‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 171 sur 214 · VU · texte numérisé non relu

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EUPHORBE PILUUFERE

Fig. 319. — Feuille (l'Euphorbe pilulifère.

vers le sommet de la feuille, le côté droit est plus développé que le gauche, d’où l’aspect trapéziforme. Cette constitution spéciale est, naturellement, accompagnée d’une distribution particulière des nervures secondaires : le côté gauche offre, en effet, deux à trois nervures secondaires saillantes, issues de la base de la nervure médiane en des points très rapprochés et qui s’élèvent parallèlement au bord, jusqu’au voisinage de l’extrémité supérieure du limbe ; de la base de la nervure médiane, liait, sur le côté droit , une seule nervure secondaire, qui suit étroitement l’extrême bord de la feuille; mais, à partir du quart ou du tiers inférieur du limbe, deux à trois nervures secondaires se détachent successivement de la nervure médiane et s’élèvent, en s’incurvant parallèlement au bord de la feuille; vers le tiers supérieur du côté gauche, une à deux nervures secondaires se détachent de la nervure médiane.

Ces diverses nervures donnent naissance à des rameaux, qui se subdivisent eux-mêmes en ncrvilles (lîg. 320) de plus en plus déliées et dont les divisions ultimes, diversement recourbéesen crosse, finissent par embrasser de peti ts amas de parenchyme.

Comme, sur la lace supérieure de la feuille, les nervures et leurs fines ramifications se dessinent en creux sur le pa— renchj me, celui ci forme une infinité de très petites saillies» qui donnent à cette face un aspect chagriné. Cette disposition

I°io. 320 — Portion d ■ la l'ace supérieure d'une feuillo de 1 lOupliorbe pilulifère très grosde. pour montrer la division ultime des nervilles,

EUP1I0RB1ACÉES

singulière des nervures et de leurs divisions, jointe à la saillie concomitante du parenchyme interposé et à la coloration brun rougeâtre de la face supérieure, semble absolument caractéristique. L’on doit toujours chercher à en déterminer l’exis tence, même sur les débris de feuilles. Sur la face inférieure, qui est de cou - ' leur vert jaunâtre pâle, les nervures sont saillantes et les plus grosses d’entre elles , surtout la ner- j vure médiane , ; sont garnies de poils droits, as- i sez courts.

Examinée sur une section transversale (fig. 321), la Tige de VE. pi- , lulifeva se montre composée des éléments ci-après: ; Ecorce très mince; Bois relativement développé; Moelle affaissée, laissant un vide assez grand au centre de l’axe,

i . qui est flstuleuxi

^conci,.Périderme affaissé, mal défini, formé de cellules brunâtres, irrégulières, aplaties et paraissant n être que des cellules corticales eu voie de destruction. Couche corticale (a) peu développée, à six ou huit rangs de cellules grandes, ovales, allongées tangentiellement, celles de la couche la plus intérieure à peine plus petites que les autres. Liber composé d'éléments de deux sortes : L Fibres disposées en une

Fig. 3?i. — Section transversale de la lige de l’Euphorbe pilulifère.

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zone discontinue, immédiatement appuyée sur la couche corticale, et dont les éléments, groupés sur une, rarement deux rangées, sont épais, aplatis tangentiellement et pourvus d'un lumen linéaire; 2o Parenchyme libérien , formé de six à huit rangées de cellules (b) polyédriques irrégulières, beaucoup plus petites que les cellules corticales et pourvues de parois relativement épaisses.

Bois: Le boisfcj est composé d'éléments de trois sortes : i° Fibres ligneuses disposées en faisceaux très étroits, rectilignes, ne comprenant guère que deux, trois ou quatre séries radiales de fibres. Ces dernières sont un peu plus grandes que les cellules du parenchyme libérien; leurs parois sont plus épaisses et leur cavité centrale est relativement développée. Elles se montrent comme une sorte de dentelle, à éléments polyédriques, inégaux. 2o Rayons médullaires le plus souvent rectilignes, formés d'une série simple de cellules à peine distinctes des libres, niais dont le grand diamètre est tantôt radial, tantôt tangentiel; rarement ces cellules sont à peu près carrées. 3° Vaisseaux tous de même grandeur, sauf au voisinage de l’étui médullaire, où ilssemblent plus petits et où ils sont constitués par des trachées déroulables. Ces vaisseaux sont beaucoup plus grands que les libres ambiantes et répartis en séries linéaires radiales, ordinairement distinctes, plus rarement rapprochées en groupes bien définis. Ceux que l'on trouve dans le bois propre semblent être tous ponctués ; quelques-uns de ceux qui occupent le voisinage des trachées offrent des ponctuations linéaires assez grandes, pour qu'on puisse les dire rayés. Examinées sur une coupe longitudinale, les fibres ligneuses se sont montrées assez longues, appoinlies à leurs extrémités et pourvues de quelques rares ponctuations.

Moelle : Comme on l'a vu, la moelle est toujours très réduite, et le canal médullaire est occupé par un espace vicie. Les cellules de la moelle, qui bordent le canal, ne semblent pas être affaissées et la plupart contiennent des granules amylacés subarrondis ou ovales, mesurant de 1,5 à 2 et rnème 3 centièmes de millimètre. Les plus extérieures de ces cellules ont une cavité aussi grande que celle des trachées voisines; les plus intérieures sont beaucoup plus larges; toutes ont des parois très minces.

De l’examen ci-dessus ressortent comme caractères de la tige : 1° l’étroitesse de l’écorce, l’absence de suber propre, la présence de fibres libériennes immédiatement juxtaposées au parenchyme cortical et qui sont disposées en une zone concentrique discontinue, formée par une, rarement deux rangées de fibres; 2“ la constitution du bois composé de fibres à parois assez peu épaisses, groupées en faisceaux rectilignes, très étroits, que séparent des rangées simples de cellules des rayons médullaires, à peine distinctes des fibres ligneuses. Quant à la distribution des vaisseaux, en séries généralement simples, on peut l'invoquer comme caractère, mais il ne semble pas qu’il faille lui donner une grande importance.

Examinée sur une coupe transversale, la Racine ne diffère de la tige’

Cauvet, Mat. mèd.

EUPHORBIACÈES

que par un petit nombre de caractères, dont le plus important, sans contredit, est l’absence de moelle et, par suite, de vide central.

Le périderme est plus développé; les cellules corticales extérieures sont affaissées ; les moyennes, plus grandes que les autres, mais plus petites, cependant, que les cellules correspondantes de la tige. Ces cellules sont toutes allongées tangentiellement et irrégulières. Le liber ne présente pas de fibres ; il paraît formé exclusivement par des cellules irrégulières, un peu tangentielles, plus gi’àndes et plus épaisses que celles du parenchyme libérien de la lige.

Le bois offre la même constitution que celui de la tige; mais les fibres et les cellules des rayons médullaires sont un peu plus grandes ; ces dernières sont le plus souvent tangentielles. Quant aux vaisseaux, ils sont tous ponctués, généralement assez rapprochés les uns des autres et disposés en séries radiales; quelques-uns sont groupés en petits amas de trois ou quatre. Ceux qui occupent le centre delà racine sont plus petits que les autres.

Par sa structure spéciale, la racine de YE. pilulifera parait se différencier aisément des racines de la plupart des plantes employées en médecine. Celle de l’Ipécacuanha strié semble s’en rapprocher. Elle s’en distingue, par son écorce

incomparablement plus épaisse, surtout par son bois dépourvu de rayons médullaires et de vaisseaux nettement définis.

Les caractères physiques et microscopiques des diverses parties, qui constituent l’ensemble de YE. pilulifera du commerce, ne permettent donc pas de confondre cette drogue H avec une autre. Si cette plante possède réellement les pro- ,, priétés qu’on lui attribue, il sera facile de la distinguer! des substances qu’on pourrait lui substituer.

Les propriétés médicinales de YE . pilulifera étaient con - ; nues et utilisées depuis longtemps, par les naturels desj| divers pays où croit cette plante. Pison la vante comme 1 alexipharmaque et dit qu’on l’emploie intus et extra.

Ainslie parle d’un Euphorbe, qu'il nomme Pill Bearing Spurge. et qui était usité contre les maladies aphtheuses.

Bancroft paraît être le premier qui en ait employé la teinture contre la bronchite chronique. Selon le Dr Matheson, de, ' Queensland (Australie), elle réussit très bien contre l’asthme, soit spasmodique, soit compliqué de bronchites chroniques.

Il la croit tonique, antispasmodique et légèrement narcotique;

LeDrMarsset, quia étudié dernièrement les propriétés do

EUPHORBE PILULIFÈRE

cet Euphorbe, a fait quelques recherches sur la nature de son principe actif. Selon Ici)1' Marsset, ce principe est soluble dans l’eau et dans l’alcool affaibli, insoluble ou à peu près, dans l’éther, le chloroforme, l’essence de térébenthine et le sulfure de carbone.

La solution aqueuse, obtenue par décoction de la plante, possède une couleur rouge brun, une saveur un peu styptique et une odeur rappelant celle de la Framboise.

Cette solution rougit le papier de tournesol, précipite l’albumine de ses dissolutions et colore les persels de fer en violet noir.

Elle ne fournit pas de précipité avec les'réaetifs, ordinaires des alcaloïdes. Evaporée àsiccité, elle laisse un résidu sapide, aromatique, d’un brun rougeâtre foncé et offrant une cassure vitreuse.

Les recherches ci-dessus montrent que l’ Euphorbia pilulifera contient du tannin ; mais elles ne fournissent aucun renseignement précis, au sujet de la nature du principe actif de cette plante. Il semble qu’on en peut inférer que ce principe n’est pas un alcaloïde ; mais rien ne démontre péremptoirement l’exactitude de cette opinion.

Le Dr Marsset est porté à conclure de ses expériences, que le principe actif de l'Euphorbia agit sur les centres nerveux respiratoire et cardiaque , qu'il excite d'abord , puis déprime.

Gomme, selon le D> ürueta, le venin des Serpents tue surtout par arrêt de la respiration, le Dr Marsset rapporte les effets alexipharmaques de l’ Euphorbia à la propriété que possède cette plante d'accélérer d’abord les mouvements respiratoires et de s’opposer ainsi à l'action contraire du venin. Cette manière d’envisager les effets produits par Y Euphorbia semble purement hypothétique.

Administré à l’intérieur, V Euphorbia provoque souvent un état nauséeux, avec douleur épigastrique, surtout quand on le donne sous forme de teinture ou d’extrait, c’est-à-dire, non dilué. L’irritation qui se produit alors paraît due à une action topique locale, plutôt qu'à un effet réflexe.

Le Dr Marsset conseille de prendre ce médicament à l’état de grande dilution et immédiatement avant le repas. Il pense que l 'Euphorbia s’élimine par le foie et il admet que les effets dé cette plante ne s’accumulent pas.

Les préparations ordinairement employées sont les suivantes :

1° Décoction. — Elle est faite avec 15 grammes de plante, pour

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2 litres d’eau. On l’additionne de 50 à 60 grammes d'alcool, et on en fait prendre (rois ou quatre verres à bordeaux par jour.

2° Ext l'ait : 5 à 10 centigrammes par jour.

3o Teinture alcoolique, faite avec 1 partie de plante pour 5 parties d’alcool : on en donne 10 à 30 gouttes par jour.

N.-B. — L’extrait et la teinture doivent être administrés dans une potion.

4o Sirop. — Cette préparation contient d’ordinaire 5 centigrammes d’extrait par cuillère à bouche, et l’on en donne une ou deux cuillerées par jour, dans un verre d’eau. Il est évident que la dose d’extrait pourrait être portée à 5 centigrammes par cuillerée à café. Toutefois, on ne doit pas oublier que, à dose élevée, VEuphorbia est un poison et que la prudence conseille de ne pas mettre un médicament actif entre les mains de malades trop souvent portés à en abuser, pour obtenir un soulagement plus rapide.

Gomme-résine d’Euphorbe

Cette gomme-résine était connue des anciens. Dioscoride dit qu’on la récolte sur le mont Atlas et signale son âcreté.

Toutefois, il ne semble pas qu’on eût une notion exacte de la plante qui la produit. On l’attribua à diverses espèces :

1° à l’ Euphorbia antiquorym , L., de l’Inde, de l’Arabie et de l’Afrique: 2° à VE. officinarum, L.. de l’Ethiopie;

3° à VE. Canariensis, L., des Canaries.

Jackson le premier, décrivit, la plante, au commencement de ce siècle ; mais les figures qu’il en donna la firent rapporter à VE. Canariensis, quoique avec doute. L’examen des fragments de tige, mélangés à la gomme-résine du commerce, conduisit Berg à créer, pour la plante productrice, une espèce nouvelle qu’il nomma E. resinifera. La justesse de cette détermination a été démontrée par E. Cosson.

L’Euphorbe résinifère (E. resinifera , Berg; E. officinarum, Jacks., ex parte, fig. 322) est une plante rameuse dès la base, pouvant atteindre 1 à 2 mètres de hauteur, et dont la tige cactiforme, tètragone, est garnie de coussinets non confluents, ovés-triangulaires, portant deux épines divergentes, juxtaposées par leur base.

Cette plante croit sur les montagnes voisines de la ville de Maroc. VE. Baumieriana, Hook. fil. et Coss. (E. officinarum, Jacks, ex parle), qui en est très voisine, s’en

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