‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 141 sur 219 · CURA RR · texte numérisé non relu

CURA RR

Le Dieffenbacliia Segaine, Schott, divers Pothos, le l'ara, etc., plantes de la famille des Aroïdées.

Le Schænobiblus daphnoides, Sieb. etZucc. (Thymélées). Les Indiens Juris regardent cette plante comme très active.

Le Petiveria tetrandra, Gom. (Phytolaccées) est employé à Galderao, sous le nom de Eonè ou Yonè. Il entre surtout dans le Curare destiné à la chasse aux oiseaux.

Tous les Curare contiennent au moins une Pipéracée, notamment les Piper anonæfolia, P. trichoneuron , P. Pseudo-Churamaga, C. DC.

On y fait entrer aussi les jeunes branches de diverses Aristoloches, à peu près indéterminables, et plusieurs Cananga (Anonacées), surtout le C. Jobertiana, H. Bn. Ces dernières plantes sont aromatiques, ordinairement non vénéneuses et employées par les Indiens Juris.

Pour préparer le Curare, les Indiens font d’abord macérer l’écorce des Strychnos, dans de l’eau froide. Ils obtiennent ainsi une liqueur rouge, qu’ils font bouillir, avec diverses plantes, jusqu’à consistance d’extrait. On mélange ensuite, à cette matière, de la poudre d'un certain nombre de végétaux, de façon à obtenir une masse solide, que l’on enferme dans des calebasses ou dans de petits pots d’argile.

Le Curare ainsi obtenu est une substance extractiforme, solide, d’un brun noirâtre, parfois grise, d’aspect résineux et qui fournit une poudre brun jaunâtre. Il se ramollit dans l’eau et s’y dissout en grande partie, en donnant un soluté rouge foncé. Preyeren a isolé le principe actif, que Boussingault et Boulin y avaient déjà signalé, sous le nom de Curarine.

La Curarink (C1()II15Az, Preyer) est un alcaloïde cristallisable en prismes quadrilatères, incolores, très amers, hygroscopiques, très solubles dans l’eau et dans l’alcool, peu solubles dans le chloroforme et dans l’alcool amylique, insolubles dans l’éther, la benzine, le sulfure de carbone et l’essence de térébenthine. Elle a une réaction faiblement alcaline. L acide sulfurique la colore en bleu ; l’acide azotique en pourpre, le bichromate de potasse et l’acide sulfurique en violet.

« Claude Bernard a vu que le Curare est sans action sur les organes de la circulation et qu’il n’enlève pas au sang ses

LOGANIACEKS

aptitudes physiologiques : il abolit les manifestations du système nerveux et laisse intact le système musculaire, ce qui a permis de prouver que la contractilité musculaire et l’irritabilité des nerfs moteurs sont deux propriétés distinctes; il laisse intacts les nerfs sensitifs, les muscles et tous les autres tissus de l’organisme. » (Réveil.)

Selon Alvarez Reynoso, le chlore et le brome neutralisent les effets du Curare ; l’iodure et le bromure de potassium retardent son action sur l’économie.

On a essayé le Curare contre le tétanos, l’hydrophobie et l'épilepsie; ce poison n’a pas toujours donné de bons résultats.

M'boundou

Sous ce nom et sous celui d’Icajaou N’caza. on emploie au Gabon, comme poison cVêpreuve, la racine d’une plante souvent rapportée aux Solanées ou aux Apocynées et que H. Bâillon croit être le Strychnos Icaja , bien qu’il n’en ait pas vu les fleurs. Heckcl l’appelle Str. M' Boundou.

La racine d’Icaja se présente sous forme de cônes, longs de 20 à 40 centimètres, sur 25 à 50 millimètres d’épaisseur, lisses et rougeâtres en dehors et doués d’une grande amertume.. A petite dose, l’infusé de l’écorce est, dit- on, enivrant et diurétique. L’infusion préparée avec un demi bol de racine râpée, pour un bol d’eau chaude, est presque mortelle.

L’action toxique de l’Icaja fut d’abord attribuée à de la brucine (Babuteau), puis à de la strychnine (Kauffeisen) ; enfin à deux alcaloïdes, l’un convulsivant, l’autre stupéfiant (Testut). Selon Schlagdenhauffen et E. Heckel, l’écorce du M’Boundon renferme de la strychnine, mais point de brucine. Ces savants ont, d’ailleurs, montré expérimentalement, que les propriétés physiologiques de l’extrait d’Icaja sont identiques à celles de la strychnine. D’autre part, Ê. Heckel s’est assuré que cet alcaloïde se trouve dans le parenchyme libérien, en soumettant des coupes à l’action des oxydants (bichromate de potasse et acide sulfurique, etc.).

Depuis l’occupation française, au Gabon, l’épreuve par le M’boundou n’est plus guère usitée, que chez les peuplades lointaines, vivant au fond des bois.

IBOGA - SPIGELIES

Iboga

On appelle ainsi, au Gabon, une espèce de Strychnos, qui paraît n’ètre toxique qu'à hautes doses et à l'état frais. Son principe actif semble résider surtout dans la racine, qu'on mâche comme la Coca. Prise en petite quantité, cette racine est, dit-on, aphrodisiaque et stimulante. Aussi est-elle très employée par les guerriers et les chas* seurs, dans les affûts de nuit.

Spigélies

Deux plantes de ce nom sont usitées en médecine; ce sont la Spigélie du Maryland et la Spigélie antlielminthique.

La Spigélie du Maryland (Spigelia marylandica , L. ; Lonicera marylandica , L. ; Carolina Pink et Worm Grass , des Anglo-Américains) est une plante herbacée vivace, pourvue d’un court rhizome et de tiges ou rameaux aériens longs de 15 à 40 centimètres.

Ses feuilles sont ovales lancéolées, aiguës, arrondies à la base. Ses fleurs sont terminales et disposées en cyme unilatérale spiciforme ; elles ont une corolle infundibuliforme, tubuleuse, jaune en dedans, rouge en dehors.

La Spigélie croît dans les forêts américaines, où elle s’étend de la Pennsylvanie au Wisconsin et à New-Jersey. Elle fut d’abord récol tée exclusivement par les Chérokées. Elle est exportée aujourd'hui de Saint -Louis, à la Nouvelle Orléans, sous forme de masses composées de rhizomes (fig. 600) garnis de racines et parfois accompagnées de tiges quadrangulaires, avec feuilles.

Celle que l’on trouve dans le commerce anglais est constituée par I’Herbe entière, racine comprise : c’est YIndian Pink Root, des Anglais.

Le Rhizome paraît être la seule partie de la plante usitée

Fio. G00. — Rhizomes de Spigélie du Maryland (d'après Ilanbury).

664 LOGANI AGEES

aux Etats-Unis. Il est inscrit, comme officinal, dans la Pharmacopée de ce pays. Il est court, noueux et brun jaunâtre; sa face supérieure offre de nombreuses cupules, indices des tiges annuelles détachées ou bien les débris de ces tiges; sa face inférieure est garnie de nombreuses racines grêles et souples.

Selon Holmes, ce rhizome ressemble beaucoup à la racine de Serpentaire , mais il est plus petit, plus sillonné et a une odeur différente. 11 diffère de la racine d' Arnica, par sa saveur et en ce que ses racines sont très emmêlées.

Sur une section transversale, il se montre formé d’une moelle volumineuse, à cellules minces, qu’entoure une zone ligneuse peu épaisse, à rayons médullaires à peine apparents, ou nuis. Le liber est mou, peu abondant, et composé de fibres rectangulaires à parois minces. Le parenchyne cortical est formé de grandes cellules polygonales, à parois claires. Le liber est séparé du bois, par une étroite zone cambiale. La surface de l’écorce est pourvue de cellules corticales brunes et sèches.

Les racines ont une structure presque analogue, mais elles sont dépourvues de moelle.

Le rhizome de Spigélie est usité, en Amérique, contre les Ascarides. Stillé le dit altérant, tonique et mydriatique. Bureau a vu qu’il agit comme un poison narcotico-âcre.

On y a trouvé du tannin, un principe extractif âcre et amer, une résine âcre, une huile volatile, des malates de potasse et de chaux.

Spigélie anthelminthique (Sp. anthelminthica. L. ; Anthelmia grandi flora, P. Br.) est une plante annuelle, à racine noirâtre, pivotante, à tige simple ou peu ramifiée et à feuilles ovales- oblongues; ses fleurs d’un blanc sale, teinté de pourpre, sont disposées en cymes axillaires, 1-4-flores.

Cette espèce habite presque toute l’Amérique équatoriale. Elle est réputée vénéneuse, à l’état frais et a été, dit-on, employée dans un but criminel, d'où son nom de Brinviiliêre. Toutes ses parties sont usitées contre les Ascarides, ' surtout dans la Guyane anglaise, où sa racine est appelée ! Demerara Pink Root.

Page 1