GOMME-RÉSINE D’EUPHORBE
distingue par ses épines non réfléchies en arc et par le* glandes de l’involucre d’un rouge intense, non jaunâtres.
Selon Jakson, les Euphorbes ne donnent de s\\c(latex) que tous les quatre ans. Ce suc est contenu dans des cellules allongées, rameuses, épaisses, surtout développées au voisinage des libres libériennes, d’où leurs rameaux s’étendent, d’une part, vers la moelle et, d’autre part , dans les couches extérieures de l’écorce. On l’obtient par des incisions faites, vers la fin de l’été, sur les branches de la plante.
Blanc, opaque, visqueux, et doué d’une grande âcreté. au moment où il découle, le suc s’épaissit rapidement à l’air, durcit et se dessèche sur la tige, principalement sur les coussinets, dont les épines contribuent à l’arrêter. Ce latex conserve son âcreté en se desséchant, et l’on rapporte que les collecteurs sont obligés de se couvrir la bouche et les narines, pour les préserver de la poussière, qui se dégage pendant la récolte.
La gomme-résine d’Euphorbe, aussi appelée Euphorbium, sj présente spus forme de larmes irrégulières, de l à £ centimètres de diamètre, friables, jaunâtres, d’un aspect cireux, cassantes, légèrement translucides, d’ordinaire traversées par un ou deux canaux divergents, indiquant la place occupée par les épines, autour desquelles s’est concrétéle suc. Parfois même les larmes offrent encore les restes de ces épines, qui sont plus ou moins saillantes. Enfin, beaucoup de larmes présentent des creux ou des gouttières, indices des, parties saillantes de la tige, sur lesquelles était attachée la matière.
Fi q. 322. — Euphorbe résinifère.
KUPIIORBIACÊES
L’Eivphorbium est inodore à froid ; quand on le chauffe, il dégage une odeur spéciale, désagréable, bien qu’un peu aromatique ; il a une saveur brûlante et corrosive. Quand on le pulvérise ou qu’on manie sa poudre sans précaution, il détermine des éternuements d’une extrême violence.
Longtemps regardé, comme une céro-résine, le suc de l’Euphorbe doit être considéré comme une gomme-résine, quoique la gomme y soit remplacée par du mucilage.
• Flückiger lui attribue la composition suivante :
Résine amorphe, 38; Euphorbone , 22; mucilage ,18; malates (surtout de chaux et de soude), 12 ; composés minéraux , 10.
La Résine amorphe (C2*H32 0 4) est une substance neutre, soluble dans l’alcool à 70° et douée d’une saveur très âcre ; c’est à elle, selon Flückiger, que l’Euphorbium doit son âcreté.
L’Euphorbone (G26 H44 O2) est une matière cristalline, inerte, quand elle a été convenablement purifiée, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool bouillant, dans l’éther, la benzine, l’alcool amylique, le chloroforme, l’acétone, l’acide acétique froid. Elle exige 60 parties d’alcool à 83°, pour se dissoudre à froid. Une dissolution alcoolique d’Euphorbone étant abandonnée en couche mince, dans une capsule de porcelaine, puis additionnée d’un peu d’acide sulfurique, se colore en violet, quand on y fait tomber une goutte d’acide nitrique. Cette même coloration est produite lorsque, dans la solution sulfurique d’Euphorbone , on ajoute du bichromate ou du chlorate de potasse.
Le Mucilage est retiré du résidu du traitement de l’Euphorbium par l’alcool et l’éther ; il est précipité par l’acétate de plomb, le borate et le silicate de soude, cç qui n’a pas lieu avec la gomme arabique (Flückiger).
La Gomme-résine d'Euphorbe étaitjadis usitée comme éméto-cathartique; mais son excessive âcreté et tes accidents presque toujours funestes qu’elle provoque en ont fait, avec raison, rejeter l’emploi comme médicamment interne. La plupart des auteurs, admettent que, appliquée sur la peau, elle est presque aussi vésicaute que les Cantharides. Nous pouvons affirmer qu’il n’en est rien, chez les adultes, et que c’est à peine si elle détermine quelques petites ulcérations. Combinée
K PU RG K
aux Cantharides, au ‘contraire, elle augmente leur action ou, du moins, la continue, après que celles-ci ont produit la vésication. C’est sans doute à ce titre, qu'elle entre' dans la composition de V Emplâtre de Janin et de Y Emplâtre de Lecomte. Au reste, elle ne sert plus guère qu’en hippiatrique.
Épurge ou Catapuce
L’Epurge (E. Lathyris, L.) est un Euphorbe de nos contrées, dont on emploie parfois, comme purgatives, les semences et l’huile qu’on en retire. L’écorce de la racine possède des propriétés analogues et peut être prescrite à la dose de 10 à 15 décigrammes. Les semences d’Epurge ont, à notre connaissance, déterminé un empoisonnement et, à ce titre, il est indispensable d’en faire la description.
Les Semences d’Epurge sont longues de 6 millimètres, larges de 5 millimètres, ovoïdes-subbarrondies, un peu anguleuses, tronquées obliquement à leur base et surmontées, au sommet, d’une caroncule micropylaire. Leur surface est brune et rugueuse -réticulée. Elles contiennent un albumen épais, de saveur d’abord douce et huileuse, ensuite d’une âcreté très grande.
Ces semences ressemblent beaucoup à celles du Mèdicinier sauvage (v. ce mot), mais elles sont plus petites.
On en extrait, par expression ou par l’éther, de 35 à 40 0/0 d’une huile fauve claire, fluide, acre et même caustique, avant les propriétés de l’huile de Groton Tiglium, mais un peu affaiblies.
L’Huile d’Epurge a une densité de 0,92; elle se congèle à 11°, et n’est pas soluble dans l’alcool, ce qui la distingue de l’huile de Groton, à laquelle on a voulu la substituer. On peut l’administrer comme purgative, à la dose de 10 à 20 gouttes ; mais elle provoque souvent le vomissement. En raison de son âcreté, on ne doit la prescrire qu’à l’état de dilution, dans de l’huile et surtout en émulsion. Employée à l’extérieur, elle agit comme révulsif, mais avec beaucoup moins d’énergie que l’Huile de Groton.
Une ou deux graines d’Epurge suffisent, dit-on, pour amener une purgation violente.
L’huile d’Epurge n’est pas usitée en médecine.
EUPHORBIACEES
Caoutchouc
Le Caouchouc est une substance de nature hydrocarbonée, qui existe en suspension dans le latex de beaucoup de végétaux des régions équatoriales, mais qui est fournie principalement par deux arbres de l’Amérique :
luLe Castilloa elastica, Cav., dont Taire s’étend, à travers l’Amérique centrale, depuis le sud du Mexique, jusqu’au Pérou ;
2° L’IIevea g aianensis , Aubl. (Jatropha [Siphonia, Pers.] elastica, L. ; Siph. Cahuchu, W. ; S. guianensis, A. de Juss. ; Pao seringa, des indigènes). Ce dernier arbre occupe toute la région nord-est de l’Amérique méridionale, surtout la Guyane et le Para.
Le mode d’obtention du Caoutchouc varie avec les localités, mais on le recueille généralement en dehors de l’époque des pluies.
Tantôt on applique sur l’arbre une sorte de coupe faite avec de l’argile molle et on en pique profondément le tronc, un peu au-dessus du point d’application de cette coupe ; tantôt on fait, vers la base du tronc, une entaille verticale, à laquelle : se rattachent d’autres entailles, soit transversales, soit obliques ; tantôt enfin, comme au Nicaragua, on pratique sur lej tronc, à partir de la base, une entaille en spirale continue, inclinée d’environ 45°. Si l’arbre est gros, on lui fait une seconde entaille, qui s’élève en une spirale inverse. Une goût- ’ tière de fer, ajustée au-dessous des entailles, conduit le suc dans des seaux.
Le suc ainsi obtenu étant passé au tamis, pour en séparer les impuretés, est ensuite coagulé de diverses manières :
1° On l’étend couche par couche, sur des moules de formes
diverses, en ayant le soin de ne déposer une couche nouvelle que lorsque la précédente est sèche : la dessiccation se fait par la combustion de matières oléagineuses, qui dégagent unefumée abondante et donnent au Caoutchouc sa coloration brune.
2° On coagule au préalable le suc, à l’aide de la chaleur, ou au moyen d’une solution d’alun.