‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 2 sur 214 · RUE HAUTE PEUILI.E, PRÈS DU BOULEVARD SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

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PRÉFACE

Lorsque, eu 1865, je traçai le plan de mes Eléments d' Histoire naturelle médicale , je pris pour modèle le livre si bien fait d’Achille Richard.

L’Histoire naturelle et la Matière médicales furent donc confondues et chaque substance médicinale fut étudiée, en même temps que l’animal ou la plante dont elle provient.

Malgré ses avantages incontestables, cette méthode a un grave inconvénient : elle ne permet pas de donner une extension suffisante à chacune des sciences ainsi j uxtaposées.

En effet, un livre destiné aux élèves doit être court, peu compact et d’un transport facile. L’idéal de l’auteur d’un tel livre est que son ouvrage puisse être mis dans la poche.

Mais, quand il s’agit d’une science aussi étendue que celle de l’histoire des médicaments simples et des êtres dont ils dérivent, un tel idéal est malheureuse-

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ment irréalisable, Pourtant, il est nécessaire île s'en rapprocher le plus possible. Dans ces conditions l’enseignement est forcément écourté.

Si, comme il fallait s’y attendre, une première édition renfermait des lacunes et si, d’autre part, depuis l’époque où elle parut, beaucoup de drogues non encore décrites sont entrées dans la pratique médicale, l’auteur se demande avec effroi, lorsque se prépare la seconde édition, comment il pourra concilier l’espace restreint, dont il dispose, avec la nécessité de faire connaître les nouvelles substances.

Dès la deuxième édition de mon Histoire naturelle , je me trouvai donc en face de ce dilemme : ajouter tout ce qui manquait et, par suite, augmenter beaucoup le volume de mon livre ; supprimer tout ce qui ne semblait pas indispensable, afin de rétablir, autant que possible, le cadre primitif.

Mais, si les additions s’imposent, les suppressions sont bien difficiles à faire. Tel fait, qui peut paraître oiseux, en explique bien d’autres ; s’il est supprimé, la corrélation cesse : il ne reste, dans l’esprit du lec teur, qu’hésitation, doute ou surprise.

11 n’est donc guère possible de supprimer.

Comment, alors, ajouter encore, quand la place manque?

En cherchant à résoudre ce problème, j’arrivai à cette conclusion que, mon livre s’adressant à deux catégories d’élèves, je devais le dédoubler et séparer de l’Histoire naturelle ce qui ressortissait à la Matière

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médicale : il serait ainsi possible de donner à chacune de ces sciences l’extension qui lui convient.

Tel est le but que j’ai poursuivi, en écrivant mon nouvel ouvrage.

Ce travail a été rendu plus facile, par la nécessité où je me suis trouvé, depuis trois ans, de limiter mes leçons à la Matière médicale pure. Mon livre, reproduction de ces leçons, a été rédigé d'après les données que je viens d’énoncer. Ceux qui me feront l’honneur de le lire 11e devront pas être surpris d’y trouver des pages entières, extraites du livre qui l’a précédé. Mais ces emprunts voulus sont encadrés dans tant de faits nouveaux et dans des additions ou des modifications tellement considérables, qu’ils disparaissent presque et que les Nouveaux Eléments de Matière médicale se présentent comme un traité absolument neuf.

Voici quel en est le plan.

Comme les médicaments tirés du règne animal sont peu nombreux, je les ai divisés en catégories de substances affines, sans me préoccuper toujours de la classe ou de l’ordre auxquels appartient l’espèce qui fournit une matière donnée.

Les substances d’origine animale ont été rapportées à deux sections principales : Matières provenant des Vertébrés, Matières provenant des Invertébrés.

La première section comprend quatre groupes :

1° Substances alimentaires : Viande , Lait, Œufs, etc. \

2° Substances grasses : Graisses, Suifs, Huiles, etc.;

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3° Substances odorantes : Musc , Civette , Casto réuni, etc ;

4° Substances peu employées : Guano, Ichthyocolle .

La seconde section comprend cinq groupes :

1° Animaux vésicants : Cantharides , Mylabres, Méloés, etc. ;

2° Galles : Galles vraies , Bédégars , Coques, etc. ;

3° Produits des Abeilles : Propolis, Miel, Cire;

4° Produits des Goccidés : Matières colorantes. Matières sucrées, Matières grasses, Matières résineuses ;

5° Produits des Crustacés et des Spongiaires : Peu# d' Écrevisse, Eponges, etc.

Pour l'étude des drogues d’origine végétale, j'ai suivi l’ordre des familles naturelles, bien que la répartition de ces drogues en catégories semble plus pratique, au premier abord.

Une longue expérience m’a démontré, en effet, que le classement des drogues de cette sorte, en racines, écorces , feuilles, fleurs , etc., expose l’auteur à des redites et oblige le lecteur à des recherches souvent sans profit. Un tel travail décourage ou fatigue ceux qui veulent connaître les divers produits d’une même espèce, lorsque celte espèce en fournit plusieurs.

Chacune des drogues importantes a été étudiée au point de vue de ses caractères distinctifs, de sa composition, de ses propriétés. Quand l’une d’elles contient un principe nettement défini, ce principe a été l’objet d’un article spécial, où j’ai exposé ses propriétés, ses

l’REL'ACE

! réactions et les procédés employés, pour en déterminer la présence ou la pureté. L’étendue donnée à ces notions diverses m’a porté à faire imprimer en petits caractères, celles de ces notions qui sont le moins indispensables ou parfois, au contraire, celles qui sont dignes d’attirer l’attention .

Gomme beaucoupde substances sont falsifiées, dans le commerce, j’ai soigneusement exposé les moyens d’en déceler les fraudes

Parmi ces moyens, le plus important, du moins pour la détermination des tiges, racines, écorces, est celui qui en fait connaître la structure histologique. J’ai décrit avec soin cette structure et, toutes les fois que je l’ai jugé nécessaire, j’ai intercalé, dans le texte, des figures destinées à en mieux fixer les détails dans l’esprit. Je m’en suis abstenu, toutefois, lorsqu’une drogue m’a paru offrir des caractères extérieurs suffisamment précis, pourqu’elle ne pût être confondueavec uneautre.

11 est évident, en effet, que, en dehors des satisfactions d’une curiosité d’ailleurs légitime, rien ne justifie la perte de temps imposée à l’élève par l’élude histologique de la racine de Guimauve ou des capsules de Pavot, etc.

Quoique je me fusse promis d’être aussi complet que possible, j’ai passé sous silence un certain nombre de drogues, soit parce que ces drogues sont à peu près ' inusitées, soit parce qu’elles ont des propriétés ou médiocres ou douteuses.

Dans le cours de ce livre, j’ai fait nécessairement

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beaucoup d’emprunts à mes devanciers français ou étrangers.

Parmi les premiers, je citerai principalement : Ach. Richard, Guibourt, G. Planchon, Girardin, E. Baudrirnont, G. Pennetier, Dorvault, de Lanessan, H. Bâillon, les auteurs du Dictionnaire de Wurtz, ainsi qu’Oberlin, Schlagdenhauffen et Heckel, dont les excellents travaux m’ont donné de précieux renseignements.

Parmi les seconds, je mentionnerai surtout : Pereira, Guibert, Hanbury et Fliickiger, Bentley et Redwood, Bentley et Trimen, Holmes, Notlinagel et Rossbach.

Toutes les fois que ces emprunts avaient une certaine importance ouse rapportaient à des travaux originaux, je les ai soigneusement indiqués. 11 en a été de même, lorsque l’un de mes collègues de la Faculté a bien voulu m’aider dans la rédaction d’un article spécial.

C’est avec plaisir que j’adresse ici mes remerciements à mon savant ami, M. E. Marchand, qui a bien voulu écrire, pour ce livre, l’article Lait. Nul mieux que lui ne pouvait faire un tel travail. Aussi ai-je scrupuleusement reproduit son Mémoire. Je n’y ai fait qu’une courte addition, relative aux recherches de M. Husson, mon ancien élève, sur les falsifications du beurre et de la margarine-Mouriès.

Pour la description des drogues, ma tâche a été singulièrement facilitée par l’étude delà remarquable collection, que M. César Chantre avait constituée, pendant son séjour à Londres, et qu'il a cédée à la Faculté de Lyon. J’ai trouvé, dans cette collection, des spécimens

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authentiques de drogues journellement usitées dans l’Inde, l’Australie, l’Amérique du Nord, les unes inconnues dans le commerce français, les autres rares et à peines usitées depuis quelques années en Europe, où,

le plus souvent, elles sont entre les mains de spécialistes.

Enfin, je dois à l’amitié de MM.Heckel et Schlagdenliauffen des échantillons de la plupart des substances qu’ils ont étudiées dans cês derniers temps, ce qui m’a permis de les décrire, sans m’astreindre à copier les excellents Mémoires de ces savants.

Comme je l’ai dit plus haut, ce livre est la reproduction du cours que j’ai fait à la Faculté de Lyon, pendant ces trois dernières années.

Les Élèves qui ont assisté à mes leçons ont rendu ma tâche facile par l’attention sympathique qu’ils m’ont donnée.

Je les en remercie et je leur dédie ce livre.

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