MOUSSE DE CEYLAN
sus, Grev. [G i g art in a mamillosa, Goods. etWood. ; Mastoc ar pus [Sphaerococcus, Agd.] mamillosus, Ktitz.). Elle sc distingue par scs frondes canaliculées, dont les divisions portent, sur leurs faces et leurs bords, des mamelons briè vement pédoncules, constitués par des capsules.
On trouve mêlées au Garrageen les frondes de plusieurs autres Algues : Furcellaria fastigiata, Lamx , Ceramium rubrum, Agd., Sphaerococcus canaliculatus , Agd., et celles du Gigartina acicularis, Lamx. Selon Dalmon, cette dernière Algue est moins soluble que le Carrageen, dans l’eau bouillante. On la recueille sur les côtes de France et d’Espagne.
Le Garrageen a une odeur faible, un peu marine, une saveur saline, mucilagineuse. Il se gonfle beaucoup dans l’eau, s’y dissout presque complètement , par l’ébullition, et fournit 5 à 6 fois son poids d’une gelée insipide, très consistante, employée en Irlande et dans les pays pauvres des mers du Nord, pour la nourriture du peuple. Toutefois, selon Flückiger, une livre de gelée de Garrageen ne contient qu’une demi-once de matière solide sèche. Le décocté et la gelée de Garrageen sont usités comme analeptiques. Son mucilage sert à coller le papier et à épaissir les couleurs, dans la teinture du calicot. 11 fait la base des Cataplasmes de Lelièvre , qui sont formés par de la ouate imprégnée de ce mucilage, puis desséchée et fortement comprimée. Enfin, il constitue la Bandoline des coiffeurs et, selon Dorvault, il est employée par les brasseurs,’ pour donner du corps et de l’onctuosité à la bière.
Mousse de Ceylan
Cette substance, aussi appelée Mousse de Jafna, Fucus lichênoïde, Lichen de Ceylan amylacé , est produite par le Gracilaria lichenoides, Grev. ( Sphaerococcus liclienoides , Agd.; Plocaria candida, Nees), Algue du groupe des Floridées, qui croît sur les côtes de Ceylan et des îles de l’archipel Indien.
Elle se présente en filaments presque blancs, cylindriques, gros comme un fil à coudre, longs de 15 à 20 centimètres, pourvus de rameaux dichotomes, le plus souvent alternes,
ALGUES
parfois pédales. Vue à la loupe, elle offre une surface inégale et comme nerveuse ou réticulée. Elle est inaltérable à l’air, craque sous la dent, a une saveur légèrement salée et saumâtre, se gonfle à peine dans l’eau froide et bleuit par l’iode. Par une décoction prolongée, elle laisse un résidu qui peut être mangé comme légume, et fournit une gelée consistante, essentiellement formée par une substance, que Payen a appelée Gélose.
La Gélose est une matière amorphe, qui se gonfle dans l’eau froide, se dissout dans l’eau bouillante et se prend, par le refroidissement, en une gelée contenant environ cinq cents fois son poids d’eau : elle forme donc, à poids égal, dix fois plus de gelée que la meilleure gélatine animale. Soluble dans les acides chlorhydrique et sulfurique concentrés, elle est insoluble dans les acides étendus, dans les solutions alcalines faibles et dans l’ammoniure de cuivre.
Examinée au microscope, la Mousse de Ceylan se montre formée par une zone corticale, à cellules très petites, enveloppant une portion intérieure lâche, composée de grandes cellules vides.
Les cellules corticales sont remplies de grains d’amidon globuleux, étroitement pressés les uns contre les autres et ayant de 1 à 3 millièmes de millimètre. Les cellules de la portion interne contiennent seulement quelques grains d’amidon.
Les parois cellulaires épaisses se montrent nettement stratifiées , quand on les humecte avec de l’acide chromique ; l’iodure de potassium iodé les colore en brun foncé.
L’analyse de la Mousse de Ceylan, faite par O’Shaughnessy, a donné les résultats suivants : gelée, 54,5 ; amidon, 15; fibres ligneuses, 18; mucilage, 4 sels ; inorganiques, 7 ,5. Selon Flückiger, le mucilage est soluble dans l’eau froide, d’où l'acétate neutre de plomb le précipite ; avec l’acide azotique bouillant, il donne de l’acide oxalique et de l’acide mucique.
On a jadis pensé que le Gracilaria liclienoides forme la base des Nids d' Hirondelles. Nous avons déjà montré que cette opinion est erronée. On sait, d’ailleurs, que la Gélose diffère essentiellement du principe gélatineux des nids qu’on a appelé Cubilose (V. Nids d’Hiuondelles, p. 63).