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ABSINTHES

maritimes de la France, de l'Angleterre, de la Suède et du Danemark, diffère de la Grande Absinthe, par ses feuilles à segments beaucoup plus étroits, son odeur plus agréable et sa

Fia. G90. — Génipi vrai.

Fia. 691. — Génipi noir.

saveur moins amère. Ses feuilles sont entièrement cotonneuses.

Cette plante croit abondamment dans les marais de la Saintonge, d’où son nom ancien de Santonicum. C’est le vermifuge par excellence de nos départements de l’Ouest. On pourrait, sans inconvénient, en substituer les capitules à ceux du Semen Contra.

La Petite Absinthe ou Absinthe pontiqu %(Art.pontica, L.; üg. 692) a des feuilles cotonneuses seulement en dessous

SYNANTHÉRÉES

et se distingue ainsi facilement de la précédente. Elle a une odeur forte, moins agréable que celle de l’Absinthe maritime et une saveur moins amère que celle de la Grande Absinthe.

On l’emploie aux mêmes usages, mais elle est moins estimée.

Aurone mâle ou Citronnelle (Art.

Abrotanum, L.) — Sous-arbrisseau du midi de l’Europe, à tiges rameuses, et à feuilles 2-3-pinnées, dont les segments sont laciniés, linéaires, ponctués et grisâtres sur les deux faces; capitules subsessiles, solitaires à l’aisselle des feuilles, penchés, globuleux, simulant une sorte d’épi, le long des rameaux supérieurs; fleurs nues et jaunâtres.

L’ Aurone mâle a une odeur citronnée et camphrée, forte. On confond parfois avec elle, sous le même nom, deux plantes très analogues, par leur forme et leurs propriétés, Y Art. procera. Willd.

et Y Art* paniculata, Lamk.

On apppelle Aurone femelle ou Santoline ( Santolina Chamæcy parissus , L.) une plante du midi de la France, dont l’odeur est très pénétrante et la saveur amère, très aromatique. La Santoline jouit des mêmes propriétés que les Absinthes et que la Tanaisie. On l’emploie parfois, pour préserver les étoffes de l'attaque des Insectes, d’où son nom vulgaire de Garde-Robe.

Semen-contr a

Le Semen-contra ( Semencine , Barbotine ; Worniseed , des Anglais) est une substance vermifuge* constituée par les capitules deplusieurs espèces du genre A rtemisia, mais fournie

Fig. G9Ï. — Sommité de petite Absinthe.

SEMEN-CONTRA

surtout par Y Art. maritima, var. Stechmannicina, Besser (A. maritima, var. pauciflora, Ledeb. ; A. Lercheana , Ivar. et Kir.; d. pauciflora , Weber). Il est probable que d autres Artemisia en produisent également, et il parait certain que l’^4. Cina, de Berg, est l’une des sources du Semen-contra. En effet, cette espèce qui avait été créée, par Bore, sur l'examen de la substance ofdcinale, fut trouvée par Petzhold, entre la mer d’Aral (t le lac Balkasch ; elle a été décrite soigneusement par Wilkomm.

On sait également que le Semen-contra de Barbarie est rapporté, par Batka, à Y A. Sicberi, Besser (A . glomcrata , Sieber; A. contra, L.?), et, par Berg, à VA. ramosa, Smith.

Lkl . pauciflora ,

Weber (fïg. 693), est une plante vivace, haute de 20 à 30 centimètres, frutescente à la base, d’où naissent des branche dressées, d’abord feuilles inférieures sont

1 lu. G93. — Artemisia pauciflora.

dabres :

laineuses, puis giaDres ; ses . assez longuement pétiolées et

profondément divisées en segments linéaires; les supéleures sont très réduites, sessiles et à 3 ou 5 divisions linéai-

stinirSeS+CaP U CS S°nt axillaires’ sessiles ou brièvement stipites, très petits, avec 2 à 5 fleurs et répartis sur les

Gau vet, Mat. mèd„ t. II

SYNANTHÊREES

rameaux, en groupes spiciformes, courts. Le Semen contia est constitué par ces capitules, récoltés avant leur épanouissGincnt.

h’ A. pauciflora croit dans les deserts des Kiighiz, au voisinage du Don, et dans les régions tra\ ei sées par le Volga inférieur.

Les anciens traités de Matière médicale mentionnent 3 sortes de Semen-contra : 1° du Levant ; 2° de Russie ; g0 de Barbarie.

L’incertitude où l’on est encore, sur les espèces ou les diverses variétés, qui produisent cette drogue, permet, jusqu’à un certain point, de maintenir une telle division.

1° Semen-contra du Levant. — Cette sorte (fig. 694), que l’on appelait improprement Semen-contra d Alep et Sem. d: Alexandrie, parce qu’elle nous arrivait de ces deux villes, provenait des régions situées à l’Est de la Perse ou de la Perse ellemême. Actuellement, elle vient de

Kio. 694. — Semen-contra : A, capitule entier grossi ; B, bractée de ce capitule isolée et grossie davantage.

Fig. 695. — Artemisia Ciiia, d’après Guibourt.

la Bucliarie, par Nijni-Nowgorod, d’où on l’expédie à Moscou et à Saint-Pétersbourg et, de là, dans toute l’Europe. Selon Berg, il serait fourni par VA . Cina{ fig. 695). Selon

SEMEN -CONTRA 963

Bentlev et Trimen, il serait, au contraire, produit surtout par VA. pauciftora.

Ce Semen-contra (fig. 694, A) est verdâtre, lorsqu’il est récent; mais il devient rougeâtre en vieillissant. Il est composé : 1° d’environ un tiers de capitules gros comme le quart d’un grain d’ Avoine, ovoïdes -allongés, striés, obtus à leurs extrémités, composés d’écailles scarieuses (B), imbriquées, tuberculeuses à leur surface et d’un jaune verdâtre : ces capitules ne contiennent qu’un petit nombre de fleurs toutes hermaphrodites; 2° d’un tiers de courtes sommités rabougries, couvertes de capitules globuleux, à peine formés ; 3° enfin de corps étrangers divers : pédoncules glabres et débris végétaux.

Il possède une odeur très forte et très aromatique, une saveur amère, un peu âcre.

2° Semen-contra de Russie. — Cette sorte, actuellement très rare, présente deux variétés.

a) Capitules bruns, couverts d’un duvet aranéeux, rare et dont les bractées internes sont pourvues de grosses glandes jaune-orangé. Cette variété, appelée Cina indien, est fournie par VA.

pauciflora , Stechm, et peut-être aussi par VA . monogyna , Waldst.

et Kit., var. (3, microcephala, DC.

b) Capitules couverts d’un duvet aranéeux. très dense, qui leur donne un aspect cotonneux. Il est attribué àl’A. Lercheana , Stechm., var. (B Gmeliniana, DC.

Ce Semen-contra vient des steppes du Volga.

3° Semen contra de Barbarie.

— Il est fourni par VA. ramosa,

Smith (fig. 696), plante des Canaries et du Maroc. On a vu que Batka le rapporte â VA. glornerata , Sieb. (A. Sieberi, Bess.), qui croît en Palestine. Ce Semen-contra se compose de pédoncules hachés et de capitules toujours réunis

Fio. COJ. — Artemisia ramosa, d'après Guibourt.

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plusieurs ensemble, à l’extrémité des rameaux; ces capitules sont à peine développés, jamais isolés et recouverts d’un duvet blanchâtre ou grisâtre.

Il est plus petit, plus léger que le précédent et moins estimé.

Le Semen-contra peut, au besoin, être remplacé dans la pratique, parles capitules àeY Art.galhcà, usité en Provence, sous le nom de Sanguenié ou de Sanguenita, et par ceux de l'Aurone des Champs (Art. campestris , L.), ou de la Grande Absinthe, qui servent parfois â le falsifier. L’amertume qui se développe dans la bouche, lorsqu’on agite simplement le Semen-contra mêlé de capitules d’ Absinthe, suffit à faire reconnaître la présence de ces derniers. Le Semen-contra pur ne développe pas d’amertume, quand on l’agite.

Nous empruntons à G. Planchon ( Traité pratique, etc., des drogues simples) le tableau suivant, qui résume les caractères essentiels des divers Semen-contra.

nulle ou à peine marquée ; ( lancéolés-allongés capitules I ovales-obtus. . . .

visible à la loupe ; capitules allongés

épaisse ; capitules.

isolés

réunis plusieurs ensemble

A. Cina.

A. Vahliana.

A. pauci/lora.

A. monogyna.

A. Lercheana, R Gmeliniana.

A. ramosa.

Le Semen-contra renferme une huile volatile (1 0/0), une résine amère, et surtout 1.5 à 2 0/0 d’un principe particulier, que Alms a nommé Santonine.

L’Huile volatile de Semen-contra est un liquide jaunepâle ou jaune brun, qui bout à 175° et qui possède une odeur et une saveur caractéristiques; elle brunit et s’épaissit, à l’air. Selon Kraut, elle est surtout constituée par une sorte de Camphre (Camphre de Cinæbene , de Hirzel : C10 H18 O), qui abandonne de l’eau, par la distillation, et se résout ainsi en G10 II16 -h II2 O. Cette essence parait avoir les propriétés du camphre; elle ne semble pas avoir été utilisée en médecine.

La Santonine (C15 H18 O3) cristallise en prismes hexagonaux, aplatis, allongés, brillants, ou en houppes entrelacées. Elle est insipide, inodore, insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool bouillant, assez soluble dans l’alcool froid et dans l’essence,de térébenthine ; le chloroforme en dissout presque

SEMEN-CONTRA

le quart de son poids. Elle fond entre 163° et 170° et donne un liquide incolore, qui, par le refroidissement, se prend en une masse cristalline ; elle se volatilise à chaud, en répandant une odeur aromatique et brille sans laisser de résidu. L’acide sulfurique forme, avec elle, une dissolution rouge. Elle se combine aux bases et donne des sels cristallisables ( Santo nates), avec la chaux, la baryte et l’oxyde de plomb. Quand on la chauffe avec une base alcaline, de l’eau et de l’alcool, la liqueur devient rouge et abandonne, par le refroidissement, un sel en aiguilles soyeuses, d’abord rouges, puis blanches.

Lorsqu’on la fait bouillir, pendant douze heures, avec une solution saturée de baryte, elle se transforme en un acide ( acide Santonique : C15 H20 O4), que l’on isole au moyen de l’acide chlorhydrique et do l’éther. Cet acide décompose les carbonates; il ne prend pas, avec la potasse alcoolique, la coloration violette, que l’on obtient alors avec la Santonine.

Selon Hesse, en faisant digérer une solution alcoolique do Santonine, avec du carbonate de soude, jusqu’à décoloration du mélange, neutralisant par de l’acide chlorhydrique et reprenant par l’éther, on en sépare un acide spécial (acide Santoninique). Cet acide est isomère de l’acide Santonique de Cannizaro et Sestini ; mais il est capable de se dédoubler en eau et en Santonine, sous l’action d’une température de 120° ou sous l’influence de l’acide sulfurique, ce que l’on n’a pu obtenir avec l'acide Santonique. Aussi Hesse considère-t-il la Santonine comme un anhydride de l’acide Santoninique.

Exposée à la lumière, la Santonine se colore en jaune et ses cristaux se divisent en fragments. Le même phénomène se prtxluit sous l’influence des rayons bleus ou violets du spectre. On admet, assez généralement , que ce changement de couleur n’est pas accompagné d’une altération de la Santonine. Toutefois, Sestini dit que la Santonine jaune ou Photo-Santonine a un point de fusion inférieur, en même temps qu’une composition différente : G23 H34 O6 (?).

La solution alcoolique delà Santonine a une saveur amère.

La Santonine a été falsifiée avec de la gomme , du sucre , de l 'acide borique et de la crème de tartre soluble (Tarir aie borico-potassique).

SYNANTHÉRÈliS

Ces falsifications sont aisées à reconnaître :

1° En traitant le mélange par l’eau : la gomme , le sucre et la crème de tartre entreront en dissolution, tandis que la Santonine restera indissoute :

a) La gomme sera précipitée de la liqueur, par addition d’alcool ;

b) Le sucre sera décelé, en faisant bouillir le liquide avec un peu d’acide sulfurique dilué et traitant ensuite par la liqueur de Fehling;

c) Le tartrate borico- potassique sera déterminé par les réactions ordinaires de ce sel et aussi en soumettant le mélange à la flamme de l’alcool, qui prendra une coloration verte (ac. borique).

2° Si l’on soumet le mélange de sucre et de Santonine à l’action du chloroforme, celui-ci laissera le sucre indissous et dissoudra la Santonine, qui pourra ainsi être dosée.

Le même traitement fera connaître la composition des pastilles de Santonine au sucre, mais non celledes pastilles au chocolat. Dans ce dernier cas, il faut traiter la pastille par le chloroforme, évaporer, puis reprendre par le sulfure de carbone, qui dissout la matière grasse et laisse la Santonine.

3° Le chloroforme ne dissolvant pas Y acide borique , permet de le séparer de la Santonine.

Ruspini indique les moyens ci-après, pour déterminer la falsification par l’acide borique :

Santonine pure. — On la fait fondre à une légère chaleur, sur un peu de papier blanc ; si elle est pure, elle doit bientôt se liquéfier, sans crépitation , en laissant le papier un peu gras; en se refroidissant, la matière cristallise en masses d’une couleur jaune.

Santonine et acide borique. — Fondue également à une légère chaleur, sur du papier, elle se gonflera, en crépitant légèrement, comme le font les sels qui perdent leur eau de cristallisation ; le papier offrira également un enduit gras de Santonine, tandis que l'acide borique, privé de son eau, se séparera sous forme de poudre blanche.

En essayant la Santonine au chalumeau, si elle renferme de l’acide borique, die colorera en vert la flamme de l’alcool.

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