CASSE
Aux Antilles, on prépare le Tamarin de la manière suivante : Quand le fruit est mûr (juin, juillet, août), on en sépare l’enveloppe extérieure et on met tout le reste dans un baril, soit directement, soit en divisant la matière en couches séparées les unes des autres par du sucre. Quand le baril est presque plein, on achève de le remplir avec du sirop bouillant. Ce mode de préparation rend le Tamarin des Antilles moins acide et plus agréable au goût, que celui de l’Inde. Cette sorte esten masses saccharines brun rougeâtre, humides, formées par la pulpe et mêlée de sirop de sucre. C’est la sorte la plus usitée, en Angleterre.
Selon Vauquelin, le Tamarin renferme des acides tartrique, citrique , m ali que , du bitartrate de potasse, du sucre , de la gomme , de la pectine , etc. On le prescrit, comme laxatif, à la dose de 50 grammes, dissous dans un litre d’eau. Il entre dans la composition de T Electuaire lènitif et du Catholicum double.
Casse
On appelle Casse et Casse enBatons le fruit du Caneficier.
Le Caneficier (Cassia Fistula , L. ; Cathartocarpus Fistula, Pers.; Bactyrilobium Fistula , Willd.) est un arbre originaire de l’Inde et peut-être aussi des régions tropicales de l’Afrique ; il est subspontané en Egypte. On Ta importé aux Antilles et au Brésil. Dans l’Inde, il ne parait guère dépasser une hauteur de 7 mètres : à la Jamaïque, il atteint une hauteur de 15 mètres.
Son fruit (fig. 527) est une gousse cylindrique, siliquiforme, longue de 15 à GO centimètres, indéhiscente, épaisse de 2 à 3 centimètres, rectiligne ou un peu recourbée, d’un noir brunâtre, lisse, avec des stries annulaires peu développées, mais bien apparentes. Il est pourvu d’une paroi dure, sèche, ligneuse.
Cette gousse est obtuse ou arrondie à ses deux extrémités : 1 inférieure, toujours munie de son pédicelle ; la supérieure, surmontée par un petit mamelon subaigu. Elle est parcourue, dans toute sa longueur, par deux bandes opposées, corres-
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pondant aux sutures dorsale et ventrale. Sa cavité, d’abord simple, est obstruée, dans le fruit mûr, par autant de fausses cloisons transversales, qu’il y a d’intervalles entre les graines.
Les graines sont en nombre variable (25 à 100, selon la longueur de la Casse), arrondies, lisses, de couleur rousse. Elles sont enfouies dans une pulpe sucrée-acidule, noirâtre, molle dans les fruits récents, dont elle remplit les loges, mais qui se dessèche peu à peu et finit par ne former qu’une mince couche sur les cloisons.
La Casse doit être choisie récente, ce que l’on reconnaît à ce caractère, qu’elle ne sonne pas, quand on l’agite : elle fournit alors environ la moitié de son poids de pulpe. Pour en extraire la pulpe, on met la Casse sur une table et l’on frappe, avec un marteau, sur les sutures longitudinales, jusqu’à ce que la gousse soit fendue dans toute sa longueur.
Celafait, on racle l’intérieur des fragments avec un couteau et l'on en extrait la matière pulpeuse mêlée de graines, qu’on appelle Casse en noyaux. Celle-ci, étant passée à travers un tamis de crin, prend le nom de Casse mondée . Si 1 on délaie la Casse en noyaux, avec de l’eau, qu on passe la dissolution et qu’on l’évapore en consistance d’extrait, on obtient l'Extrait de Casse. Enfin, cet extrait, mêlé avec du sirop de Violettes et du sucre, constitue la Casse cuite ou Conserve de Casse.
La Casse est actuellement apportée d’Amérique. On l’administre comme laxative, à la dose de 15 à 60 grammes. Elle
Fig. 5.’~- — Fruit du Cassia Fistula.
séné 493
entre dans le C atholicum , YElectuaire lénitif,YElectuaire de Casse, etc.
Dans la Nouvelle-Grenade, on emploie une sorte de Casse appelée, dans le commerce, Petite Casse d’Amérique. Cette Casse ressemble assez à la Casse vraie, mais elle est plus petite, moins droite et de couleur cendrée. Si on la brise et qu’on la place dans une étuve, elle dégage une odeur de bois de Santal.. Sa pulpe est fauve, acerbe, astringente, un peu sucrée et légèrement musquée, lorsqu’elle est fraîche. Elle est originaire de Panama, où on l’appelle Cagna fistola de purgar. Hanbury la rapporte au Cassia moschata , H. B. et K.
On trouve au Brésil, dans la Guyane et aux Antilles, un autre Caneftcier, le C. Brasiliana, Lamk. (C. grandis, Jacq.), dont le fruit est plus gros que celui du Caneficier ordinaire. Ce fruit est recourbé en sabre; sa surface est ligneuse, rugueuse, marquée de fortes sutures longitudinales et de nervures ou mieux de côtes transversales, saillantes. Sa pulpe est amère, astringente et désagréable ; elle est usitée comme purgative.
Les médecins arabes emploient, contre les ophthalmies, la décoction des graines du C. Fistula.
Séné
On désigne, sous le nom générique de Séné, les feuilles purgatives de plusieurs espèces du genre Cassia, L., section Senna , DC.
Sans tenircompte des travaux publiés à l’étranger, les pharmacologistes français ont tous adopté les déterminations indiquées par Guibourt. dans son Histoire naturelle des drogues simples. Pourtant, dès 1850, G. AV. Bischolf publia, dans le Botanische Zeitung , un mémoire très important sur cette question. C’est ce mémoire que nous prendrons ici pour guide.
Bischotl rapporte les feuilles de Séné du commerce aux espèces suivantes : C. lenitiva , C. rnedicinalis , C. obovata. C. Schimjieri, C. lanceolata. Toutefois, les deux premières constituent la plus grande partie des Sénés usités en médecine; la troisième ne se trouve guère que mêlée aux précé- Cauvlt, Mat. méd., t. II.
LÉGUMINEUSES - CÆSALPIN1EES
(lentes. Quant aux deux dernières, leur présence est à peu près fortuite. Voici les caractères de ces espèces et de leurs variétés, selon Bischoff.
lo — Cassia lenitiva} Bisch . (G. Se nna, L., var. a; Serina leniliva ,
W.; Senna alexanarina,
Fio. 52S. — Cassia lenitiva, Bisch. var. oblw.ifolia.
sive foliis acutis , C.
Bauli. ; Sen. officinalis, Gærtn., ûg. 528).— Feuilles le plus souvent à 5 paires de folioles subégales, ou les supérieures un peu plus grandes , rarement plus petites et à pétiole non glanduleux, couvert, ainsi que le rachis, de poils plus ou moins nombreux; folioles ovales ou ovalesoblongues, ou ovales-lancéolées, obtuses ou aiguës, rarement arrondies au sommet, mucronées, revêtues de poils surtout abondants à la face inférieure des nervures, parfois un peu glabres en dessus, plus souvent blanchâtres, sublomenteuses sur les deux faces, plus coriaces que celles des autres espèces et entourées d'une
marge cartilagineuse plus large et plus évidente ; stipules persistantes, raides, subulées, acuminées-mucronées, a base subcordee ou subhastée-auriculée, longues de 3 à 5 millimètres ; grappes florales à peine plus longues que les feuilles, les fructifères toujours plus longues ; gousses (follicules) ovales-rhomboïdales ou brièvement oblongues-obliques, longues de 29 à 47 millimètres, larges de 18 millimètres, droites ou à peine incurvées, tronquées obliquement au sommet, subitement contractées en un coin à leur base, qui se termine en un pédicelle arrondi, pubescent ou presque glabre, selon âge du follicule; style ordinairement décidu, laissant au milieu du sommet une petite cicatrice émarginée.
Cette espèce fournit deux variétés, qui, outre la pubescence plus ou moins évidente de toutes les parties herbacées, offrent les différences
suivantes : „ , , .. , „ .
a) C. lenitiva , oc, obtusi folia, Bisch. (C. lanrcolata, Nect., Col-
SÉNÉ
Fia 529 — Cassia lenitiva , var. obtv.si folia, feuille et fruit.
ladon ; C. ovata, Mérat; C. æthiopica, Guil). (fi g, 529) : Folioles ordinairement ovales ou subovales, obtuses, rarement arrondies, mucronées au sommet.
(î) — C. lenitiva , p, acutifolia , Bisch. (C.acuti folia, Del.;