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PRODUITS DES COCG1DES

groupe des Coecidés. Elle est récoltée dans les montagnes de Chaliar-Mahal, de Faraidan, surtout près de Khonsar, sur les Astragalus floritlentus et adscendens , Boiss. et Ilaussk. La meilleure sorte, nommée Gaz Alefi et Gaz Khonsari, découle des branches pendant le mois d’août, sous forme de gouttelettes, qui s’agglutinent en une masse molle, impure, blanc grisâtre. Ludwig y a trouvé du sucre incristallisable,' de la dextrine et des acides organiques.

MATIÈRES GRASSES

Les matières grasses provenant des Coecidés sont produites par plusieurs espèces attribuées à divers genres. Ces genres appartiennent, les uns aux Coccines ( Llaveia , Cerococcus ), les autres aux Lécanines ( Ccroplates , Ericerus).

G . Llaveia , Sionoret

Ce genre ne contient qu’une espèce, le Ll. Accinus, Sign. ( Axocuillin , Hern.; Coccus Axinus (Llave), Insecte originaire du Mexique, où il vit sur le Jatropha Curcas , sur le Spondias myrobolanus et sur certains Schinus.

Cet animal atteint une longueur d’un pouce et il a la grosseur d’une plume d’Oie. Il est rose ou pourpre, couvert d’un tomentum pulvérulent blanc et marqué de rides transversales, à bords proéminents ; beaucoup d’individus sont pourvus de taches ou de points noirs, disposés sans ordre. Il a des antennes courtes, arrondies, articulées à la base; des yeux très petits; six pattes onguiculées et de couleur rousse; le bec est petit et situé dans une ride placée entre la première paire de pattes.

11 se fixe sur l’écorce et y adhère si fortement, qu’on doit l’en arracher, lorsqu’on veut en faire la récolte.

La graisse contenue dans ses tissus en est extraite, par décoction de l’animal, recueillie à la surface du liquide et grossièrement purifiée.

Cette graisse, qui était déjà par les employée Aztèques,

MATIERES GRASSES

est fort usitée dans la médecine populaire au Mexique. La Pharmacopée mexicaine la mentionne sous les noms de A gè et d ' Axin.

L'Axine est une matière grasse, onctueuse, siccative, jaune rougeâtre et ayant une odeur de graisse rance. Les Indiens s’en servent comme résolutive, adoucissante et maturative. En raison delà rapidité de son durcissement à l’air, on l’emploie aussi aux mêmes usages que le collodion. Elle est insoluble dans l’eau, assez soluble dans l’alcool chaud, très soluble dans l’éther, mais devient insoluble, lorsqu’elle s’est oxydée à l’air. Elle fond à 31° et dégage de l’acroléine, par distillation sèche ; la saponification y a montré l’existence de Y acide Laurostêarique (G12 H24 O2), de Y acide Stéarique ou Palmitique et d’un acide gras particulier, Y Acide Axinique (C18H2S04), auquel elle doit sa propriété siccative.

L’Acide Aæinique est de consistance huileuse; il absorbe avidement l’oxygène, même à 0°, et se recouvre d’une pellicule blanche. Il se dissout dans l’alcool et dans l’étlier.

O. Cerococcus , Rilev

Ce genre n’est guère connu que pour une espèce de l’ Arizona (Etats-Unis), espèce qui vit sur leQ^ercws oblon gifolia, le Q. undulata,\i\v. Whrighti , et le Q. agrifolia. Riley, qui l’a découverte et décrite, la nomme Cer. Quercus. Elle fournit une abondante production de Cire et mérite d’être exploitée par l’industrie.

G. Ceroplast es , Gray

Los Insectes de ce genre se recouvrent d’une couche de Cire épaisse, mais non adhérente à leurs corps et qui est sérétée par les filières. Le l)r R. Blanchard, dont la thèse1 nous a servi de guide, pour tout ce qui concerne les Goccidés, parle surtout, dans son article Céroplastes, de quatre espèces dont deux (G. Rus ci et C . ceri férus) seront spécialement étudiées. Les deux autres ( C . Psidii et C. Cassiae)

1 Les Uoccio’éi utiles , .parle Dr Raphaël Blanchard, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris.

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sont encore peu connues. Chavannes dit qu’on les trouve au Brésil et qu’elles sécrètent beaucoup de Cire.

Quelques autres espèces, signalées par divers auteurs, sont

simplement mentionnées dans la thèse de H. Blanchard ; nous les négligerons.

Céroplaste du Pe tit AHwixiCer. Rusci, Sign. ; Lepas Myrti, Columna :

i'.u. !.?. - Ceroplasles Pic !>8. - CeroplaUrs Rusci QoCCUS RuSCi ,

Rusci , adulte d après <k*ba: rm so de sa matière

Signorot. cireuse, d’après Signoret. L. ; COC. CdricX ,

Fabr. ; Columnea

testudinata, Targ.-Tozz , etc. (lig. 97-9S).

Cette espèce est mentionnée par Théophraste et par Fabio Colonna, qui compare sa carapace cireuse à celle d’une Tortue. Elle vit sur le Figuier commun (fig. 99), sur le Petit- Houx et sur le Myrte, auxquels elle fait subir de graves désordres. On la trouve dans tout le Midi de l’Europe. Traitée par l’éther ou seulement par l’eau bouillante, elle donne 60 à 65 0/0 de Cire.

Cette Cire est jaunâtre, ferme, entièrement soluble dans l’éther et en partie soluble dans l’alcool. Elle fond entre 51° et 52°. Fausto Sestini lui assigne la composition suivante : Céroléine, 51,3; Acide C érotique, 12,7; Myricine, 35,2. Pille diffère donc de la Cire d’Abeilles, par la forte proportion de Céroléine qu’elle renferme, ainsique parla faible quantité de Myricine et d’Acide Cérotique qu’elle contient. La Cire d’Abeilles contient en effet : Céroléine, 5; Acide C érotique, 22; Myricine, 73.

L’abondance de Cire fournie par le Céroplaste du Petit- Houx porte R. Blanchard à proposer la culture de cet Insecte en France et en Algérie.

Céroplaste de l’Iode {Cerop. ceriferus , Sign.; Coccusceriferus, And., Fabr.; Columnea cerif'era, Targ.-Tozz.).

Cet Insecte (lig. 100) vit au Bengale sur le Celastrus ceri-

MATIERES GRASSES

férus. Il a été découvert par Anderson, qui vit les indigènes des environs de Madras le rechercher dans les bois et le manger avidement.

Fig . 90 — Cochenille du Figuier (Ceroplastrs Rusci) — Iî. Cêroplaste grossi.

Il paraît, en effet, qu’à l’état frais, la Cire de Céroplaste a un goût délicieux

Fig. 100. — Ceroplastes ceriferus, débarrassé de sa cire, d après Signoret.

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(Anderson); mais, à l’état sec, elle a une saveur amère et salée, se ramollit et devient flexible dans la bouche. Pearson, qui en a fait une étude chimique, la nomme Laque blanche ( White-Lac ),

Elle est plus lourde que l’eau, adhère fortement aux doigts, n’est pas décolorée parle soleil, ni par le chlore, fond à 63°, se dissout abondamment dans l’alcool et n’est pas saponifiée par les alcalis. Elle n’a pas d’importance commerciale,

G . Ericerus, G a ér . - M É N . ( f i g . 10L-102)

Ce genre ne renferme qu’une espèce, Y Ericerus pe-là , Sign. ( Cocons ceriferus , Fabr. ; C. sinensis et C. pe-là , Westw.; Ericerus ceriferus , Guér.- Mén. ; Pe-là cerifera , Targ. -Tozz.), Contrairement à ce qu’on observe chez les autres Insectes du groupe des Coccidés, le mâle des Ericerus est beaucoup plus grand que la femelle et c’est lui qui produit la Cire. La femelle adulte (fig. 101) est sphérique, globuleuse et présente, en dessous, un

Fig. 101. — Ericerus pe-là, ftm?lle, d’après Signoret.

Fig. 102. — Ericerus pe-là, mâle, d’après Signoret.

large sillon au moyen duquel elle se moule sur la branche qui

MATIÈRES GRASSES

la porte. Le mâle (fig. 102) est rouge fauve ; il a 6 ocelles et 4 yeux à facettes, 2 ailes grandes et transparentes et des balanciers, dont l’extrémité porte deux soies ; les antennes et les pattes sont très longues et pubescentes ; la tète est triangulaire, rétrécie en arrière, le thorax proportionnellement grand, subrhomboïdal ; l'abdomen est plus étroit, conique, avec le dernier segment pourvu de deux longs poils, qu’agglutine une substance sécrétée par les filières.

Au moment de la ponte, la femelle se fabrique une coque (sans doute formée par son corps, comme on le voit chez les Coccus en général), que l’on trouve ensuite remplie d’œufs blancs, ordinairement réunis par paquets. Ces coques, appelées La-tchong (Cire-graine) ou La-tsen (Cirefils), sont recueillies pendant la nuit, au commencement de mai, avec les branches qui les portent, et enveloppées dans des feuilles de Gingembre. Les œufs sont ensuite détachés avec précaution et mis sur le Fraxinus sinensis. Les œufs éclosent, vers le 5 juin, et les petits se répandent d’abord sous les feuilles de l’arbre, ensuite sur les branches, où ils se groupent en paquets. D’abord blancs et petits comme des grains de Millet, ils grossissent peu à peu et atteignent le volume d’un œuf de Poule. — (R. Blanchard suppose que cette dimension est atteinte grâce à l’enveloppe de Cire.) — Ils sont alors violets et rouges, et disposés en grappes autour des branches, sur lesquelles ils simulent des fruits.

Selon l’auteur du Pen-tsao-hang-mou, la Ci rodes Ericerus est une sorte de salive, que sécrète l’animal et qui se condense sur les branches, en une graisse blanche, ayant l’aspect du givre. On la recueille vers la fin d’août, en raclant les branches ; elle est alors appelée La-tclia (sédiment de Cire). Cette matière étant fondue et filtrée à travers une étoffe, est réunie en masses, que l’on appelle Cire cl'arbre. Les parties grossières restées sur le filtre, sont mises dans un sac de soie et plongées dans l’huile bouillante, qui en sépare toute la Cire.

Les Ericerus vivent sur un certain nombre d’arbres : le Rhus succedaneus (Brongniart), le Ligustrum glabrum (Rémusat), Y Hibiscus syriacus (Rémusat), le Ligustrum

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lucidum (Macgowan et Cooper), le Celaslrus ceriferus (Brehm et Künckel d’Herculaïs), enfin le Fraxinus sinensis (Champion). Dans le Sse-tchouen, selon E. Reebes, les œufs sont récoltés sur le Ligustrum lucidum et placés sur le Fraxinus sinensis.

Outre les arbres (pie nous venons de citer, d’après les déterminations des auteurs, R. Blanchard cite encore les noms chinois de quelques espèces encore indéterminées : le C h nui tong-tsin, qui parait voisin du Ligustrum glabrum ; le Tclia-la, le Kan-la-chu, le Choui la-chu.

La Cire de Y Fricerus est connue dans le commerce, sous les noms de Pé-li et de Cire de Chine; on l’appelle aussi Cire d’Inseote ( Insect Chinese 1 Vax, des Anglais) (t Spermacèti végétal.

Le Pé— la est une substance blanche, brillante, translucide, insipide, inodore, non onctueuse au toucher, plus dure que la cire d’Abeilles et se réduisant, sous la dent, en une poudre sèche, non adhérente ; sa structure est fibreuse ; elle fond à 83°. Le Pé-la est insoluble dans l’eau, à peine soluble dans l'alcool et dans l’éther, soluble dans les huiles essentielles, inattaquable par les acides, et non saponifié par les alcalis. On le purifie par dissolution dans un mélange de naphte et d’alcool bouillants, dont il se sépare, par refroidissement, sous forme cristalline. Le produit est lavé à l’éther, puis à l’eau bouillante et enfin dissous dans l’alcool absolu, où il cristallise.

On considère le Pé-la comme un Cèrotate de Céryle , qui, fondu avec de la potasse caustique, se décompose en Cèrotate de potasse et hydrate de Céryle. Par distillation, il se dédouble en acide Cérolique et Cèrotène :

La Cire de Chine sert à la fabrication de bougies, dont le prix est fort élevé ; c'est pourquoi on la mélange fréquemment avec de la graisse. Les bougies pures coûtent de 50 à 55 cenlimes pièce. On l'emploie en Chine, à la préparation du cérat, de certains emplâtres, et aussi pour la confection d'appareils à fractures.

C3lHlos02

Cèrotate de cèrvle

Cèrotène

MATIÈRES RÉSINEUSES

MATIÈRES RÉSINEUSES

Fia. 103. — Femelle de Carteria , montrant les houppes thoraciques, les houppes anales et la couronne de poils entourant l’anus.

G. Carteria , Sign.

Ce genre, d’abord réduit à une seule espèce indigène de l’Inde, en comprend aujourd’hui deux autres, signalées dans l’Amérique du Nord, par Gomstock et Riley. La plus anciennement connue est la Cochenille de la Laque ( Cart .

lacca, Sign., Künck. d’Herc. ;

Coccus\Chermes ,Roxb .]lacca,

Kerr.jflg. 103).

Cet Insecte vit sur VAnona squamosa, les Ficus indica et F.rel igiosa, le Butea f rondosa , le Rhamnus Jujuba, quelques Mimosa , entre autres le M.

cinerea, le Croton lacciferum , le Schleicliera trijuya , etc. 11 se fixe perpendiculairement, par son bec, sur l’écorce des branches et produit ou détermine la formation d’une matière résineuse abonda nte , appelée L a que ( fi g .

10-4). Celle-ci envahit tout l'espace vide entre l’animal et ses f voisins, ne laissant, autour de chacun d’eux, qu’une sorte de loge s’ouvrant extérieurement par un pertuis, qui correspond à l’extrémité de l’abdomen (fig. 105).

La laque est principalement fournie par les femelles.

Toutefois, les mâles habitent aussi des loges, mais plus étroites et moins nombreuses.

Le développement des jeunes s’effectue dans le corps delà

io. 104. — Incrustation du Carteria lacca, femelle, arrivée à la trentième semaine, d’après Carier.

Fio. 105. — Section d'une branche chargée de laque, montrant les Carteria adultes, dans leurs loges.

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mère. Vers le commencement de juillet, ils sortent par l’orifice anal de la loge maternelle et se fixent bientôt. Les larves sont alors elliptiques, obtuses en avant, appointes en arrière, longues de 0,6 de millim., d’un rouge minium. Elles grandissent rapidement, tandis que, de leur surface ou de l’arbre qui les porte, exsude la laque qui les emprisonne. Au bout d’un mois et demi, elles ont 1 ,4 millim. de long ; 15 jours après, elles sont fécondées par les mâles, qui ont quitté leurs réduits. L’incubation dure jusqu’en décembre, et la fécondation des nouvelles larves a lieu vers le mois de mars : Il se produit donc deux générations par année. L’on a remarqué que les mâles d’été sont aptères, tandis que les mâles d’hiver sont ailés.

La matière colorante est contenue dans les jeunes ; aussi récolte -t-on la laque un peu avant leur éclosion.

Nous avons dit que la laque est exsudée par l’animal ou est fournie par l’arbre qui le porte, sous l’incitation produite par les piqûres de l’Insecte. La première opinion, émise par Geoffroy, a été défendue par Roxburg, Carter, Comstock et Riley, etc. La deuxième a été adoptée par beaucoup de savants, entre autres, par Signoret et Laboulbène. Rien que les Cochenilles delà laque vivent principalement sur des arbres résineux, il ne semble pas possible de révoquer en doute

les observations des savants cités en premier lieu, qui ont vu ces animaux sur l’arbre et ont décrit leurs mœurs.

La Laque, aussi appelée Gomme la que et Résine laque , se présente sous plusieurs formes, dans le commerce :

1° Laque en bâtons : c’est la laque encore attachée aux branches, autour desquelles elle forme une croûte rugueuse, inégale, irrégulière et d’un rouge brun (fig. 106);

2° Laque en sortes , obtenue en concassant la laque en bâtons, dont on sépare le bois ; elle est en morceaux irréguliers, rougeâtres, rugueux et garnis de débris d’écorce;

3° Laque en grains, constituée par la sorte précédente,

MATIERES RESINEUSES

dont les fragments ont été brisés. Elle est souvent à demidécolorée, parce qu’on l’a plongée dans l’eau bouillante, qui lui a enlevé une partie de sa couleur ;

4° Laque en plaques ou en écailles, préparée en faisant fondre l’une des sortes ci-dessus, dans l’eau bouillante, passant la résine à travers une toile et la coulant sur une pierre plate. Selon que, dans cette opération, elle a été plus ou moins décolorée, la Laque en plaques est dite blonde, rouge ou brune.

La composition des sortes principales de Laque a été étudiée par ITatcliett. Voici le tableau qu’en donne R. Blanchard :

PRINCIPES

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