SOLANÈES - FEUILLES DE TABAC
SOL A N ÉES
Feuilles de Tabac
Le Tabac commmun ou Nicotiane ordinaire (Nicotiana T abacum, L ; fig. 601) est une plante originaire de l’Amérique tropicale, où cependant on ne la trouve plus à l’état sauvage.
Il offre les caractères suivants :
Plante annuelle , à tige dressée , liante d’environ un mètre ou plus ; feuilles sessiles.
semi - amplexicaules , très grandes, entières , pubescentes, visqueuses, vertes, molles, ovales-oblon gués, acuminées, les supérieures lancéo lées ; fleurs terminales. en cvme paniculiforme; calice urcéolé. persistant, à cinq lobes
étroits, aClimi - Fia. 601.— Nicotiana Tabacum.
nés, inégaux ; corolle infundibulilorme, à tube évasé, un
SOLANEES
peu verdâtre et à limbe rose, étalé, offrant des lobes larges, triangulaires, aigus; étamines incluses, à filets subulés, très grêles, un peu arqués et à anthères ovoïdes; ovaire conoïde, aigu, glabre; style glabre, cylindrique, terminé par un stigmate convexe, un peu bilobé; capsule ovoïde, étroitemert embrassée par le calice ; graines rugueuses, très petites, sub arrondies.
La Nicotiane ordinaire a été importée en France, par Jean Nicot, d’où son nom. Le nom de Tabac lui vient de l’île de Tabago (Antilles), où les Espagnols la trouvèrent pour la première fois. On l’appelait aussi, jadis, Herbe à la reine , parce que Nicot, alors ambassadeur à Lisbonne, envoya des semences et de la poudre de cette plante à la reine Marie de Médicis.
Il semble que le Tabac fut d’abord employé, en Europe, comme sternutatoire ; puis, à l’exemple des Indiens d’Amérique, on le fuma. L’usage de ces feuilles fut regardé, avec raison, comme dangereux et l’on en défendit l’emploi, sous les peines les plus sévères. Cependant, cet usage s’est tellement répandu, qu’actuellement peu d’hommes ont su s’en préserver.
Les feuilles de Tabac sont rarement employées en médecine. On les administre parfois, sous forme de décoction, soit à l’extérieur, contre la gale, la teigne et autres maladie de la peau; soit à l’intérieur, en lavements, contre l'iléus, les hernies étranglées, les Ascarides, etc. C’est un médicament narcotico-âcre, qui détermine des phénomènes d irritation locale plus ou moins intenses et que l’on doit employer avec les plus grandes précautions.
A faible dose, le Tabac produit une excitation légère et momentanée, bientôt suivie de faiblesse et de lassitude.
A dose élevée, d’après une observation de Tavignot, il a déterminé les symptômes suivants: pâleur, stupeur, pupille dilatée normalement, respiration de plus en plus gênée, intelligence complètement abolie; à cela, s’ajoutèrent destrembh ments convulsifs des bras d’abord, des jambes et de tout le corps ensuite, tremblements qui augmentèrent progressivement, pendant six minutes, et auxquels succéda un état de