FAUX QUINQUINAS ANCIENS
de cellules pierreuses tangentielles, très longues, à paroi peu épaisse et à cavité remplie de matière rougeâtre. Il contient un très petit nombre de sclérules analogues à celles des vrais Cuprea.
Le liber se compose aussi de deux parties, mais très inégales et dont l’interne, très mince, est constituée par un tissu cellulaire rougeâtre, absolument privé de fibres. La portion externe est essentiellement constituée par des faisceaux, que séparent d’étroits rayons médullaires et qui abondent en fibres très rapprochées, mais distinctes, non disposées en files, ni en réseaux, et séparées par les cellules du parenchyme libérien. L'abondance des fibres, au sein du parenchyme, fait que celui-ci semble très rare.
N. B. — Toutes les écorces, dont nous avons décrit les caractères extérieurs et la structure, n'ont été étudiées qu’après nous être assuré, en les plongeant dans l'eau, qu’elles gagnent immédiatement le fond de ce liquide. Cet essai préalable nous a permis de séparer, des divers lots examinés, un certain nombre d’écorces, dont l’aspect différait, d’ailleurs, sensiblement de celui des Cuprea vrais. Il ne nous semble pas nécessaire d’en parler.
Faux Quinquinas anciens. — Les faux Quinquinas proprement dits sont, comme on l’a vu, remarquables par le fait qu’ils ne contiennent pas d’alcaloïdes. Les mieux connus sont les suivants :
1° Le Quinquina nova ou Quinquina rouge de Mutis, produit par le Cascarilla magnifolia, Wedd. (Cinch. magnifolia , Ruiz et Pav. ; Cinch. ohlongifolia , Mutis; Cinch. heterocarpa, Karst. ; Lcidenbergia heterocarpa , Klotzsch), de la Nouvelle-Grenade. Cette écorce, longtemps regardée comme écorce de Quinquina rouge, ne contient pas d’alcaloïdes et renferme de Y acide Kinovique.
2° Le Quinquina blanc de Mutis, fourni par le Cascarilla macrocarpa, Wedd. (Cinch. macrococarpa , Valil ; Cinch. ovali folia, Mutis; Ladenbergia macrocarpa , Klotzsch).
3° Le Quinquina de Paraguatan, qui provient du Condaminea linctoria, DC. (Macrocnemum tinctoriam, H. et B.). Cette écorce est nommée Socchi, au Pérou; selon Guibourt, elle se trouve au Musée britannique, sous le nom de Cinchona laccifcra. Holmes ne mentionne pas cette appellation.
4° Le Quinquina Piton ou de Sainte-Lucie, retiré de
RUBIACEES
P Exostemma floribundum, Ræm. et Schult. (Cinch. fio ribunda, Swartz), qui croit aux Antilles.
5° Le Quinquina Caraïbe ou des Antilles, fourni par P Exostemma Caribæum , Ræm. et Schult., des Antilles.
6° Le Quinquina bicolore (Pitoya Bark, des Anglais), que L’Herminier rapportait au Melanea racemosa, et qui paraît être produit par le Stenostomum acutatum, DC.
La substitution de ces diverses écorces à celles des vrais Quinquinas est fort rare. Beaueoup plus souvent, on délivre de mauvaises sortes ou des écorces épuisées, en place de Quinquinas de bon aloi. Dans ces deux cas, la notion de structure ne donne aucun renseignement utile. Comme la valeur des Quinquinas réside exclusivement dans leur teneur en alcaloïdes, le seul moyen pratique à employer est d’en faire le dosage. Grahe, de Ivasan, a indiqué un moyen simple et rapide de s’assurer que les Quinquinas à examiner contiennent des alcaloïdes. Il suffit de placer le Quinquina dans un tube à essai, que l’on soumet ensuite à la flamme d’une lampe à alcool. Il se produit alors des vapeurs rouges, qui se condensent, au sommet du tube, en un liquide rouge carmin ou violacé. Les Quinquinas épuisés et les faux Quinquinas ne donnent pas cette réaction, qui ne peut, d’ailleurs, donner que des renseignements approximatifs.
Parmi les procédés très nombreux, conseillés pour le dosage des alcaloïdes, trois sont surtout recommandables : 1° celui de Glénard et Guillermond; 2° celui de de Vrij ; 3° celui de Baudrimont. Voici le procédé de de Vrij :
A 20 grammes de poudre desséchée à 100°, ajoutez un lait de chaux fait avec chaux éteinte 5 grammes, eau 50 grammes ; desséchez légèrement le mélange et traitez-le par 200 centimètres cubes d’alcool concentré bouillant ; filtrez ; lavez par deux fois le résidu, avec 100 centimètres cubes d’alcool, mélangez les liquides alcooliques et précipitezen le sulfate de chaux, par addition de quelques gouttes d'acide sulfurique dilué. Filtrez, distillez et mêlez, dans une capsule, le résidu de la distillation, l’alcool distillé (?)et l’eau de lavage de l’appareil. Chauffez ce mélangea l’étuve, jusqu’à disparition de l'alcool et filtrez. Les matières grasses et