VI VERRE UM OIT CIVETTE
mulant de la circulation et de l'innervation, que l'on a recommandé contre les troubles sensrtivo-moteurs, de' nature asthénique. On l’a dit efficace, lorsque la respiration est tellement déprimée qu'il y a danger de mort ; on l'a vanté contre le collapsus rapide. Toutefois, ses effets excitants paraissent fugaces et sont remplacés bientôt par de la céphalalgie, de la pesanteur de tête et de la somnolence. D'autre part, Tiedemann ayant injecté 3 décigr. de Musc, dans la veine crurale d’un Chien, observa que la respiration fut d’abord accélérée, sans élévation de la température ; puis survint une perte de connaissance, suivie de secousses musculaires, avec évacuations al vines sanguinolentes, dépérissement, respiration irrégulière et mort. Cetle substance est donc loin d’être innocente et ne doit être employée qu’avec prudence. Ses effets contre le collapsus sont, d’ailleurs, moins énergiques que ceux de beaucoup d’autres excitants et Nothnagel n’hésite pas à dire qu’un verre de champagne ou un grog chaud valent mieux. On l’a recommandé contre les affections spasmodiques, en général, et surtout contre les manifestations de l’hystérie; mais il ne semble pas mieux agir que les autres médicaments usités contre ces affections. 11 faut dire, cependant, qu'il semble efficace dans le traitement du spasme de la glotte, chez les enfants, dont il modère l’intensité.
On l’administre, soit en poudre, à la dose de 0,3 à 0,5 0,6, chez l'adulte et de 0,005 à 0,2, chez les enfants (dans la première année, on donne de 0,005 à 0,05J, soit en teinture alcoolique à la dose de 20 à 60 gouttes.
Nothnagel considère le Musc comme un médicament superflu.
VIVERRÉUM OU CIVETTE
Le Viverréum est une substance odorante, fournie par plusieurs espèces du genre Civette ( Vwerra,L.), animaux de
Fio. 43- — Civette d’Afrique.
l’ordre des Carnassiers digitigrades et de la famille des Viver
104 SUBSTANCES MEDICINALES ODORANTES
ridés. On en connaît quatre espèces, toutes des régions tropicales de l’Ancien Continent :
l°Civette d’Afrique ou Ci/ette ordinairef V. Civetta, Sclireb.; fig. 43).— Animal ayant 75 centni. de longueur et 30 centim. de hauteur, gris, avec des taches brunes ou noirâtres, pourvu d'une crinière, qui occupe tonte la région dorsale ; queue d’un blanc grisâtre, marqué d’anneaux noirs, dans sa moitié antérieure, et noire vers son extrémité ; tète allongée, blanchâtre, avec des taches brunes.
La Civette habite l’Afrique équatoriale.
2° Zibeth ( V. Zibetha, L. fig. 44). Animal plus petit que
Fie. 44. — Zibeth.
la Civette, sans crinière, gris jaunâtre, avec de nombreuses taches noires, à queue noire en dessus, marquée, en dessous, de demi-anneaux blancs et noirs.
La Zibeth habite l’Inde, la Malaisie et l’Arabie.
3°Rasse (V. indica). — Animal plus petit que les précédents, à tête très mince, avec des oreilles relativement grandes ; pelage grossier, noir ou brun jaunâtre, avec des reflets gris et marqué de taches disposées en séries.
La Rasse habite l’Inde, Java, Sumatra et la Chine.
Elle est très recherchée.
4° Lisang (V . grao.ilis). — Animal tenant le milieu entre les Civettes et les Genettes, à tête pointue, à pelage doux, gris pâle ou blanc jaunâtre, avec des taches d’un brun noir et des bandes disposées irrégulièrement.
Le Lisang habite les forêts de Java et de Sumatra.
La Civette, le Zibeth et la Rasse sont élevés en captivité, pour le parfum que l’on retire de leurs poches odorifères. Le Lisang paraît n’étre connu qu’à l’état sauvage.
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I VIVERREUM OU CIVETTE
La poche odorifère (fig. 45) existe dans les deux sexes ; son ouverture simule une sorte de vulve, au fond de laquelle s’ouvre, de chaque côté, un large utricule velu intérieurement, comme la poche elle-même. Les parois de cet utricule sont criblées de trous, par lesquels s’écoulent les produits d’autant de follicules composés. Tout l’appareil est environné d’un muscle, dont la contraction peut amener la sortie de la matière sécrétée. Cette matière, qu’on a nommée Viverréum ,
I est de nature adipo-résineuse, semi fluide, onctueuse, horno-
Igène, de couleur jaune clair; elle brunit et s’épaissit avec le temps. Le Viverréum est I purifié par des lavages avec de l’eau, puis avec du jus de ci- I trou ; on le fait ensuite sécher I au soleil et on le met dans des I boîtes en fer-blanc.
Respiré en masse, le Viverréum a une odeur forte, désagréable. ammoniacale : il ne dégage un parfum suave (?) que si la matière a été beaucoup diluée. On 11e l’emploie plus en médecine et son usage est exclusivement réservé à la parfumerie. Il était réputé stimulant et antispasmodique.
Les anciens en connaissaient 3 sortes : la Civette de Hollande, (lui était la plus estimée et avait une couleur blanchâtre ; la Civette de Guinée ou du Brésil , qui était de couleur terne et d’odeur aussi forte que celle de la précédente ; enfin la Civette occidentale, qui, selon Pomet. était du Stercus humanum.
La Civette actuellement employée vient des îles Malaises, de l’Inde et de l’Afrique. La plus estimée vient deBuro (Mo~ luques) ; celle de Java est préférée à celle qui arrive du Ben I gale et de l’Afrique.
Fio. 45. — Appareil de la Civette'.
v') a, a) Glandes de la Civette. — b) I.eurs orifices. — <\ e) Glandes anales. — <{, <0 | Leurs orifices. — e) Anus. — f / Vulve. — g) Clitoris
SUBSTANCES MEDICINALES ODORANTES
Cette substance est presque toujours falsifiée, dans le commerce. On y ajoute du miel, des corps gras divers, delà terre, etc. Il paraît qu’on en fabrique même de toutes pièces, avec du musc, du styrax, de l'asa-fœtida, de la graisse et du beurre rance. Les moyens de discerner la falsification de la Civette sont assez bornés. Baudrimont recommande de comparer, avec de la bonne Civette, celle que l’on veut acheter ou examiner.
Il rappelle que, lorsqu’elle est de bonne qualité, elle ne doit pas contenir des grumeaux durs, ni de parties opaques ; qu’elle doit être transparente, homogène, de couleur brune ou jaune clair, avoir la consistance du miel et s’étendre aisément sur le papier, en répandant une odeur très forte.
Pomet conseille de ne l’acheter qu’à des marchands probes, et de s’assurer qu’elle ne se moisit, ni ne se corrompt pas, quand on la conserve quelque temps, ce qui arrivé avec la Civette falsifiée, qui prend une odeur dé rance désagréable. Il ajoute que cette substance falsifiée, vendue sous le nom de Civette de Guinée , a une couleur rougeâtre.
C ASTORÉU M
Le Castoréum est une matière d’odeur fétide, produite par le Castor {Castor fiber, L.), animal de l’ordre des Rongeurs et de la famille des Castoridés, dont il est le type.
Fig. 4(3. — Castor.
Castor (fig. 46). — Le Castor est long d’environ 1 mètre,