ARACHIDE
Les Semences de i/ Arachide ont c té proposées comme succédané du café. En Europe et en Amérique, on les torréfie et on les mêle parfois au chocolat. Elles fournissent de 42 à 50 0/0 d’une huile douce, assez agréable, que l’on peut en extraire aisément, soit par expression directe, soit à l’aide du sulfure de carbone.
L’Huile d’Arachides, obtenue par expression à froid, est onctueuse, jaunâtre, d’une densité de 0,9163. Elle a une odeur et une saveur marquées de haricots verts, qui en décèlent la présence, quand on l’a mêlée frauduleusement à d’autres huiles. Elle devient trouble à 3°, se lige à — 3° et durcit à — 70°. L’acide sulfurique la colore en gris; l’acide hypo azotique la transforme en une masse solide, de laquelle on extrait par l’alcool deux acides gras : l’acide Elaïdique , qui est isomère de l’acide oléique et l'acide Géidinique, qui est isomère de l’acide hypogéique. La saponification a permis d'y constater l’existence de 4 acides gras : 1° l'acide Arachidique (G20 H10 O2), qui cristallise en paillettes brillantes, fusibles à 4- 75° ; — 2° l’acide Hypogéique (C1G H30 O2), qui fond entre 34 et 35° et que plusieurs chimistes regardent comme identique à l’un des acides gras retirés de l’huile de Baleine; — 3° l'acide Oléique (G18I13‘02), qui constitue la majeure partie de l’huile d’Arachides; — 4° l'acide Palmitique ordinaire (ClG H32 O2) qui fond à -f-62°.
L’acide Arachidique existe également dans le beurre, ainsi que dans l’huile d’olives.
L’Huile d’Arachides est peu soluble dans l'alcool, très soluble dans l’éther, le sulfure de carbone, etc. Bien qu'elle rancisse plus rapidement que l’huile d’olives, on peut la substituer à cette dernière, pour tous les médicaments destinés à l'usage externe, à la condition de l'employer seulement lorsqu’elle est encore assez récente. Sa substitution à l’huile d’olives a été admise dans les établissements du gouvernement indien. Elle peut, sans inconvénient, remplacer l’huile d’olives, dans la préparation des emplâtres, surtout de l’emplâtre simple. Il suffit de continuer l’ébullition de l’emplâtre, pendant environ 30 minutes, après la disparition de la litharge. L’opération est terminée, lorsqu’un peu d’emplâtre, pris sur
LÉGUMINEUSES — CÆSAL PI NIEES
la spatule, se laisse malaxer sans adhérer aux doigts. L'emplàtre simple, obtenu avec l’huile d’Arachides, est peut-être plus blanc que l’emplâtre oflicicinal, etjil parait durcir plus rapidement. Il peut être utilisé pour la préparation du Diachylum gommé.
Bois d’Alo ès vrai
Ce bois est fourni par Y Aloexylon Agallochum, Lour. (Cynome- Ira Agallocha , Spreng.), qui croît en Cochinchine. Il est d'un brun obscur et cendré, veiné de noir ou simplement vergeté de veinules. A l’état récent, il est assez mou pour que l’ongle puisse le pénétrer; il devient plus dur et plus dense, en veillissant. Son odeur est agréable, sa saveur âcre, amère et parfumée.
Comme le bois de Garo, le bois d’Aloés répand uue odeur très suave, quand on le brûle.
Selon Pierre, Y Alosxylon de Loureiro est probablement un Aquilaria. C’est donc parmi les produits de la famille des Aquilariées, qu’il conviendrait de placer le bois d’Aloès
Bois de Cam pêche
Ce bois, appelé aussi Bois d’Inde (Loogvnood et Peachwood des Anglais) est fourni par YHæmatoxylon Campechianum, L.), grand arbre des Antilles et de l’Amérique centrale, surtout commun dans la baie de Campèche, dans le Honduras. Suivant Morelet, on le recueille principalementdans les forêts de Tabasco et de Yucatan. On le dirige, pendant la saison des pluies, vers l'île de Carmen, sur la l.aguna de Terminos, dans le sud-ouest de Yucatan et vers Frontera, à l’embouchure de la rivière de Tabasco, où on l’embarque pour l’Europe.
Le Bois de Campèche se présente en bûches privées d’aubier, irrégulièrement anguleuses, d'un noir rougeâtre au dehors, d’un rouge brunâtre pâle en dedans. 11 a une texture fine et compacte, une saveur sucrée et parfumée, une odeur rappelant celle de l’Iris. Il est formé de zones onduleuses, à faisceaux composés : 1° d’un petit nombre de vais ■ seaux ponctués, larges ; 2° d'un peu de parenchyme â grandes cellules contenant chacune un gros cristal d’oxalate de chaux; 3° d’un prosenchyme, dont les éléments libriformes offrent des parois épaisses, fine- ’ ment ponctuées, de couleur brun foncé. La matière colorante occupe : aussi la paroi des vaisseaux et se trouve quelquefois, dans le bois, à l'état de cidstaux verdâtres. Les rayons médullaires ne présentent pas ] de caractère saillant.
Ce bois colore l'alcool en rouge-jaunâtre foncé et l'eau en rouge foncé. La dissolution aqueuse de Campèche donne au papier une teinte violette,
BOIS DE CAMPECHE
que les alcalis exaltent et qui passe au rouge-jaunâtre, sous l'influence des acides.
Le Bois de Campêclie a été analysé, en 1810, par Chevreul, qui en isola le principe colorant, sous forme cristalline et lui donna le nom d 'Hématine. Ce principe, que, plus tard, on a appelé Hëmatoxyline, a pour formule C16 H14 Ofi, 2 H2 O.
L’Hématoxyline est en cristaux transparents, ordinairement très brillants et assez longs, soit incolores, soit de couleur jaune-paille ou jaune-miel, sans mélange de rouge. Elle a une saveur sucrée, persistante, analogue à celle de la Réglisse, sans astringence, ni amertume ; sa poudre est incolore ou jaunâtre. Elle se dissout aisément dans l’eau chaude et dans l'alcool, mais est beaucoup moins soluble dans l'eau froide et dans l’éther. Ses cristaux ou leur solulio î aqueuse sont colorés en rouge par la lumière et décomposés par l'ozone, mais non par l’oxygène pur et sec. Exposée à l’air, en présence des alcalis, sa solution prend rapidement une coloration violet-pourpre foncé, qui passe bientôt au jaunâtre ou au brun foncé. Cete propriété fait parfois employer l’Hématoxyline, comme réactif des alcalis.
Sous l’action combinée de l'oxygène et de l’ammoniaque, l’Hématoxyline se transforme en une substance nouvelle, Ï’Hématéink (C16 H12 H6, 3 H2 O), qui se présente sous forme d’écailles d'un violet foncé, avec des reflets verts. Par la dessiccation, l’Hématéine prendune couleur vert foncé et acquiert un éclat métallique. En couche mince, sa poudre est rouge. C’est à elle que sont dus les cristaux ‘signalés dans le Bois de Campêche et les reflets verts observés communément à la surface des bûches.
L’hydrogène ou l'acide sulfureux la transforment en hématoxyline. Aussi peut-on considérer l'Hématéine comme l'un des termes de l’oxydation de l’Hèmatoxyline :
C16 H14 O6, 2 H2 O -t- O — C1G H12 OC, 3 H2 O.
L'Hématoxyline n’est pas décomposée par l’acide chlorhydrique concentre; elle réduit la liqueur cupro potassique et dévie à droite la lumière polarisée. L’alun, les sels de plomb forment, dans sa solution, des précipités qui deviennent d’un noir bleuâtre. Fondue avec de la potasse, elle donne du Pyrogallol.
Dans les pays de production, on prépare un Extrait aqueux de Bois de Campêche, que l'on trouve dans le commerce, sous forme de masses noires et cassantes. Cet extrait réunit les propriétés de l'Hémateine et de l’Hématoxyline.
Le Bois de Campêche est surtout employé, dans l’industrie, pour la teinture en noir et en hleu. On l'a prescrit, à l'intérieur, comme tonique et astringent. Il colore l'urine en rouge. Desmarlis a préconisé l'extrait de Campêche comme antiputride, désinfectant et cicatrisant, sous forme de pommade, de lotions, et-*.
LÉGUMINEUSES - CÆSALPINIÉES
Bois de Brésil ou de Fernambouc
Ce bois est fourni par un grand arbre du Brésil, le Cæsalpinia echinata,h&m.(Guilandina echinata, Spreng.). Il est dur, compacte, inodore, brun rouge au dehors, rouge pâle et jaunâtre à l’intérieur. Il colore à peine l’eau froide; son décodé est d'un rouge peu foncé; sa teinture alcoolique est rouge-jaunâtre plus foncé. On l'emploie dans la teinture. Ghevreul en a isolé le principe colorant, qu’il a nommé Bresiline.
On lui substitue souvent, dans le commerce, des bois de qualité inférieure produits par d’autres Cæsalpinia: le Bois de Sainte-Marthe, attribué au Cæs. Brasiliensis L. ; le Bois de Sappan ou Brésillet des Indes, dû au Cæs Sappan, L. ; les Bois de Lima, de Terre-Ferme, de Nicaragua, de Californie, etc., que l’on rapporte aux Cæsalpinia bijuçja , bahamensis , Lamk., vesicaria, crista, L., etc.
Le plus anciennement connu de ces bois est le bois de Sappan, qui vient des Indes orientales et qui est fourni par le C. Sappan , que l’on nomme Brésil, dans l’Inde ( Brazil Woocl, des Anglais1). Selon Fliickiger, ce bois serait la meilleure source de la Bresiline ou Brasiline.
La Brasiline (G22 * * H20 O7) est une matière colorante, donnant, avec les alcalis, des solutions rouges et non bleues ou pourpres.
On peut la regarder comme un composé d’hématoxyline et de phénol. Traitée par de l’acide nitrique, bouillant, elle produit de l'acide picrique, tandis qu’on obtient alors de l 'acide oxalique, avec l'Hématoxyline (Flückiger).
On emploie, pour le tannage des cuirs, sous les noms de Libidibi, Dividivi, Nacascol, etc. (fig. 524), les gousses du Cæs. coriaria, "Willd., qui croît au Mexique et aux Antilles.
Ces gousses sont très comprimées, recourbées en S ou en G, indéhiscentes, lisses, rouge brun; elles renferment une pulpe desséchée, très amère et astringente, dont le centre est occupé par un endocarpe fibreux, creusé de petites loges contenant chacune une semence lisse, aplatie et allongée.
i Flückiger rapporte, d’après Jean de Lèry, que, en trouvant au Brésil le
bois de Fernambouc, les Ëuropéens le rapportèrent au C. Sappan, alors
connu sous le nom de Brésil , et que de là vint le nom de Brésil, appliqué
au pays producteur du Fernambouc.
GRAINES DE BONDUC
Graines de Bonduc
Ces graines sont produites par le Cæsalpinia Bonducella , Flem. (Guilandina Bonducella , L.), arbuste grimpant, épineux et pubcscent, répandu sur les côtes des régions tropicales de l’Asie, de l’Afrique, de l’Australie, du Brésil et des Antilles.
Selon Hjmbury, le mot Bunduk signifie, en Arabe, noisette,petite boule et caillou rond. Les Arabes paraissent avoir distingué les graines du C. Bonduc (Bonduc jaune), qui seraient leur Bunduk, de celles du Bonduc vrai, qui seraient leur Bunduk Hindi (noisette de l’Inde). Clusius figura ces dernières, sous le nom de Lobus echinodes, sans doute à cause des fruits de l’arbre, qui sont couverts d’aiguillons rappelant ceux du Marronnier d’Inde. Enfin. Pison et Marcgraff les décrivirent, sous le nom d 'Inimbùy (aujourd’hui Inimboja,
Hanbury).
Les GRAINES DE BûNDUC Vrai ou Bonduc gris (fig.
•425) sont ovoïdes -globuleuses, comprimées, épaisses de 1 à 2 centimètres, bleuâtres ou grisâtres, lisses, avec des lignes horizontales, saillantes, plus foncées et un bile entouré d’une tache brun foncé, semilunaire. Elles pèsent de lgr,25 à 2gr,50. Elles ont une enveloppe dure, épaisse d’environ lmm,5, et dont la composition histologique diffère peu de celle que présentent les Fèves, Haricots, etc. L’amande constitue les 40 à 50 0/0 du poids total de la graine ; elle se sépare aisément et possède une amertume assez forte, accompagnée du goût spécial à la plupart des semences des Légumineuses.
Les graines du Bonduc faux ou Bonduc jaune sont jaunes, lisses, un peu ovoïdes ou comprimées et plus grosses que les précédentes, dont elles possèdent la composition et les propriétés.
Fio. 525. —
LEGUMINEUSES - CÆSAU’INIKES
Les semences de Bondue sont usitées comme toniques, fébrifuges et, suivant Ainslie, souveraines contre l’hydrocèle. Flückiger en a retiré une matière pulvérulente, blanche, amorphe, non alcaline, peu soluble dans l’eau, d’où le tannin ne la précipite pas, mais soluble dans l’alcool; ce soluté est très amer.
Une première analyse des graines de Bondue, par le professeur Schlagdenhauffen (de Nancy), n’avait pas permis d’y trouver de principe actif défini. Ce savant y avait signalé la présence d’une résine amère, analogue à la matière obtenue par Flückiger. De nouvelles recherches ont montré à Schlagdenhauffen que le principe amer , d’abord regardé comme une résine , se distingue des résines par un certain nombre de caractères. Ce principe amer est appelé Bonducine , par Schlagdenhauffen et Heckel.
La Bonducine (G1 '* ID5 O5, Schlagd.) se présente sous forme d’une poudre blanche , amère, sans âcreté, soluble dans l’alcool, l’acétone, le chloroforme, l’acide acétique cristallisable, très peu soluble dans l’éther et dans le sulfure de carbone, presque insoluble dans l’eau et dans l’éther de pétrole.
Ellese dissout dans les huiles essentielles et dans les huiles grasses, dont elle est séparée par l’alcool bouillant; enfin, elle est précipitée de sa solution acétique, par l’eau et, de sa solution chloroformique, par l’éther de pétrole.
La Bonducine n’est pas saponifiée par la potasse. Elle offre les réactions caractéristiques suivantes : avec l’acide chlorhydrique, coloration foncée, puis rose ; avec l’acide sulfurique, coloration brune , puis rouge -amar ante , surtout accentuée, quand on ajoute à l’acide une trace de chlorure ferrique. L’acide azotique la désagrège et il se produit des gouttelettes résineuses rouges.
La Bonducine paraît douée de propriétés fébrifuges comparables à celles du sulfate de quinine. Selon Heckel, ce principe ayant été administré à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour, pendant 5 jours consécutifs, a amené la guérison d’une fièvre intermittente, qui avait résisté au sulfate de quinine.
Les graines de Bondue contiennent, en outre, du sucre et