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C. G alisaya

Les écorces de cette sorte sont à peu près toujours pourvues de périderme.

1° Celles qui en sont dépourvues ont une couleur brun fauve. Leur face externe est finement sillonnée plissée en long, avec des stries transversales, tantôt longues, tantôt punctiformes et ayant l'aspect de lenticelles. Leur face interne est lisse et finement striée ; leur cassure est courte en dehors, assez longuement fibreuse et en éclats, en dedans. Leur épaisseur ne dépasse guère 2 millimètres. La section transversale offre une mince zone brune extérieure, recouvrant un tissu jaune-rosé très pâle, dans la majeure partie de la section interne.

2° Presque toutes les écorces munies de périderme ont un faciès identique à celui des écorces américaines, quand leur épaisseur dépasse 2 millimètres. Cette épaisseur varie ordinairement de 2 à 4 millimètres; elle atteint 6 millimètres, dans une écorce reçue de Londres, sous la rubrique : Calisaya de La Paz, Antilles (?).

Le périderme est facile à détacher, dans les écorces un peu âgées; il est assez adhérent chez les plus jeunes. Ce périderme est grisâtre ou brun, selon qu'il porte ou non des Lichens, toujours marqué de stries ou de saillies longitudinales irrégulières; il est coupé de fissures transversales, dont l’épaisseur varie avec l'âge de l’écorce. Là où manque le périderme, l’écorce est brune et présente des impressions digiti formes, plus ou moins apparentes.

La face interne est plus pâle. La cassure est fibreuse et assez courte. La section transversale est, d’ordinaire, jaune-chamois très clair et

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bordée, en dehors, par une zone plus ou moins compacte, de couleur souvent brun foncé (Cercle résineux , des auteurs).

Les écorces les plus minces sont habituellement ridées en long et pourvues de fissures linéaires, très courtes, sériées comme des lenticelles, ou mieux définies et de longueur variable, mais atteignant le parenchyme sous-jacent.

Ces écorces semblent provenir de branches ou de troncs jeunes, à développement rapide et qui ont été soumises à un écorçage préalable. Leur section transversale, fauve, offre la zone noirâtre extérieure désignée sous le nom de Cercle résineux.

Quinquina Ledgeriana

Le Quinquina de ce nom est fourni par le C. Calisaya, var. Ledgeriana, actuellement cultivé dans l’Inde et que l’on dit originaire de Caupolican (Bolivie).

Cette écorce est actuellement très répandue dans le commerce; sa richesse en alcaloïdes en fait l'une des plus précieuses sortes de Quinquina. On la retire à la fois des racines et des tiges.

A. — L’Egorge des racines est tantôt pourvue, tantôt dépourvue de périderme.

1° Les écorces privées de périderme se composent d’écailles diversifiâmes, enlevées au couteau, généralement très minces, plates et planes, ou contournées et repliées sur elles-mêmes, de couleur fauve brunâtre en dehors, d’un fauve ocracé en dedans. Formées presque exclusivement de parenchyme cortical, elles offrent une cassure ordinairement nette; parfois, néanmoins, cette cassure est fibreuse vers la face interne de l’écorce, lorsque l’excision a atteint la portion la plus extérieure du liber. La plupart de ces écorces ont été mondées par raclage et sont ainsi dépourvues de suber. Quelques-unes seulement sont garnies d’un périderme brun fauve ou brun grisâtre, crevassé ou rugueux et portant quelques petits Lichens crustacés. Ces dernières sont, d’ailleurs, presque aussi minces que les autres. La présence de Lichens, à leur surface, nous porte à les considérer comme provenant de la base de la tige.

Cette sorte paraît être la plus commune dans le commerce français. Nous l’avons toujours rencontrée chez les principaux droguistes de Lyon. Elle contient 2 à 3 0/0 d’alcaloïdes. Son prix relativement peu élevé doit la faire rechercher, pour les préparations pharmaceutiques.

2° Lorsqu'elle est pourvue de périderme, l’écorce déracinés, se présente en morceaux assez courts, plats, cintrés ou roulés; leur face externe, toujours brune ou brun-jaunâtre foncé, est tantôt plus ou moins verruqueuse, tantôt presque lisse et finement striée. Les morceaux striés sont généralement roulés et beaucoup plus minces, que les morceaux plats, dont l'épaisseur peut atteindre 4 millimètres, mais ne dépasse guère 2 à 3 millimètres, en général. Leur face interne est lisse ou très finement striée en long et de couleur brun-cannelle. Leur cas-

QUINQUINAS DES INDES

sure est brune et grossière en dehors, oourtemenl fibreuse et brun jaunâtre en dedans.

Sur une section transversale, cette écorce se montre composée d’un périderme étroit et d’un parenchyme peu épais, au sein duquel se terminent les faisceaux libéiûens, qui sont très effilés et flexueux à leur extrémité.

A l’examen microscopique , cette sorte offre la structure suivante (fig 167) :

Le suber manque à peu près toujours.

La portion extérieure du parenchyme cortical (a) est composée de cellules peu differentes des cellules sous-jacentes, mais subérisées et affaissées, ovalesallongées, ou très étroites et allongées tangentiellement.

Cette portion constitue parfois, à elle seule, tout le parenchyme. Plus ordinairement, le parenchyme cortical est assez épais et formé de cellules ovalestangentielles , entre lesquelles se voient des méats intercellulaires. Ces cellules ont des parois incolores, peu épaisses, et leur cavité contient une matière rougeâtre. Lorsque le parenchyme cortical est très développé, il renferme quelques laticiféres (fig. 668,' A), parfois à peine plus grands que les cellules voisines, parfois au contraire, beaucoup plus développés et souvent pourvus d'une paroi plus épaisse. Ces laticiléres (fig. 667, b) sont très disséminés, au sein de la portion extérieure du parenchyme ; ceux qui occupent le] voisinage du

Fio. 667. — Section transversale d’une écorce de racine do C. Ledgeriana «

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liber sont disposés en deux zones parallèles, à éléments espacés ou non et ordinairement alternes d’une zone à l’autre.

Le liber (c) est plus ou moins épais, selon que l’écorce a été raclée ou non et selon que le morceau examiné comprend tout ou seulement partie des couches libériennes. Sauf dans les vieilles écorces, qui ont fourni une première récolte, les faisceaux libériens sont appoinlis à leur extrémité et séparés par des rayons médullaires, très évasés au voisinage du parenchyme, mais composés de 2 ou 3 rangées de cellules, dans le reste de leur étendue. Ces cellules sont irrégulièrement

Kio. 6GQ, — c. Ledgeriana (détails).

cubiques ou rectangulaires, à grand axe surtout tangentiel. Le parenchyme des faisceaux (fig. 668, D) est formé de cellules déliées, polygonales. Il est traversé par quelques fibres (B) ordinairement assez petites, tantôt isolées, tantôt rapprochées par 2 ou par 3 et à lumen étroit (a) ou large (b, c).

Dans les écorces en écailles, le liber comprend à peine le 1/6 de l’épaisseur totale ; dans les autres écorces, il est au contraire, beaucoup plus épais, f en général, que les autres parties.

B. — L Ecorce des tiges, se présente en morceaux d’aspect variable. ' Tantôt ces morceaux sont courts, plats, cintrés ou roulés et, soit nus et mondés au couteau, soit pourvus d’un périderme; tantôt ils peuvent i avoir jusqu’à 30 centimètres de longueur; ils sont toujours pourvus i de périderme et roulés sur eux-mêmes. Leur face externe est brune, souvent fissurée en travers, crispée, striée ou plissée en long et nue ou garnie de Lichens, soit crustacés, soit foliacés; ces derniers sont

QUINQUINAS DES INDES

parfois très grands, d'un blanc argenté en dessus, noirs et fuligineux en dessous. Dans les morceaux privés de périderme, la face externe a une teinte brun-cannelle.

L'aspect de la face interne varie selon le mode adopté pour la récolte.

1° Dans les morceaux courts, elle offre d’ordinaire un grand nombre de cassures équidistantes ou non, sinueuses et dentelées-éeailleuses sur le bord libre, qui est formé de fibres rompues : on voit que ces écorces ont été détachées avec un couteau, de la portion libérienne sous-jacente, qu’on a laissée sur l’arbre. Les morceaux de cette catégorie ont une cassure nette, devenant fibreuse au voisinage de la face interne.

2° Dans les morceaux longs, la face interne est fauve rougeâtre ou brun-cannelle et marquée de fines stries fibreuses, disposées en long; cette face est dépourvue des cassures dentelées, constatées dans la première sorte : on reconnaît que ces morceaux ont été détachés d’un coup et qu’ils comprennent toute l’épaisseur des couches corticales. Leur cassure est brune, grenue en dehors, fibreuse en dedans.

Les écorces de tige du G. Ledcjeriana sont presque toujours fort minces : celles qui sont privées de périderme ont à peine 1/2 à 1 millimètre d’épaisseur ; chez celles qui en sont pourvues, l'épaisseur moyenne varie entre 1 et 2 millimètres et peut atteindre exceptionnellement de 3 à 5 millimètres. Ces écorces fournissent jusqu'à 85 grammes d’alcaloïdes, par kilogramme. Leur constitution anatomique ne diffère pas sensiblement de celle du Galisaya d’Amérique :

Sauf dans les jeunes écorces, le suber manque toujours.

Le périderme est parfois très mince; plus souvent, il est formé de plusieurs couches, entre lesquelles s’intercalent des cellules corticales brunes ou d’un jaune rougeâtre. Les couches du périderme sont très brunes en dehors, brun rougeâtre en dedans et formées de cellules quadrilatères-allongées, assez régulièrement disposées en séries radiales et tangenlielles; les parois antéro-postérieures de ces cellules sont épaisses, tandis que leurs parois latérales sont minces.

Le parenchyme sous-jacent est d’épaisseur variable. Les cellules qui le constituent, d’abord assez petites, s’élargissent rapidement. Ces cellules sont ovales et pourvues de parois peu épaisses ; elles sont remplies d’une matière rougeâtre. Le parenchyme cortical renferme quelques très rares laticiféres plus ou moins affaissés et, parfois, une fibre isolée, plus petite que les fibres libériennes.

Le liber est beaucoup plus épais que le parenchyme. 11 est constitué par des faisceaux étroits ou larges, appointis à leurs extrémités, entre lesquelles pénètre le parenchyme cortical. Les rayons médullaires sont formés par des cellules grandes, allongées tangentiellement. Le tissu des faisceaux se compose de cellules irrégulièrement arrondies ou polygonales, plus petites que celles des rayons et pourvues de parois très déliées. Les fibres y sont disposées en séries radiales simples; elles sont de grandeur inégale, ordinairement isolées et plus ou moins distantes, parfois rapprochées en file, au nombre de 2 ou 3 : assez

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rarement, on en trouve 2 juxtaposées tangentiellement. Dans la partie interne du liber, les rayons médullaires se composent de 2 ou 3 séries de cellules, tantôt carrées, tantôt radiales.

Chez quelques écorces, le parenchyme cortical manque presque complètement. On voit alors les rayons médullaires se continuer jusqu'au périderme, au voisinage duquel se montrent quelques fibres, mais toujours rares et isolées. Dans ce cas, le parenchyme ne contient pas de laticifères.

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