PETITE CENTAURÉE
dichotome corymbiforme ; calice à 5 lanières subulées, dressées; corolle rose-pourpre, infundibuliforme, à 5 divisions ovales-obtuses et à tube très allongé; 5 étamines, à anthères tordues en spirale, après l’émission du pollen; ovaire allongé, uniloculaire, à placentaires pariétaux divergents ; style bifurqué au sommet, à branches terminées par un stigmate arrondi et comme pelté ; capsule très allongée sub-biloculaire , cà deux valves.
Les Sommités de Petite Centaurée sont fréquemment prescrites comme toniques et fébrifuges, sous forme d’infusion.
Méhu a trouvé, dans la Petite Centaurée, un principe ( Erythrocentaurine ) analogue à la santonine, une substance résineuse (Centauri-rèsine) et un principe amer, que les dissolvants dédoublent en une matière sèche et une matière molle.
L’Érythrocentaurine (C2r’ II24 O8) est neutre, fusible à 136°, cristallisable, peu soluble dans l’eau froide et soluble dans 35 parties d’eau bouillante ; elle se dissout dans l’alcool, mieux encore dans le chloroforme et moins dans l’éther. L acide sulfurique concentré la dissout, sans l’altérer. La lumière la colore en rouge vif, mais sans la modifier, car on 1 obtient ensuite incolore, de sa dissolution.
Fio. 5%. — Petite Centaurée.
052 GENTIANÉES
Mélm la prépare en traitant, par l’éther, l’extrait alcoolique de la plante. La liqueur éthérée, soumise à l’évaporation, laisse un résidu brun, semi-fluide, duquel se séparent dt s cristaux d’Érythroceptaurine, que l’on purifie en les dissolvant dans l’eau, décolorant par le noir animal et taisant cristalliser.
Une aulre Gentianée, le Chlora perfoliata,h ., est parfois appelée
Centaurée jaune.
La Petite Centaurée de l'Amérique du Nord (Sabbatia angulans, Pursh; Chironia angularis, L.) est employée aux mêmes usages, que la Petite Centaurée d'Europe.
Cette plante est réputée tonique, anthelminthique et désobsti uanle. Elle est inscrite dans la liste des substances officinales de la 1 haimacopée des Etats-Unis.
La Canchalagua ( Cachen-lahucn , des Chiliens; Erythræa chilensis , Pers. ; Gentiana peruviana , Lamk. ; Chironia chilensh, Willd.) est une petite plante du Chili, voisine de la Petite Centaurée, dont elle se distingue, par ses tiges plus menues, ses leuilles linéaires et ses fleurs longuement pédonculées. Cette plante est réputée fébrifuge Ionique et même emménagogue. Lebœui la prescrit comme astringente, à la dose de 5 à 12 grammes, lorsqu'elle est fraîche et à celle de 2 à 4 grammes, quand elle est sèche :
Feuilles de Ményanthe
Le Ményanthe ou Trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata , L.; fig. 597) est une plante à rhizome, traçant, rameux, cylindrique articulé; ses feuilles sont alternes, engainantes, longuement pétiolées, trifoliées, à folioles ovales- arrondies, obtuses, glabres ; pédoncule floral nu, axillaire, portant 10 a 15 fleurs en épi court, sub-globuleux ; calice campanule à 2 5 divisions dressées ; corolle blanche, lavée de rose, campanu - jj lée à 5 divisions lancéolées -aiguës, garnies, à leur lace supérieure, de longs poils glanduleux; anthères d abord îouges, puis violettes ; capsule à déhiscence loculicide ou dont les valves portent les graines sur leur milieu.
Cette plante habite les tourbières et les endroits marécageux. Sa tige et ses feuilles sont très amères et toniques. On prétend qu’elle détermine parfois des effets cathartiques et émétiques. Ces effets nous paraissent devoir être attribués
FEUILLES DE MENYANTHE 653
aux plantes, qu’on lui substitue par erreur ou par fraude. Nous avons vu, en effet, à Toulouse, un jardinier vendre, les feuilles du Ranunculu s acris, en place de Ményanthe,
Le Ményanthe est, dit on, recherché par les Moutons atteints de clavelée.
Les Feuilles de Ményanthe sont prescrites sous forme de décoction , de sirop ou d’extrait. Files entrent dans les Espèces amères, avec la Petite Centaurée.
Leur suc est
parfois administré contre les scrofules et le rachitisme.
Nativelle y a trouvé une matière blanche, cristalline, très amère, qu’il a nommée Mènyanthine. Le même nom a été donné, par Kromeyer, à une substance blanche, poisseuse, incristallisable, qu’il regarde comme un glucoside.
Les feuilles sèches de Ményanthe sont parfois substituées au Houblon, dans la fabrication de la bière, par quelques brasseurs d’Allemagne.
Fio. 597. — Ményanthe.
Les Gentianées sont tonies douées d’une amertume intense et peuvent, au besoin, être substituées les unes aux autres.
Le Gentianci acaulis , L., est même plus amer que la Gentiane jaune et devrait lui être préféré, si sa rareté et son exiguïté relatives ne s'ÿ opposaient.
La Racine du Tachi de la Guyane (Tachia rjuianensis , Aubl.) est employée, au Brésil, comme fébrifuge, sous les nom de Quassia du
LOGANIACÈES
Para, de Tupurubo , Raiz de Caferana , Raiz de Jacare-Aru. I Cette racine est, dit-on, plus amère que le bois de Quassia et sert aux I mêmes usages.
Les Coutoubea spicata et Coût, ramosa , Aubl., de la Guyane, ont les mêmes propriétés que nos Gentianes.
Colombo d’Amérique. — Cette substance est la racine du Frasera Ca - I rolinensis, Waller (Fr. Walteri, Midi). Elle est exportée de l’État d'Indiana et vendue à Buffalo, sous le nom de American Calumba.
Elle est inscrite, comme officinale, sur la liste secondaire de la Pharmacopée des États-Unis.
Cette racine a une couleur jaune orangé, assez uniforme; elle ne présente pas la zone séparatrice qu’offre le vrai Colombo, entre le bois et l’écorce et n’est pas, comme le Colombo, colorée en bleu par l’eau iodée. Elle possède une saveur amère, non mucilagineuse.
Il existe, au Musée de la Société de Pharmacie de la Grande-Bretagne, une écorce donnée par le docteur Lindley et portant l'étiquette suivante :
« Quina naranjâda , Chelonanthus species. Cette écorce appartient à une Gentianée. A Popayan, elle est préférée à l’écorce de Quinquina. »
On l’exporte parfois (Holmes).
LOGA NIACEES
Noix vomique
La Noix vomique est la semence du Vomiquier ( Strychnos Nux vomica , L. ; St. colubrina , Wight, nec L.), arbre de l’Inde, de la Cochincliine, de la Malaisie et de l’Australie
tropicale. Ces semences sont contenues, au nombre de 1 à 8, dans la pulpe du fruit, qui est globuleux, lisse, jaune-orangé clair, gros comme une orange et uniloculaire, par avortement de la 2e loge.
La Noix vomique (fig. 598) est orbiculaire, aplatie, déprimée, de
Fie. 59S. — Noix vomique.
couleur gris verdâtre et couverte
de poils soyeux, très lins, apprimés, qui lui donnent un aspect velouté. Elle est formée d’un périsperme corné, très amer, intimement soudé à l’épisperme et présente, sur l’un des points de sa circonférence, une légère proéminence correspondant à la radicule de l’embryon.