FOUGÈRE MALE
est une poudre cristalline, jaune clair fusible à 161°, insoluble dans l’eau et dans l’alcool ordinaire, peu soluble dans l’alcool fort, plus soluble dans l’éther, les huiles grasses, l’essence de térébenthine et le sulfure de carbone. Fondu avec de la potasse, il donne du Butyrate de potasse et de la Phloro glucine. Buchheim le regarde comme le principe actif de la plante.
Le Tannin du rhizome de Fougère mâle est appelé, par Malin, Tl c. Fïlicitannique . Malin a montré que cet acide ressemble à de l'acide quinotannique et peut être décomposé, par l’acide sulfurique dilué bouillant, en sucre et en Rouge de Fougère (Gî6PI18Ol2),qui est analogue au Rouge Cinchonique. Traité parla potasse fondue, il donne de Y Acide Pyrocatéchique et de la Phloro glucine.
La portion liquide verte de l’extrait éthéré paraît surtout formée par un glycéride, la Filixoline. La saponification de cette matière a fourni, à Luck,deux acides : l’un volatil ( Ac . Filosmyliqae), l’autre fixe (Mc. Filixolinique).
Enfin, Schoonbroodt a trouvé, dans le rhizome de Fougère (frais), des acides volatils de la série grasse et un acide fixe, accompagné d’une huile d’odeur désagréable. Le rhizome sec ne donne pas les mêmes produits et ne fournit pas de traces de l’huile essentielle, que l’éther enlève en petite quantité du rhizome frais.
La Fougère mâle est administrée sous forme de poudre, de décocté, d’extrait alcoolique et surtout d 'extrait éthéré.
Cette dernière préparation , qui a été préconisée par Peschier, de Genève, est de beaucoup la meilleure.
Telle qu’on la trouve généralement en France, cette matière, connue sous le nom F Huile èthèrèe de Fougère mâle , a été préparée avec le rhizome sec. Elle est épaisse, noire ou brune, d’une odeur et d’une saveur très désagréables et d’une inertie à peu près complète. Celle que l’on retire de Genève est, au contraire, le plus souvent verte et d’une grande efficacité.
Ilepp, le savant si modeste et si distingué, qui dirigeait la pharmacie des hospices civils de Strasbourg, avant 1870, préparait l’huile éthérée de la manière suivante : Les rhizomes
FOUGÈRES
frais et la base des frondes sont dépouillés avec soin de toutes leurs parties colorées, de manière à ne conserver que la portion centrale verte. Celle-ci est desséchée avec soin, pulvérisée, puis épuisée par l’éther d’une densité de 0,720, dans un appareil à déplacement. Les liqueurs obtenues sont distillées, pour en retirer l’éther ; le résidu de la distillation est évaporé au bain-marie et fournit un extrait oléagineux, semi-fluide, d’une belle couleur VERTE. Cette huile est un médicament ténifuge dont l’effet est certain: — 100 grammes de poudre fournissent Ils*', 3 d’extrait oléo-résineux.
On est persuadé, en France, que l’huile éthérée de Fougère mâle n’a d’action que sur le Bothriocéphale, et l’on s’explique ainsi pourquoi elle ne réussit pas contre le Ténia ordinaire. Cette opinion tient à la mauvaise qualité du médicament obtenu avec le rhizome du commerce, ce rhizome étant, en général, vieux, coloré de brun intérieurement et devenu complètement inerte. A l’hôpital civil de Strasbourg, l’huile éthérée a toujours réussi contre le Ténia, aussi bien que contre le Bothriocéphale.
On employait autrefois, comme succédanées de la Fougère mâle, la Fougère femelle (Athyrium Filix-femina , Roth) et la Fougère impériale ou Grande Fougère (Pteris aquilina, L.). Ces plantes, ainsi que Y Aspidium O reopter if , S\v. et l'Asp, spinulosum , Sw., sont parfois substituées à la Fougère mâle. Elles s'en dislinguent aisément, par la section transversale de la base des frondes, qui, chez la Fougère mâle, présente ordinairement huit faisceaux, tandis que les autres en ont seulement deux.
Aux Etats-Unis, la Fougère mâle est remplacée par les Aspidium marginale et A. Goldieanum, Hook.
Polypode et Calaguala
On employait jadis, et l’on trouve encore dans les collections de Matière médicale, le rhizome du Polypode commun et un autre rhizome connu sous le nom de Calaguala. Ces substances ne sont plus usitées. L’on verra que la dernière, du moins la sorte préconisée par Pvitiz, ne se trouve plus dans le commerce, et qu’on lui substitue d’autres rhizomes d’origines diverses. Nous ne ferons que les mentionner.
POLYPODE ET CALAGUALA
Polypode commun ou Polypode de Chêne (P oly podium vul -
gare L.;fig. 144). — Sores l’extrémité de la nervure secondaire la plus courte, sur deux rangées parallèles à la nervure movenne du lobe qui les porte ; feuilles pinnatiséquées, à divisions alternes, obtuses, sous- dentées ; rhizome gros comme un tuyau de plume, aplati, tuberculeux sur une face et spi nescent sur l’autre. Les tubercules qu’offre ce rhizome sont des restes de pétioles et les épines proviennent de la base des radicelles coupées.
Le Polypode commun a une saveur d'abord douceâtre et sucrée, puis âcre, nauséeuse, et une odeur désagréable. Il est brun
arrondis, non indusiés, placés à
l iu. 144. — Polypode commun.
au dehors, vert au dedans. On l’employait comme laxatif et apéritif. Ce rhizome paraît être inerte et n’est plus usité. Calaguala (Pol. Calaguala, Ruiz). — Le rhizome de cette
Fio. 145. — Souche de Calaguala.
plante est préconisé contre la syphilis constitutionnelle et le
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rhumatisme chronique. S’il faut en croire la description qu’en donne Guibourt, d’après Ruiz, on ne le trouve pas dans le commerce et, même au Pérou, on lui substitue le rhizome duPolypodium ci' assi folium, L. et celui de Y Acrostichumlluacsaro, Ruiz. La substance que l’on donne généralement, sous le nom de Calaguala, est une souche flexueuse (fig. 145) ressemblant assez à celle du Polypode, mais plus grosse et dont
l’origine est incon- 1 nue. On admet gé- I néralement que le j Calaguala du com- ' merce est fourni par } J Y Aspidium coria- 1 ceum, Sw. (Polypo- j dium adianti forme : \ Forst. ) , plante de 1 Maurice, du Cap, , de l’Amérique équa- j toriale, de l’Australie, etc.
Capillaires
On donnait jadis le nom de Capillaires à des plantes appartenant aux genres Adiantum et Asplénium. plantes que l’on supposait béchiques et qui ne sont plus guère employées en médecine. Celles qui proviennent des Adiantum sont de beaucoup les plus
F.g. 143 - capillaire de Montpellier. ar0matiqueS et leS
plus estimées. Trois espèces de Capillaires sont surtout usitées en France :