CAMPHRE
ses bourgeons recouverts de larges écailles ovales. 11 croit dans le sud et le centre de la Chine, au Japon et à Formose. Toutefois, il semble qu’on n’en extrait pas le Camphre, en Chine : tout le Camphre exporté en Europe provient du Japon et de Formose.
Le procédé d’extraction varie dans ces deux pays.
Au Japon, on réduit en copeaux le bois du tronc, des branches et des racines du Camphrier et l’on met ces copeaux, avec de l’eau, dans de grandes cucurbites en fer, surmontées de chapiteaux en terre, dont l’intérieur est garni de paille. On chauffe ; le Camphre se sublime et s’attache à la paille, d’où on l’enlève ensuite. 11 est alors en grains grisâtres ou rosés, humides, le plus souvent peu volumineux. On l’exporte surtout d’Hiogo, d’Osaka et de Nagasaki. Ce Camphre paraît contenir une huile essentielle liquide, que l’on en sépare par expression.
A Formose, on remplit d’eau une auge en bois, préalablement lutée avec de l’argile, et on la met sur un fourneau. On lute au-dessus de l’auge une planche criblée de trous, sur laquelle on place les copeaux du Camphrieret l’on recouvre ceux-ci avec des vases en terre. On chauffe ; la vapeur d’eau entraîne le Camphre, qui se condense dans les vases, sous forme de petits cristaux. Le Camphre ainsi recueilli est mis dans des cuves ou dans des caisses doublées de plomb et il s’en sépare une huile essentielle jaunâtre, nommée Huile de Camphre, que les Chinois emploient contre le rhumatisme.
Le Camphre de Formose, improprement appelée Camphre de Chine, est en petits grains humides, de couleur brun clair. On l’exporte surtout de Tamsui, l'un des ports de Formose.
Il existe donc, dans le commerce, deux sortes de Camphres : le Camphre du Japon, qui est le plus estimé, et le Camphre de Chine, qui est de qualité inférieure.
Ces deux sortes constituent le Camphre brut.
Pour purifier le Camphre, on le place, avec un peu de chaux, dans un mat ras à fond plat, entièrement plongé dans un bain de sable, que Ton chauffe jusqu’à ce que le Camphre entre en ébullition et que l’eau se soit toute évaporée.
LA URINEES
Alors on découvre peu à peu le haut du matras, qui se refroidit et le Camphre s’y condense. Quand tout est sublimé, on laisse refroidir, puis on brise le matras.
Le Camphre ainsi obtenu est dit Camphre raffiné. Il se présente sous forme de pains de i à 2 kilogrammes, convexoconcaves, arrondis sur les bords, pourvus d’un large ouverture circulaire et médiane. Il est incolore, transparent, très onctueux au toucher, fragile, à cassure brillante et à texture cristalline; il peut cristalliser en octaèdres. Sa saveur est âcre, aromatique, un peu fraîche ; son odeur forte, pénétrante, caractéristique. 11 est plus léger que l’eau, inflammable et volatilisable à chaud, sans résidu, soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles grasses et volatiles, à peine soluble dans l’eau, qui n’en prend que et dont il est précipité, en majeure partie, par addition d'un sel alcalin ou terreux. La dissolution aqueuse du camphre, si faible qu’elle soit, offre pourtant une odeur et une saveur marquées. La solubilité du Camphre, dans l’eau, paraît facilitée par l’acide carbonique. Le lait en dissout, dit-on, 1/8 de son poids, ce qui doit tenir aux globules butyreux contenus dans ce liquide.
Le Camphre (C10 H16 O) n’est pas sensiblement influencé par les dissolutions alcalines : les corps oxydants, surtout l'acide azotique, le transforment en acide Camphorique (C10 Hle04), puis en acide Camphrêtique (C10Ht4O7), tandis qu’il se dégage de l’eau et de l’acide carbonique (Flückiger). Distillé avec de l'acide phosphorique anhydre ou avec du chlorure de zinc, il se convertit en Cymène (C10 H14). L’acide sulfurique concentré le dissout à chaud, en se colorant en noir; la liqueur, précipitée par l’eau, laisse déposer une huile ( Cam phrène), qui a pour formule C9H140. Chauffé, en tubes scellés, avec une quantité déterminée de brome, il s’y combine et produit un corps ( Camphre monobromè : Clü H15 O Br.), dans lequel une molécule de brome s’est substituée à une molécule d’hydrogène. Enfin, les agents oxydants peu énergiques peuvent convertir le Camphre en Oxy camphre { Cl0H‘GO2), qui garde l’odeur et la saveur primitives.
Le Camphre ne peut être pulvérisé directement sous le