CASTOREUM
L odeur du Castoréum est due, selon Wolder, à une substance identique avec le Phénol, composé que Gerhardt a obtenu directement par l’action de la chaux sur l’acide Salicylique et autres dérivés de la salicine. Si l’on peut surmonter la première impression très désagréable causée par l’odeur du Castoréum, on finit par y déceler quelque chose de balsamique.
Le Castoréum contient de l’acide benzoïque, 1,98 0/0 d'une matière grasse cristallisable (Castorine), associée à d’autres matières grasses et résineuses, une huile volatile, des carbonates d’ammoniaque , de chaux, de magné sie, des urates, des sulfates de soude, de potasse et de chaux.
Le Castorérum de Sibérie ou de
Russie (fin- 50 Fl°- 50. — Castoréum de Russie ou do SiVrio.
51, 52) est en poches plus courtes, plus arrondies, distinctes ou soudées en une seule, qui est alors plus large que longue et
F10. 51-52. — Castoréum de Sibérie, d’après Guibourt.
plus ou moins divisée vers le sommet. La surface de ces poches est mamelonnée, rarement presque lisse; leur cassure terne,
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SUBSTANCES MEDICINALES ODORANTES
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grumeleuse, d’unjaune rougeâtre. Leur contenu a une saveur amère et une odeur rappelant celle du cuir de Russie. Ce Castoréum est employé en Russie et dans tout le Nord de l’Europe, où il est plus estimé que celui du Canada. Il fournit, avec l’alcool ou l’éther, une teinture peu colorée. Muller y a signalé la présence accidentelle d’une grande quantité de carbonate de chaux (40 0/0), qu’il attribue à un état pathologique des glandes.
Guibourt a pensé que l’odeur différente des Castoréums de Sibérie et d’Amérique vient de ce que, au Canada, les Castors se nourrissent d’écorces de Pins, tandis que, en Sibérie, ils se nourrissent d’écorces de Rouleau, d’où l’odeur de cuir de Russie offert par le Castoréum de cette dernière provenance. On sait, en effet, que le cuir de Russie est préparé avec une huile pyrogénée retirée de l’écorce du Rouleau.
P. Gervais a confirmé cette opinion, en faisant remarquer que les Castors du Rhône fournissent un Castoréum ayant l’odeur de macération d’écorces de Saule et que les Lagopèdes, qui se nourrissent aussi de pousses de Saule, ont une chair à odeur de Castoréum.
On a falsifié le Gastoréum, en remplaçant la matière incluse dans les poches, par du sang desséché, du galhanum, etc. ; on en a même fait de toutes pièces, avec des scrotums de jeunes Boucs ou avec la vésicule biliaire du Mouton. Ces falsifications sont faciles à reconnaître : les poches doivent toujours être entières, non fendues, doubles ; en les cassant, on doit trouver la substance incluse parcourue par les membranes fibreuses, dont nous avons parlé.
Le Castoréum est réputé stimulant et antispasmodique ; on l’a préconisé contre l’hystérie. Ses principes odorants passent dans la circulation et s’échappent par les urines. Richter prétend qu'il produit l’accélération du pouls, augmente la température cutanée et détermine des sueurs abondantes, eh même temps que de la pesanteur de tête et des vertiges. Mais, selon Alexandre, il ne provoque guère que des éructations. Rien ne démontre son efficacité contre aucune des affections, dans lesquelles il a été prescrit. Son prix élevé et son insuffisance doivent le faire rayer de la lis'e des médicaments.
Un Rongeur de la famille des Muridés, l’Ondatra ou Rat musqué (Fiber zibethicus), qui habite le Canada, présente,
llYRACEUM
comme le Castor, deux glandes piriformes, dont le conduit excréteur se prolonge le long du pénis, jusqu’au prépuce. Le produit de ces glandes est d’un blanc laiteux et possède une odeur musquée très forte, qui se communique à la queue de l’animal ; cette queue (lig. 53) est employée en parfumerie, comme celle du. Desman de Russie (Mygale moscovila , Geoffr.). Elle conserve son odeur pendant très longtemps.
On emploie parfois, en Allemagne, sous le nom d ' IJ yracêum et comme succédané du Castoréum, une substance que les Hollandais du Cap appellent Pissat de Blaireau et que l’on recueille dans les fentes des rochers. On affirme qu’elle y est déposée par le Daman du Cap ( Ilyrax cayensis), animal type de la famille des Hvracidés et de l’ordre des Hyracoïdes (fig. 54). A l’état frais, l’Hyracéum se présente sous forme de masses molles, gluantes, noirâtres et d’odeur désagréable. En vieillissant, il durcit, devient brun,
Fio. 5i. — Daman du Cap.
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cassant et il offre quelque analogie avec les résines noirâtres confondues ordinairement, sous les noms de Bdellium de l’Inde et de Myrrhe noire. Bien qu’il soit assez dur, il est un peu hygrométrique et se ramollit entre les doigts. 11 a une odeur urineuse, rappelant de loin celle du Castoréum et une saveur amère, âcre, astringente. Peu soluble dans l’éther et dans l’alcool fort, il se dissout mieux dans l’alcool affaibli et davantage encore dans l’eau, qu'il colore en jaune, mais en laissant un résidu brun jaunâtre. Il dégage de l’ammoniaque, sous l’action des alcalis fixes et de l’acide carbonique, sous celle des acides.
On admet assez généralement que l’Hyracéum est constitué par l’ensemble des excréments de l’animal (urine et matières fécales). Cette opinion semble justifiée par l’examen microscopique, qui y montre à la fois de l’acide urique, des débris de végétaux, des poils, etc.
Cette substance parait être tombée en désuétude.