ÉCORCE DE CASCAR1LLE
dans l’eau, le chloroforme et l’alcool faible, fusibles à 205° et non volatils. Ce corps n’est pas un glucoside : il a pour formule : G12 H18 O4 (Flückiger).
L’Ecorce de Cascarille
Quinquina gris, reconnaissables à leur saveur amère, non aromatique ; 2° de la Cascarille blanchâtre, qui est toujours plus grosse que l’écorce vraie, non fendillée et dont la poudre est blanchâtre; 3° de la Cascarille tèrèbinthacèe, qui est encore plus grosse que la précédente, blanchâtre, jaunâtre ou rouge pâle et sillonnée ; 4° de X Ecorce de Copalchi, que nous décrirons ci-dessous.
La deuxième et la troisième sortes de fausses Cascarillcs sont sans doute produites par des Croton voisins du C. Elutheria : C. Cascarilla, L. ; C. lineare, Jacq. ; C. mican <■, Sw.; C. suberosum, Kuntli ; C. balsamiferum, L., etc.
On a importé à Londres, il y a quelques années, une écorce provenant de Bahama et qui était mêlée à la Cascarille vraie- Holmes, qui l’a examinée, l'attribue avec doute au C. lucidus , L. Cette écorce est blanchâtre, non argentée en dehors, et couverte d'un suber adhérent ; sa face interne est brun rosé et striée longitudinalement. Sur une section transversale, elle ofïre de nombreux groupes arrondis de cellules sclérenchymateuses, surtout visibles après un traitement successif avec l’ammoniaque et une solution d’iode iodurée. Elle a une saveur astringente, sans amertume, ni arôme. Sa teinture alcoolique noircit avec le perchlorure de fer et ne
est expédiée de Nassau, ville principale de New- Providence (Bahama). Elle est prescrite, sous forme d’infusion ou de teinture, comme tonique, stimulante et fébrifuge ; on l’a employée contre la dysenterie.
L’écorce de Cascarille est souvent falsifiée dans le commerce. On lui subs titue : 1° des débris de
Fig. 334. — Por'.ionde liber grossie, pour montrer les cristaux des rayons médullaires et les amas résineux des cellules du parenchyme.
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devient pas laiteuse, par addition d’eau, ce qui arrive, au contraire, avec la teinture de Cascarille.
Écorce de Copalchi
Cette écorce, aussi appelée Cascarille de la Trinité ou de Cuba , est produite par le C. niveus, Jacq. (C . Pseudo- * Quina, Schlecht), arbuste haut de 3 mètres, originaire des + Antilles, du Mexique et du Venezuela.
Elle se présente d’ordinaire en tubes plus ou moins cylin-1 driques, d'une épaisseur variable, longs de 30 à 60 centimètres, pourvus d’une couche subéreuse, tantôt blanche, crétacée, tantôt jaune fauve. Le liber est épais, dur, compacte, ] de couleur rouge brunâtre, à structure fine. Sa cassure est irrégulière et grossièrement fibreuse. Sa poudre a l’odeur ■ de la térébenthine et, jusqu’à un certain point, sa saveur, g quoique piquante et amère.
Hanburv décrit cette écorce comme recouverte d’une « couche subéreuse, mince, grisâtre, papyracée, qui, en . I tombant, met à nu une surface marquée de petites fossettes J transversales, semblables à des lignes faites avec une lime ». Il ajoute que sa cassure est courte et dit qu’elle se 3 rapproche de la Cascarille, par son odeur et sa saveur.
Cette description ne concorde pas avec celle que nous avons donnée, d'après Guibourt et Oberlin. Celle qu’en donne 1 G. Planchon concorde mieux avec la nôtre.
J. Eliot Howard a trouvé, dans le Copalchi, un alcaloïde | amer, soluble dans l’éther et prenant, comme la quinine, une | coloration vert foncé, quand on le traite par le chlore et l’ammoniaque. Cet alcaloïde ne forme, avec l’iode, aucun composé caractéristique. Ce principe est peut-être le même* que celui qui a été signalé, par Brandes, dans cette écorce. 1
Écorce de Malambo
L'origine de cette écorce a été longtemps inconnue. Bon- • pland, qui la fit connaître, supposait qu’elle provenait d'un Cusparia, tandisque Zea l’attribuait à un Drimys , et que Guibourt, la rapprochant du Paratudo aromatique, la plaçait
H OIS D’AGALLOCIILO D’AMBOINE
parmi les Guttifères. Karsten a montré qu’elle provient d’un Croton , qu’il a nommé C. Malambo, arbuste du Venezuela et de la Nouvelle- Grenade.
L’écorce de Malambo ( Palo matras, des indigènes, Matias Bark , des Anglais) est en fragments plus ou moins longs, presque plats, épais d’environ i centimètre, de couleur gris brunâtre en dehors, plus pâle en dedans. Sa face externe est grossière et recouverte, par places, d’un périderme blanc, luisant et tuberculeux. Coupée transversalement, elle se montre composée d'une couche péridermique, brunâtre, dense et compacte et d’une couche libérienne moins foncée, très épaisse, extrêmement fibreuse, à fibres serrées et constituant une sorte de tissu ligneux, à coupe transversale luisante et compacte.
Cette écorce possède une saveur âcre, très amère, aromatique, et une odeur rappelant celle del’Acore vrai. On l’emploie, en Colombie, comme amère et aromatique. Elle est à peu près inusitée en Europe.
Bois d'Aga lloche d'Amboine
Ce bois, appelé Faux bois d' Aigle, Faux bois de Calambac, parce qu’on le substitue parfois au Bois d' Aloès, est produit par VExcæcaria Agallocha, L., grand arbre des Moluques, commun du reste sur les plages maritimes des pays tropicaux de l’ancien Monde.
Le Bois d’Agalloche est ferrugineux, dur, très fragile, très résineux et s’enflamme aisément, en dégageant une odeur agréable, comparée à celle de la myrrhe et de la résine animé. Scié en travers, il offre une couleur grise, tachée de noir.
L’Agalloche renferme un suc blanc, épais et tellement âcre, qu’une goutte, tombant sur la peau, y détermine une violente inflammation. L’action corrosive de ce suc a fait | donner à ce végétal le nom d 'Arbre aveuglant.
L'arbre à suif’ de la Chine (Croton sebiferum , L. : Stiltingid I sebifera , \\ illd.) produit des semences couvertes d'une matière sébacee,
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blanche ou blanc verdâtre, que l’on en sépare par ébullition dans l’eau et qui sert à faire des chandelles. Cette matière est appelée Suif végétal ou Suif de la Chine. L’amande fournit aussi de l’huile.
La Racine du Stillinyia sylvatica , L.,est officielle dans la Pharma- ï copée des États-Unis. Elle est employée comme un puissant altérant, contre les affections cutanées, scrofuleuses et syphilitiques. Elle paraît exercer une vive influence sur les organes sécréteurs.
L'Aleurite des Moluques {Aleurites Ambinux, Pers ; Croton 1 Moluccanum , L.) produit des graines contenant une grande quantité J d’unë huile connue sons les noms (l'Huile de Camiri et à' Huile de i Kokum. Cette huile n’est pas âcre et est simplement laxative. Elle agit doucement et devrait être préférée à l'huile de Ricin, dont elle n’a pas la saveur, ni l’odeur, tout en étant plus fluide. Les fruits de 1 l’Aleurite sont appelés Noix de Bancoul ou Noix des Moluques L’arbre est nommé, par les Anglais, Belgaum , Indian Walnut, j Candleberry Tree.
L’Arbre à huile du Japon (Elaeococca verrucûsa, Ad. Juss. \ Aleurites cordata , Midi. Arg. ; Dryandra cordata, Thunb.) produit des ! semences vénéneuses, dont on extrait une grande quantité d’une huile employée, sous le nom d'HuiLE de Bois, dans le calfatage et la pein- * ture des jonques, pour préserver les bois, vernir les meubles et pour l'éclairage. Les Chinois l’emploient aussi en médecine.
Les Semences de Y Anda Gomesii, Ad. Juss., sont purgatives; une seule suffit pour un adulte. On en retire, par expression, une huile siccative, transparente, jaune pâle, de saveur faible et ayant la consistance de l’huile d'olives. Elle sert, au Brésil, comme purgatif et contre les brûlures. Selon le docteur Ure, elle purge à peu près aux mêmes doses que l’huile de Ricin.
Cette substance est fournie par le Rottlera tinctoria, Roxb. (Mallotus [ Ecliinus , H.Bn.] philippinensis, Müll.), petit arbre des districts montagneux de l’Inde, que l’on rencontre aussi à Ceylan, aux Philippines, en Chine, en Australie, dans l’Arabie et l’Abyssinie. Ses fruits triloculaires et gros comme des pois, sont couverts de petites glandes sessilcs, demi -transparentes, d’un beau rouge, subsphériques irrégulières, un peu déprimées en dessous, et ayant un dia mètre de 0,07 à 0,12 de millimètre!
Pour récolter cette substance, on met les fruits dans un panier placé au-dessus d’une toile et on le frotte, avec les mains, de façon à en détacher les glandes. Celles-ci, grâce à
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leur petitesse, traversent les mailles du panier et tombent sur la toile.
Le Kamala, que les Indous appellent aussi Kapila, Kcipila-podi, Wars, Wurrus , Wassunta gunda , se présente sous forme d’une poudre line, rouge brique, veloutée, à peu près insipide et inodore, brûlant cà la flamme d’une bougie, comme le lycopode. L’eau, même bouillante, l’attaque à peine ; l’alcool, l’éther, le chloroforme en séparent environ 80 0/0 d’une résine d’un beau rouge, soluble dans l’acide acétique cristallisable et dans le sulfure de carbone. L’acide sulfurique et l’acide azotique ne l’attaquent pas. Il flotte sur l’eau, mais s’enfonce dans l’essence de térébenthine, qu’il colore à chaud. Quand il est pur, il laisse 1 ,37 0/0 de cendres. Anderson y a trouvé des matières résineuses, de la cellulose, et une substance (Rottlèrine) formée de petits cristaux aplatis, jaunes, satinés, solubles dans l’éther, peu solubles dans l’alcool froid, plus solubles dans l’alcool chaud, insolubles dans l’eau.
Les Indous se servent du Kamala, pour teindre la soie en une belle couleur brun rouge. Ils l’emploient comme anthelminthique et quelquefois aussi contre les affections cutanées.
La structure histologique du Kamala a été étudiée par Aug. Vogl ; voici un résumé de ce travail important (Bull, de la Soc.
bot. de France : Revue bibliographique. 1865, G., p. 134):
« Le Kamala, traité par l’eau froide, l’acide acétique concentré, l’acide sulfurique étendu ou l’acide chlorhydrique concentré, ne colore presque pas ces liquides ; il colore l’eau bouillante etl’amoniaque caustique en jaune, les mêmes acides bouillants en jaunâtre, les carbonates alcalins et surtout la yiotasse Fl°- 335 ~ Kamala-- «. *>) e'a"d®»
. 1 yues de face et de profil ; c) poils.J
caustique, en beau brun rouge,
1 alcool, l’éther, la benzine en jaune brillant. Examiné sous le microscope (flg. 335), le Kamala se compose de deux formations: les glandes et les poils.
Cauvet, Mat. méd.
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« Les glandes sont, d’après leur forme, tout à fait comparables à un turban ou à un Oursin dépourvu de ses piquants ; elles montrent deux surfaces, dont l’une, la supérieure, est fortement convexe et couverte de proéminences hémisphériques, tandis que l’autre, l’inférieure, est aplatie et creusée dans son milieu d’une sorte d’ombilic. Le bord qui joint ces deux faces est ovale, elliptique, anguleux ou arrondi. Les glandes sont colorées en rouge grenat ou brun, ou en jaune orangé ; elles sont opaques et brillantes. Sur leur face inférieure, on remarque ordinairement des cellules noires rayonnantes, atténuées en coin vers le centre et dilatées à leur extrémité. Elles se brisent comme certains grains d’amidon. quand on les comprime sous le microscope. L’acool. l’éther, le chloroforme, surtout la benzine, déterminent sur ces glandes un phénomène singulier. Il s’élève à leur surface une pellicule qui devient de plus en plus mince, se rompt quelquefois, et dans laquelle apparaissent des cellules claviformes, réunies en petit capitule, renfermant de l’air ou bien un liquide jaunâtre, qui réfracte fortement la lumière. L’auteur conclut que ces glandes appartiennent aux organes que Unger a nommés glandes extérieures composées. La masse colorée et amorphe, qui en remplit l’intérieur et dans laquelle sont ensevelies les cellules spéciales de la glande, se dissout facilement ; elle est de la nature des substances colorantes résineuses. Ces cellules spéciales, qui forment une rosette à la face inférieure et qui se voient facilement après l’action de la benzine, possèdent une membrane qui offre primitivement les réactions de la cellulose. Yogi compare cette structure à celle de différentes glandes.
« Les poils , qui se trouvent mêlés aux glandes, dans le Kamala . sont des poils simples souvent réunis en petits faisceaux.
« L’auteur signale encore divers débris organisés, qu’il a rencontrés dans le Kamala. »
Flückiger a fait connaître une autre espèce de Kamala (fig. 336). de couleur pourpre foncé, formé de glandes ovoïdes allongées ou coniques, dont les cellules résineuses sont étagées horizontalement, sur quatre ou cinq rangées. Les glandes