NOIX VOMIQUE
La Noix vomique est un poison redoutable pour l’homme et pour les animaux ; elle doit ses propriétés à trois alcaloïdes très vénéneux, la Brucine , la Strychnine et Y Igasurine. On l’administre en poudre, en extrait, en teinture, etc., contre les hydropisies asthéniques, la dyspepsie, les diarrhées chroniques, etc.
La Strychnine (G21 H22 Az O2 ) cristallise en octaèdres à hase rectangle, quelquefois en prismes quadrilatères, terminés par des pyramides à quatre faces. Elle est incolore, inodore, excessivement amère, presque insoluble dans l'eau, à laquelle elle communique une saveur intense, à peine soluble dans l’alcool absolu, la benzine, l’alcool amylique et l’éther, mais très soluble dans l’alcool ordinaire, le chloroforme etleshuiles volatiles. Sa dissolution alcoolique dévie à gauche la lumière polarisée. L’acide azotique ne la colore pas, quand elle est pure. Chauffée avec cet acide, elle dégage des vapeurs rouges et se convertit en une masse d’apparence résineuse, soluble dans l’eau bouillante. 11 se dépose, par refroidissement du soluté, des mamelons jaunes d’azotate de nitro-strychnine.
Quand on triture la Strychine, avec des traces de bioxyde de plomb, en présence de l’acide sulfurique concentré, il s^ produit une coloration bleue, qui passe rapidement au violet, puis au rouge et enfin, après quelques heures, au jaune serin. Les acides même faibles forment, avec la Strychnine, des sels généralement cristallisables et très amers, que l’in fusion de noix de galle précipite.
La Strychnine et ses sels sont des poisons extrêmement énergiques Elle paraît agir principalement sur la moelle épinière; elle déprim • et éteint l’action des nerfs sensitifs, ce qu'elle ne peut faire qu'eu excitant les nerfs moteurs d'une manière passagère, mais terribh (Cl. Bernard). Il en résulte de violentes convulsions, qui reviennent par accès et laissent l’animal dans un coma profond.
Un centigramme de Strychnine produit des effets très manifestes, sur un Homme sain ; 2 à 3 centigrammes tuent un Chien de forte taille.
« A la suite de l'introduction dans l’estomac d'un sel soluble de Strychnine, les symptômes de l'empoisonnement commencent à sc montrer généralement au bout d’un quart d’heure. Les malades son pris d’abord d'un sentiment de dégoût; puis il survient des vertige-, de la raideur dans les muscles et en particulier dans ceux do la mâchoire. Bientôt un tremblement particulier agite tout le corps; apré
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quelques bâillements, les mâchoires se resserrent. Des secousses se | déclarent, d’abord faibles, mais se transformant bientôt en convul- I sions tétaniques d’une violence terrible. Le tronc est raide et immo— I bile, les muscles durs, la tête renversée en arrière, la face cyanosée; les battements du cœur et la respiration sont presque suspendus, tan- ! dis que la sensibilité est presque abolie. Au bout de 1 à 2 minutes,
1 accès est terminé et il survient une période de rémission, pendant laquelle le pouls se relève et la sensibilité revient; mais ce calme est de courte durée. Après 2 à 15 minutes, il survient un nouvel accès, quelquefois plus terrible que le premier. D'autres accès peuvent succéder à celui-ci, séparés parune sorte de repos, qui n’est qu’un profond accablement.
Quelques malades succombent pendant un accès; d’autres tombent dans le collapsus et meurent en cet état. »
On administre la Strychnine dans toutes les maladies avec affaiblissement local ou général, les paralysies générales ou partielles, contre l’épilepsie, dans quelques cas d’amaurose, etc. Chez les paralytiques, on observe ce fait singulier, que la partie paralysée semble seule soumise à l’influence médicamenteuse : il s’y produit un fourmillement, une sueur locale, des secousses tétaniques, etc., tandis que le côté sain n’éprouve rien de semblable.
On prescrit la Strychnine à dose très faible et sous toutes les formes pharmaceutiques.
La Brucine (G23 H26 Az2 O4) cristallise en prismes rhomboïdaux obliques, souvent assez gros, ou en lamelles feuille- i tées, d’un blanc nacré ; ses cristaux s’effleurissent rapidement à l’air. Elle est plus soluble que la strychnine, dans l’eau, 1 soluble dans l’alcool, peu soluble dans les huiles volatiles, | insoluble dans l’éther et dans les huiles grasses ; l’acide sul- 1 furique concentré la colore d’abord en rose, puis en jaune et enfin en jaune verdâtre. L’acide azotique lui donne une cou- leur rouge de sang, qui passse au violet, sous l’influence du chlorure stanneux (v. t. II, p. 180).
On retire surtout la Brucine de lecorce de fausse Angus-1 ture, qui la contient presque exempte de strychnine, ou » encore des eaux mères alcooliques de la strychnine.
La Brucine agit, sur l’économie, moins violemment que la strychnine; * on l’emploie dans les mêmes circonstances ; elle a l’avantage de pro-l duire des effets analogues, sans avoir une aussi grande activité. On 1 administre à la dose initiale de 2 centigrammes, que l’on peut élever progressivement à celle de 10 centigrammes.