TANNIN
Dosage du tannin, — Dans les usines, où l'emploi des Galles se fait par grandes quantités, la valeur de ces Galles est appréciée exclusivement parla détermination de leur richesse en tannin.
Pour arriver à ce résultat, un grand nombre de procédés ont été • indiqués. Mais ces procédés se rapportent surtout au dosage des matières tannantes employées dans l'industrie et n'intéressent la Matière médicale que d’une façon très indirecte. Le moyen le plus simple et le seul bien recommandable est celui qui fut indiqué par Pelouze, pour la préparation du Tannin :
Mettre dans un appareil à déplacement, ou dans le digesteur de Payen, 100 grammes de poudre de Noix de Galle et la traiter par un mélange de 60 p. d'éther pur, 3 p. d’alcool à 90° et 1 p. d’eau distillée. Ce liquide doit être en quantité suffisante, pour former, au-dessus de la poudre, une couche de quelques centimètres. Après 24 heures de contact, on laisse écouler le liquide, qui se partage en deux couches, une supérieure , que l’on sépare par décantation et qui est une solution très étendue d'acide gallique et de tannin dans l’éther ; une inférieure , dense et sirupeuse, formée par une solution concentrée de tannin dans l'éther hydraté. Celte dernière solution est lavée avec de l’éther, puis évaporée au bain-marie ou à l’étuve. Le résidu est composé de tannin à peu près pur, que l'on peut employer en médecine et dont il suffit de prendre le poids. Pour le purifier, on le redissout dans une faiblequantité d’eau; la solution est ensuite additionnée d'éther, puis on dessèche, entre 120o et 1301, la couche sirupeuse qui se sépare.
Le Tannin ou Acide Gallo-tannique (G14 H12 O3) est un astringent puissant, qui se combine aux matières gélatineuses et albumineuses, pour former des composés imputrescibles. Lorsque son action s’exerce sur les peaux fraîches des animaux, il les transforme en cuir. Appliqué sur les plaies saignantes et sur les surfaces en suppuration, il coagule le sang, ainsi que le pus. Aussi le considère-t-on comme un antiseptique et un styptique énergiques.
Le sentiment d’astriction qu’il développe sur les muqueuses et la sensation de sécheresse qu’il détermine alors ont été attribués à deux causes : 1° la coagulation de l’albumine des tissus, d'où la contraction de ces tissus, auxquels le tannin enlèverait de l’eau (?) ; 2° la contraction concomitante des vaisseaux. Or, l’observation directe des effets du tannin a démontré que, sous son influence, les vaisseaux se dilatent et qu'il se produit de l'hypérémie des parties, dont les sécrétions augmentent, tandis qu’il se manifeste une sensation objective de sécheresse. Le tannin exerce donc une irritation des nerfs vaso-dilatateurs. Il parait provoquer aussi une sorte d'anesthésie sur certains organes; le sens du goût, par exemple, est presque entièrement anéanti par lui.
Ce que nous avons dit de son action sur les muqueuses, explique les effets du tannin, quand on l’administre à l’intérieur. A faible dose (0,5), surtout si l’on en continue l'emploi, il amène des troubles digestifs, dus à la précipitation de la pepsine. A dose plus élevée