NOIX DE RAVENSARA. ÉCORCE DE BÈBÉÈRU
leur, des éructations et des flatuosités. « A doses médicamenteuses, inoffensives pour l’existence, c'est un fort excitant du cerveau et de la moelle allongée; il fait baisser considérablement la température, sans provoquer aucune altération essentielle de l’activité cardiaque » (Nothnagel). A doses plus élevées, c’est un excitant puissant. Il peut « être employé comme tel, surtout par la méthode sous-cutanée, dans les états de collapsus, qui surviennent dans le cours des maladies aiguës fébriles «(Nothnagel). A dose toxique, il détermine des spasmes, des convulsions, le délire, l’éclampsie, l’insensibilité et la mort.
De graves accidents ont été produits par 4 grammes de Camphre en lavement. On l’a préconisé pour combattre l’irritation de la vessie, surtout quand cette irritation est due à l’action des Cantharides. On le prescrit à l’intérieur, seul, ou suspendu dans l’eau, à l’aide d’un jaune d’œuf, ou bien mêlé à l’opium, à l’azotate de potasse, etc. A l'extérieur, on le prescrit, soit en pommade, soit dissous dans l’alcool, ou dans l’éther.
« La solution éthérée semble produire une anesthésie locale (Glaisse) ; une dissolution de Camphre dans le chloroforme, en parties égales, paraît donner les mêmes résultats (Martenot) » (Dorvault).
Dans ces derniers temps, on a préconisé le Camphre monobromé , comme antispasmodique, sédatif et hypnotique.
Selon Bourneville, il affaiblit l’activité du cœur et la respiration, fait baisser la température, provoque des spasmes cloniques des pieds, de l’assoupissement, et même de l’amaigrissement, si son usage est trop prolongé. On le prescrit aux doses de 0,1 à 0,5 par dose, et jusqu’à 4 grammes par jour ; il faut, toutefois, en suspendre l’emploi, dès que la température tombe au-dessous de la normale.
N oix de Ravensara
Cette substance, aussi appelée Noix de Girofle , est le fruit de Y Agnthophyllum aromaticum, Wild. (Evodia Ravensara , Gærtn.), arbre de Madagascar, dont l’écorce et les feuilles sont également pourvues d’une forte odeur de girolle. Feuilles, écorce et fruits ne sont guère usités qu’à Madagascar. Les feuilles sont d’ordinaire repliées plusieurs fois sur elles-mêmes, puis enfilées en chapelet ; elles ont une odeur très aromatique, persistante. Les fruits sont gros comme une petite noix ; ils ont une odeur forte, analogue à celle de la cannelle giroflée et du piment Jamaïque.
Ecorce de Bébééru
Le Bébééru ou Bibiru (Nectandra Rodiei, R. Schomb.) est un arbre de la Guyane Anglaise, dont les tourneurs et les
LA URINEES
ébénistes anglais emploient le bois, sous le nom de Green ïïeart (cœur vert). On débite ce bois en poutres de 18 à 20 mètres de long. Il est considéré comme excellent, pour les constructions navales.
Le fruit, le bois et l’écorce de Bébééru sont dépourvus d’odeur aromatique, mais possèdent une saveur très amère. L’écorce seule est employée.
Le fruit est une drupe, qui renferme une amande très amère, à lobes charnus et jaunâtres, devenant bruns et très durs par la dessiccation.
L'Écorce de Béhééru est d’un brun grisâtre clair, au dehors, de couleur cannelle au dedans, et pourvue de fortes stries. Elle est dure et pesante, avec une cassure grenue, un peu foliacée ; sa couche interne seule est fibreuse. Dans le commerce, on la trouve en fragments allongés, aplatis, grossiers, souvent larges de 10 centimètres et d’une épaisseur do plus de 6 millimètres. Assez semblable à du Quinquina Calissaya, elle en diffère surtout par sa dureté et sa densité plus grandes. Elle a une saveur très amère, non aromatique et fournit une infusion brun cannelle, très pâle.
Le docteur Rodie a découvert, dans l’amande et dans ! l’écorce du Bébééru, un alcaloïde, qu’il a nommé Bébéérine ou Bibirine. Ge principe est employé comme fébrifuge, ainsi que les parties d’où on le retire. On le prescrit sous : forme de sulfate.
La Bébéérine (G19 II21 Az O3) se présente sous forme d’une 1 poudre amorphe ou de cristaux aiguillés. Elle est incolore, J inodore, inaltérable à l’air, presque insoluble dans l’eau, soluble dans 5 parties d’alcool absolu, dans 13 parties, d’éther, surtout à chaud, et dans 1,400 à 1,800 parties d’eau bouillante. Le chloroforme et les acides dilués le dissolvent aisément. On l’administre à dose double de la quinine, dont elle constitue un bon succédané, mais qu’elle ne peut rem-j placer.
Selon Fiückiger, la Bébéérine est identique à la Buorinc et à la Pèlostne (voyez ces mots).