MANIOC
La Moussache est la fécule entraînée par le suc, pendant l’expression de la pulpe. Lavée soigneusement et séchée à l’air, elle se présente sous forme de granules irrégulièrement sphériques (fig. 327), presque égaux entre eux et plus petits que les plus gros grains d’amidon; examinés au microscope (fig. 328), ces granules présentent un point noir.
Si l’on met, sur des plaques chaudes, la Moussache lavée et encore humide, ses grains se gonflent et s’agglomèrent en grumeaux irréguliers, durs, élastiques, que l’on connaît sous le nom de Tapi oh a.
Le Tapioka est partiellement soluble dans l’eau froide ; il forme, avec l’eau bouillante, un empois transparent et visqueux ; par une ébullition prolongée, dans beaucoup d’eau, il laisse un résidu insoluble, qui se présente sous forme de flocons muqueux. Examiné au microscope (fig. 329), il se montre composé de grains rarement entiers, et analogues à ceux de la Moussache, plus souvent gonflés, irréguliers et plissés ou comme déchirés. On en fait des potages à l’eau, au lait et au bouillon.
Le Tapioka est très souvent adultéré ou même remplacé par un Tapioka factice , fait avec de la fécule de Pommes de terre imbibée d’eau et soumise à la chaleur, sur des plaques en cuivre.
Gette falsification est aisée à reconnaître, par l’examen
EUPHORBIACKHS
microscopique, qui montre, dans la substance, des grains de fécule de Pommes de terre à peine déformés. Payen indique de réduire le Tapioka en une bouillie claire et d’ajouter au
liquide quelques gouttes d’acide sulfurique. En agitant le mélange, il se dégagera une odeur de colle aigrie, s’il contenait de la fécule de pomme de terre.
Le décocté de Tapioka, traité par l’iode, se décolore rapidement ; le Tapioka factice, traité de la même manière, se colore en bleu persistant (E. Marchand).
Le Tapioka factice contient parfois du cuivre, que Ton y décèle par les procédés ordinaires de l’analyse.
Fig. 329. — Tapioca.
Graines de Ricin
Le Ricin (Ricinus communis , L.), vulgairement appelé P alma-Christi , est une plante originaire (?) de l’Inde, ac-
GRAINES DE RICIN
tuellement cultivée dans toutes les régions tropicales et dans presque tous les pays tempérés. Dans l’Europe centrale, il ne dépasse guère 1 à 3 mètres de hauteur et. si on le maintient en pleine terre, il est tué par les premiers froids. Aux Açores et dans toutes les parties chaudes de la zone méditerranéenne, il devient vivace et constitue un arbre de petite taille pouvant atteindre plus de 5 mètres de hauteur ; dans l’Inde, il s’élève jusqu’à 12 mètres. Le Ricin est cultivé pour ses graines, dont on extrait une huile purgative, connue sous le nom de Huile de Ricin et à' Huile de P aima- Christi (Castor OU, des Anglais).
Les Graines de Ricin (fig. 330) sont ovoïdes-comprimées, convexes sur leur face externe, pourvues, sur leur face interne, d’une arête longitudinale peu saillante.
Elles sont lisses et luisantes, avec un fond de couleur grise, marquée de taches brunâtres.
Du hile part un appendice charnu et renflé (Caroncule), qui recouvre le micropyle et occupe l’espace compris entre le micropyle et le hile ; si l’on enlève la caroncule, on voit à la place qu’elle recouvrait, une sorte de cicatrice noirâtre olfrant deux alvéoles. La caroncule a quelque ressemblance avec une tète d’insecte; elle surmonte une petite dépression assez analogue à un écusson et offrant l’aspect d’un étroit corselet. Cette constitution singulière, jointe à la couleur grise tachetée de la graine et à son contour ovoïde arrondi, rappelle à l’esprit la forme renflée et la coloration de cet Arachnide, qui est parasite du Chien et que l’on appelle Tique ou Ricin. C’est à cela qu’est dû le nom de Ricin donné d’abord à la graine et. par extension, à la plante.
Fig. 330. — Graines de Ricin.
La graine de Ricin se compose d'un épisperme enveloppant un albumen charnu oléagineux, dont l'axe est occupé par un embryon à cotylédons pâlminerviés. I/épisperme comprend trois membranes distinctes :
i Une extérieure, d abord épaisse, blanche et opaque, puis mince, sèche et transparente, pouvant être enlevée par macération ou par grattage et lormée de deux sortes de cellules : les unes incolores, constituant le fond grisâtre de l’enveloppe, les autres remplies d’une matière
EUPIIORBIACEES
résineuse, soluble dans la potasse (Portes): c’est à ces dernières que sont dues les marbrures de la graine.
Cette membrane est produite par la primine, selon A. Gris.
2° Une moyenne noirâtre, dure et testacée, composée de cellules radiales, très allongées, à parois très épaisses et à cavité tiès étroite.
3° Une interne , blanche, molle, mince, d'aspect spongieux. Cette dernière et la membrane moyenne résultent du dédoublement de la secondine, tandisque le nucelle, résorbé peu à peu, ne laisse plus qu'une faible enveloppe jaunâtre, qui recouvre les deux tiers inférieurs du sac embryonnaire, laissant celui-ci émerger comme une calotte blanche. Le sac embryonnaire a fourni le périsperme ou albumen.
Une tranche mince de l’albumen, étant examinée au microscope, avec de la glycérine, se montre composée de cellules polyédriques, à mince paroi, remplies de grains d’aleurone ovoïdes, réfringents, grisâtres, dont toute la couche extérieure est formée de protaplasma. Si l'on ajoute de l'eau à la préparation, la couche externe se dissout et il reste un corps cristallin à arêtes nettes ( Cristalloïde ), qui occupe la partie renflée du grain, au sommet duquel se voit une petite masse calcaire arrondie (Globoïde). L’addition d'une plus grande quantité d’eau met à nu les gouttes d’huile existant dans l'albumen. Si, avant d'ajouter de l’eau, on chauffe la préparation, les trois parties ci-dessus nommées deviennent visibles et le grain se montre composé : 1» d’une enveloppe protoplasmique; 2e d’un cristalloïde; 3o d'un globoïde. En traitant une tranche d'albumen, d'abord par la teinture d'iode, ensuite par l'acide sulfurique, ce dernier détruit l'aleurone ; la masse protoplasmique granuleuse, qui remplit les cellules, se montre alors creusée de cavités vides. L’embryon offre la même constitution.
L’analyse des graines de Ricin, par Maillot, a donné les résultats ci-après : sulfate, chlorure et carbonate de potasse, de soude, de chaux, 0,648 ; silice et fer, traces ; malopliosphate de chaux et de magnésie, 2,703; huile, 39,165; eau, 5,860; glucose, 1,636; acide gallique , 0,137; matières albuminoïdes, 19,968 ; matières pectiques et indéterminées, 3,812; matières solubles dans l’alcool et l’éther, 5,742 ; cellulose, 19,173.
Les graines de Ricin du commerce proviennent des diverses localités où cette plante est cultivée en grand. Guibourt en décrit trois sortes seulement. Le musée de la Faculté de Lyon en contient un certain nombre d’échantillons de diverses provenances, que nous décrirons en les rapportant, selon leur grosseur, à quatre catégories : — A. très grosses; — B, grosses; — G, moyennes; — D, petites.
GRAINES DE RICIN
A. — 1° Ricins de Kurratchee (Indes). — Graines ovoïdes, à taches brunes, larges et nombreuses, de sorte que la couleur générale est brune marbrée de gris; elles sont longues de 16 à 20 millimètres et larges de 10 à 12 millimètres.
B. — La seconde catégorie comprend des semences provenant de l’Afrique centrale, de l’Amérique et de Calcutta.
2° Ricins de l'Afrique centrale. — Graines presque orbiculaires, généralement sans caroncule et dépourvues de l'enveloppe extérieure marbrée et alors de couleur brun noirâtre; quand l'enveloppe existe encore, ces semences sont grises, avec des marbrures marron. Ces Ricins ont 12 à 16 millimètres de long, sur 10 à 13 millimètres de large.
3° Ricins d' Amérique, (fig. 331). — Graines ovoïdes, à fond gris rougeâtre , offrant de nombreuses marbrures rouge brun. Ces semences sont longues de 12 à 16 millimètres, et larges de 8 à 10 milli mètres.
4° Ricins de Calcutta. — Les graines de cette provenance ont la teinte générale et les dimensions des Ricins d' Amériques
C. — A la catégorie des Ricins moyens se rapportent les Ricins de France et une sorte provenant de Bombay.
5o Ricins de France. — Graines ovoïdes, longues de 9 à 13 millimètres, larges de 6 à 8 millimètres, plus pâles que les Ricins d'Amérique: leur teinte générale est grisâtre, avec des marbrures brunes, moins nombreuses.
6° Ricins de Bombay. — Graines semblables à celles de la sorte précédente, mais ayant à peine la dimension des plus petites semences de celte sorte.
D. — Dans le quatrième groupe se rangent deux échantillons provenant l’un et l'autre de l’Afrique occidentale. L'un d'eux a été rapporté d'une expédition au Niger et est attribué au Rie, communis, minor. Ces deux sortes sont identiques.
7° Ricins de V Afrique occidentale. — Graines ovoïdes-allongées, à teinte verdâtre, avec de fines marbrures brunes. Ces Ricins ont de 8 à 9 millimètres de long, sur 4 à 5 millimètres de large.
Guibourt décrit, outre les Ricins de France et d’Amérique, des Ricins du Sénégal, qu’il dit avoir la couleur des Ricins d’Amérique et la grosseur des Ricins de France.
On importe aussi des Ricins d’Égypte ; nous n’en possédons pas d’échantillons.
Fin. 331. — Ricin d’Amérique.
Le Ricin commun est abondamment cultivé dans la Lombardo- Vénétie, surtout dans les environs de Vérone et de Legnago. Mais les semences ne semblent pas en être exportées ; elles sont employées, sur place, à la préparation de
EUriïORP.IACKES
l'huile. Selon Hanbury, la culture du Ricin, en Italie, porte sur deux variétés : Ricin à graines noires d'Egypte et Ricin à graines rouges d' Amérique. Ges dernières fournissent, paraît-il, une huile plus abondante, mais plus colorée que celle que l’on retire de la variété d’Egypte.
Les graines de Ricin ont une saveur huileuse, d’abord douce, mais devenant bientôt âcre à la gorge. Elles possèdent des propriétés purgatives énergiques : une seule sufiît parfois à produire des vomissements et des effets purgatifs ; 3 à 4 ont pu mettre la vie en péril (Bergius, Lanzoni, cités par Gubler). L’activité de ces graines paraît due à un principe encore inconnu, qui reste en majeure partie dans le résidu de l’expression des semences et qui, à peu près insoluble dans l’huile, communique pourtant à cette dernière ses propriétés cathartiques. On sait, en effet, que l’huile obtenue par un traitement des graines, avec le sulfure de carbone, est bien plus active.
Ce principe, que l’on a tour à tour supposé exister dans l’embryon et dans l’enveloppe interne de la graine, semble être répandu dans toutes les parties de l’amande, germe compris. On ne peut affirmer qu’il ait encore été isolé, du moins la preuve n’en a pas été faite.
Bussy et Lecanu ont, les premiers, attribué l’activité du Ricin à deux acides gras, qu'ils ont retirés de l’huile : Y acide Ricinique et Y acide Élaïodique.
L’Acide Ricinique est une substance blanche, nacrée, fusible à 22°, et pouvant se volatiliser presque sans altération ; il aune saveur extrêmement âcre. On l’obtient par distillation de l’huile ou par la saponification de cette huile, lorsqu’on prépare l’acide Ricinolique.
L’Acide Elaïodique (Bussy) a été appelé acide Rici « nolêique , par Saalmüller et acide Ricinolique, par Svanberget Kolmodin, qui lui attribuent la formule : G18 IP4 O3. On l’obtient en décomposant, par l’acide chlorhydrique, le savon fait avec l’huile de Ricin et traitant le liquide oléagineux, qui se sépare, par le tiers de son volume d’alcool. Le mélange refroidi , entre - 10° et - 12°, laisse déposer une matière cristallline, contenant de l’acide Ricinique, tandis que la
GRAINES DE RICIN
liqueur tient l’acide Ricinolique en dissolution. Cet acide purifié constitue un liquide un peu jaunâtre, d’odeur faible et de saveur âcre, persistante ; entre - 6 et - 10°, il se prend en agrégations sphériques.
Geiger a trouvé, dans les semences, 1,91 0/0 d’une résine brune, unie à un principe amer, qui pourrait en être la partie active. Il semble, en effet, que la matière active du Ricin est de nature résineuse, car l’huile préparée en traitant les semences avec de l’alcool ou du sulfure de carbone est beaucoup plus active que l’huile obtenue par expression.
Selon Petit, il existe, dans les graines de Ricin, deux substances pouvant réagir l’une sur l’autre, en développant une odeur nauséeuse. L'une de ces substances, signalée par Bower, serait analogue à l’émulsine ; l’autre’appelée Ricinine, est un principe poisseux, blanc grisâtre, soluble dans l’eau, dans les acides et dans l’alcool à 56°, un peu soluble dans les huiles, insoluble dans l’alcool fort et dans l’éther.
La Ricinine, que Tuson dit avoir obtenue à l’état pur, est un alcaloïde cristallisablc en prismes rectangulaires ou en tables fusibles à chaud, et pouvant être sublimé.
Par le mélange de ces deux substances, en présence de l'eau, il se produit, d’après Bower, un principe toxique, fétide, ayant une action énergique sur l’appareil digestif. Ce fait doit être contrôlé. Quant à la Ricinine, elle semble ne pas être purgative.
L’Huile de Ricin ou Huile de Palma-Christi ( Castor OU, des Anglais) est un liquide visqueux, d’une densité de 0,9G4. presque inodore, de saveur douce, avec un arrièregoût désagréable et nauséeux. Lorsqu’elle a été obtenue par expression à froid, elle a une couleur jaune très pâle. Elle rougit le papier de tournesol et se dissout dans l’alcool absolu et dans l’éther, ainsi que dans 5 parties d'alcool à 90° ; elle est insoluble dans l'essence et dans l'huile de pétrole, ainsique dans la benzine et ses homologues. Elle se congèle â - 18°, en une masse jaune, transparente. L’acide azotique fumant la détruit avec explosion. Traitée par l’acide hypoazotique, elle se colore en jaune et se solidifie, après 003 minutes : elle se transforme alors en une matière {Pal-
EUPIIORBIACÉES
mine), qui est solidifiable. Le réactif Massie la colore en jaune orange, mais ne la solidifie pas, après huit heures de contact. Elle donne, avec les alcalis, des savons durs, onctueux et inaltérables, qui se forment rapidement à froid. (Ges savons, étant décomposés par les acides minéraux, il s’en sépare de l’acide Ricinoléique liquide, qui surnage). Chauffée à la température de 270°, elle se décompose en deux parties : une fixe, l’autre volatile, dépourvue d'acide Sêbacique, mais contenant, entre autres principes, de Y Œnanthol et de Yacide Œnanthylique.
100 grammes d’huile, distillés avec 50 grammes de potasse caustique, donnent 20 centimètres cubes d 'alcool Caprylique 1 et 20 à 25 grammes d 'acide Sêbacique
Maillot opère à la température de 250° et emploie de préférence, soit la soude caustique, soit la chaux sodée (chaux 50, soude 250) ; il dissout la soude dans 1/20 de son poids d’eau. Il explique la réaction par la formule suivante :
G18 H33 O2 Na
NHaK|0
Ricinoléate Hydrate Eau de sodium de sodium
= Ci»H«0=!
Nas(° Hj° + H
Sébate de sodium
Alcool
capryliquc
Hydro-
gène
Cette formule n’est pas complète, car il se forme, en même temps, du disébaie de Sodium et du Sèbacène.
Le sébate de sodium est ensuite décomposé par addition d’acide chlorhydrique.
L’huile de Ricin rancit, à l’air , et prend une saveur âcre, que l’on fait disparaître, en faisant bouillir l’huile, pendant un
1 L'alcool caprylique ou alcool octylique (Gs H1 2* O) est un liquide huileux, incolore, transparent, très aromatique, tachant le papier, bouillant à 179o-180o, d’une densité de 0,823, à -f- l?o (Bouis), insoluble dans l’eau, soluble dans l’esprit de bois, l’alcool, l’éther, l'acide acétique ; il dissout les corps gras, les résines, le copal, le soufre, le phosphore et l’iode. 11 brûle avec une belle flamme, ne répand pas alors d’odeur désagréable et ne s’enflamme pas à l’approche d’une bougie. Ges propriétés permettront de l’utiliser pour l’éclairage et pour la fabrication des vernis.
2 L’acide sêbacique (C10 H,s O1) cristallise en belles lames ou en aiguilles blanches très légères, fusibles à l27o, pouvant être sublimées sans décomposition, insolubles dans l’eau froide, mais très solubles dans l’eau bouillante, dans l’alcool, l’éther, les huiles grasses. L’acétate de plomb le précipite en blanc.
GRAINES DE RICIN
quart d’heure, dans de l’eau additionnée de magnésie calcinée (Buchner). E. Baudrimont affirme que l’huile de Ricin n’est pas siccative ; toutefois, la plupart des auteurs sont d’un avis contraire, et Fliickiger dit que, étalée en couche mince, elle se dessèche en formant un vernis.
L’Huile de Ricin venait jadis d’Amérique, où on lui ajoutait habituellement de l’huile de Pignon d’Inde. Elle était alors très colorée et très âcre, ce qui obligeait à la faire bouillir longtemps avec de l’eau. Actuellement, on la prépare en grandes quantités, dans l’Inde, en Italie et dans le midi de la France. La meilleure est obtenue, par expression à froid, des amandes débarassées de leurs enveloppes.
Nous avons vu que l’Huile d’Italie est faite avec les graines des variétés noire et rouge ; mais on y emploie aussi beaucoup de Ricins provenant de l’Egypte et de l’Inde. Dans l’Inde, on l’extrait surtout de la petite variété, qui fournit une huile plus abondante. Dans notre pays, on la retire de la sorte dite do France.
L’Huile de Ricin est parfois chargée de margarine, qui s’y dépose au bout de quelque temps. Le meilleur moyen de l’en débarrasser parait être de la refroidir et de la filtrer.
Falsifications de l'huile de Ricin. — Cette huile est falsifiée par addition d'huiles étrangères , surtout d'huile d'œillette. Ces diverses huiles s’en distinguent par leur insolubilité dans l’alcool à 95°, qui permet d’en séparer l’huile de Ricin.
La présence des huiles fixes est indiquée par la proportion de l’alcool caprylique obtenu, quand on distille de l’huile avec de la potasse ou de la soude caustiques : la quantité de cet alcool est d’autant plus faible, que l’huile de Ricin contenait plus d’huile étrangère.
L’Huile de Ricin se solidifie, lorsqu’on en mélange six parties, avec une partie d’amidon et cinq parties d’acide azo- I] tique et qu’on chauffe (Flückiger).
On détermine aussi sa pureté par le moyen suivant :
En mêlant cinq grammes d’acide azotique, avec dix grammes fi d’huile, la couche huileuse prend une couleur orange clair. Ri Si, dans ce mélange, on ajoute un gramme de mercure et,
EUPHORBIACÈES
qu’après 6 minutes, on agite de temps en temps, l’huile j devient d’abord rose, puis jaune clair.
L’addition d huiles de Pignon d' Inde ou de Croton est, 1 selon Maillot, déterminée par le procédé ci-après : agiter fortement 50 grammes de l’huile, avec 100 centimètres cubes .] de pétrole, laisser déposer, décanter le pétrole qui surnage ( et l’évaporer au bain-marie. L’huile pure ne laisse pas de ] résidu ; s'il se forme un résidu oléagineux, il peut être dû, î soit à de l’huile de Pignon d’Inde, soit à de l’huile de Croton.
L'huile de Pignon d' Inde sera reconnue à l’aide des 1 réactions indiquées plus haut (v. p. 577).
Pour déterminer- la présence de V huile de Croton. Maillot conseille le procédé ci-après :
Mettre, dans un large tube à essais, quelques grammes de J grenaille de zinc et 7 à 8 centimètres cubes d’eau ; ajouter 4 à 5 grammes d’alcool à 10 grammes de l’huile suspecte et ; verser, avec précaution, le mélange sur la couche aqueuse. - On fait ensuite, avec un tube effilé, arriver sur le zinc quel- # ques gouttes d’acide sulfurique pur : l’hydrogène, qui se 4 dégage, se fixe sur l’acide crotonique ; l’acide butyrique ainsi produit s’éthérifie, en présence de l’alcool , d’autant mieux que la masse est échauffée par l’action de l’acide | sulfurique sur le zinc : on 'perçoit alors, à l’ouverture du tube, une odeur èthèrèe d’ Ananas fort agréable.
L'huile de Ricins est prescrite, comme laxatif, à la dose de 15 à 60 I grammes, soit pure, soit sous forme d’émulsion ou diversemènt additionnée {Eau de Menthe, Café noir , Oryeat, etc.). Le moyen le plus simple est de la mêler avec du bouillon de viande chaud et bien dégraissé. Certaines substances paraissent augmenter son action. Ainsi un mélange de 8 parties d'essence de térébenthine et de 24 parties ' d’huile peut, dit-on, détruire les constipations les plus opiniâtres. On fabrique, à Munich, une huile qui purge à la dose de 8 à 15 ^grammes et que Büchner dit être faite : avec huile de Ricin, 27; alcool aqueux, 28. 11 est à croire que cette huile a été obtenue du traitement des graines par l’alcool.
Sous le nom d 'Huile de Ricin artificielle , quelques formulaires indiquent un mélange fait avec : huile de Croton 1 goutte; huile d’œillette 30 grammes. Le médecin, seul juge de ses prescriptions, peut ordonner ce mélange, s’il le croit utile. Le pharmacien n’a pas le droit de le substituer à l’huile de Ricin.