‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 181 sur 219 · C. succirubra · texte numérisé non relu

C. succirubra

Les écorces de cette espèce proviennent, soit de la racine, soit du tronc et des branches. Elles sont beaucoup moins colorées et plus minces, que les écorces du C. succirubra d’Amérique. Toutes sont caractérisées par leur face interne brun pâle, ainsi que par leur section grisâtre et compacte.

A. — Les Écorces de racines se trouvent en morceaux irréguliers, plats, cintrés ou roulés et diversement tordus, épais de 2 à 4 millimètres, ordinairement assez petits, mais pouvant être longs de 10 à 15 centimètres et larges de 5 centimètres. Leur face externe, brun-fauve clair, est garnie de verrues de grandeur variable, d’ailleurs peu développées et disposées en séries longitudinales. Le périderme est adhérent, mais peut se détacher par plaques, eu mettant à un tissu fauve rougeâtre. Leur face interne est lisse et de couleur cannelle clair. Coupées en travers, elles se montrent composées d’un périderme fauve, d'un parenchyme cortical compact, corné, brun foncé et d’un liber à faisceaux minces, bruns, séparés par un tissu blanchâtre. Ces faisceaux atteignent souvent le périderme.

B. — Les Écorces de tiges se présentent sous trois états : Mossed , Unmossed et Renevoed.

Mossed Bark. — Les écorces moussées se présentent en tubes de couleur brun-rougeâtre très foncé en dehors et de grosseurs diverses.

Les plus petites offrent des stries déliées, coupées de quelques fissures transversales, à peineapparenies et ne peuvent être distinguées des fins Loxas. Les autres sont plus ou moins ridées en long et pourvues de crêtes peu saillantes ou de taches fauves, soit arroudies, soit elliptiques. Presque toutes portent des fissures transversales, longues ou courtes, et espacées ou rapprochées. Leur cassure est nette en dehors, ; fibreuse, mais courte en dedans.

La section, aplanie au couteau, la montre composée des parties sui-B vantes (fig. 669) : lo un périderme brun fauve (a et fig. 670, e) très mince; 2° un parenchyme (?) compact, semblant peu distinct du liber et de couleur fauve très pâle; 3° un liber formé de faisceaux déliés, brun rougeâtre et dont la portion moyenne, plus sombre, est chargée de matière colorante. Ces faisceaux atteignent souvent le périderme; leurs extrémités, alors très, effilées, sont séparées par l'interposition du

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parenchyme cortical, qui donne à cette partie sa coloration plus claire, a portion interne du liber est d’un rose pâle et à peu près dépourvue

de matière colorante. Les fibres libériennes (fig. 670) gont irrégulièrement appointes (a) et pourvues d’un lumen étroit (d), mais parfois plus Cauvet, Mat. méd.: t. II. -q

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ou moins large (b, c); quelques-unes se voient au sein du parenchyme cortical. Celles qui occupent le liber (f) sont disposées eu séries simples, souvent interrompues.

Unmossed Bark. — Les écorces non soumises au moussage différent des autres, par la présence de Lichens, soit crustacés, soit et très rarement foliacés, qui leur donnent une teinte grise ou brun cendré. Parfois plisséesou ridées, elles sont le plus souvent coupées de fissures déliées, longitudinales et surtout transversales, qui divisent leur surface eu carrés irréguliers, ordinairement très petits. Leur périderme semble plus épais et leur liber plus pâle que dans les écorces moussées.

Fio. 670. — C. succirubra (détails).

Reneioed Bark. — Les écorces de ce genre se présentent, tantôt en fragments assez courts, plats et dont l’épaisseur varie de 2 à 4 millimètres, tantôt en écailles très minces, diversement contournées, ayantà peine 1 millimètre d’épaisseur, tantôt, enfin, en tuyaux de 15 millimètres de diamètre et épais de 2 millimètres.

Celles de la première et de la troisième sortes sont de couleur brun rougeâtre en dehors, et garnies de crêtes ou de verrues irrégulières, ovales-allongées, amincies à leurs extrémités : ces crêtes sont tout à fait analogues à celles que nous avons signalées à la surface des écorces du C. officinalis renouvelées. Leur face interne est finement striée et plus pâle que la face externe. La cassure est courte, assez nette en dehors, brièvement esquilleuse en dedans : la section transversale offre un périderme à peine apparent, brun fauve ; un parenchyme cortical très compact, corné, blanc grisâtre; un liber fauve clair, souvent séparé du parenchyme par une mince zone rousse.

Les écorces en forme d’écailles sont parfois garnies d’un périderme

FAUX QUINQUINAS - CUPREA

extrêmement mince, exfoliable, gris, strié ou fendillé ; plus souvent, elles sont nues, de couleur fauve rougeâtre, finement striées ou marquées de très faibles sillons digitaux; rarement elles sont fissurées. La face interne, plus claire, offre, en général, les fines cassures écailleuses, signalées dans l’écorce de racine de C. Ledgeriana.

L'échantillon que nous venons de décrire vient de Java; il contient 9,8 0/0 d’alcaloïdes, dont 1,5 de quinine.

Faux Quinquinas

On comprend généralement, sous ce nom, des écorces astringentes et toniques, fournies par des végétaux du groupe des Cinchonées vraies, mais n’appartenant pas au genre Cinchona. Presque toutes ces écorces sont dépourvues d’alcaloïdes et leurs propriétés fébrifuges sont milles ou douteuses. Une seule fait exception à cette règle : c’est celle que Flückiger a appelée Quinquina cuprea. L’importance commerciale de cette écorce, en raison de sa teneur en alcaloïdes, nous fait un devoir de la décrire avec soin. Nous mentionnerons seulement les autres faux Quinquinas.

Quinquina cuprea. — Cette écorce semble avoir été entrevue par Howard, dès 1857. Hesse, le premier, montra qu’elle renferme plusieurs des alcaloïdes spéciaux aux vrais Quinquinas, dont elle se distingue par son aspect, sa coloration, sa texture, sa densité, etc. En 1871, Flückiger fit connaître sa composition anatomique et, se basant sur la teinte de cuivre terni qu'elle possède, il lui imposa le nom de Quinquina cuprea.

D’abord rare et, sans doute, confondu ou mélangé avec des écorces de qualité inférieure, le Quinquina cuprea s'affirma comme sorte, lorsqu’il fut avéré que sa teneur en alcaloïdes était supérieure à celles de beaucoup de Quinquinas vrais

Une maison allemande de Buccaramanga (Etat de Sanlander) en garda longtemps le monopole. Mais l'origine de cette écorce ne tarda pas à être dévoilée, dès que sa richesse en alcaloïdes eut été reconnue. L’on sut alors que l’arbre à Cuprea croît sur les montagnes de la Paz, chaînon du rameau oriental des Cordillères, situé sur la rive droite de la Magdalena, qu’il sépare de son affluent, le Suarez. Selon Flückiger. l’altitude à laquelle vit cet arbre y varie entre 1600 et 4200 pieds; la meilleure écorce proviendrait des stations comprises entre 2200 et 3200 pieds. Comme les arbres à Cuprea de cette région menaçaient d’être rapidement détruits, on les rechercha en d’autres points des Cordillères, et l'on finit par les retrouver sur le versant Est du rameau oriental de ces montagnes, dans les vallées des cours d’eau tributaires, de l’Orénoque. Dans cette dernière région, l’arbre à Cuprea est surtout

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abondant sur les bords du Meta et du Guaviare, rivières qui bornent, la première au Nord, la deuxième au Sud, les vastes plaines, appelées Llanos, comprises entre les Cordillères et l'Orénoque. Cet arbre vit, dans cette contrée, aune altitude qui varie entre 200 et 1000 mètres.

Les Cuprea furent, dès lors expédiés de deux régions subandines distinctes :

1° Celle du Nord ou de Buccuramanga, située dans la partie inférieure du bassin de la Magdalena et occupant l’un des rameaux du versant occidental des Cordillères orientales;

2° Celle du Sud ou des Llanos , comprenant les vallées et les plaines comprises entre l’Orénoque d’une part et, d’autre part, les rivières Meta et Guaviare, qui descendent du versant Est des Cordillères orientales.

Arnaud, qui a étudié soigneusement les caractères et la constitution des écorces de ces deux provenances, a fait voir qu elles sont identiques et qu’elles se distinguent aisément des vrais Quinquinas, par leur compacité et leur densité plus grandes, ainsi que par leur composition chimique. Il a montré que, sous ce dernier point de vue, elles diffèrent des Quinquinas de la Colombie : 1° parla forte proportion de quinidine qu’elles renferment, tandis que cette base existe à peine ou n’existe pas du tout, dans les vrais Quinquinas; 2° par l'absence de la cinchonidine, qui existe, au contraire, dans les Quinquinas de la Colombie.

Tandis qu’il poursuivait ses recherches sur les Cuprea de Buccaramanga, Arnaud trouva, dans un lot d'écorces de cette provenance, des écorces offrant une densité supérieui’e à celle des autres. Ces dernières, examinées au point de vue de leur composition, se montrèrent dépourvues de Quinine, mais l’analyse y fit découvrir une base nouvelle, qu’Arnaud appela Cinchonamine.

Les Cuprea furent rapportés, par Triana, à deux espèces du genre Remijia : le B. pedunculata , Triana, et le R. Purdieana, Wedd. Triana paraissait attribuer à l’habitat et à l’altitude les différences observées dans la compacité et la composition chimiques des deux sortes d’écorces. Il établit, en effet, que les deux espèces de Remijia, bien que vivant l’une et l’autre dans le bassin de la Magdalena, ne croissent pas ensemble et offrent des stations distinctes : le R. pedunculata habitant les montagnes situées sur la rive droite de la Magdalena, tandis que le R. Purdieana se trouve seulement sur la rive gauche de ce lleuve, dans la région voisine d Antioquia.

Toutefois, G. Planchon montra, par l’élude comparée de rameaux de ces deux espèces et de l’écorce des deux sortes de Cuprea, que le Cuprea à quinidine provient du R. pedunculata, tandis que le Cuprea à Cinchonamine est fourni par le R. Purdieana.

Les Cuprea du commerce se rapportent donc à deux catégories :

1° Les Faux Cuprea ou Cuprea à Cinchonamine , qui viennent des environs d’Antioquia et sont produits par le R. Purdieana;

2° Les Vrais Cuprea ou Cuprea à Quinine et à Quinidine , fournis par le R. pedunculata, et qui sont originaires de trois régions distinctes, d’ou leur subdivision en trois groupes : 1° les Cuprea de Buccara-

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manga , 2° les Cuprea des L'anos du nord , 3° les Cuprea des Llanos du sud.

Bien qu’ayant la même composition chimique, ces trois sortes diffèrent sensiblement, au point de vue de leur teneur en alcaloïdes. Le tableau ci-dessous, qui comprend la moyenne des nombreuses analyses faites par Arnaud, montre que les meilleures écorces viennent de Buccaratnanga et les moins bonnes des Llanos du Nord. Néanmoins, Arnaud a trouvé que certains lots de Cuprea des Llanos du Sud sont presque aussi riches que les écorces de Bucearamanga.

La quantité analysée est de 100 grammes.

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