‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 130 sur 219 · MANNE D’AUSTRALIE ET MANNE LERP · texte numérisé non relu

MANNE D’AUSTRALIE ET MANNE LERP

comme fébrifuges, surtout en Algérie. On prétend même que la plantation de ces arbres, dans une localité marécageuse, suffit pour y détruire les influences miasmatiques.

L’Eucalyptol est un antiseptique précieux. On l’a proposé, sous forme d’injection sous-cutanées, contre la plupart des maladies infectieuses, surtout contre la tuberculose. Le I)r Bouveret a montré que ces injections ne sont utiles, que dans les phthisies apyrétiques, avec prédominance du catarrhe bronchique. Elles sont contre-indiquées dans les phthisies fébriles.

Manne d’Australie et Manne Lerp

G. Planchon décrit, sous ce double titre, une sorte de Manne, qui découle des feuilles (?) et du tronc de plusieurs Eucalyptus (E. clumosa, Cunn.; E. mannifera, Mudie; E. resinifera , Smith), à la suite des piqûres d’un Insecte du genre Psylla. D’autre part, Flückiger dit que la Manne d’Australie découle des feuilles de VE. viminalis , Labill. Enfin, Holmes rapporte que la Manne de ce dernier arbre ressemble à celle de VE. mannifera , et il donne à cette substance le nom d ’Australian Manna.

La Manne d’Australie se présente sous forme do petites masses blanchâtres, ressemblant à la Manne du Frêne, mais de saveur moins douce. On y a signalé l’existence d’une matière cristalline, faiblement sucrée, que Gmelin a appelée Mêlitose (G12 H22 O11 ).

La Mêlitose ne réduit pas la liqueur cupro-potassique ; l’acide sulfurique la dédouble en glucose fermentescible et en une matière sucrée, non fermentescible, XEucaline.

Sous le nom de Manne de Lerp, d’Australie, Flückiger décrit une substance, dont il ne fait pas connaître l’origine, mais qu’il dit être, comme le Tréhala, produite par un animal. Cet auteur consacre des paragraphes distincts à la Manne d Australie et à la Manne Lerp ; il considère donc ces deux sortes de Manne comme étant des productions différentes. Voici ce qu’il dit de la Manne Lerp :

COMBRÈTACÉES

« Klle se compose de 14 parties d’eau, de 33 parties d’une substance filamenteuse et de 53 parties de sucre.

« Les Filaments ont les propriétés caractéristiques de l’ami don ; ils en diffèrent par leur forme et leur inaltérabilité dans l'eau bouillante; mais ils se dissolvent à 135°, quand on les chauffe, avec trente parties d’eau, dans un tube fermé. L’acide sulfurique dilué les convertit en sucre de raisin cristallin.

« Le Sucre est dextrogyre et incristallisable ; il imprègne les filaments, sous forme d’une mousse brune, molle, amorphe. »

COMBRÈTACÉES Myrobolans ou Myrob alans

On connaît depuis longtemps, sous ce nom, des fruits drupacés, à amande douce et huileuse, que l’on employait jadis comme purgatifs. Ces fruits ne sont actuellement usités, que par les teinturiers et nous les eussions passés sous silence, s’ils n’existaient encore dans les droguiers des Écoles de pharmacie et des Facultés de médecine.

Guibourt en décrit cinq sortes, que l’on appelle Myrobolans : Cilrins, Chébules, Indiens , Bellerics e t Emblics.

Les quatre premières sortes sont produites par des arbres du genre Myrob alanus , Gærtn. ( Terminalia , Roxb.), de la famille des Combrétacées. La dernière sorte provient de

YEmblica officinalis, Gærtn., arbrisseau de la famille des Euphorbiacées.

Myrobolans citrins.

— Ces Myrobolans sont attribués au Myrobalanus citrina, Gærtn.

( Terminalia citrina ,

Roxb.). On en connaît trois variétés.

1° Myr. citrin jaune , ovoïde et anguleux (fig. 563). Ges fruits, que les Hindous appellent Kadoukai, présentent

MVROBOI.ANS OU MYHOÜALANS

Fia. 564. — Myrobolan citrin verdâtre.

les caractères suivants : Drupes sèches, ovoïdes, amincies à leurs deux extrémités, pourvues de 5 arêtes saillantes et de 5 côtes arrondies. Ces drupes sont longues de 2 à 3 et même 4 centimètres, luisantes, jaune-verdâtre pâle ou jaune brunâtre; leur chair est desséchée, souvent caverneuse, ver c'.àtre, très astringente Leur noyau est ovoïde, très épais, ligneux, plus ou moins pentagonal et rempli de petites cavités pleines d’un suc jaune, transparent; il contient une amande blanche, huileuse, d’abord âpre, puis amère, et revêtue d’un épispermc membraneux, rougeâtre.

2° M. citrin verdâtre et piri forme (fig. 564). —

Drupes verdâtres, piriformes, pourvues de 10 côtes souvent égales, anguleuses et proéminentes; chair verdâtre, plus compacte, plus dure, moins caverneuse que celle de la variété précédente ; noyau ét amande comme dans la variété n° 1.

3° M. citrin , brunâtre <t arrondi (lig. 505). —

Drupes ovoïdes - arrondies, peu ou point anguleuses, brun foncé ; chair presque noire , tantôt dure, compacte et luisante, tantôt très caverneuse ; dans la variété n° 1.

On trouve parfois, mêlées aux Myrobolans citrins, des sortes de Galles décrites sous le nom de Fèves du Bengale et que les Hindous appellent Fleur de Kadoukai (Kadouhai-'poo). Ces galles (v. t. I, p. 152), résultent de la piqûre d’un insecte, sur les feuilles du Mgr. cilrina . Elles sont

Fig. 505. — Myrobolan citrin brunâtre.

noyau et amande comme

COMBRÊTACÉES

longues de 2 à 3 centimètres, simples ou didymes, aplaties et ridées longitudinalement, d’un jaune verdâtre en dehors, brunes en dedans.

Myrobolans Chébules (fig. 566). — Ces fruits offrent les caractères ci-après: Drupes ordinairement piriformes, avec

Fio. 566. — Myrobolan Chébuio.

5 ou 10 angles aigus, rugueuses, rudes, brunes, rarement jaunâtres, plus souvent noirâtres, pesantes, longues de 3 ou 4 centimètres. Chair noirâtre, dure, compacte, à cassure luisante, et à saveur moins astringente que celle des Myrobolans citrins; amande et noyau à peu près comparables à ceux du

précédent. Les Myrobolans

Chébules sont attribués au Myr. Chebula , Gærtn., ( Terminalia Chebula , Retz).

Myrobolans indiens (fig. 567). — Drupes de la grosseur d’une olive, au plus, piriformes, noires, îidees, tiès dures, a cassure compacte et brillante, avec le noyau à peine indiqué et l’amande remplacée par une ca vité. Leur saveur est astringente et aigrelette. Cette sorte parait être la même que la précédente, mais cueillie avant la

F:o. 56*. — Myrobolan indien.

MYRSINÈES - SAORIA

maturité. En Angleterre, ces fruits sont appelés Myrobolans noirs (Black Myrobolans).

Myrobolans Bf.llerics ou Myrobolans bâtards (fig. 5G8). — Cette sorte est produite par le Myr. Bellerica, Gaertn. (Terminalia Belle rie a ,

Roxb.). Elle offre les caractères suivants :

Drupes grosses comme une muscade, environ, ovales ou arrondies , sphériques ou un peu pentagonales, d’un grisrougeâtremat et cendré, terminées en bas par une pointe courte ; chair friable; noyau peu épais; amande arrondie ou pentagonale.

Fig. 568. — Myrobolan Belleric.

brunâtre, légère, poreuse et

ayant une saveur de noisette.

Les Myrobolans sont importés en grandes quantités, pour l’impression du calicot et pour le tannage. On les broie dans des moulins spéciaux, établis surtout dans le Nord de l’Angleterre.

Les Myrobolans Chébules purgent, sans produire de coliques. Les fruits non mûrs de cette sorte (M. indiens) sont appelés Hurritokee, dans l’Inde. A dose trop forte, ceux du M. Bellerica sont enivrants et même narcotiques.

Le nom de Myrobolans a été donné aussi à des fruits plus ou moins analogues aux précédents. Tels sont : le Myrobolan ou Prune d’Amérique, fourni par une Rosacée, le Chrysobalanus Icaco , L. ; le Myrobolan Monbin, produit par une Anacardiée, 1 aSpondias lutea, Lamk., et le Myrobolan d’Égypte ou Datte du désert, fourni par une Simarubée, le Balanites ægyptiaca , Del.

MYRSINÈES Saori a

On donne ce nom, en Abyssinie, au fruit mûr et desséché du Bæobotrys picta, Schimp. (B. lanceolata. Willd., Mæsa

MYRSINEES

pic la , Hochst). Ce fruit est unedrupe ovoïde, jaune verdâtre, grosse comme un grain de poivre, à saveur d’abord aromatique, huileuse et astringente, puis laissant, dans l’arrièregorge, une sensation d’âcreté persistante.

Scliimper dit que le Saoria est le meilleur et le plus sûr des ténifuges. On en prescrit la poudre, à la dose do 30 ou 40 grammes, dans une purée de Lentilles ou dans de la bouillie de farine : il détermine des purgations et expulse le Ver en entier, sans exercer aucune fâcheuse influence sur la santé. La saveur du médicament est moins répugnante, que celle de la poudre de Fougère et que celle de la décoction de racine de Grenadier. Le Saoria colore l’urine en violet.

Selon Apoiger, l’extrait étliéré des semences du Mæsa picta constitue aussi un ténicide efficace.

Tatzé

Le Tatzé est le fruit du Myrsine africana , L. C’est une drupe monosperme par avortement, à noyau crustacé, libre, brun rougeâtre, de saveur faiblement aromatique, huileuse, plus astringente que celle du Saoria et qui développe rapidement, dans l’arrière-bouche, une sensation d’âcreté, de grattement et de brûlure plus intense et plus persistante.

Selon Scliimper, c’est un ténifuge puissant, qu’on donne en poudre, à la dose de 15 à 24 grammes, dans de l’eau. On le prend avec plus de répugnance que le Saoria. Il détermine rarement des accidents généraux ; parfois, il produit des vomissements, mais jamais de coliques ; il ne purge pas toujours.

PLANTAGINÉES Graines d’Ispaghula

Ces graines sont produites par le Plantago decumbens, Forsk. (PL Ispaghula, Roxb.), plante à aire très étendue, qui habite les Canaries, l’Egypte, l’Arabie, le Belouchistan, l’ Afghanistan et le nord-ouest de l’Inde.

Les graines d’Ispaghula ont une couleur gris-rosé clair;

GRAINES D’ISPAGHULA - BORR AGINEES

elles sont creusées d’une fosse naviculaire, sur une face et convexes sur l’autre face, qui offre une tache brune, allongée, correspondant cà l’embryon. Elles sont très petites et très légères : i 00 graines pèsent à peine 18 centigrammes (Hanbury); leur longueur est de 2 millimètres et leur largeur de 1 millimètre. On les vend, dans les bazars de l’Inde, sous leur nom persan d 'Ispaghul.

Elles se distinguent des graines du Pl. Psyllium ou Herre aux puces, en ce que ces dernières sont lisses, lui santes et colorées en brun foncé.

Les graines d’Ispaghula fournissent un abondant mucilage, dû à la destruction de leurs cellules épidermiques, dont les parois se gonflent au contact de l’eau ; ce mucilage a donc une origine analogue à celui des graines de Lin. Un gramme de ces semences transforme vingt grammes d’eau en une gelée épaisse.

Ces graines sont officinales dans l’Inde. On les emploie en décoction ou en poudre, contre la diarrhée et la dysenterie et aussi contre les affections catarrhales du rein.

BORRAGINEES

Fleurs de Bourrache (fig. 569).

La Bourrache (Iîorrago offir-inalis, L ), est une plante annuelle, à tige rameuse, épaisse, très hispide, haute de 20 à 40 centimètres et à feuilles rudes, oblongues, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles, semiamplexicaules ; fleurs en cymes scorpioïdes terminales : calice à 5 lobes linéaires, aigus, velus; corolle bleue ou rose ou blanche, à 5 divisions étalées -aiguës et à tube court, muni, à sa gorge, de 5 lames creuses, courtes, s ouvrant en dehors, échancrées, dresssées; 5 étamines à anthères allongées, dressées, conniventes en

Fig. 5G9. — Meur de Bourrache.

BORRAGINKES

cône saillant , noires et sagittées, portées sur un filet court, dédoublé extérieurement en un appendice cartilagineux , violet , oblong, dressé, plein ; ovaire à 2 loges dédoublées chacune en21ogettes 1-ovulées, du milieu desquelles s’élève un style gynobasique, à stigmate papilleux, à peine renflé.

La Bourrache croît dans les jardins, les champs en friche, etc. Elle renferme un suc visqueux, contenant du nitrate de potasse; aussi est-elle réputée diurétique. Ses fleurs sont usitées comme émollientes. On leur substitue habituellement celles de quelques autres Borraginées. Cette substitution n’est répréhensible qu’en ce qu’elle constitue une tromperie sur

la marchandise vendue. Voici les caractères distinctifs des fleurs délivrées en place de Bourrache :

1° Buglosse (Anchusa officinalis, L., et A. italica, Retz; fig. 570) :

corolle rotacée, bleue ou purpurine, à tube égal au calice ou plus court et munie, à la gorge, de 5 écailles obtuses, poilues ou veloutées, recouvrant les étamines incluses , non conniventes, à filets courts, simples.

2° Petite ou Fausse Buglosse (Lycopsis arvensis , L.) : corolle bleue, rarement rose ou blanche, à limbe oblique et cà tube dépassant le calice , un peu replié sur lui-même ; écailles de la gorge velues; étamines incluses, non appendiculées.

3° Vipérine ( Echium vulgare , L.) : corolle irrégulière, d' apparence £afo'ée,infundibuliforme, à limbe oblique, offrant 5 lobes inégaux et à gorge ouverte, élargie, nue , ordinairement plus longue que le calice; calice à 5 divisions linéaires lancéolées, presque égales; étamines inégales, souvent exsertcs; style presque toujours saillant.

La substitution de la Vipérine à la Bourrache est très fré queute. On la donne aussi en place de Buglosse. Nous avons reçu de la même maison, le même jour, deux paquets étique tés, l’un Vipérine, l’autre Buglosse , et constitués tous les deux par des fleurs de Vipérine.

Fig. 570. — Fleur de Buglosse

Page 1