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GLYCÉRINE

Elle reste comme résidu de la fabrication des savons, des emplâtres, des bougies stéariques, etc.

Essai de la glycérine. — Lorsqu’elle n'a pas été complètement purifiée, la glycérine contient diverses matières dont l'origine s’explique par le mode adopté pour sa préparation. Elle peut donc renfermer : de la chaux, du sulfate de chaux, un sel de plomb, du chlorure de sodium, des acides oxalique, formique, butyrique, ainsi qu’un excès d'eau (E. Baudrimont).

Les sels calcaires seront décelés par l’oxalate d’ammoniaque :les sulfates, par le chlorure de baryum ; le plomb. par l'acide sulfhydrique ;lese/ marin, par l’azotate d’argent.

L 'acide oxalique y sera reconnu, en la chauffant avec du chlorure de calcium ammoniacal, qui donne un précipité d’oxalate de chaux, soit en la mêlant avec son volume d’acide sulfurique pur, qui détermine une élévation de température, avec dégagement de huilés d’acide carbonique et d’oxyde de carbone.

L'acide formique est montré par la même réaction, et mieux encore en chauffant la glycérine additionnée d’azotate d’argent ammoniacal : il se produit alors un précipité brillant d’argent réduit.

La présence del 'acide butyrique est dévoilée par son acidité et surtout par l’odeur d’Ananas, qui se développe, quand on fait bouillir la glycérine suspecte, avec un mélange d’alcool fort et d’acide sulfurique.

Un excès d'eau est immédiatement indiqué par la densité: celle-ci est alors d’autant moindre, que l’eau est en plus forte proportion. Les moyens à employer, pour déterminer cette proportion, ont été donnés par E. Baudrimont et nous renvoyons à son Dictionnaire de Falsifications, les formules qu'il indique, à cet effet, ne nous semblant pas ressortir nécessairement de notre travail actuel.

Falsifications de la Glycérine. — Les matières dont nous venons d’indiquer l’existence, dansla Glycérine, résultent, nous l’avons dit. du mode de préparation adoptée. Leur présence est la preuve d’une purification au moins incomplète, non d’une falsification. Mais il en est d’autres, qui y sont souvent

SUBSTANCES GRASSES D'ORIGINE ANIMALE

ajoutées dans un but frauduleux et qu’il importe de savoir reconnaître. Tels sont le sucre de canne, la glucose, la dextrine.

Le sucre de Canne y est indiqué par plusieurs moyens :

1° en chauffant la glycérine, avec quelques gouttes d’acide sulfurique : il s’y développe une coloration noire ;

2° en agitant la glycérine, avec du chloroforme et laissant reposer : le sucre cristallise et gagne le fond, tandis que la glycérine surnage le chloroforme ;

3° en faisant bouillir, pendant 2 minutes, quelques gouttes de glycérine étendue d’eau distillée, à laquelle on a ajouté 3-4 centigr. de molybdate d’ammoniaque et une goutte d’acide azotique : il se produit une coloration bleue, si la glycérine contenait du sucre et pas de coloration, si elle était pure ;

4° si l’on fait bouillir la glycérine avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique étendu, le sucre est interverti et le mélange, étant saturé par la potasse, réduit ensuite la liqueur de Frommherz, ce que ne fait pas la glycérine pure.

La glucose est dévoilée :

1° par la liqueur de Frommherz employée directement ;

2° par le chloroforme qui la précipite ;

3° par la potasse caustique bouillante, qui la colore en brun.

La dextrine est reconnue :

1° par la liqueur de Frommherz, après traitement par l’acide chlorhydrique étendu et bouillant ;

2° par le molybdate d’ammoniaque, selon le procédé indiqué pour le sucre de Canne ;

3° en agitant la glycérine avec de l’alcool fort : la dextrine se précipite sous forme de flocons blancs, qui se rassemblent en une couche sirupeuse, que l’iode colore en violet.

Si l’on traite 1 partie de glycérine déshydratée, par un mélange froid de 4 p. d’acide sulfurique à 66° et de 2 p. d’acide azotique à 50°, et qu’on verse ensuite le tout dans de l’eau froide, il se précipite une matière huileuse, appelée Nitroglycérine.

La Nitroglycérine (Cc H5, 3 (Azo4), O6) est un liquide un peu jaunâtre, inodore, amer, d’une densité de 1,60, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et dans l’éther. Elle détonne

GLYCERINE

avec une extrême violence, soit parla percussion, soit au contact cl’une lame métallique rougie au feu, soit encore par l’étincelle électrique. Enfin, elle bout à 185°, avec dégagement de vapeurs jaunes, se volatilise à 200° et déflagre à 217°.

La Nitroglycérine est employée seule ou plus souvent mélangée à diverses substances, pour le travail des mines et carrières. Selon Demme, c’est un toxique, dont les effets sont comparables à ceux de la Noix vomique. On l'a recommandée, en dissolution alcoolique, contre les affections spasmodiques et névralgiques, dans la paralysie et dans certaines formes de l'hystérie.

Elle est prescrite à la dose de 2-3 gouttes, dans une potion.

Propriétés médicinales de la Glycérine. — La glycérine est très fréquemment employée à l’extérieur, mais on doit, au préalable, s'assurer qu’elle est pure, car la présence des divers acides que nous y avons signalés, la rend fortement irritante. Gomme elle a un grand pouvoir dissolvant, qu’elle n'est pas siccative, ni volatile à la tempéï'ature du corps, qu'elle a des propriétés adoucissantes et qu'entin on peut toujours l’enlever par le lavage à l’eau, on l’emploie seule ou additionnée de diverses substances médicamenteuses. On la combine assez généralement à l’amidon, avec lequel elle forme, par l’ébullition, un composé gélatineux, appelé Glycérolè d'amidon : ce composé sert d’excipient à beaucoup de principes médicinaux solubles et insolubles.

Elle constitue l’un des meilleurs agents de conservation, pour les solutions aqueuses : ajoutée aux masses pilulaires, elle les maintient molles ; si ces masses contiennent des résines, on l'additionne d'alcool. Enfin, elle peut remplacer l'huile, avec avantage, dans les préparations appelées huiles médicinales.

Comme la glycérine est un produit constant de la décomposition des corps gras, par le suc pancréatique, on a supposé — et l’expérience a justifié cette manière de voir — que son ingestion pourrait être sans danger. Mais il ne faut pas oublier, que la glycérine est un corps fortement liygroscopique et que, si elle est déshydratée ou du moins très concentrée, elle tend à soutirer de l'eati aux membranes, avec lesquelles Ion la met en contact. D’où l'indica’ion de ne jamais l’employer seule à l’intérieur et l’explication de la sensation de brûlure qu’elle provoque, lorsqu’on l’applique sur les muqueuses et sur les surfaces ulcérées.

On avait prétendu que la glycérine est susceptible de se transformer len glycogène, dans l’économie, et qu'elle pouvait ainsi contre-balancer l a déperdition qui se produit dans la glycosurie. Il a été reconnu, en I effet, que l'urine sécrétée, sous l’influence de la glycérine, réduit la li- Ijueur cupropotassique, qu'elle est fermentescible et dégage de l'acide l:arbonique, en présence de la levure de bière. Mais Üstimovvitsch a trouvé que la substance réductrice n'est pas du sucre. L’expérience I lirecte a montré que la glycérine augmente la sécrétion de l’urine,

SUBSTANCES MEDICINALES ODORANTES

qui d'abord pâle, se fonce progressivement et prend une couleur rouge, due à la présence de l'hémoglobine. En même temps, on observe que le volume de beaucoup de globules sanguins a diminué, et que le sérum est fortement coloré en rouge. Cette action de la glycérine, sur les hématies, montre que cette substance n'est évidemment pas dépourvue de nocuité, et il nous semble qu’on ne saurait être trop circonspect, quand on l’emploie à l’intérieur.

SUBSTANCES MÉDICINALES ODORANTES

MUSC

Le Musc est une substance odorante, produite par le Chevrotant porte-musc (Mosclms moschi férus). Mammifère de l’ordre des Ruminants et de la famille des Moschidés, dont

il est le type. Selon A. Milne Edwards, le genre Moschusne reu ferme qu’une seule espèce comprenant trois variétés : maculée .rubanée. concolor.

Le Chevrotain portemusc (fig. 34)habitele plateau central de l'Asie, d’où il s'étend au Nord jusqu'au delà du cercle polaire, et au Sud dans leNépaul, le Thibet, le Pégu, le Tonquin et même la Cochincbine. De l'Ouest à l'Est, il occupe la région montagneuse, qui commence au plateau central et qui atteint : au Nord, la mer d'Okhotsk; au Sud la Cochinchine.

Il a la taille d'un jeune Chevreuil. Sa couleur est d‘u i brun roux mêlé de gris et de blanc; mais elle varie avec l’âge et peut-être avec la localité. Son poil est épais, grossier, très cassant, le plus souvent ondulé dans la partie moyenne (fig. 35). La queue, toujours nue inférieurement, chez les mâles adultes, est couverte de poils, chez la femelle et chez les jeunes. .

MUSC

Les canines font saillie hors de la bouche et dé j assent de beaucoup le dessous de la mâchoire inférieure ; elles sont faiblement arquées, arrondies en avant, tranchantes en arrière, très pointues ; leur portion libre mesure souvent 6 centim. de longueur.

L’appareil moschifére n'existe que chez le mâle; il est placé entre l’ombilic et le fourreau de la verge (fig. 36). Cet appareil est légérenv ni elliptique, aplati supérieurement, plus ou moins bombé inférieurerrn nt suivant sa réplétion ; il présente, du côté de la verge, un sillon asrcz

profond, pour la réception de cet organe. Extérieurement, il est recouvert par la peau, dont les poils se dirigent obliquement vers son orifice. L’intérieur de la glande est tapissé par une continuation de la peau, qui s’est transformée en une muqueuse couverte de plis, d'anfractuosités et de renflements ; dans son épaisseur , sont logés une multitude de follicules brunâtres et de nombreux vaisseaux. La poche tout entière est située entre les téguments externes et les muscles abdominaux ; une tunique musculaire la recouvre et constitue une sorte de sphincter, autour de son orifice excréteur.

Selon Pereira, l’enveloppe propre de la poche comprend trois membranes : une extérieure, fibreuse; une moyenne, mince, blanchâtre, nacrée ; une interne, de nature épithéliale.

À l’état frais, le Musc est une matière denii-lluide, d’un

' a) poche du Musc ; — bj son orifice : - c) orifice du prépuce ; — d) verge ; — c) scrotum.

SUBSTANCES .MEDICINALES ODORANTES

roux brunâtre, d’odeur très forte et de saveur amère. A l’état sec, il est solide, onctueux au toucher, brun noirâtre et réuni en grains, dont la gran-eur varie entre la grosseur d’une tête d’épingle et celle d’un pois.

On le trouve dans le commerce, sous deux états :

1° Inclus dans les poches : Musc en vessie ;

2° Débarrassé de la poche et pulvérulent : Musc hors vessie.

Le Musc en vessie est de beaucoup le plus estimé, parce qu’il est plus difficile à falsifier. On en connaît plusieurs sortes, dont les principales sont : le Musc de Nankin, le Musc de Tonquin , le Musc du Yun-N an. le Musc d'Assam ou du Bengale, le Musc Kabardin.

1" Musc de Nankin ( Musc de Chine , l,e sorte , de Guibourt. fig. 37) est en poches arrondies ou ovalaires, de 5-6 centim.

de diamètre et pourvues de parois peu épaisses. Leur face ventrale est nue, brunâtre, sèche, et dépourvue d’ouvertures. La face inférieure ou externe offre un pertuis assez étroit, excentrique, toujours situé entre le milieu de la poche et son bord antérieur. Cette face est couverte de poils grossiers, cassants, grisâtres et courts vers la périme. 37. - Musc de Nankin. phérie de la poche, plus longs, plus

fins et brunâtres au voisinage du pertuis, vers lequel ils se dirigent , en formant une courbe semispiralée, de sorte que leur ensemble simule un tourbillon. La matière incluse est pâteuse et granuleuse ; son odeur est forte et bien différente de celle du Yiverréum.

Cette sorte est désignée sous le nom de Micsc de la chasse royale . Elle vient de la Chine méridionale, surtout de Nankin, en boites doublées à l'intérieur d'une feuille de plomb, recouvertes de soie et portant la suscription \Lingchong musk. Ces boîtes contiennent 25 poches enveloppées chacune d’un papier fin, étiqueté : Musc collected in Nankin bg Tung-t-hin-chung- chung-kee ; au-dessus de cette

MUSC

inscription se voit un médaillon représentant une divinité, qui tient une banderole et aux pieds de laquelle se trouve une Civette; enfin, chaque poche porte, sur sa face lisse, des caractères chinois à l’encre rouge.

Cette sorte est de beaucoup la plus estimée et la plus chère ; c’est aussi la plus rare. En la décrivant, Guibourt lui a attribué la figure ci-dessous (v. fig. 38), qui nous paraît se rapporter mieux au Musc Tonquin.

2° Musc du Tonquia. — Ce Musc (fig. 38) est en poches moins larges, mais plus bombées que celles du précédent, et cou -

mais plus apparente que celle de la sorte précédente, en raison de la plus grande brièveté des poils. Guibourt en décrit une variété, plus petite et percée d’un trou assez grand, que l’on avait obstruée avec un bouchon de papier gris.

Le Musc de Tonquin arrive de l’Annam septentrional au Tonquin; il est expédié en Angleterre, par voie de Canton. Cette sorte paraît confondue, dans le commerce français, avec la précédente ; elle se vend au moins 2,000 fr. le kilog. Chaque poche fournit de 40 à 45 grammes de Musc hors vessie.

3“ Musc d’Assam ou du Bengale. — Cette sorte est en poches plates et assez semblables à celles du Musc de Nankin, ou tiès bombées et dont la face postérieure, servant d’attache à l’abdomen, a un diamètre plus petit que celui de la poche elle-même (fig. 30). Ces poches sont couvertes de poils grossiers, plus ou moins longs, ondulés, d’un blanc grisâtre

Fio. C$. — Musc du Tonkin.

vertes de poils blanchâtres, très courts, avec une fine elfiorescen ce blanche. 11 est plus sec, moins odorant que le Musc de Nan kin. L’ouverture des poches est généralement petite ,

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et pourvues d’une ouverture assez grande. Elles sont dures

Kiu. 30. — Musc du Bengale \

et remplies d’une matière

K. o 40 - Musc du Yun-nan.

consistante, brun-noirâtre, douée d'une odeur tiès forte de Musc et de Civette.

Cette sorte est surtout em ployée pour la parfumerie, en France. Elle est récoltée au Nord-Est de l’Inde, dans la région comprise entre le Tliibet et la Birmanie. On l'expédie dans des sacs en peau contenant environ 200 poches et enfermés dans des caisses en bois ou en fer-blanc.

4Ü Musc du Yun-nan. -Ce Musc est en poches sphériques ou ovoïdes (tig. 40). à tace ventrale bombée, parcheminée, brun rou-

geâtre et à face externe couverte de poils tiès couits, serrés, d’un gris cendré un peu

A face antérieur — B, face postérieure ou ventrale.

MUSC

jaunâtre. L’oritice des poches est obstrué par un tampon sail lant au dehors et fait d’ordinaire, avec de la paille de Riz. Leur contenu est granuleux, brun fauve, et doué d’une odeur très fine, mais très accentuée. Ce Musc provient du Yun-nan ; il est importé en France depuis quelques années seulement. J I est presque aussi cher que celui du Tonquin ; le rendement des poches varie de 50 à GO 0 0..

5° Musc Kabardin (Musc de Russie , Musc de Sibérie ). - Cette sorte est en poches (fig. 41) plus longues, plus sèches et plus aplaties que celle des sor tes précédentes.

Le sillon longitudinal, correspondant à la verge, y est aussi plus apparent : les poils sont secs, blanchâtres et comme argentés ; la face ventrale des poches est d’un jaune brunâtre, • avec une légère efflorescence blanche.

Ce Musc a une odeur moins forte et comme aromatique ; il est moins estimé que les autres. Il paraît venir des monts Altaï et du voisinage de la mer d’Okhotsk, où le Chcvrotain porte musc est appelé Kabarga. Il est consommé en Allemagne et coûte 3 à 4 francs de moins que le musc Tonquin de bonne qualité.

Selon Geiger et Riemann, le Musc offre la composition suivante : Résine amère ayant l’odeur du musc, 5 ; Extrait alcoolique. Acide lactique et sels, 7,5 ; Graisse non saponi fiable, 1,1 ; Cholestérine mêlée de graisse, 4 ; Extrait aqueux, Matière particulière, combinée à de la potasse et à de l’ammoniaque et Sels solubles dans l’eau, 36,5 ; Résidu soluble, 0,4 ; Eau et A mmoniaque dégagée de l'acide lactique, 45,5.

Cauvkt, Mat. méd.

Fig. 41. — Musc Kabanlin.

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Falsifications du Musc. — - Ces falsifications sont nombreuses et fréquentes. Elles portent sur le Muse en vessie et sur le Musc hors vessie ; celles qui s’appliquent à ce dernier sont les plus communes et les plus faciles à pratiquer. Il convient donc de n’acheter le Musc qu’en vessie et de s’assurer à la fois du bon état de poches et de la bonne qualité de leur contenu.

Musc en vessie. — Comme nous venons de le dire, la qualité du Musc en vessie est déterminée par l’examen dos poches et de leur contenu.

1° Examen des poches. — Les poches à Musc doivent être choisies parfaitement intactes ; leurs poils doivent être bien adhérents, avec l’extrémité libre toujours tournée vers l’orifice, qui, on se le rappelle, est un peu excentrique.

La face postérieure des poches doit être absolument intacte, sans points de suture (fig. 42), ni fentes recollées. Enfin, les

poches ne doivent pas être tiop lourdes ; dans ce cas.

on devra soup çonneiTintroduction de corps pesants, dans leur cavité; ou l'intromission de lamel-

musc raisiné. les de plomb, en

des points de leur

membrane ventrale dédoublée, puis recollée. Si l’on met une poche à Musc dans de l’eau tiède, ses poils ne doivent pas se détacher, et elle ne doit présenter aucune fente béante.

Fig. 4?.

Toute poche qui offrira des fentes ou des points de suture, après un lavage à l’eau tiède, aura nécessairement été vidée et son contenu aura été remplacé par des matières étrangères.

Toute poche, dont les poils seront tournés tous d’un même côté, c est-à-dire, seront parallèles et non convergents vers l’orifice, .sera une poche artificielle. On fabrique, en effet, de fausses poches, avec un morceau de peau de Chcvrotain et même avec de la peau de Chèvre (v. fi". 42b

MUSC

2° Examen du contenu. — Les poches à Musc peuvent avoir été vidées en partie, soit en introduisant une curette par leur orifice, soit en les faisant macérer dans de l’alcool. Dans ce dernier cas, ou bien les poches ont été laissées intactes, ou bien on lésa perforées, en divers points. O11 conçoit, qu’après un pareil traitement elles aient perdu de leur poids, se soient plus ou moins ridées à la surface et que la substance incluse abandonne aux dissolvants moins de principes so lubles.

Dans le commerce, on essaye les poches de deux manières: ou bien on les traverse avec une forte épingle, qui emporte avec elle une quantité de matière suffisante, pour qu’on en puisse déterminer la valeur relative, au moyen du goût, de l’aspect et surtout de l’odeur; ou bien, on enlève de la poche, avec une curette, une petite quantité de substance, que l’on épuise par de l’alcool à 40° ; on filtre et l’on verse quelques gouttes du liquide sur le dos de la main ; l'alcool s’évapore et l’odeur, qui se développe ensuite, est d’autant plus vive que le Musc était de meilleure qualité.

Les matières étrangères, introduites dansles poches, sont de nature extrêmement variable et nous ne croyons pas devoir les énumérer. Leur présence sera principalement décelée par l’odeur plus faible et, le plus souvent, par la moindre quantité de matière cédée aux dissolvants, surtout à l’eau, qui dissout environ 55 0/0 du poids du Musc sec. Toutefois, comme on peut y avoir ajouté des substances solubles, soit dans l’eau ( gélatine , extraits), soit dans l’alcool (résines), soit dans le sulfure de carbone ( corps gras, asphalte), soit enfin dans l’essence de térébenthine (Cire), il faudra rechercher leur existence dans ces dissolvants, si ces derniers enlèvent au Musc une assez forte partie de son poids.

On ne doit pas oublier, en effet, que l’alcool enlève au Musc moins de produits solubles que ne le fait l’eau, et que l’éther, le chloroforme ne lui prennent presque rien.

Si les dissolvants ne donnent pas d’indication, sur la nature des substances frauduleusement ajoutées, il conviendra d’ouvrir les poches et d’en examiner soigneusement le contenu, qui peut’être constitué par des métaux, du sable, du charbon .

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do la chair musculaire desséchée , des membranes , du poil, des sels insolubles , etc. Le microscope donnera, à cet égard, de précieuses indications.

Musc hors vessie. — Le Musc pur, séparé des vessies, est une substance granuleuse, d’un brun jaunâtre terne, de saveur âcre, un peu amère, d’une odeur très forte et très diffusible. A la chaleur, il fond et brûle avec flamme, en laissant un faillie résidu charbonneux ; calciné, il ne donne que 4 à 6 0/0 de cendres ; mêlé à de la potasse ou à de la chaux, il dégage de l’ammoniaque ; desséché à 120°, il perd environ 45 0/0 d’eau. Traité par l’eau, il lui abandonne environ 55-60 0/0 de son poids et donne une solution, que l’acide azotique décolore, que le tannin trouble légèrement et que l’acétate de plomb pré cipite en brun sale.

L’alcool en dissout une moindre quantité : l’éther, le chloroforme ne lui enlèvent à peu près rien, comme nous l’avons dit plus haut. Chauffé avec delà glycérine ou de l’essence de térébenthine, puis refroidi et examiné au microscope, il se montre composé de granules jaunes, agglomérés, parmi les quels il est facile de distinguer les matières étrangères (s’il en contient). La détermination est plus aisée, paraît-il. si on le chauffe avec de la potasse, qui met alors en évidence de nombreux globules graisseux, ainsi que les corps étrangers.

Le Musc sera falsifié, si, traité par l’eau chaude, il subit une perte de poids inférieure ou supérieure à 55 0/0.

Si la perte est inférieure à 55 0/0, on devra supposer qu’il a été mélangé de Musc épuisé ou additionné de substances inertes. Ces substances devront être recherchées dans le résidu laissé par les divers dissolvants, surtout en agissant par lévigation.

Si la proportion de matières enlevées est supérieure à 550/0, on y soupçonnera l'addition frauduleuse de substances Solubles ; surtout de la gélatine ou de la colle de peau. que l’alcool ou le tannin précipiteront. On pourra aussi admettre que le Musc avait été humecté dé eau, auquel cas, la fraude sera reconnue, en chauffant la substance à 120°, sachant que le Musc normal ne contient guère que 45 0/0 d’eau.

MUSC

Le sang desséché pourra être reconnu à l’aide du microscope, qui permet souvent d’y retrouver des corpuscules sanguins. Mais il ne faut pas oublier que ceux-ci sont alors très déformés et que leur détermination exige une longue pratique de ces sortes de recherches. Si l’on suppose que le Musc contient du sang, on doit recourir aux moyens ci-après :

1° Incinérer un poids déterminé de Musc, préalablement desséché et peser le résidu : le Musc pur ne laisse que 5 0/0 de cendres, tandis que le sang desséché en laisse 85 0/0. La présence du sang augmentera donc beaucoup le poids des cendres et. dans celles-ci, on devra rechercher et doser le fer, qui fera connaître d’une manière assez approximative la proportion de sang ajouté.

Le sang contient environ 80 0/0 d’eau et 20 0/0 de parties solides. Le sang desséché peut être considéré comme formé exclusivement de parties solides, et l’on sait que 100 p. de sang contiennent environ de 0,5 de fer. Cette quantité (0,5) de fer correspond donc à 20 p. de sang desséché. Si donc, on trouve du fer dans les cendres, il semble que l’on pourra, par le dosage de ce fer, déterminer la proportion du sang ajouté. Il suffira de diviser par 0,5 le poids obtenu et multiplier le quotient par 20, ou multiplier le poids obtenu par 20 et diviser le produit par 5. Si. par exemple, le poids du fer est de

1,5, on aura — — p — — = 60, c’est-à-dire, que l’on aura

ajouté 60 0/0 de sang desséché. .

2° Traiter le Musc par l’eau froide et, dans la solution obtenue, rechercher l’hémoglobine à l'aide du spectroscope, puis faire la contre-épreuve, en ajoutant du sulfhydrate d'ammoniaque à la liqueur.

3° Traiter le Musc par l’alcool ammoniacal, évaporer à une double chaleur, reprendre le résidu par de l’acide acétique cristallisable, placer une goutte de ce liquide sur une lame de verre, en l’additionnant d’une goutte d'une solution de sel marin au 1/10, puis recouvrir d’une lamelle de verre et chauffer légèrement. Si le Musc contenait du sang, il se produira des cristaux d ’hémine reconnaissables à leur

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forme rhomboïdale et à leur coloration brunâtre ou d’un violet gris.

4° Enfin, dans la solution aqueuse du Musc, on devra s’assurer de l’existence de l’alburnine, qui est coagulée par la chaleur et par l’acide azotique.

Le marc de Café est recherché, dans le résidu du traitement, par la glycérine ou par l’essence de térébenthine. On le reconnaîtra aisément à la forme des cellules cornées de l’albumen et aux cellules fibreuses allongées, que présente l’épisperme argentin de cette semence (v. Café).

L e noir animal est décelé par l'abondante proportion de phosphate de chaux que renferment les cendres.

Les matières terreuses ou salines seront également dé celées par l’incinération.

Les fibres musculaires desséchées se reconnaîtront aisément au microscope (v. Viande).

Quant à la cire, aux matières grasses et résineuses , nous avons déjà indiqué les dissolvants, qui permettent de déterminer leur présence.

On vend parfois, sous le nom de Musc indigène , un mélange fait avec de la bouse de Vache sèche, et la matière d’odeur musquée, extraite d'une poche située sous la queue du Blaireau (Meles Taxus).

En Allemagne, on prépare un Musc artificiel, en traitant 1 p. d’huile de succin, par 4 p. d’acide azotique : c'est une sorte de résine jaune (Dorvault).

L’odeur du Musc étant très forte est difficilement supportée par beaucoup de personnes. Divers moyens ont été proposés pour la faire disparaître. On arrive à ce résultat, en le mélangeant de soufre doré d’antimoine ou avec une émulsion d’amandes amères; mais l’odeur se manifeste alors de nouveau, dès que l’acide cyanhydrique s’est dissipé. Guibourt dit que l’odeur disparaît également, quand on dessèche le Musc au moyen de chlorure de calcium fondu. Il ne semble pas que la suppression de l’odeur soit à recommander, lorsque le Musc doit être employé médicinalement.

Le Kermès lui donne une odeur alliacée.

Propriétés médicinales du Musc. — Le Musc est réputé un sti-

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