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GUANO

pu constater l’existence de dépôts de même origine. Mais ccs divers Guanos ont nécessairement une composition variable, les uns étant plus riches en matières azotées, les autres contenant surtout des phosphates, d’où leur division en deux catégories :

1° Les Guanos terreux ou d'Amérique, qui renferment principalement du phosphate de chaux ;

2° Le Guano ammoniacal , qui constitue l’engrais azoté le plus énergique. Ce dernier est le seul qui ait été employé en médecine et, par conséquent, le seul qui mérite notre attention. On le désigne sous le nom général de Guano du Pérou.

Le Guano du Pérou se présente sous forme de grains isolés ou pelotonnés, de couleur jaune pâle ou café au lait ou brunâtre, de saveur salée, piquante et caustique, d’odeur forte, putride ou ammoniacale, surtout quand on l'humccte ; parfois, cette odeur se rapproche de celle du Castoréum et delà Valériane. Il se dissout en partie clans l’eau chaude, brûle avec flamme et laisse environ 35 0/0 de cendres. Trituré avec de la chaux vive en poudre, il répand une forte odeur ammo niacale ; mis dans une solution concentrée de chlorure de chaux, il s’en dégage immédiatement des bulles d’azote; enfin, il prend une belle couleur rouge, lorsqu’on le dessèche dans une capsule de porcelaine, après l’avoir humecté avec de l’acide azotique. Sa composition est très complexe ; il contient des sels ammoniacaux, de l’acide urique libre et des urates, des phosphates de chaux, de potasse, de magnésie, de soude, et divers autres sels : chlorures, sulfates, carbonates, oxalates, etc. Selon E. Baudrimont, il renferme environ 1/5 d’azote. Un litre de bon Guano pèse 696 grammes.

Le Guano a été préconisé contre certaines maladies cutanées, les engorgements articulaires, l’arthrite chronique, etc. C'est un excitant assez énergique de la peau. On l’administre sous forme de bains, de cataplasmes, de pommades. On l'a prescrit aussi, à l’intérieur, en extrait et en sirop. En dehors de l’action locale du Guano, comme un révulsif (ammoniacal ?), on ne voit pas trop ce que peut produire cette substance à l'intérieur, si ses effets ne sont pas dus aux sels ammoniacaux ou aux phosphates, selon la nature du Guano employé. Il semble dèslors plus simple de la remplacer par le sel ammoniacal ou par le phosphate utiles. Au reste, le Guano paraît à peu près tombé en dé-

11G SUBSTANCES PEU EMPLOYEES EN MÉDECINE

suétude el nous n’en aurions pas parlé, si, dans ces derniers temps, l’attention n'avait pas été appelée sur un principe, que Slrecker a nommé Guanidine et qu’il a obtenu par dédoublement de la Guanine. La Guanine a été retirée du Guano, par Unger, qui la confondit avec la Xanthine. Elle en fut différenciée par Einbrodt. On la trouve pria cipalement dans le Guano et elle forme la partieessentielle des excré* inents de l'Epéire diadème, selon Will et Gorup-Besanez.

La Guanine (G5 H5 Az50) est une matière pulvérulente, blanche, inodore et insipide, insoluble dans l'eau, l’alcool, l'éther, soluble dans lee alcalis et dans la plupart des acides, avec lesquels elle forme des sels, le plus souvent cristallins.

Délayée dans l'acide chlorhydrique d'une densité de 1,10, et additionnée peu à peu de chlorate de potasse, elle fournit de l 'acide Parabanique , avec une petite quantité de xanthine et de guanidine, selon les équations suivantes :

C5 H5 Az5 0 4- H2 0 -b 3 0 = C3 I -I* Az2 O3 + C H5 Az3 -b CO3

Guanine Acide parabanique Guadinine

et, d’autre part : 2 (G5 LI5 Az3 0) + O3 = 2 (C5 H< Az< O2) 4- H204- Az2

Guanine Xanthine

La Guanidine est une masse cristalline, caustique, qui attire rapidement l’humidité et l’acide carbonique de l’air.

Elle forme, avec les acides, des sels souvent cristallisables, surtout le carbonate, qui se présente en octaèdres ou en prismes à base carrée.

Au contact des solutions alcalines, elle se décompose en Ammoniaque et en Urée. Gergens et Baumann disent qu'elle se transforme aussi en majeure partie dans l’organisme et qu’une très faible quantité est éliminée sans décomposition.

Chez les animaux à sang froid, elle irrite les terminaisons intramusculaires des nerfs et provoque ainsi des contractions musculaires fibrillaires, qui persistent sur le pied séparé du corps, mais sont empêchées par le curare. Elle n'influence le cœur el la respiration qu’à dose toxique.

Chez les animaux à sang chaud, la moelle épinière, d'abord extrêmement excitée, provoque des phénomènes spasmodiques généraux intenses et finit par être paralysée (Gergens). 11 se produit aussi, toutefois, surtout au début, des contractions isolées des muscles, contractions qui persistent après la section des nerfs moteurs.

La Guanidine exalte donc l'excitabilité des nerfs et des muscles, de sorte que, à excitation égale, les contractions sont 2-3 fois plus forte, qu'à l'état normal (Rossbacb).

On employait jadis, comme topiques résolutifs, les excréments de divers Oiseaux: Hirondelles, Huppes, Pigeons, etc. Ces substances sont aujourd’hui absolument rejetées de la thérapeutique. Les médecins de l’Hôtel-Dieu de Lyon près-

ICHTHYOCOLLE

cri vent encore parfois, sous le nom de Nid d' Hirondelles, un topique dont la formule est tenue secrète et qui est préparée par les sœurs de la pharmacie de vente. Ce prétendu nid est une matière glutineuse, d’un brun noirâtre, et d’odeur de thériaque. Il est à croire que le nom donné a cc topique lui a été appliqué par erreur et que l’inventeur de la formule avait prétendu obtenir un mélange ayant une composition voisine (?) de celle des excréments de l' Hirondelle.

ICHTHYOCOLLE

L’Ichthyocolle ou Colle de Poisson est une substance do nature gélatineuse, constituée par la vessie natatoire de divers Poissons, principalement par celle des Esturgeons, Silures (‘t Polynômes. On prépare une fausse Ichthyocolle , avec la vessie natatoire de la Morue et du Machoiran, avec la peau de cc dernier Poisson, avec les écailles de la Carpe et celles d’une espèce d ' Ileterotis, du Sénégal, enfin avec des nerfs do Bœuf et la membrane intestinale du Veau et du Mouton.

L’Ichthyocolle proprement dite est distinguée, selon sa provenance, en quatre groupes : Ichthyocolle de Russie , Ichth. de V Inde, Ichth. de Chine , Ichth. de Cayenne.

1° Ichthyocolle de Russie. — Cette sorte, qui est la plus anciennement connue et la plus estimée, est formée par la vessie natatoire des Estur-

FtO. 55. — Esturgeon commun.

H 8 SUBSTANCES PEU EMPLOYÉES EN MEDECINE

geons, qui habitent les grands fleuves tributaires cle la mer Noire et cle la mer Caspienne. On la retire surtout de l’Esturgeon commun ( Acipenser Sturio, L., fig. 55), du grand Esturgeon ou Bellouga (Ac. JIuso, L.), du Strelet ( Ac . Ruthenus, L.), du Scwruga (Ac. stellatus, L.; Ac. Seioruya, Encycl.). On la prépare de la manière suivante : Aussitôt après la capture do l’Esturgeon, on en enlève la vessie, que l’on met dégorger dans de l’eau fréquemment renouvelée. Les vessies sont ensuite fendues dans le sens de leur longueur, débarrassées de la muqueuse, qui recouvre leur face interne et mises à sécher ; puis, chacune est placée dans un linge et comprimée sous une presse, pour achever sa dessiccation et la maintenir plane.

Les vessies ainsi préparées étaient jadis roulées en une sorte de cordon , auquel on donnait des formes diverses et des noms en rapport avec la grosseur ou la forme de chaque rouleau. C’est pourquoi, on désignait l’Ichthyocolle, sous les noms d c Ichth. en lyre ou Petit cordon (fig. 56 A) ; Ichth. en cœur ou Gros cordon; Ichth. en collier de cheval ou Grande lyre (fig. 56 B); Ichth. en carotte.

Actuellement l’Ichthyocolle est exclusivement expédiée en paquets de 10-15 feuilles, si elle provient du Bellouga, ou de 25 feuilles, si elle provient de l’Esturgeon et du Sewruga (selon L. Soubeiran, ces deux espèces sont mélangées). Cette sorte est appelée Ichth. en feuilles.

L’Ichthyocolle de bonne qualité est demi-transparente, lisse, inodore, peu sapide, soluble presque sans résidu dans l’eau bouillante; un gramme de cette substance transforme en gelée 30 grammes d’eau. Elle est très chatoyante et ne peut être déchirée que dans le sens de ses fibres, c’est-à-dire, dans un seul sens. Lorsqu’elle est jaunâtre, elle

Fto. 5G. — Ichthyocolle en lyre.

ICHTI1Y0C0LLE

contient toujours un pou de graisse, qui en diminue la valeur.

Selon L. Soubeiran, on prépare aussi des- Ichthyocolles de qualité inférieure, avec les vessies natatoires des Silures, des Carpes de mer ( Labrus Vetula, L.) et du Coregonus Icucichthys.

Guibourt a décrit, sous le nom de Colle cle Poisson anglaise, une Ichthyocolle en lanières filiformes, presque transparentes, douées d’un vif éclat nacré, aisément et complètement solubles dans l’eau et fournissant une gelée incolore. Cette sorte paraît avoir été découpée dans de l’ïchthyocolle en feuilles. Son origine est inconnue ; L. Soubeiran ne la mentionne pas et nous n’en avons trouvé aucune trace dans les autres auteurs.

Il existe aussi, dans le commerce, une Ichthyocolle dite en tablettes, qui est une gélatine solidifiée, obtenue par décoction des diverses parties do l’Esturgeon.

2 3 Ichthyocolle de 11 ide. — Cette Ichthyocolle est formée par la vessie natatoire de divers Poissons, surtout par les Polynemus indiens , Shaw, et P. jdebejus , Gm.,le Belone megalostigma , plusieurs Aries et Silurus, entre autres le S. Raita, Buch.

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