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rRODUITS DES ABEILLES

Pour employer ce procédé, on prépare une liqueur alcoolique, dont le degré devra être compris entre 29° et 7 1°,80, en commençant par le degré le plus élevé, et on y ajoute de l’eau, jusqu’à ce que la cire à essayer flotte. Il suffît alors de prendre le degré alcoométrique de la liqueur, pour connaître la proportion relative des deux substances.

La paraffine et la cérèsine sont aisément décelées, en traitant à chaud la Cire par l’acide sulfurique fumant, additionné d’un peu d’alcool amylique, selon le conseil de Liès- Bodart. La Cire est alors charbonnée, tandis que la Paraffine et la Cérésine résistent, surnagent l’acide et peuvent être, après refroidissement, lavées et pesées.

La falsification delà Cire d’Abeilles. par la Cire végétale, est assez fréquente.

Sous le nom de Cire végétale , on désigne assez habituellement la Cire de Mgr ica et la Cire du Japon. Ces deux sortes de Cire sont principalement formées de palmitine et d’acide palmitique; elles fondent à une température comprise entre 45° et 50°, c’est-à-dire, très inférieure à celle qu’exige la Cire d’Abeilles, et se dissolvent presque intégralement dans l’éther, qui ne dissout que 50 0/0 de Cire d’Abeilles.

Quand on malaxe, dans les mains, une Cire ainsi falsifiée, elle se ramollit davantage et s’attache aux doigts. Traitée par lether, à froid, elle fournit une dissolution qui, évaporée, laisse un résidu supérieur à la moitié du poids de la Cire essayée.

Enfin, il arrive parfois que les pains de Cire sont fourrés , c’est-à-dire, composés d’une portion centrale constituée par de la Cire de mauvaise qualité, que revêt extérieurement une couche plus ou moins épaisse de bonne Cire. Cette fraude n’est reconnue que par la rupture des pains.

La Cire est employée en pharmacie, pour la confection des cérats et de beaucoup d’onguents ou d’emplâlres, elle est la base de la Toile de Mai, de la plupart des sparadraps, des bougies, etc. On l’a prescrite à l’intérieur, sous forme d'émulsion et d'électuaire, contre la diarrhée et contre certaines affections intestinales. Cette pratique ne semble pas avoir donné de résultats utiles ; la cire n’est d’ailleurs pas absorbée dans l'intestin et passe tout entière dans les selles.

PRODUITS DES COCCIDES

PRODUITS DES GOGGIDÉS

Les Coccidés constituent une famille d’insectes de l’ordre des Hémiptères Homoptères et de la division des Monomères.

Cette famille est caractérisée de la manière suivante , par Targioni-Tozzetti : mâle et femelle dissemblables. — Femelle aptère, hexapode, ayant l’aspect d’une larve, ou transformée en une sorte de Galle, par paramorphose, ou ressemblant à • une pupe, par métamorphose incomplète. — Mâle à métamorphoses complètes, muni de deux ailes, ordinairement pourvu de deux balanciers, astome et à tarses monomères ou dimères.

La forme renflée des femelles des Coccidés avait fait donner à cette famille le nom de Gallinsectcs , par Réaumur et Latreille. Etudiée avec soin, par Targioni-Tozzetti, puis par Signoret, la famille des Coccidés a été divisée, par ce dernier savant, en quatre tribus : Diaspines, Lècanines, Coc-cines, Brachyscêlines. De ces quatre tribus, deux seulement (Coccines et Lècanines) fournissent des produits utiles; la plus importante est celle des Coccines.

Les produits des Coccidés peuvent être rapportés à quatre groupes : 1° Matières colorantes, fournies par les genres Coccas, Kermes, Porphyrophora ; 2° Matières sucrées, ducs au genre Gossyparia ; 3° Matières grasses, produites par les genres Llaveia , Cerococcus (Coccines), Ceroplastes et Ericerus (Lècanines); 4° Matières résineuses, sécrétées (?) par les Car ter ici (Lècanines).

MATIÈRES COLORANTES

G. Coccus, A uct.

Ce genre, d’abord très considérable, a été fort réduit par les auteurs. Il ne comprend plus qu’un petit nombre d’espè ces, dont une seule nous intéresse : c’est la Cochenille ordinaire ou Cochenille mexicaine .

174 PRODUITS DES COCCIDÊS

La Cochenille du Mexique ( Coccus Cacli, L.; fig. 93), vit au Mexique sur plusieurs espèces de Nopals : Opuntia vulgaris , Mill. ; O. cochinillifera , Mill. ; O. Tuna, Mill. Sou élevage, d’abord exclusivement borné au Mexique, fut tenté

aux Canaries, puis en Espagne, en Algérie et enfin à Java. Elle a complètement réussi aux Canaries et à Java, d’où l’on en exporte d’assez grandes quantités aujourd’hui. Toutefois, la découverte des couleurs d’aniline, qui a fait tomber la culture de la Garance, a eu pour résultat de restreindre beaucoup l’emploi de la Cochenille et le prix de ces Insectes est descendu de 15 fr. à 3 fr. le kilogr.

La majeure partie de la Cochenille du commerce vient actuellement du Honduras et des Canaries.

On élève la Cochenille dans des Nopaleries ou champs plantés de Nopals, qu’une haie vive garantit des bestiaux ; on la protège, contre la pluie et le vent, au moyen de paillassons. On la sème au printemps. Pour cela, on met, dans de petits nids de bourre de coco, des femelles chargées d’œufs, que l'on avait conservées pendant l'hiver, ou qui ont été prises dans les bois. Ces nids sont suspendus aux épines des Nopals -, les larves en sortent bientôt et se répandent sur h s jeunes branches. Un tiers environ de ces larves subit des métamorphoses : ce sont des mâles; les autres conservent leur forme primitive : ce sont des femelles.

Le mâle (fig. 93, a) ne vit qu’un mois. 11 est deux fois plus petit que la femelle, allongé, déprimé, rouge-brun, pourvu d’ailes transparentes, oblongues, qui dépassent l'abdomen et se croisent horizontalement. La tète est petite, le bec rudimentaire ; les pattes sont longues et grêles ; l'abdomen porte deux soies fines, plus longues que le corps. La petitesse relative des mâles et la présence de balanciers, sur leur corselet, avaient fait penser à Corda que ces mâles étaient des Dip-

Fig.93. — Coccus cach.

a) male; h) femelle.

MATIÈRES COLORANTES

tèrcs parasites des femelles. Mais les observations ultérieures, et particulièrement celles de Blanchard, ont montré le mal fondé des opinions de Corda.

La femelle (fig.93, b) est ovoïde, aptère, obtuse en avant, atténuée en arrière, plane en dessous, convexe en dessus. Son bec est ténu, un peu conique, long de 6 à 8 millim. ; son corps est formé de dix anneaux velus, brunâtres, couverts d’une poussière grise. Elle a des antennes filiformes, des pattes courtes à tarse uniarticulé ; l’abdomen est terminé par deux soies courtes, divergentes. Elle vit deux mois ; au moment de la ponte, elle se fixe et place ses œufs sous son abdomen, dont les parois se rapprochent en une voûte à concavité inférieure.

On recueille la Cochenille aussitôt après la fécondation, en ayant le soin de laisser un certain nombre de femelles sur la plante. On obtient ainsi 2 ou 3 récoltes par an.

Le mode de préparation des Cochenilles varie selon les localités.

Au Honduras et au Mexique, on emploie trois procédés :

1° On les torréfie doucement, sur une plaque de fer chauffée ; elles prennent alors une teinte noirâtre et sont appelées negras. Par ce mode, on obtient la variété appelée, dans le commerce, Cochenille noire ou Zacca tille, que les Mexicains nomment Cascarcllia.

Cette sorte est en grains d’environ 2 millim. de diamètre, anguleux, orbiculaires, d’un rouge-brun foncé, avec des rides grisâtres ; sa poudre est rouge cramoisi et devient rouge brun au contact de l’eau. Selon Guibourt et Girardin, cette variété est la meilleure ; elle est aussi la plus chère. Toutefois, Chevallier lui préfère la suivante.

2° On les enferme dans un nouet de linge et on les passe au four ; elles conservent alors leur revêtement grisâtre et sont nommées jaspeadas.

C’est la variété appelée, dans le commerce Cochenille GRISE, OU CoCH. JASPÉE, OU COCH. ARGENTEE. Elle est plus petite que la précédente ; tantôt elle est irrégulière et informe et tantôt elle conserve la forme, ainsi que les caractères de l’animal.

17G PRODUITS DES COCCIDES

3° On les plonge dans l’eau bouillante qui leur enlève la majeure partie du revêtement cireux. Elles prennent alors une couleur rouge-brun et sont dites Ranagridas.

C’est la variété que l’on a souvent décrite, sous le nom de Cochenille Sylvestre, et que, dans le commerce, on appelle Cochenille rouge ou rougeâtre. Elle est en grains brun rougeâtres, ternes et n’offre de cire que dans le fond des rides de la peau. Elle donne à l’eau une teinte vineuse et est peu estimée.

Dans le commerce, on désigne généralement les Cochenilles selon leur provenance :

La Cochenille de Honduras ou Mestèque, qui est la plus esti mée et qui fournit les trois variétés types ci-dessus. Elle est importée en Angleterre.

La Cochenille de la Vera-Cruz, dont ont connaît aussi trois variétés : noire, grise , rouge. Elle est moins estimée que la précédente, et nous arrive par le Havre et Bordeaux.

La Cochenille des Canaries, qui comprend les variétés noire et grise et est aussi estimée que celle de Honduras. Elle vient à Marseille, par Cadix.

La Cochenille de Java, qui est en grains petits et rougeâtres; elle est peu estimée. On la reçoit par la Hollande.

Les Cochenilles d’Espagne et d’Algérie sont rares dans le commerce et peu connues.

On exporte parfois du Mexique, sous le nom de Cochenille Sylvestre, une Cochenille recueillie dans les bois, sur les Cactus sauvages et produite par le Coccus Sylvestris , Blanch. Cette sorte est plus petite que celles qui proviennent du Coccus Cacli et couverte d’une abondante production de cire. Elle n’a qu’une médiocre valeur.

En traitant la Cochenille par l’éther et reprenant le résidu par l’alcool, Pelletier et Civentou en ont retiré un principe colorant, qu’ils ont appelé Carminé.

La Carminé est cristallisable, rouge pourpre, fusible à 50®, soluble dans l'eau et dans l’alcool, insoluble dans l'éther; elle est colorée en rouge vif, par les acides et en violet cramoisi, par les alcalis. Le chlore la décompose et la jaunit.

Une dissolution de Cochenille, traitée par du bitartratede potasse,

MATIÈRES COLORANTES 177

fournit un précipité nommé Carmin. Selon Warren de la Rue, Je Carmin est un acide appelé Acide Carminique. Cet acide paraît être un glycoside ; il se dédouble, par hydratation, en un corps nommé rouge de Carmin (C8H8CM) et en une matière sucrée dépourvue de pouvoir rotatoire.

La Cochenille sert principalement comme matière colorante; elle donne l'une des plus belles couleurs rouges connues. Bien que la découverte des dérivés de l'Aniline en ait beaucoup restreint l'usage, on l’emploie encore à la teinture de la laine et de la soie. On l'a préconisée, en médecine, comme stimulant, diaphorétique, diurétique et même comme 1 ithontri ptique. Elle n’est plus guère usitée que contre la coqueluche et contre les toux rebelles, qui succèdent à la rougeole. Elle sert aussi à colorer quelques potions ou liqueurs.

Falsifications. — La Cochenille est falsifiée à l’aide de differentes substances, surtout avec les sortes de qualité inférieure, que l’on agite avec du talc ou de la plombagine, pour leur donner l’aspectde la Cochenille jaspée. On en a même fabriqué de toutes pièces. Le peu d’usage que l’on fait de ces animaux, en médecine, permet de traiter rapidement les moyens de reconnaître ces falsifications. Le procédé plus expéditif et le plus sûr est de comparer l’énergie du pouvoir colorant de la Cochenille soupçonnée, avec celui d’ime sorte de bonne qualité. A cet effet, Robiquet conseille de faire bouillir, pendant des temps égaux, et dans un même volume d’eau, un même poids d’une Cochenille authentique et de la Cochenille à essayer. Après avoir déterminé la quantité d'eau chlorée nécessaire pour décolorer le décodé fait avec la bonne Cochenille, on verse, jusqu'à décoloration, de l'eau.chlorée, dans le décodé de la Cochenille à essayer. Il est certain que, plus cette dernière sera bonne et plus la quantité d'eau chlorée employée se rapprochera de celle qu’il a fallu, pour décolorer le décodé type.

Les matières minérales ajoutées à la Cochenille s’en sépareront, si on les plonge dans l’eau. Si ce procédé ne donne pas de résultat satisfaisant, il suffit d’incinérer un poids déterminé de la Cochenille suspecte et de peser le résidu. Mène a trouvé que la proportion de cendres laissées par la Cochenille varie de 3 0 0, pour les meilleures sortes, à 6 0/0, pour les sortes inférieures. Une quantité de cendres supérieure à 0 0/0 devra donc faire rejeter ou tout au moins faire suspecter la Cochenille examinée.

Quant cà la Cochenille artificielle , comme elle est nécessairement fabriquée avec des matières diverses, reliées par un mucilage, il suffit de la plonger dans l’eau, pour la voir se déliter au bout d’un certain temps.

PRODUITS DES COCCIDES

G. Kermes, Targ.-Tozz.

Les Insectes de ce genre paraissent vivre principalement sur les Chênes. G. Planchon en a déterminé 5 espèces, jadis confondues sous le nom de Coccus lllicis, mais dont une seule fournit le vrai Kermès animal : c’est le K. Vermilio, Targ.-

Tozz. (xoxxo; ootvtxôc, Théophr., xoxxoç j5acptx7j, I )iose . ; Coccus infectorius, Pline ; Coccus Ilicis, Auct., pr. parte).

Le Kermès Vermilio (fig. 94) vit exclusivement sur le Chêne- Garrouille ( Quercus coccifera , L.), arbuste très commun sur les garrigues de la région méditerranéenne.

Vers la fin de mai, les jeunes sortent de l’œuf, quittent la coque maternelle et se répandent sur les branches de la Garouille, puis se fixent et demeurent immobiles, jusqu’au mois de mars de l’année suivante. Plus petites à cette époque qu’un grain de Millet, les larves grossissent rapidement et atteignent la grossesse d’un pcis, vers le mois d’avril. Le Kermès, alors devenu adulte, a une couleur rouge écarlate; il est lisse, globuleux, sans pattes, ni antennes et couvert d’une poussière cendrée. Tous ces animaux sont des femelles : les mâles sont encore inconnus.

Au commencement de mai, ces femelles pondent leurs œufs, puis meurent. On a compté que chaque coque recouvre environ 1.800 à 2.000 œufs.

La récolte se fait avant l’éclosion des œufs.

Le Kermès était très employé, comme matière tinctoriale, avant la découverte de l’Amérique; il semble avoir servi de toute antiquité pour teindre la laine et la soie en rouge. Actuellement, il ne semble plus

Fia. D4 — Kermes Vermilio, sur un rameau île Garrouille.

MATIÈRES COLORANTES

guère en usage que chez les Turcs et les Arabes. 11 a jadis été très vanté, sous les noms de Kermcs animal et de Graine d'écarlate , comme détersif', résolutif, stomachique, aphrodisiaque, etc. Il faisait la base de la Confection Alkermès , que l’on préconisait pour ses propriétés cordiales et réconfortantes et que Ton regardait comme un remède héroïque.

Il n’est plus usité de nos jours, en médecine, et ne sert qu'à la préparation d’un élixir, qu’on fabrique en Italie, pour la table.

Lassaigne a trouvé, dans le Kermès, une matière colorante analogue à la Carminé et un principe albuminoïde, qu’il a nommé Coccine, mais que l’on croit identique à celui que Pelletier et Caventou ont retiré de la Cochenille.

G. P orphyr ophora , Brandt.

Au genre P orpliyr ophora appartiennent deux espèces usitées en teinture.

Cochenille de Pologne ( Coccüs polonicus , L. ; Porphyrophora polonica, Burin.). — Cette espèce vit en Pologne, ainsi que dans une partie de la Russie et de T Allemagne, sur les racines de plantes croissant dans les sols sablonneux, principalement sur celles delà Gnavelle vivace ( Scier anthus perennis , L.), de l’Herniaire ( Herniaria glabra, L.), de laPotentillc blanche ( Potentilla alla, L.)ct de laPotentille rampante (Pot. reptans, L.). On la trouve parfois aussi en France, où on l’appelle Sang de Saint-Jean.

Cette Cochenille est très petite ; mais, vers la fin de juin, elle acquiert la grosseur d’un grain de Poivre et son abdomen se remplit d’un liquide rouge pourpre, de couleur plus foncée que celle de la Cochenille, mais de qualité inférieure. Elle sert à la teinture, en Russie, en Pologne et en Prusse.

On rapporte que, jadis, sa récolte était affermée aux Juifs, qui l’expédiaient en Turquie, où les femmes s’en teignaient le bout des doigts.

Dans les pays de production, la Cochenille de Pologne était employée, en médecine, aux mêmes usages que le Kermès animal et remplaçait celui-ci, dans la confection alkermès.

Cochenille d’Arménie ( Coccas Jlameli, Brandt et Ratz. ; Porpliyrophora Armeniaca, Burm. ; Porph, Uameli/L'n rg.- Tozz.). — Cette Cochenille vit en Arménie, dans la pro-

produits des coccidks

vince d’Erivau et dans la vallée de l’Araxes, sur les racines d’une Graminée, le Poa pungens. Elle est beaucoup plus grosse (pie la précédente, car une livre de Cochenille d’Arménie ne contient que 18.000 à 23.000 individus, tandis qu’une livre de Cochenille de Pologne en renferme de 100.000 à 130.000. On en retire une matière colorante écarlate, employée dans l’industrie, chez les Orientaux.

Il existe, dans les serres, une petite Cochenille qui fournit une matière colorante rouge. La Cochenille des Serres (Coccus Adonidum ) n’est pas d’un bon usage en teinture; aussi ne P utilise-t-on pas.

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