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SEMENCES DE CROTON

(les produits d’oxydation ; ils ne prennent aucune part à l’action exercée, par l’huile, sur la peau et sur l’intestin.

Pelletier et Caventou ont signalé, dans l’huile de Groton, l’existence d’un acide particulier ( acide Crotonique), auquel on avait, jusqu’en ces dernières années, attribué l’activité de l’huile. Cette opinion est encore partagée par Nothnagel et Rossbach. qui disent : C'est exclusivement à lui qu’est due ï action de l'huile sur la peau et sur le canal intestinal. Toutefois, selon Geuther et Frolich, l'huile de Groton ne contient pas d’acide de ce genre, mais on peut déterminer sa formation artificielle, en faisant agir le perchlorure de phosphore sur l’acide éthyldi acétique ; ils donnent à ce nouveau produit le nom d'acicle Quartènylique .

Quoiqu’il en soit, I’Acide Crotonique (C4H° O2, Schlippe), retiré de l’huile de Groton, est un corps oléagineux, qui se congèle à -5°, et se volatilise sensiblement à -)- 2° ou-f- 3° ; il répand alors une odeur pénétrante et désagréable, qui irrite le nez et les yeux. Il a une saveur âcre, cause des inflammations et agit comme poison. 11 a été préparé artificiellement, en faisant bouillir avec une solution alcoolique de potasse, soit du cyanure d’allyle provenant de l’acide myronique(Will et Korner), soit le produit de l’action du cyanure depotassium sur l’iodure d’allyle (Glaus). Le corps ainsi obtenu parait identique à celui qui est retiré de l’huile de Groton.

Crotonol. — Schlippe rapporte l’activité de l’huile de Groton à un nouveau principe, qu’il nomme Crotonol et qu’il K a obtenu de la manière suivante :

Saponifier l’huile avec une solution alcoolique concentrée et chaude de potasse caustique ; ajouter de l’eau et filtrer à plusieurs reprises, pour débarrasser la liqueur d’une huile I qui se sépare; traiter par l’acide chlorhydrique ; dissoudre, dans de l’alcool chaud, le précipité huileux, qui se forme (l’alcool en sépare des acides) ; faire digérer le liquide alcoolique sur de l’hydrate de plomb. La liqueur ainsi neutralisée est additionnée d’eau légèrement alcaline ; elle se trouble, puis s’éclaircit et abandonne une huile, qui est le Crotonol. Cette ft huile est dissoute dans l’éther, puis lavée à l’eau ; la solution ■ éthérée est ensuite évaporée dans le vide.

EUPHORBI ACRES

Le Grotonol (G9 H1'* O2) est une huile visqueuse, incolore | ou un peu jaunâtre, ayant une consistance analogue à celle de la térébenthine. Il a une odeur spéciale. L’huile de * Groton en contient environ 4 0/0. Selon Schlippe, il constitue le principe irritant du Groton, mais n’en est pas le principe purgatif. Rossbach dit, à ce sujet, que l’opinion de | Schlippe est erronée.

Falsifications. — L’huile de Groton est falsifiée par addition, soit d’huiles fixes communes, soit d’huiles de Ricin ou 3 de Pignon d’Inde. On y ajoute parfois aussi de l’Euphorbium.

Les huiles fixes sont reconnues par leur complète insolubilité dans l’alcool : la 'proportion d'huile insoluble sera 1 augmentée .

L'huile de Ricin, étant soluble dans l’alcool, la propor - , lion du résidu insoluble sera diminuée.

L’ Enphorbium sera reconnu si, en ajoutant de l’eau à la solution alcoolique, celle-ci blanchit.

Nous ne connaissons pas de procédé assez précis, pour | déceler cette fraude. Le moyen le plus pratique consiste <î dans l’essai de l’huile sur la peau.

L’huile de Groton détermine, sur la peau, une action très I irritante, analogue à celle de l’émétine et de l’émétique. La pear rougit, puis il s’y forme de petites vésicules, d’abord I distinctes, ensuite confluentes, remplies d’un liquide séreux ’H au début et qui, plus tard, devient purulent.

Injectée sous la peau, elle peut provoquer une inflamma-* tion phlegmoneuse grave.

Introduite dans la bouche, une goutte y cause une sensa-1 tion intense de brûlure . Si la goutte est avalée, la même sensa- • tion est ressentiedans le pharynx et dans l’estomac, tandis que l’intestin est le siège de coliques suivies de nombreuses déjections. A la dose de 20 à 60 gouttes, il se manifeste des accidents cholériformes, souvent terminés par la mort.

L’huile de Groton est un purgatif violent, propre à combattre la constipation opiniâtre et qui a, parfois, été fort utile contre l’iléus. Elle a l’avantage d’agir rapidement. On l’administre, d’ordinaire, soit mêlée à une autre huile, soit sous forme d’émulsion et à la dose de 1 à 2 gouttes, au plus.

ECORCE DE CASCARILLE

On rapporte que les graines du Croton obi ongi folium, Roxb., et du Baliospermum (Croton) polyandrum, Roxb., de l’Inde, sont aussi actives que celles du C. Tiglium. H. Bâillon dit que les semences d’une Excæcariée du Gabon, le Anthostema Aubry anum, H. Bn., sont réputées être le purgatif le plus énergique de ceux que renferme la famille des Euphorbiacées.

Écorce de Cascarille

L’Ecorce de Cascarille ( Eleutherci Bark, des Anglais) est produite par le Croton Elutheria, Bennett, arbre des îles Bahama, où il atteint une hauteur de 10 mètres. Elle a été longtemps attribuée au (7. Cascarilla, L., qui peut-être a réellement fourni l’écorce primitive; sa vraie provenance actuelle a été déterminée par Bennett.

Cette écorce est en fragments roulés sur eux- mêmes, en tubes longs de 2 à 15 centimètres et dont le diamètre atteint à peine celui du petit doigt. Elle est dure, compacte, pesante, tantôt nue et d’un brun obscur, tantôt recouverte d’une croûte blanche et fendillée, due à un petit Lichen, le Ver-

Irucaria albissima, Achar. Sa cassure est courte, résineuse et finement rayonnée ; sa saveur amère, âcre et nauséeuse : elle a une odeur aromatique, un peu musquée, qui s’exalte quand on la chauffe. Sa poudre est brune.

■ Examinée au microscope, sur une section transversale (fig. 333) H cette écorce offre la constituion suivante : io une couche subéreuse peu développée; 2° une couche de parenchyme cortical, formée de cellules polygonales, à parois minces, claires, et dont un certain nombre, généralement disposées en amas allongés tangentiellement, contiennent une matière résineuse brunâtre; 3° une zone libérienne, au moins I deux ibis plus épaisse que la précédente. Cetlë zone offre des rayons médullaires nombreux, le plus souvent composés d'une série simple de cellules contenant d’ordinaire un gros cristal d'oxalate de chaux I en rosace (iig. 334). Les faisceaux sont constitués par des fibres I libériennes imparfaites, ainsi que par des cellules analogues à celles j du parenchyme cortical, et qui sont remplies d’amidon, ou de matière H résineuse. La présence de cellules résineuses en amas, occupant à la I fois le parenchyme cortical et le liber, caractérise cette écorce.

L’écorce de Cascarille contient 1 à 3 0/0 d’une huile vola-

eupiiorbiacèes

tile lévogyre (Flückiger), à laquelle Gladstone attribue la composition de l’essence de Térébenthine. Volckel dit que

Fig. 333. — Coupe transversale d'une écorce de Cascarille.

cette huile, à l’état brut, se compose de deux essences; il a obtenu, par distillation, d’abord une essence incolore, mobile, très réfringente, puis une huile jaunâtre et un peu visqueuse, enfin une matière très épaisse.

Trommsdorff a retiré de la Cascarille 15 0/0 d’une substance résineuse, composée de deux résines, l’une acide, soluble dans les alcalis, l’autre indifférente.

Enfin, Duval en a isolé le principe amer, qu’il a nommé Casc xrilline. Ce principe, retrouvé par C. et E. Mylius (1873), se présente sous forme de prismes microscopiques, solubles dans l’éther et dans l’alcool chaud, à peine soluble

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