empoisonnement par le phénol (Rossbach). 11 est recommandé contre les maladies de la peau, quand elles sont localisées et chroniques : eczéma , psoriasis, prurigo. ■> Préconisé en inhalations contre la broncho-blennorrhée, il ne semble ®j pas agir autrement que les baumes, les résines et les substances em- . pyreumatiques.

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On substitue souvent, au Goudron et à la Poix noire, la | Poix et le Goudron de houille. Ces derniers produits ont une couleur noir verdâtre, vus en lame mince ; leur odeur est très désagréable et leur réaction alcaline. La Poix et le Goudron véritables, vus en lame mince, . sont de couleur I brun-rouge ; leur odeur est forte, mais assez aromatique, et leur réaction est acide, ce qui est dû à l’acide pyroligneux, dont le Goudron contient toujours une certaine quantité.

Le Goudron de houille ou Coaltar donne, par la distillation, nn grand nombre de produits solides, liquides ou gazeux, les uns neutres ( Benzine , Toluène, Naphtaline, Paranaphtaline, etc.), les autres acides ( acides : Phénique, Rosolique, etc.), ou enfin basiques ( Ammoniaque , Aniline, Quinolêine, etc.). Il ne contient pas de paraffine. C’est à l’acide phénique qu’il doit sa puissance désinfectante

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