QUINQUINA JAUNES OU ORANGÉS
Les écorces de ce groupe sont fournies par les troncs et les branches de différentes espèces de Cinchona. Elles sont, en général, uniquement ou en majeure partie constituées par du liber; aussi leur texture est -elle fibreuse ou esquilleuse. Leur couleur est jaune d’ocre ou brun -cannelle et leur saveur plutôt amère qu’astringente. Elles contiennent surtout de la quinine ou de la quinidine.
O. Berg divise les Quinquinasjaunes en plusieurs groupes, dont le plus important est désigné, depuis longtemps, sous la rubrique : Quinquinas jaunes royaux. Ces dernières écorces se présentent sous forme de « tubes à suber rugueux, foncé et profondément crevassé, ou presque entièrement débarrassés du suber, plus ou moins aplatis, parsemés d’écailles subéreuses plates, provenant des sillons du suber; liber ferme, brun clair, à cassure en éclats. » (O. Berg.)
Quinquina Calisaya vrai. — Les écorces de ce nom sont four nies par le C. Calisaya , Wedd., qui croit dans le Pérou et
Cauvet, Mat. métl., t. II.
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dans la Bolivie. On en connaît deux sortes commerciales, dénommées selon qu’elles sont, soit roulées, soit plates ou cintrées.
1° Le Calisaya roulé se présente sous forme de tuyaux, provenant de branches assez jeunes, roulés sur eux-mêmeset toujours pourvus de leur périderme. Ce dernier est profondément crevassé et facile à séparer du liber, sur lequel il laisse de légers sillons, qui répondent aux fentes péridermiques.
La profondeur des crevasses du périderme distingue le Galisaya du Huanuco, dont il se différencie, d’ailleurs, par son liber plus fibreux, plus amer et moins astringent.
Ces caractères n’ont pas grande valeur, bien qu’ils aient été adoptes par le précédent Codex. Si l’on compare, en effet, le Calisaya roulé aux gros échantillons de l’ccorce du C. Peruviana (Q. Huan uco ja une 'paie, de Delondre et Bouchardat), on voit que le premier en diffère seulement, par ses bords coupés carrément et parla présence de Y Ihjpochnus rubrocinctus, qui n’existe jamais surl’Huanuco; ce dernier a, en outre, ses bords taillés en biseau.
Le Calisaya roulé est devenu rare. Sa richesse en alcaloïdes en fait l’un des meilleurs fébrifuges.
Le Galisaya roulé offre la structure suivante :
Périderme épais, formé de plusieurs couches, que sépare un suber tabulaire brun ; liber assez développé , dont les fibres sont généralement isolées, mais parfois, d’ailleurs, rapprochées et toujours disposées en séries radiales, au sein d’un tissu cellulaire gorgé de matières résineuses. Les couches libériennes contribuent à la composition du périderme, car l’on trouve des fibres dans les portions les plus internes de ce dernier tissu. Les fibres sont peu régulières, et leur section transversale est souvent allongée dans le sens du rayon ; elles sont pourvues de stries concentriques très fines et très serrées et d’un lumen punctiforme ou li-
néaire.
2° Le Galisaya non roulé peut se rencontrer sous deux formes : a) absolument plat ou un peu flexueux, toujours privé de périderme et à peu près réduit au liber seul : on le dit alors mondé ; t-j) cintré et pourvu d’un périderme,
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tantôt intact , tantôt plus ou moins raclé. Cette sorte corn prend donc trois catégories d’écorces :
a)L e Calisaya 'plat ou mondé se présente en morceaux pesants, irréguliers et réduits presque exclusivement au liber, dont la texture est compacte et uniforme. La face externe est d’un jaune-orangé pâle, un peu ferrugineux, avec quelques taches plus foncées. Cette face est marquée de crêtes arrondies, peu saillantes, que séparent des dépressions longitudinales, rappelant à l’esprit les traces laissées par les doigts sur l’argile détrempée, d’où le nom, d’ailleurs impropre, de sillons digitif ormes donné à ces dépressions. La face interne a une texture fibreuse, serrée, parfois un peu ondulée et une couleur fauve.
Ces écorces sont souvent brisées et de grandeur variable; les plus grossespeuvent être longues de 30 centimètres, larges de 8 à 10 centimètres et épaisses de 4 à 8 millimètres. Enfin, leur cassure transversale, uniformément fibreuse, offre des fibres saillantes, courtes, très aiguës, qui se détachent aisément, pénètrent sous la peau et y causent d’assez vives démangeaisons.
Le bon Calisaya plat fournit 3,5 à 4 0/0 de sulfate de quinine. On recommande de le choisir compact, pesant, épais de 3 à 5 millimètres et pourvu d’une forte amertume Il faut rejeter les écorces très minces, légères et grossièrement fibreuses, qui contiennent moins d’alcaloïdes.
(3) L c Calisaya cintré , à pèriderme intact comprend des écorces, dont l’épaisseur varie de5 à IG et même 18 millimètres. Les plus épaisses sont tantôt nues en dehors et de couleur brune très foncée, tantôt couvertes de Lichens et alors d’un gris argenté. Leur pèriderme offre des crevasses longitudinales, souvent profondes de 1 centimètre, non continues, avec quelques courtes fissures transversales, étroites, ayant à peine 1 millimètre de profondeur. Sur la section transversale, ce pèriderme atteint environ la moitié de l’épaisseur :otale ; il se distingue du liber, par sa coloration brun-rou- ^eâtre foncé.
Les écorces minces, de beaucoup les plus nombreuses, ont eur pèriderme tantôt intact et brun clair, avec des Lichens
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gris argenté, tantôt raclé en partie, mais offrant toujours de grandes plaques garnies de Lichens gris.
La face interne de toutes ces écorces est très finement striée. Elles ont une cassure esquilleuse, courte, et leurs fibres se délitent, quand on veut les couper au couteau. Leur périderme est formé de couches assez régulièrement espacées,
mais non continues ; deux de ces couches s’anastomosent souvent à angle aigu, pour en constituer une seule.
y) Le Calisaya cintré à périderme raclé paraît avoir été mondé au couteau.
Celui-ci a mis à nu un parenchyme brun , mais a laissé, par places, de faibles portions d’un périderme semi- lisse et d’un grisjaunâtre fauve. La face interne est esquilleuse, assez grossièrement fibreuse et de couleur cannelle.
Le Quinquina Calisaya plat (fig. 663) est presque exclusivement constitué par le liber reconnaissable à la disposition de ses fibres et aux rayons médullaires, dont il est parcouru. Le périderme forme, à sa face externe, une mince couche brune, très colorée, qui disparaît par places.
Le liber est composé d’un tissu homogène, dont les cellules sont d’autant plus gorgées de matières résineuses, qu’elles sont plus rapprochées du suber.
Les rayons médullaires sont inégalement espacés et formés de cellules rougeâtres, souvent 2-sériées au voisinage de la zone cambiale, 3-4-sériées vers le milieu de la couche libérienne et surtout au voisinage du suber; ces cellules,
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Fia. 663. - Coupe transversale de Quinquina Calisaya plat.
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d’abord radiales, deviennent plutôt carrées, à mesure que l’on se rapproche du périderme.
La section des fibres est plutôt allongée, dans le sens du rayon, que régulièrement polyédrique. Ges fibres sont, en général, isolées et disposées en séries assez régulières, parallèles aux rayons médullaires ; rarement elles sont rapprochées en petits groupes; au voisinage de la zone cambiale, elles semblent parfois rangées en séries tangentielles, d’ailleurs ordinairement espacées. Elles ont, du reste, à peu près la même grosseur ; toutefois, quelques-unes d’entre elles sont plus petites que les autres. Leur lumen est punctiforme, leurs parois offrent des couches concentriques très fines, très serrées, avec des canaux très étroits.
Weddell a donné une excellente figure de la section transversale du Quinquina Calisaya, figure que l’on consultera avec fruit ( Hist . nat. des Quinquinas , pl. II. fig. 33. V. aussi plus haut p. 635-636).
Reichart a trouvé, dans 100 parties de Quinquina Calisaya plat : quinine, 2,701 ; cinchonine, 0,264 ; ammoniaque, 0,137 ; acide quinique, 6,944; acide quinovique, 0,684; acide qui notannique, 3,362; acide oxalique, 0.138,- acide humique, 16,355, etc.
Dans 100 parties de Calisaya roulé, le même auteur a trouvé: quinine, 0,659; cinchonine, 0,327; ammoniaque, 0,123; acide quinique, 6,944 ; acide quinovique, 0,679; acide quinotannique, 2,162; acide oxalique, 0,144; acide humique, 27,345, etc.
Quinquina Calisaya, var. Morada. — Celte écorce est presque toujours mêlée au Quinquina Calisaya, dont il est souvent difficile de la distinguer. Ses propriétés sont, au reste, très voisines de celles du Calisaya vrai. Elle est fournie par le C. Boliviana, Wedd.
Weddell lui attribue les caractères suivants :
« Q. noui.é. Eu tout semblable au Calisaya roulé.
« Q. plat. Formé par le liber seul, moins épais en général que le « Calisaya, mais d'une égale densité. Sillons digitaux de la face exté- « rieure moins profonds que dans l’espèce que je viens de nommer; un « peu plus confluents et les crêtes qui les séparent plus arrondies; d’un « jaune fauve brunâtre, avec des nuances un peu verdâtres, dans quel- « ques points. Face interne à grain assez droit, de couleur fauve, un « peu orangée ou rougeâtre. »
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Selon Flückiger, le Calisaya de Bolivie est plus mince que le Galisaya vrai, a une structure plus serrée et contient de nombreux laticifères, qui manquent dans le Calisaya.
Q. Calisaya fibreux. (Q. rouge de Cuzco , de Delondre et Bouchardat; Cascarilla colorada de Cuzco et Case, color. de Santa Anna , des indigènes). — Cette écorce est fournie par le C. scrobiculata, H. et B., var. a. genuina, Weddel, qui habite le Pérou. G. Planchon la décrit de la manière suivante : « Les écorces jeunes ont l’aspect des Quinquinas de Loxa : elles sont roulées un peu différemment les unes des autres; leur surface extérieure est pourvue d’une croûte plus ou moins rugueuse, offrant toutes les teintes, depuis le blanc jusqu’au noir. La surface du liber, souvent dénudée par la chute de petites plaques du périderme, présente une couleur rouge-brun plus ou moins foncé. Ce liber, bien qu’assez compacte et se cassant assez net, montre toujours de nombreuses fibres, très visibles à l'œil. C’est le Quinquina de Loxa rouge marron , de Guibourb. Les écorces plus âgées et plates sont l’un des Calisayas légers du commerce. Elles sont un peu moins denses et plus minces que le Calisaya vrai. La surface extérieure, d’un brun obscur, est marquée de quelques impressions transversales, très légères et de cavités remplies d’une matière fongueuse ou de verrues irrégulières, ou encore de sillons digitaux, analogues à ceux des Calisaya, mais moins profonds et séparés par des crêtes moins saillantes; la surface interne, à grain fin et droit, est d’un jaune orangé; la fracture transversale, plus ou moins celluleuse à l’extérieur, présente, à la partie interne, des fibres longues et flexibles, relativement grêles et disposées en séries radiales. (V. p. 837, 838, fig. 653, 654). La saveur est amère et astringente. »
Ces Quinquinas arrivent mêlés au Calisaya. Selon Delondre et Bouchardat, cette écorce donne 4 grammes de sulfate de quinine et 12 grammes de sulfate de cinchonine, par kilogramme. Les écorces roulées ne donnent que de 6 à 8 grammes de cinchonine.
Q. de Cusco (Quinquina de Cuzco et Q. d'Arica , de Guibourt; Q. jaune de Cuzco , de Del. etBouch.; China rubiginosa,àeBergen ; Cuzco Bark elAricaBark, de Pereira; Cargua-Cargua et Cascarilla amarilla , des indigènes). — Cette écorce est quelquefois donnée comme Calisaya. Elle est en tubes ou en morceaux cintrés, de couleur cannelle, partiellement recouverts par un périderme jaune blanchâtre, mince, irrégulier dans les vieilles écorces. Son liber a une cassure à gros éclats irréguliers. (Pour la structure, v. p. 839, 840, fig. 655, 656.) J
Ce Quinquina est produit par le C.pubescens , Pelletieriana, Wedd., qui habite les forêts de Sanla-Anna, près de Cuzco; Guibourt le croit identique avec l'écorce d’Arica, de Pelletier et Corriol. Il renferme un alcaloïde particulier, 1 ' Aricine ou Cinchovatine de Mancini.
L’Aiucine (G23 H2f> Az 2 04)cristallise en aiguilles blanches, brillantes, ! transparentes, inodores, non volatiles; sa saveur, d'abord nulle, devient plus lard amère, avec une sensation brûlante et astringente. Elle est insoluble dans l’eau, plus soluble que la cinchonine dans l'alcool et dans l’éther ; l’acide azotique concentré la colore en vert intense.
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ft. jaune fibreux {Q. de Carthagène et Q. de Colombie). — Sous ce nom général, on décrit diverses écorces fournies par le C. Condaminea, o, lancifolia, Wedd. (C. lan~ cifolia, Mutis), qui croît dans la Nouvelle-Grenade, sur le versant oriental des Andes, au S. -S. -O. de Bogota et à une altitude de 2,500 à 3,000 mètres. Les écorces du C. lancifolia sont généralement riches en quinine; mais leur rendement en alcaloïdes est augmenté ou diminué, selon la latitude, la température, la localité, la nature, l’altitude et l’exposition du sol, de sorte que la proportion de quinine qu’on en retire varie entre 10 grammes et 35 grammes, par kilogramme d’écorce. Selon Rampon, la quantité de quinine varie aussi, avec la partie de l’arbre d’où l’on a retiré l’écorce. Leur couleur varie du jaune plus ou moins foncé à l’orangé plus ou moins vif ; leur grosseur varie également, depuis l’écorce plate, épaisse de 7à8 millimètres, jusqu’aux tuyaux roulés, semblables à la Cannelle. Leur surface externe présente aussi un aspect tout différent, suivant qu’elle a été grattée jusqu’aux vraies couches corticales, ou suivant qu’on lui a laissé tout ou partie de son épiderme micacé, souvent épais, ou même de ses Lichens et de ses Mousses. Aussi, en a-t-on fait à tort beaucoup d’espèces, dans les livres et dans la droguerie.
Ces diverses sortes offrent les caractères communs suivants : « Leur surface externe subéreuse est le plus souvent assez tendre pour que l’ongle puisse la pénétrer; elle porte, soit un périderme blanchâtre ou micacé, soit et le plus souvent de simples débris de ce périderme répandus çà et là en petites plaques. L’écorce est tendre et friable; la texture est fibreuse et les fibres sont, suivant les variétés, plus ou moins longues ou plus ou moins fines.
« Ces écorces présentent, en général, des fibres corticales disposées à la fois en séries rayonnantes et en couches concentriques. Cette dernière disposition est surtout prononcée dans les couches extérieures du liber. Les pores de ces fibres sont d’ordinaire très marqués. L’écorce moyenne est plus ou moins développée et contient, ainsi que le liber, des cellules à résine ou à cristaux. Dans les jeunes écorces, on retrouve
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la disposition des éléments fibreux en couches concentriques. Beaucoup de cellules sont encore béantes et en voie de formation ; çà et là quelques vaisseaux laticifères et, dans les deux zones internes, des cellules à résine. » (Planchon.)
Ce Quinquina est, en général, tenace, friable, très fibreux, avec des fibres plus ou moins longues et plus ou moins fines.
Il est peu chargé de tannin et son élaboration est très facile. Il donne un sulfate très blanc, très pur, très léger et, sous ces divers rapports, il est supérieur au Calisaya lui-même ; aussi est-il fort recherché par les fabricants, qui paient les variétés riches 6 à 8 fr. le kilogramme.
Les variétés de cette catégorie prennent, dans le commerce, le nom de Quinquina Colombia, tandis que les variétés d’un faible rendement sont ordinairement désignées sous le nom impropre de Quinquina Carthagène .
Les sortes commerciales suivantes sont rapportées au C. lancifolia :
Calisaya de Santa- Fé de Bogota (Del. et Bouch.) — Écorces roulées, très menues, d’une épaisseur de 4 millimètres ou moins, à face externe celluleuse, d’un jaune un peu rougeâtre, et offrant des fibres courtes, que le doigt détache aisément, sous forme d'une poussière prurieute. Elles fournissent 30 à 32 grammes de sulfate de quinine et
3 à 4 grammes de sulfate de cinchonine, par kilogramme. G. Planchon pense quelles viennent des environs de Popnyan.
Quinquina jaune okangé roulé (Del. et Bouch.). — Ecorces longues, minces, roulées, ressemblant à celles de la Cannelle de Ceylan, à cassure résineuse en dehors, fibreuse en dedans, avec une saveur amère franche. Elles fournissent 38 grammes de sulfate de quinine et
4 à 5 grammes de sulfate de cinchonine. Elles sont souvent mêlées au Quinquina orangé en grosses écorces.
Quinquina jaune orangé df. Mutis, de Delondre et Bouchardat ou Quina Colombia du commerce (Quinquina orangé de Mutis, de Gui- Lourt; Caquetla Bark, de Pereira; Quina naranjada et Quina primitiva, de Mutis ; China / lava fibrosa , de Gœbel et Kunze). — Ecorces . un peu cintrées, de 2 à 8 millimètres d'épaisseur, d'un jaune orangé rougeâtre, plus foncées en dehors, à cassure finement fibreuse, sauf vers l’extérieur où elle est subéreuse. Elles fournissent 15 à 16 grammes de sulfate de quinine, par kilogramme; mais quelques échantillons en donnent de 24 à 30 grammes.
Quinquina jaune de Mutis (Del. et Bouch.); Quinquina Colombia, du commerce. — Ecorces à face externe ridée en long, à face interne jaune ocreux , sillonnée et à cassure moins unie que dans la sorte
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précédente. Rampon en a envoyé un échantillon contenant de 28 à 32 grammes de sulfate de quinine par kilogramme. Habituellement, elle fournit 12 à 14 grammes de sulfate de quinine et 5 ou 6 grammes de sulfate de cinchonine.
Quinquina Carthagène ligneux ou Q. Carthagène, du commerce. — Écorces d'un jaune rougeâtre en dehors, avec quelques plaques micacées et de couleur jaune fauve en dedans; cassure à fibres longues et flexibles; amertume persistante, sans astringence. Ces écorces fournissent de 15 à 20 grammes de sulfate de quinine.
G. Planchon rattache avec doute, à ce groupe, un Quinquina à quinidine envoyé par Rampon, qui le rapporte au Quinquina rouge de Mutis (Del. et Bouch.). Cette écorce fournit, par kilogramme, 15 à 22 grammes d'alcaloïdes, dont 14 à 15 de quinidine.
Quinquina Pitayo. — Cette sorte est fournie par le C. Condaminea, s Pitayensis , Wedd. (G. lanceolata, Bentli. ; C. corymbosa , Karst.), qui habite la Nouvelle-Grenade. Elle présente une variété jaune et une variété rouge brun, qui ne diffèrent guère que par leur couleur. « Ce sont des écorces lourdes, dures, compactes, à fibres très serrées, donnant une poudre à peu près inoffensive au toucher... Elles renferment une forte proportion de tannin et de matière colorante...; d’habiles analyses et le traitement en grand, chez les fabricants, ont démontré que, abstraction faite de la cinchonine, ces Quinquinas donnaient, suivant la forme et la grosseur de l'écorce, de 25 à 40 grammes de sulfate de quinine, par kilogramme. » (Rampon, cité par G. Planchon.)
Selon Rampon, la variété brune, qui jadis arrivait en grosses écorces, ne vient plus guère que sous forme de petites écorces brisées, brune % dures, compactes, tourmentées, d’une odeur aromatique particulière, ressemblant à celle de la vieille rose. Sous cette forme et quand il est sans mélange, ce Quinquina est d’une grande richesse ; il donne quelquefois 45 grammes de sulfate, par kilogramme et il atteint, dans ce cas, un prix plus élevé que celui du Calisaya.
D’après Phœbus. les Quinquinas Pitayo ont un derme souvent formé du liber seul, ou par le liber avec une portion d'écorce moyenne; plus rarement, ils présentent les trois parties de l’écorce; les fibres cortica'es sont isolées, comme dans le Calisaya ; on y trouve çà et là quelques cellules à cristaux.
On peut rapprocher du Q. Pitayo la sorte connue sous le nom d’ALmaguer, sorte dans laquelle une partie de la quinine est remplacée ( par de la cinchonine. Cette sorte est attribuée à une variété du C. Pi- I tayensis.
On peut rapprocher aussi de ce groupe le Quinquina Maracaibo, de Delondre et Bouchardat (Q. Carthagène jaune pale, de Guibourt) produit par le C. cordifolia , Wedd., Mut. et Humb. (C. lutea, I Pav. ; C. Tucujensis, Ivarst,; C. pubescens, a cordata, DC. ; C. Gou- \dotiana, Klotzsch), arbre habitant toute la région à Cinchotia. I Cette écorce arrive de la Nouvelle-Grenade, par Maracaibo. Elle se