‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 175 sur 214 · MANIOC · texte numérisé non relu

MANIOC

Fi ü 324. — Fruit ot semence du Médicinier d’Espagne.

des semences médicinales, appelées Noisettes purgatives Ces semences (fig. 324, A) sont grosses comme des avelines, subarrondies, avec une B A

arête saillante sur la face interne, et pourvues d’un épisperme lisse, assez épais, qui entoure une amande blanchâtre, charnue - oléagineuse.

Elles sont fréquemment encore incluses dans le fruit (fig. 324, B), qui est trigone arrondi, renflé à la base, appointi au sommet et de couleur jaunâtre. On ne les emploie à peu près jamais, en Europe.

3° Les graines du Médicinier sauvage (J. gossgpifolia . L.) ne sont guère usitées qu’en Amérique. Ces graines (fig. 325) ressemblent beaucoup à celles du Ricin, mais elles sont bien plus petites, pourvues d’une caroncule proportionnellement plus développée et privées de l’écusson, qui existe, dans le Ricin, au voisinage de la caroncule. Elles sont lisses, luisantes, de couleur fauve tachée de blanc et de noir, longues d’environ 7 millimètres et larges de 5 millimètres, avec une épaisseur de 3 milli mètres. On ne les trouve guère, en Europe, que dans quelques collections.

FiO. 325. — Semence du Médicinier sauvage.

Manioc

On désigne, sous le nom de Manioc, deux plantes originaires de l’Amérique du Sud et que l’on cultive, pour leurs racines féculentes, employées dans l’alimentation. I/une de ces plantes est le Manioc doux, aussi appelé Camagnoc , Aipi, Juca dulce (Manihot Aipi, Pohl ; Jalropha dulcis et J. mitis, Rottb. , M. dulcis , IL Bn.). La racine de cette espèce peut être donnée aux animaux sans inconvénient ; les indigènes la font cuire dans l’eau ou sous la cendre et la mangent comme des pommes de terre.

580 EUPHORBIACÈES

La seconde plante est le Manioc ordinaire (fig. 326) (Manihot utilissima, Pohl ; M. edulis, Plum. ; M. edule , A. Ricli. ; Jatropha \.Janiplia , K.] Manihot , L. ; J. stipulacea, Velloz.). Le Manioc ordinaire, aussi nommé Manioc

amer (Juca amarga), Mandiiba et Mandiaca par les indigènes, est actuellement cultivé dans toutes les régions tropicales. Sa racine d'abord simple, conique et pivotante, se ramifie ensuite comme celle du Dahlia et peut avoir 1 mètre de long sur 20 à 30 centimètres d’épaisseur. Cette racine est gorgés de fécule et contient un grand nombre de laticifères remplis d’un suc très vénéneux, dont l’action est attribuée, soit à de l’acide cyanhydrique, soit à un principe pouvant se transformer en cet acide. Au reste, la substance active du Manioc est aisément détruite par la chaleur ou par la fermentation : la fécule qui reste constitue alors un aliment précieux et l’on en fait diverses préparations connues sous les noms de Couaque , Cassave, Moussache ou Cipipa, Tapioka. etc.

La plus usitée de ces préparations est appelée Farine de Manioc. Pour l’obtenir, on râpe la racine, privée de son écorce, et l’on en exprime la pulpe sous une forte presse. Le résidu, séché avec soin et pulvérisé, est la farine de Manioc ; on en fait du pain, en la mêlant à de la farine de Blé.

Le Couaque est la pulpe de Manioc exprimée ou séchée sur des claies, puis passée au crible et enfin légèrement torréfiée. On en prépare des potages.

La Cassave se prépare avec la pulpe exprimée et encore humide, dont on forme des galettes minces, que l’on fait cuire sur des plaques de fer. Cette substance a des qualités plus nutritives que l’Arow-root et que le Tapioka.

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