ARACHIDE
latères ou en prismes courts, terminés par des biseaux et que l’on a appelée la Coumarine.
La Coumarine (C9 Hü O2) fond à 67° et distille sans alté ration à 291°; elle possède une saveur brûlante et une odeur aromatique très agréable. Les acides étendus, même bouillants, la dissolvent sans altération. Elle se dissout dans la potasse; chauffée avec une lessive alcaline concentrée, elle se transforme et, si l’on sursature la liqueur avec l’acide chlorhydrique, il se précipite de Y acide Coumarique (C9 H8 O3).
La Coumarine existe aussi dans le Mélilot, l’Aspérule odorante, la Flouve, le Faham et les Dattes. Dans le Mélilot, selon Zwenger et Bodenberger, elle est combinée à Y acide Mélilotique.
Le Dipterix oppo si ti folia, Willd. (Taralea opposili folia, Aubl.) et le Dipt. pteropus, Martius, fournissent aussi des semences aromatiques, mais moins odorantes que celles de la Fève Tonka. La Fève Tonka ne sert guère qu’à aromatiser le tabac à priser.
Arachide
L’Arachide ( Avachis hypogæa , L. ; fig. 523) est une plante herbacée, annuelle, à Heurs solitaires dans l'aisselle desfeuilles et dont le fruit s’enfonce dans la terre, par suite de l’élongation de son pédoncule. Après la fécondation, en effet, celui-ci s’infléchit vers le sol et y fait pénétrer l’ovaire, qui s’y introduit jusqu’à une profondeur de 5 à 8 centimètres, grossit et se transforme en une gousse un peu étranglée dans son milieu. Cette gousse, vulgairement appelée Pistache de terre , est longue de 25 à 3(3 millimètres et épaisse de 1 à 1,5 centimètre. Eile est formée d’une coque blanchâtre, mince, réticulée, contenant d’ordinaire une ou deux semences d’un rouge vineux en dehors, blanches en dedans. Ces semences renferment un embryon à cotylédons huileux, offrant un goût de Haricots prononcé, qui se transmet à l’huile qu’on en retire.
Cauvist, Mat. raéd., t. II.
F lu. 522.
Fève Tonka.
LÉGUMINEUSES — CÆSALPWIÊES
L Arachide est cultivée dans toutes les régions chaudes du globe et surtout dans les contrées occidentales de l’Afrique équatoriale. Sa patrie est inconnue. De Candolle la suppose
originaire du Brésil, parce que les diverses espèces du genre Avachis sont exclusives à ce pays. Toutefois , Flückiger pense que cette plante est indi gène de l’Afrique et l’explorateur Sclnveinfurth paraît être de son avis. Il est singulier, néanmoins, que la première mention de l’Arachide ait été faite dans la relation d’un voyage au Brésil, parunFrançaisnom m é Jean de Léry , qui désigna l'Arachide sous le nom brésilien de M an obi . Quatorze
Fig. 523. — Avachis hypogxa. ans plus taid (lüGfh,
Monardès en décrivit le fruit et rapporta qu’on le trouvait au voisinage de la rivière Maranon. où il était fort estimé des Indiens et des -
Espagnols. On 11e saurait donc guère admettre que l’Arachide i avait été, dès cette époque, importée au Brésil par les Espa-1 gnols. Il semble probable, au contraire, qu’elle fut introduite en Airique, par les Portugais, à une date inconnue, peut-être f. postérieure à celle où MaregrafF, un siècle après Monardès, | désignait encore l’Arachide sous le nom brésilien de Munclubi , si analogue à celui qu’avait employé Jean de Léry,
Ce fut encore un Français, Jaubert, colon de Gorée, qui proposa le premier l’importation du fruit, comme graine à huile.