ABSINTHES
propriétés fébrifuges de la plante. L’Absinthine pure ne semble pas avoir été étudiée à ce double point de vue. Duquesnel dit qu’associée au fer (protochlorure), elle en facilite l’assimilation.
L’Essence d’Absinthe (G10 H16 O) est un liquide vert, d’odeur pénétrante et de saveur brûlante.
Elle a une densité de 0,973 à -h 24°, bout à 205° et dévie à droite la lumière polarisée. Selon Gladstone, elle est composée de 3 principes : i° un hydrocarbure (Tèrèbène : Ci0H16), bouillant à 160°; 2° une matière oxygénée (Absintliol : G10 H1G O), bouillant à 195°; 3° une huile bleue (Azulène, de Piesse), qui bout entre 270° et 300°
L’Absinthol estisomérique avec le Camphre, mais ne donne pas d’acide camphorique, par l’action de l’acide nitrique.
L’Essence cL’Absinthe est clouée d'une redoutable activité. A la dose de 3 grammes, elle provoque des accès épileptiques, chez les Chiens et détermine la mort. Elle paraît agir à la fois, sur la moelle épininière, sur la moelle allongée, et peut-être sur les lobes optiques. Si on l’injecte dans une veine, après avoir sectionné la moelle épinière, immédiatement au-dessous de la moelle allongée, celle-ci est excitée la première et il se produit des spasmes des muscles de la face, en même temps que la bouche écume. Plus tard, apparaissent des spasmes toniques et cloniques du tronc, avec expulsion d’urines et de matières fécales. On dit que, pendant ces accès, le fond de l’œil, le cerveau et la moelle épinière sont fortement hyperhémiés, en même temps que les papilles seraient dilatées. Des phénomènes de même ordre se manifestent chez les hommes qui font abus delà liqueur d' Absinthe et qui sont sujets à des crises convulsives, analogues à celles de l’épdepsie. Avant la production de cet état, que l'on appelle Absinthisme, l’abus de l’Absinthe détermine des nausées et des vomissements, de la céphalalgie, des vertiges, des phénomènes d’ivresse, de la confusion des idées et du narcotisme.
La Liqueur d’Absinthe est préparée de diverses manières. On en connaît plusieurs sortes : U Absinthe fine, préparée avec les Génipis ; Y Absinthe ordinaire , préparée avec la Grande Absinthe, les diverses Aurones, les Absinthes maritime et politique ; Y Absinthe commune , qui est faite avec de l’essence d’Anis et de l’alcool de qualité inférieure, que l’on colore avec le suc d’herbes quelconques (Orties,
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Epinards, etc.). Cette Absinthe artificielle est assez facile à reconnaître et, quoi qu’en dise E. Baudrimont, plus com raune qu’on ne le pense, chez les débitants.
Si l’on distille cette liqueur, avec précaution, l’odeur du produit permet de reconnaître la nature de l’essence, quand on est familier avec ces déterminations; d’autre part, le produit étant additionné de potasse, puis réduit au 8e, par évaporation et enfin traité par l’acide sulfurique affaibli, il s’en dégage une odeur en rapport avec la nature de l’alcool employé. Un traitement par l’éther, soit direct, soit sur le liquide distillé, fournit un moyen de détermination plus facile de l’huile essentielle. Enfin, l’odeur et la saveur du résidu de la distillation donnent des notions sur la substance, qui a servi pour colorer la liqueur.
L’usage prolongé de la liqueur d'Absintke amène des désordres très graves et diversement appréciés, dont nous avons parlé, sous le nom d 'Absinthisme. Si l’on x'éfléchit à la composition difféi-ente des liqueurs d’Absinthe, on comprendra que les Absinthes vraies déterminent des symptômes d’absinthisme et d’alcoolisme à la fois, tandis que les Absinthes communes pi'oduisent surtout des phénomènes d’alcoolisme, d'autant plus redoutables, que l'alcool employé est plus impur, ou de qualité plus inférieure.
Jadis on incinérait l’Absinthe, pour en obtenir ce que l’on appelait le sel d' Absinthe , sel que l’on croyait fébrifuge et qui n’était que du carbonate de potasse.
La Grande Absinthe est un tonique et un stimulant énergique; on l’emploie dans la dyspepsie et contre l’aménorrhée ou la leucorrhée dépendant de causes débilitantes. Elle est estimée également comme fébrifuge, anthelminthique et emménagogue. On la prescrit sous forme d e poudre, d 'infuse, A extrait, d 'hydrolat, de vin, de teinture et de sirop,
Son huile essentielle l’est parfois aussi, à la dose de quelques gouttes.
Le Génipi vrai (Art. glacialis, L.; fig. 690), le Gén. blanc (Art. mutellina, Willd.)et le Gén. noir (Art. spicata, Jacq.; fig. 691), pourraient être substitués à l’Absinthe; ils paraissent lui être supérieurs en activité.
L’Absinthe maritime (Art. maritima, L.), plante des plages