TOTAL
De Bucearamanga
Des Llanos du Nord. .
Des Llanos du Sud
Comme nous l'avons dit, plus haut, Triana rapporte les différences observées, dans la teneur en alcaloïdes, à la diversité des conditions de végétation. Il pense que les Remijia se trouvent, sous ce rapport, dans le même cas que les Cinchona officinaux : pour les uns, comme pour les autres, dit-il, la proportion des alcaloïdes augmente à mesure que les arbres approchent de la limite supérieure de végétation et qu’ils sont mieux protégés par la grande forêt. Selon cet auteur, c'est à la coexistence, dans les Cuprea, d’une proportion souvent presque égale de quinine et de quinidine, qu’est due l'obtention du prétendu alcaloïde découvert, par Whiffen, alcaloïde appelé Homoquinine , par Howard et Hodgkin et Ultraquinine, par Whiffen, Paul etCownley. Barret et Wood ont montré que ce principe est une combinaison de quinine et de quinidine.
Outre leur couleur spéciale, les Cuprea se distinguent par les caractères suivants : 1° leur compacité, qui est très grande; 2° Yapparence cornée de leur cassure transversale, surtout quand la section a été régularisée avec le coût au: Arnaud dit que toutes les cellules sont gorgées d’une matière gommo-résineuse, qui fait défaut (?) dans les Quinquinas ordinaires; 3° leur densité, qui est supérieure à celle de tous les vrais Quinquinas, dont la plupart flottent sur l'eau, tandisque les Cuprea s’y enfoncent. Les Quinquinas Calisaya et Pitayo font seuls exception à cette régie et ne flottent pas.
En prenant l'eau pour unité, et commençant par le plus dense des Quinquinas qui flottent, Arnaud a reconnu que les écorces ci-après ont la densité suivante :
Q. succirubra : 0,915; Calisaya : 1,021 à 1,064; Pitayo : 1,077; Cuprea de Bucearamanga : 1,128; Cuprea des Llanos du Sud :
894 RURIACÈES
1,160; Cupreades Llanosdu Nord : 1,179; Quina à Cinchonamine : 1,320.
La densité plus grande des Cuprea, surtout du Cuprea à Cinchonamine, doit être attribuée à la compacité, que leur donne la matière gommo -résineuse, dont ces écorces sont gorgées.
La structure des deux sortes de Cuprea (à Quinidine , à Cinchonamine) a été surtout étudiée par G. Planchon, qui examina comparativement, comme nous l'avons dit, les deux Cuprea et des écorces de rameaux d’origine authentique, provenant, les unes du R. pedunculata, les autres du R. Purdieanu.
Dans les diverses publications, où il a traité des écorces de Cuprea, notamment dans son mémoire Die Chinarinden (1883) et dans sa Pharmacognosie des Pflamenreiclies , Flückiger ne s'est guère occupé que du Cuprea à Quinidine. Il en a fait connaître la constitution et a donné une figure fort intéressante de la section transversale de cette écorce. Quant au Cuprea à Cinclionanime, il dit n’avoir pu s’en procurer, et il le décrit d'après G. Planchon.
Voici un résumé de la description que G. Planchon fait des deux sortes de Cuprea :
La face externe du Cuprea vrai est le plus souvent privée de suber : quand il existe, ce suber est grisâtre; quand le suber manque, cette face offre une coloration générale rougeâtre. La face interne est un peu plus brune. La cassure est grenue, ni fibreuse, ni feuilletée; les fibres qu’on y voit sont d’un jaune brillant, qui tranche sur le fond rougeâtre du tissu. La saveur se développe peu à peu et devient franchement amère.
La section tran versai e offre les caractères ci-après :
1° Suber formé de cellules tubulaires très épaisses, à cavité centrale très petite, remplie d’une matière rougeâtre ;
2° Parenchyme cortical contenant de nombreuses cellules pierreuses, à grand diamètre tangentiel, soit isolées, soit réunies par petits groupes.
3° Couche libérienne composée de deux zones nettement définies : a) une externe , essentiellement constituée par des fibres courtes, à parois épaisses et à cavité contenant une matière rougeâtre: cesfibres sont serrées les unes contre les autres et disposées en séries radiales sinueuses, ordinairement simples, que séparent des rayons médullaires à cellules tangentielles ; (3) une interne , presque exclusivement formée d’un parenchyme à cellules radiales, dont quelques-unes contiennent des cristaux ; ce parenchyme est traversé par quelques fibres, d’ailleurs rares, parfois même nulles.
La face externe du Cuprea a Cinchonamine a une couleur générale brun-cannelle. Parfois munie d’un suber crevassé, gris, avec quelques fissures transversales irrégulières, elle en est plus souvent dépourvue; elle est alors brun rougeâtre, presque lisse, avec quelques fines rides et quelques élevures peu saillantes. La face interne est plus pâle et légèrement striée en long. La cassure, nette dans la moitié extérieure, paraît finement et courtement fibreuse dans l’autre moitié, qui est mar-
FAUX QUINQUINAS — CUPREA
quée de stries perpendiculaires aux faces. Examinées à la loupe, ces deux portions semblent être à peu près égales : l’externe se montre composée de zones concentriques; l’interne est sillonnée de lignes sinueuses, radiales.
Sur une section transversale, le faux Guprea offre la structure suivante, d'après Planchou :
1° Là où manque le suber, se voit un tissu formé de 10 à 12 séries de cellules minces, polygonales, contenanant de fins granules d’amidon.
2° Le parenchyme sous-jacent se compose de cellules plus grandes et à grand axe tangentiel, surtout manifeste dans certaines cellules à contenu jaunâtre et disposées en zones concentriques, dont la coloration tranche nettement sur les cellules voisines et explique la disposition zonaire de cet e partie de l’écorce. Ce parenchyme contient de très rares cellules pierreuses.
3° La portion interne ou libérienne est tout entière occupée par des fibres assez régulièrement disposées en files sinueuses, que séparent des rayons médullaires formés de 4 à 5 rangées de cellules : ces rayons s'élargissent, en se rapprochant du parenchyme extérieur. Les fibres sont peu allongées, le plus souvent obtuses, parfois courtes comme des cellules pierreuses et pourvues d’une paroi épaisse, avec un lumen sensible.
Les Cuprea différent des Quinquinas, par leurs fibres pourvues d'une cavité très manifeste et disposées en séries radicales ininterrompues. Dans les Quinquinas, les fibres sont pleines ou possèdent un lumen à peine sensible; elles sont tantôt isolées, tantôt réparties en petits groupes, au milieu du parenchyme des faisceaux.
Le Cuprea vrai se distingue du Cuprea faux : 1° per son parenchyme cortical, offrant des cellules pierreuses; 2° par son liber formé de deux zones dissemblables : l 'externe essentiellement composée de fibres et parfois aussi contenant des cellules pierreuses; l’interne presque uniquement cellulaire, toujours privée de cellules pierreuses et ne renfermant pas de fibres ou n'en renfermant qu'un nombre restreint.
Dans le Cuprea faux, la totalité du liber est occupée par des fibres.
11 existe, dans le droguier de la Faculté de Lyon, trois échantillons de Cuprea, provenant de la collection Chantre :
1° Le premier est étiqueté : Quinquina Cuprea. Il se compose de trois écorces longues de 12, 18 et 20 centimètres, larges de 2,5 à 3 et 5 centimètres, épaisses de 2 à 3 millimètres. Ces écorces sont cintrées, de couleur brun rougeâtre ou rouge cuivreux sur leur face externe, qui est mondée au couteau, ou garnie d’un périderme brun-rouge clair, enlevé par places et marqué, en d'autres, de coupures transversales, faites avec un instrument tranchant. Leur face interne, de couleur bruncannelle clair, est finement striée en long ou munie de côtes aiguës plus ou moins saillantes. La cassure est courte et brièvement fibreuse en dedans, grenue en dehors. Sur une section transversale, aplanie au couteau, elles offrent une structure compacte, luisante, brun-rouge foncé, que la loupe montre composée de 2 ou 3 zones (parallèles aux
RUBIA.CÉES
faces, etde nombreuses lignes radiales, jaunes, sinueuses, très étroites, mais s’élargissant au voisinage de la face externe.
Cet échantillon renfermait une écorce de couleur rouge cuivreux, marquée de sillons longitudinaux et de fentes transversales. L’examen microscopique de cette écorce a montré qu’elle provient d’un Cinchona; la grandeur et la rareté de ses fibres nous portent à la rapprocher des Huamalies ;
2° Le deuxième lot est étiqueté: Cuprea du
Pérou. Il se compose de morceaux d’écorces
longs de 3 à 10 centi
mètres, de largeur très variable, irréguliers, presque tous cintrés, de couleur brun-cannelle, les uns très minces, les autres d’une épaisseur variant de 2 à 5 millimétrés. La plupart de ces écorces sont couvertes en tout ou partie d’un épiderme gris brun, d'aspect variable, tantôt fendille en long et en travers et découpé en très petits carrés irré guliers, tantôt crible de verrucosités à peine saillantes. Les écorces minces sont nues ou munies d'un épiderme grisâtre, ponctué ou i on et finement striées en long ou en travers.
Lu structure anatomi que de ces écorces est identique à celle des précédentes;
3° Le troisième lot est étiqueté : Cuprea Bark ; Remijia Pur dieana , arrivé à Londres en décembre 1881 Il se compose de débris très irréguliers, dont le plus^grand n’a
guère qu’une longeur de 5 centimètres ; leur épaisseur varie de 1 à 4 mil
Fio. 071. -
Section transversale du Quinquina Cuprea.
FAUX QUINQUINAS — CUPREA
limètres. Ces écorces ont une coloration brun rougeâtre, peu ou point cuivreuse. Leur périderme, en général finement strié, est parfois muni de verrucosités plus grandes que celles des écorces du deuxième lot.
Bien que rapportées au R. Purdieana , ces écorces ne nous ont offert qu’un seul spécimen possédant les caractères que G. Planchon attribue au Cuprea à Cinchonamine.
Cuprea vrai. — L’étude que nous avons faite des Cuprea vrais cidessus ne nous a pas permis d’y trouver tous les caractères de structure, que G. Plan— chon et Flückiger y ont signalés. Voici ce que nous avons vu (fig. 671) :
Le suber manque toujours.
Le périderme (a).
lorsqu’il existe, est, en général, constitué par des cellules plus ou moins affaissées, déformées et brunies. Flückiger et G. Planchon ont signalé, dans le suber, l’existence de cellules de deux sortes : les unes (altérer Kork , de Flückiger) situées tout à fait à l'extérieur, de forme discoïdale et empilées comme des pièces de monnaies; les autres (jüngerer Kork , de Flückiger) quadrilatères, déprimées, un peutangentielles, très épaisses, formant une zone continue, composée de 3 à 4 séries d’éléments superposés radialement. Dans toutes nos observations, sauf une ou deux fois (?), il nous a été impossible de voir ces cellules spéciales. Tout porte à croire que les Cuprea en sont rarement pourvus et que leur présence ou leur absence ne constituent pas uu caractère absolu d’identité spécifique.
Le parenchyme cortical (b) est peu épais; il secompose decellules assez irrégulières, quadrilatères, souvent langentielles, pourvues de parois minces et à contour plus ou moins coloré. Il contient toujours un certain nombre de cellules pierreuses, ordinairement tangentielles
RUBIABEES
et beaucoup plus grandes que les cellules ambiantes. Le parenchyme corlical est parfois tellement réduit, que l’écorce est presque constituée par le liber seul.
Le liber est formé de deux parties distinctes, mais inégales :
1° Une zone extérieure (c, et fig. 672, C) essentiellement composée de libres disposées en files très rapprochées, simples, rarement doubles, ondulées, souvent comme anastomosées et dont l'ensemble forme une soi te de lacis dense. L’intervalle de ces files est garni de cellules polygonales, irrégulières, un peu plus petites et à minces parois. Les faisceaux sont séparés par des rayons médullaires formés de 2 ou 3 langées de cellules radiales. Au milieu du parenchyme libérien, mais surtout vers sa portion externe, se voient un certain nombre de cellules pierrreuses, ordinairement plus petites que celles du parenchyme cortical. Les fibres du liber (fig. 672, A, B), sont courtes, obtuses et pourvues d’une cavité relativement grande, remplie d’une matière rougeâtre .
2° Une zone interne ( d , et fig. 672 D), d'épaisseur variable, mais toujours plus mince que la zone extérieure. Cette partie du liber est caractérisée par l’absence presque complète de fibres; lorsqu’elles exis tent, celles-ci sont disposées en files simples, espacées et bien distinctes. La zone interne se compose presque exclusivement d’un parenchyme à cellules minces, polygonales, beaucoup plus petites que celles de la zone externe fibreuse et paraissant être de nature cribreuse. Au milieu de ce tissu, se voient quelques cellules à cristaux; selon Flückiger, on en trouve aussi dans la zone extérieure. Ce parenchyme est traversé par des rayons médullaires, à cellules radiales disposées sur deux rangées.
Flückiger rapproche la structure des Cuprea vrais de celle de l’écorce du Cascarilla magnifolia , Wedd. Ces deux sortes d’écorces se rapprochent assez, en effet, par la constitution anatomique. Elle diffèrent cependant, en ce que, dans le Cascarilla : 1° les séries de fibres libériennes sont moins denses et en files moins bien définies; 2° la portion interne du liber, qui en est à peu près dépourvue, est beaucoup plus développée et a une épaisseur presque aussi grande que la portion externe; 3» les cellules pierreuses ont des parois minces. A ces carac- ' tères différentiels, le savant professeur de Strasbourg ajoute la forme des cellules du suber, qui sont minces, dans le Cascarilla et très épaisses, dans les Cuprea. 4o Enfin, en examinant la figure du Ladenberqia magnifoha, de O. Berg (Case, magnifolia, Wedd.), nous n’y voyons pas indiquée la présence des cellules à cristaux, qui existent‘dans la portion interne du liber du Cuprea vrai.
Cuphea A Cinchonamine. — Le seul spécimen, que l’étude microscopique des divers Cuprea nous ait permis de rapporter à ce type est
une ecorce dépourvue de suber. 1
Le parenchyme cortical est formé de deux sortes de cellules • les unes polygonales et à minces parois; les autres très allongées tangentiellement et remplies d une matière brun rougeâtre. Ce tissu est semé