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GOUDRON

et parasiticide. On l’emploie seul, ou mélangé au plâtre pulvérisé, ou enfin associé à la saponine (Coaltar saponinè).

On substitue également au Goudron véritable, le Goudron minéral et celui que, dans les fabriques d’acide pyroligneux, l’on retire de la distillation du bois. Celui-ci est moins résineux ; il contient aussi moins d’essence et d’huiles fixes.

Le Goudron minéral est fourni par les bitumes naturels (asphalte, pétrole, naphte, etc.) et par la distillation des schistes bitumeux ou de la tourbe. Ce dernier renferme, selon Yolil : résidu d’asphalte ou cambouis, créosote, paraffine, acide phénique et Turfol ou Huile de tourbe , composée elle-même de plusieurs hydrocarbures (Dorvault).

L’Acide phénique/P/^o/, acide Carbolique: Gr> II 5 , OII) est un corps solide, incolore, cristallisable en longues aiguilles rhomboïdales, transparentes. Il fond à 34° - 35° et bout à 187°-188°; il a une densité de 1,065, à la température de 18°. Il n'est pas déliquescent, lorsqu’il est pur (le Phénol ordinaire doit sa déliquescence à la présence du crésol); son odeur est analogue à celle de la créosote. Il coagule l’albumine, attaque et blanchit l’épiderme, s’oppose au développement des organismes inférieurs et empêche la putréfaction des substances animales. Il n’agit pas sur le tournesol, se dissout dans 20 p. d’eau et est soluble dans l’alcool, l’éther, l’acide acétique cristallisable.

Découvert par Runge, qui l’appela acide Carbolique , il fut préparé à l’état de pureté par Laurent, qui étudia ses propriétés et qui lui donna le nom d 'Hydrate de phénylc ou acide Phénique (de epatveo, j’éclaire) à cause de son extraction des huiles de houille provenant de la préparation du gaz d’éclairage. Il est produit dans un assez grand nombre de réactions et le castoréum d’Amérique lui doit son odeur; mais on l’extrait à peu près exclusivement des huiles de houille distillant entre 150° et 200°.

Sa présence est décelée par plusieurs réactifs :

1° 1/3000 donne une coloration bleue, par le chlorure de chaux, un précipité brun, par l’acide sulfurique et le bichromate de potassium ;

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2° 1/2000 prend une coloration violette, par le perchlorure de fer ;

3o 1/6000 est coloré en brun, par l’acide azotique;

4° 1/15500 fournit un précipité jaune, par l’eau de brome.

Le Phénol existe sous deux états, dans le commerce :

1° KYètat cristallin ; il est alors incolore ou plus ou moins coloré en rouge, selon son degré de pureté : on doit le choisir incolore. Il exhale une odeur empyreumatique spéciale, a un goût piquant, fond à 25°~30°, bout à 180°; il se dissout dans 50 p. d’eau froide et en toutes proportions, dans l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, la glycérine.

2° A l 'état liquide ; c’est un liquide brun rougeâtre, plus ou moins transparent, d’une odeur fortement empyreumatique. Il se dissout à peine dans l’eau, davantage dans l’alcool et surtout dans la soude caustique liquide, bouillante. On le réserve pour la médecine vétérinaire et pour les fosses d’aisance; il contient environ 50 0/0 d’acide phénique pur.

L’acide Phénique a été essayé contre des affections diverses, mais surtout comme désinfectant, pour l'usage externe et il fait la base du pansement de Lister. i | L

Il a été prescrit, à l’intérieur, sans donner de résultats bien concluants; aux doses de 0,05 à 0,15 par jour ; il semble que l’on pourrait aller jusqu’à 0,3 et même 0,5 par jour. j

On l'a employé, en inhalation, contre les sécrétions putrides des muqueuses, dans la gangrène pulmonaire, dans la diphthérie,et en lotions contre le gaie, le pytiriasis, etc. Mais l’action vénéneuse exercée par le Phénol et la facilité avec laquelle il est absorbé, à travers la j( peau intacte , doivent rendre très prudent et très réservé dans son emploi. On a constaté, en effet, des cas de mort provoqués par des badigeonnages faits sur la peau, avec une solution de Phénol. Cette substance pénètre rapidement dans la masse sanguine, quelle que soit la manière dont elle a été employée et se retrouve d'abord dans le sang, ensuite dans l’urine, sous forme de composés divers et, entre autres, à l’état d'acide Phenyl-sulfurique. Selon Baumann, si l'on administre du sulfate de soude, en même temps que du Phénol, il se produit un Phénol-sulfate , qui n'est pas toxique.

L’action du Phénol ne semble pas être cumulative, car il est rapide- | ment éliminé par les reins. A une dose non mortelle (0,5 à 2,0), 011 ! observe: vertiges, stupéfaction légère, bourdonnement d'oreilles, fourmillements, sentiment de faiblesse, avec sueur abondante, diminution < du pouls, et abaissement de la température. La dose "de 1-2 gr, peut devenir funeste, d’ailleurs, chez les femmes et les enfants. A dose élevée

CREOSOTE

(5-20 gr.), la mort est rapide; elle est précédée d’un sentiment d’ivresse, de perte de connaissance, d’affaiblissement du cœur et d’insufrisance de la respiration.

Créosote

La Créosote (de xpéxç, chair; oojÇco je conserve) a été retirée du goudron de bois de Hêtre, par Reichenbach. Elle a été l’objet d’un grand nombre de travaux. Sous le nom de Créosote, on trouve, dans le commerce, des liquides de nature et de composition differentes et qui se ressemblent seulement, par leur solubilité dans la potasse, leur point d’ébullition fixé vers 200° et leur propriété antiseptique.

Certaines Créosotes ne renferment guère que du phénol ; d’autres contiennent du phénol et du Crèsylol. Selon Hlasiwetz et Barth, la Créosote du goudron de Hêtre serait une combinaison de Créosol (CsHlü02) avec un hydrogène carboné. Friscli la regarde comme une combinaison phénylée du créosol. Enfin, pour Notlmagel, c’est un mélange de Gayacol (G7 H8 O2) et de Créosol. Ce dernier auteur, dit que la Créosote du goudron de Pin est composée de Gavacol, de Créosol, de Crésol et de Phénol.

Purifiée par des distillations successives, la Créosote se présente sous forme d’un liquide huileux, incolore, de saveur brûlante, très caustique, d’odeur forte, désagréable. Elle a une densité de 1.037 à 1,040, bout à 203° et n’est pas solidifiée par un froid de — 270. Peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther, le sulfure de carbone, la potasse, etc., elle dissout le soufre, le phosphore, les résines, les matières grasses, etc. L’acide sulfurique la colore en pourpre.

Rust indique les moyens suivants, pour la distinguer de l’acide phénique et de la créosote du Goudron de houille :

1° — En mêlant 15 p. de phénol et 10 p. de collodion, on obtient une masse gélatineuse , tandis que 15 p. de créosote de Hêtre et 10 p. de collodion se mélangent en un liquide transparent et fluide.

2° — En traitant le perchlorure de fer par l’ammoniaque, jusqu’à ce qu’il se produise un précipité persistant, on obtient une liqueur que la créosote du goudron de houille colore en

Cauvet, Mat. méd. 20

CONIFERES

çQG

Me* ou on violet, tandis que la créosote du goudron de Hetre la colore d’abord en vert, puis en brun.

Selon Morson,le mélange de créosote et d acide phêniqicç c,t reconnu, en mêlant parties égales delà créosote suspecte et de glycérine : si la créosote est pure, les deux liquides ne se mélangent pas ; si elle contient une assez forte proportion de phénol, les liquides se mêlent en une dissolution limpide.

L’addition d'alcool à la créosote en diminue la densité; on reconnaît aussi cette fraude par la distillation : 1 alcool passe

le premier.

Si on l’a mélangée avec des huiles fixes ou volatiles , du capnomor , du picamare, de l’eupione, sa densité est affaiblie : l’acide acétique, qui dissout la créosote et non les autres substances, permet de reconnaître ces dernières.

La Créosote est un antiseptique puissant et un caustique énergique. Elle attache et détruit rapidement l’épiderme et coagule 1 albumine. Selon Bucholz, une solution de Créosote au 1/1003 empêche le développement des Baclériës, et une solution au 1/100 détruit leur pouvon reproducteur. Mais l’incertitude de composition des diverses créosotes et l’impossibilité de compter sur leurs effets iont, le plus souvent, préférer le phénol à ls. créosote.

On l’a prescrite contre les vomissements, dans les cas de sténose du pylore, contre la diarrhée, dans la blennorrliee bronchique La dose varie de 1/4 de goutte à 1 goutte, plusieurs fois par jour, soit eu émulsion, soit dans des véhicules mucilagmeux, des capsules, etc.

Bouchard et Gimberl la préconisent contre la plitlnsie pulmonaire et disent avoir guéri, par ce moyen, des cas de tuberculose commençante, en donnant la Créosote à la dose de 0,40 par jour. ,

La Créosote est employée contre la carie dentaire et Ion s en esl

servi comme hémostatique.

Noir de fumée. — En brûlant les résidus des Conifères et recueillant la fumée dans une chambre, dont l’unique ouverture est fermée par une toile, on obtient une poudre noire, très fine, nommée Noir de fumée. Etant calciné en vase clos, le noir de fumée se débarrasse de l'huile empyreumatique qu’il contenait et forme un charbon très pur.

D à itt ni à t'

résine Dammar provient d’arbres

appartenant à deux ,

DAMMAR

familles différentes : les Dammara orientalis et australis (Conifères), le Shorea robusta (Diptérocarpées). Ce dernier arbre produit une résine communément appelée Dammar de l'Inde et que l’on substitue à celle des Dammara.

Le Dammar du Shorea est transparent, incolore ou jaune, inodore, insipide, soluble dans l’éther, la térébenthine et les huiles fixes. Cette résine est vendue surtout dans les bazars de l’Inde et n’est guère importée en Europe.

Ijes Résines fournies par les Dammara sont au nombre de 3 ou de 4.

1° Le Dammar des Indes (Dammar Pîèti et Dammar Batu de Guibourt) est produit par le D. alba , Rumph. (D. orientalis , Lamb.), arbre d’Amboine et des îles voisines. Cette résine découle des branches, sur lesquelles elle forme des stalactites plus ou moins grosses, d’abord incolores, puis d’un jaune foncé. Elle se présente, dans le commerce, en masses irrégulières, de grandeur variable, jaunâtres ou peu colorées, transparentes, à cassure vitreuse, conchoïdale, d’une densité de 1,04 à 1,09, friables et donnant une poudre blan che. Elle se ramollit à 73° (Dulk) et fond à 150°.

Complètement soluble dans l’acide sulfurique froid, d’où l’eau la précipite, elle se dissout dans les huiles et en partie seulement dans l’alcool absolu et dans l'éther.

L’alcool faible en extrait environ 1/3 d’une matière fusible à 50°, et capable de s’allier aux bases ( acide Dammar ylique . G45 H37 O4). Le résidu, traité par l’alcool absolu, lui abandonne une substance (anhydride Dammar yliquel) fusible à 00° et donnant, avec les bases, les mêmes sels que l’acide Dammarvlique. Ce qui reste des traitements précédents cède à l’éther 1 ? du poids primitif de la résine; la matière dissoute (Dammar y le : C10H32?) est une poudre inodore, fusible à 190°. Enfin, le résidu laissé par l’éther étant soumis à l’action de l’essence de Térébenthine, celle-ci en sépare une substance verdâtre, fusible à 215° (If é mi hydrate de Dammar yle : G 15 II30?).

2° Le Dammar austral ou Dammar de la Nouvelle- Zélande (Kauri ou Koui'i des indigènes; A ustralian Copal) Australian Dammar , Kauri resin, Kauri Gum,

CONIFÈRES

Coiodie Gum, des Anglais), est produit par le D. australis, Don (Kauri Fine, des Anglais), grand arbre de la Nouvelle Zélande, où il est récolté par les Maoris. Il découle du tronc, mais paraît être recueilli aussi dans le sol (is a fossil resin , Holmes).

Cette résine arrive en morceaux de grandeur variable et pouvant atteindre un poids de 8 kilogrammes; elle est jaune pâle ou verdâtre, parfois opaline, transparente, sauf à l’extérieur, où elle offre une croûte opaque et terreuse, et parfois aussi au centre, qui est alors nébuleux. Elle est résistante, difficile «à briser, avec une cassure brillante et glacée, sur laquelle la pointe d’un couteau glisse sans l'entamer; sous la dent, elle se ramollit un peu et offre un goût térébenthine; inodore à froid, elle dégage une odeur de térébenthine et de Carvi, quand on la frotte, ou qu’on la pulvérise.

Le Dammar austral est soluble dans l'alcool bouillant et dans l’essence de Térébenthine; il se dissout aisément dans l’essence d’Eucalyptus. Suivant Thomson, il est composé de deux résines : une acide ( Ac . Dammarique : Cso H30 O7); une neutre (Dammar ane : C40 H30 0°).

3° Le Dammar de la Nouvelle-Calédonie est analogue au précédent. Il est fourni par le D. Moori , L.

Dans son article Résines de Dammara, Guibourt parle d’un Dammar aromatique , dont on ne trouve aucune mention dans G. Planchon, dans Dorvault, ni dans le catalogue de Holmes.

Il est donc à croire que la présence de cette résine, dans le commerce, pendant un certain temps, a été en quelque sorte accidentelle. Nous n’en parlerons pas.

Le Succin (Ambre jaune, Karabè) est une résine fossile, dont l’origine est inconnue, mais que l’on suppose provenir d’une Conifère éteinte, à laquelle Gœppert a donné le nom de Pinites succinifer. On pense qu’il découlait du tronc de ces arbres à la manière du Dammar, du Copal, etc., et que, d’adord assez fluide pour empâter, dans sa substance, les In-

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