RU BI AGEES
présente en morceaux irréguliers, tordus, jaune pâle, à face externe ridée en long, avec quelques lambeaux nuancés et à face interne très irrégulière ; sa structure est grossière, ligneuse et comme formée de plaques agglutinées (Planchon).
Ce Quinquina ne fournit guère, par kilogramme, que 2 à 3 grammes de sulfate de quinine et 10 à 12 grammes de sulfate de cinchonme. On ne peut donc songer à l’utiliser. Toutefois, Rampon dit 1 avoir employé avec succès, à défaut d’autre, en en élevant la dose et faisant réduire la décoction avec du jus de citron. On le trouve rarement dans le commerce, du moins sous son nom.
La Faculté de Lyon possède quatre échantillons de Q. Pitayo : 1° Écorces très brisées, semblant avoir été concassées, minces, les unes plates, les autres, plus nombreuses, cintrées ou en tubes très petits. Les plus gros fragments ont à peine 1 à 2 centimètres de long, sur 1 centimètre de large; leur épaisseur ne dépassé guere 1 millimètre et leur teinte générale est brun fauve.
2» Fragments de deux sortes :
a) Les uns plus gros, irréguliers, plus ou moins cintrés, longs de 5 centimètres au plus et dont l'épaisseur varie de 1,5 à 4 millimètres. Leur face interne est tantôt nue et d’un brun rougeâtre, tantôt et plus souvent munie d'un périderme épais, gris noirâtre, fréquemment crevassé en travers et parfois taché de gris fauve.
R) Écorces très minces, enroulées, de couleur générale brune, nues ou garnies d'un périderme brun ou gris, finement strié en long, parfois fendillé. Elles ont une cassure, soit très courte et peu ou point fibreuse, soit assez courte en dehors et très longuement fibreuse en dedans, où elle présente des plaques d'aubier enlevées au couteau.
Celte écorce et la précédente (n'> 1) semblent devoir être rapportées à la variété brune , signalée par Rampon. Leur o leur aromatique, agréable, rappelle peut-être de loin celle de la rose sèche (Rampon); en tout cas, elle diffère beaucoup de celle des Quinquinas.
3o Fragments d’écorces généralement plats ou à peine cintrés, parfois un peu recourbés en dehors et qui ont été coupés en long ou en travers; les plus gros sont à peine longs de 4 centimètres et larges de 2,5 centimètres. Leur face externe est tantôt nue , de couleur ocracée et marquée de rides longitudinales, irrégulières, tantôt pourvue d'un périderme grisâtre, plus ou moins lerrugineux, généralement sillonné, avec quelques lunules peu saillantes. La lace interne, de couleur cannelle, est finement fibreuse, rarement unie, plus souvent striée en long, avec des brisures des couches libériennes. L’épaisseur de ces fragments est souvent inférieure à 1 millimètre, chez les plus gros, elle peut atteindre 5 millimètres. Cette écorce est lourde et compacte; elle a une cassure courte, esquilleuse en dedans, grenue en dehors. Examinée à la loupe, sur une section transversale, elle se montre composée : 1° d'une section extérieure, à ti»su compacte, offrant quelques zones tangentielles ; 2° d'une portion interne moins dense, finement radiée.
QUINQUINAS JAUNES
4o Le quatrième échantillon est étiqueté Pitayo Bark fair (Écorce de Pitayo belle). Il se compose de morceaux diversiformes, surtout plats ou à peine cintrés ; quelques-uns seulement sont enroulés, petits, minces, et offrent l'aspect de certains Quinquinas de Lima : un seul a plus de 2 centimètres de diamètre transversal.
Les morceaux plats sont nus ou garnis d’un périderme, soit gris, soit blanchâtre, ordinairement strié en long, rarement un peu verruqueux.Leur face interne est assez grossièrement fibreuse et de couleur cannelle clair. Leur cassure est courte et grenue en dehors, fibreuse en dedans.
La section transversale, aplanie au couteau, se montre formée d'un tissu peu compact, comme poreux, finement radié en dedans, avec quelques bandes taugentielles, brunâtre à l’extérieur, plus pâle à l'intérieur.
Cette écorce ressemble assez à certains Calisaya eu éclats, mais ses fibres paraissent plus grossières.
Les deux dernières sortes, que nous venons de décrire, paraissent pouvoir être rapportées à la variété jaune de Rampon.
Fia. G64. — Section transi crsale d'une éc rca de Q. Pitayo.
g70 RUBIACÈES
Examinée sur une section transversale, l’écorce de Pitayo offre la
constitution suivante (ûg. 664) ; .....
Le suber(a), lorsqu’il existe, se compose de cellules très deprimees, vides ou contenant une matière jaunâtre; ces cellules sont disposées en séries radiales et tangentielles et pourvues de parois minces, les
antéro-postérieures un peu plus épaisses.
Le parenchyme cortical (b) est formé de cellules ovales-ariondies, tangentielles, à paroi peu épaisse, de couleur jaune rougeâtre et vides ou contenant une matière jaunâtre. En de certains points, le parenchyme juxtaposé au suber est subérifié sur une étendue plus ou moins grande.
L eliber (c) est épais et constitué par des faisceaux appointis, plus ou moins larges, séparés par des rayons médullaires (fig. 665, B-D) à l,plus ( souvent 2 ou 3 séries de cellules quadrilatères, un peu allongées radialement. Dans les faisceaux épais, le parenchyme cortical forme sou- A vent des intrusions profondes, faciles à distinguer du parenchyme libérien. Ce dernier se compose de cellules, délicates, beaucoup plus j petites, irrégulièrement polyédriques, a i milieu desquelles se voient^ des fi lires (A.-C) peu nombreuses, ordinairement isolées et distantes, rarement réunies par deux et toujours disposées en files onduleuses, Dans les écorces anciennes, la proportion des fibres est plus grande, j Écorce de Carabaya. — Selon Pereira, on a importé à Londres, vers j 1846 et pendant les années suivantes, sous le nom Carabaya Bark j des écorces qui furent employées en place de Calisaya, pour la fabrication du sulfate de quinine. Ce quinquina ne vient plus guère en Europe aujoud’hui. Il est produit par le C. elliptica, Wedd., arbre
QUINQUINAS ROUGES 877
de la province de Carabaya (Pérou). Il est d’un brun de rouille et se présente sous deux formes : roulé et plut.
Le Carabaya roulé (Carabaya Quills, des Anglais; Quinquina Carabaya roulé avec épiderme, de Delondre et Bouchardat) est en morceaux gros comme le doigt de longueur variable, gris rougeâtre et sillonné. Parfois, ce Quinquina est dépourvu de périderme et présente une couleur vert-thé : c’est le Tea-green Carabaya Quills, des Anglais.
Le Carabaya plat (Fiat Carabaya, des Anglais; Quinquina Ca rabaya plat, sans épiderme, de Delondre et Bouchardat) est formé presque exclusivement de liber, tantôt noirâtre, avec des verrues plates, couleur de rouille, tantôt, de couleur foncée et couvert d'une poussière jaunâtre. Sa face interne est de couleur jaune orangée.
Ce Quinquina contient 3à4 0/0 d’alcaloïdes : quinine, quinidine (t cinchonine.
Weddell rattache à la souche du C. Pitayensis le G. hirsuta, R. et Pav., arbre grêle des montagnes élévées du Pérou et dont l'écorce se trouve très rarement dans le commerce, où on la nomme Cascarilla delgada.
Ce Quinquina est en fragments roules, très fins, ayant à peine 2 à 3 ligues de diamètre, un peu raboteux, fi-surés en travers et couverts de Lichens blanchâtres, qui leur donnent une teinte gris clair, mais à couleur de rouille, là où manquent les Lichens ; leur face interne est jaune pâle 1 1 leur cassure nette, résineuse, avec quelques fibres très petites, vers l’intérieur. Celte écorce est amère, aromatique it sans doute de bonne qualité; mais on ne la récolte guere, à cause du peu de profit qu’en retirent les Cascarilleros, en raison de sa finesse et du temps qu’exige son exploit ition.
QL1N Q t I N A S RO L C. H S
Les écorces de ce nom sont surtout caractérisées par leur coloration rouge brun. Elles offrent d’ordinaire un périderme épais, verruqueux ou non et un liber fibreux, rougeâtre, très développé.
Le nom de Quinquina rouge (China colorada , des Hispano-Américains), d’abord appliqué à un grand nombre d’écorces, a été réservé à deux seulement de ces dernières, que l’on distingue en Quinquina rouge verruqueux et Quinquina rouge non verruqueux, selon que leur face externe est pourvue ou dépourvue de saillies ayant l’aspect de verrues.
1° Quinquina rouge non verruqueux. — Cette sorte se présente sous deux formes :
RURIACÈES
a) En morceaux enroulés, plus ou moins longs, n’ayant guère que 1 ou 2 centimètres de diamètre et qui offrent tous les caractères extérieurs du Huanuco, mais dont la face interne est rougeâtre.
p) En plaques cintrées, ordinairement privées de périderme externe, parfois même dépourvues de périderme interne et réduites au liber seul : leur face extérieure offre alors une coloration rouge-brun clair. Quand il existe, le périderme externe est de couleur brun clair, un peu fendillé, faiblement verruqueux, très mince et exfoliable. Le périderme interne est brun foncé, marqué de rides ou de sillons, que séparent des côtes plus ou moins saillantes, coupées de fissures transversales très fines et, en général, courtes. La face interne est brun -cannelle et lisse ou finement striée.
Ces écorces ont une cassure assez courte, rouge fauve en dedans, brune en dehors (cercle résineux des auteurs). En raison de leur coloration plus faible, elles sont désignées, dans le commerce, sous le nom de Quinqicina rouge paie .
L’origine botanique du Quinquina rouge non verruqueux fut longtemps incertaine. Attribué par les uns au C. nitida , R. et Pav., il était rapporté, par les autres, à une variété . rouge du C. micrantha. On sait aujourd’hui qu’il est fourni par le C. succirubra.
2° Le Quinquina rouge verruqueux se présente, soit en pla- j ques, soit en éclats ordinairement grands et roulés ou cintrés. Les écorces de cette sorte sont remarquables parleur coloration générale rouge, surtout à la face interne et par leur épais seur, qui peut atteindre 17 millimètres. Toutefois, l’épaisseur des plaques actuelles du commerce ne dépasse guère 5 à 1 0 millimètres.
a) Les plus épaisses offrent habituellement un périderme brun rougeâtre, fendillé, recouvert, par places, de Lichens blancs grisâtres et portant de nombreuses excroissances! d’aspect verruqueux, grises ou brun rougeâtre. Leur face* interne est rouge, finement striée et fibreuse. La section transversale montre : 1° un périderme subéreux, rougeâtre; ; 2° une zone irrégulière, d’un brun noir brillant ( cercle résineux,des auteurs), constituée par le parenchyme cortical
QUINQUINAS ROUGES
plus ou moins affaissé et subérisé, que traversent des lignes rougeâtres, espacées ou rapprochées ;3° un liber proportionnellement très épais, rouge brun, très fibreux, dont les faisceaux sont séparés par des rayons médullaires à peine apparents, même à la loupe.
Dans cette sorte, comme dans la variété suivante, les fibres libériennes sont très fines, se dissocient aisément, pénètrent dans la peau et y causent de vives démangeaisons.
p) Les écorces les plus minces sont souvent pourvues d’un périderme extérieur, facilement exfoliable, assez mince, parfois un peu verruqueux et coupé de crevasses peu profondes. Le périderme interne est rouge-brun foncé, strié en long et garni de verrues peu développées. Il recouvre une couche corticale occupant environ le 1/3 de l’épaisseur totale. La face interne de l’écorce est de couleur rouge brun et finement striée.
Lacassureest assez nette en dehors, mais fibreuse et en éclats assez courts, dans la portion libérienne. La section aplanie au couteau offre aussi un cercle résineux, mais plus mince que dans la sorte précédente.
Le Quinquina rouge verruqueux est produit aussi par le
Fio. GGG. — Goupe transvcrsale de Quinquina verruqueux.
RUBIACÉES
C . succirubra, Pav., qui croît sur les pentes occidentales du Ghimborazo. Cette écorce doit fournir au moins 3 0/0 de sulfates d’alcaloïdes, dont 2 de sulfate de quinine.
Examiné sur une section transversale, le Quinquina rouge verruqueux(fig.666), se compose d’un périderme brun foncé, au sein duquel on voit parfois des lambeaux du parenchyme cortical préexistant. Ce périderme est séparé du parenchyme cortical, par une étroite zone de suber tabulaire, clair ou incolore. Il est interrompu, de distance en distance, par le parenchyme sous-jacent, qui fait saillie à sa surface, sous forme de mamelons nus ou encore munis d’une faihle couche péridermique.
Le parenchyme cortical, très développé, est composé de cellules à peu près quadrilatères, plus ou moins colorées par de la résine ou du phlobaphène.
Les cellules du liber sont peu différentes les unes des autres, un peu irrégulières et beaucoup plus petites que celles du parenchyme cortical. Les fibres, d’abord assez rares et disposées par séries espacées, au voisinage de la couche corticale, se multiplient et se rapprochent, à mesure que l’on s’avance vers la face interne de l’écorce, où elles sont très nombreuses, quoique toujours assez visiblement disposées en séries radiales. Ces fibres sont rarement réunies par petits groupes; presque toujours elles sont isolées les unes des autres, par l’interposition des cellules du tissu cellulaire libérien.
Les rayons médullaires sont à peine visibles au voisinage de la face interne, où ils sont formés par 2 ou 3 séries de cellules étroites et radiales; ils s’élargissent ensuite et se montrent composés de cellules carrées ou tangent ielle s, plutôt que radiales et de couleur plus foncée que celle du tissu ambiant.
Reichard a trouvé, dans 100 parties d’écorce : quinine, 0,955; cinchonine, 0.289; ammoniaque, 100; acide quinique, 6,019; acide quinovique, 0,222 ; acide quinotannique, 3,179 ; acide oxalique, 0,330, etc.
Au groupe des Quinquinas rouges, on peut rapporter le Quinquina rubigineux et le Quinquina Lucumæf olia.
QUINQUINAS DES INDES
QUINQUINAS U K S INDES
La culture des Cinchona a été tentée par les Hollandais à Java; par les Anglais, dans l’Inde, à Ceylan et même à Sainte-Hélène; par les Français, à l'ile de la Réunion, etc. Cette culture a parfaitement réussi et les écorces qu’on en a obtenues tiennent aujourd’hui une large place dans les marchés d’Europe. C’est pourquoi nous croyons bien faire en les décrivant, leurs caractères n’ayant pas encore été exposés dans les traités élémentaires, du moins en France.
Les Cinchona rémunérateurs, cultivés dans les Indes, appartiennent à 3 espèces : C. officinalis, C. Calisaya, C. succirubra. Le C. Pahudiana fut d’abord cultivé en grand à Java, où il réussit à merveille. Mais cet arbre produit des écorces riches seulement en acide cincho-tannique, et pauvres en alcaloïdes ; aussi sa propagation n’a -t-elle pas été continuée.
A l’origine, les écorces des Cinchona cultivés dans l’Inde étaient récoltées selon le mode employé en Amérique, et l’analyse les avait montrées au moins aussi riches en alcaloïdes que les écorces américaines. Toutefois, comme on reconnut que la teneur en alcaloïdes augmente, dans les écorces mises à l’abri de la lumière, Mac-Ivor, directeur des plantations des Neilgherries, eut l’idée de recouvrir de mousse le tronc et les branches des Cinchona. Cette expérience donna les meilleurs résultats. D’autre part, les recherches faites sur la répartition des alcaloïdes permit de constater que ceux-ci sont plus abondants au sein du tissu cellulaire, que dans le liber. On essaya donc d’écorcer successivement les diverses parties du tronc et des branches, avec l’espoir que, en recouvrant de mousse les parties lésées, l’écorce nouvellement reproduite serait plus riche en principes utiles.
Le succès justifia cette manière de voir.
Par l’emploi de ces diverses pratiques, on est arrivé à verser dans le commerce des écorces ayant, plusieurs origines et qui ont reçu des noms différents : 1° écorces non soumises au moussage (unmossed Bark , dès Anglais ;
RUBIACÈES
2° écorces soumises au moussage (mossed Barli) ; 3° écorces provenant du premier écorçage; 4° écorces reconstituées (reneicecl Barli).
Les écorces de la lre, de la 2e et de la 4e catégories sont faciles à déterminer. Celles de la 3e se reconnaissent aux caractères ci-après : 1° leur face interne présente toujours des traces d’arrachement ; 2° leur face externe , souvent (non toujours) garnie de Lichens, offre à la fois une zone péridermique et une couche corticale bien définies ; 3° ces écorces ne possèdent qu’une faible portion du liber.
Enfin, on rencontre fréquemment, dans le commerce, des écorces provenant des racines. Ces dernières appartiennent surtout au groupe des écorces de la 3e et delà 4e catégorie; elles paraissent fournies principalement par le C. Calisaya, var. Ledgeriana, et parle C. succirubra.
Nous décrirons ces diverses écorces, en les rapportant à l’espèce qui les produit et sous les rubriques : Mossed , JJnmossed , Renewed.