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SAPONAIRE

structure rayonnée. La poudre de cette racine est blanche et fortement sternutatoire.

La Saponaire d’Egypte a une saveur d'abord amère, puis âcre et une odeur peu marquée. De même que celle de la Saponaire officinale, cette racine ne renferme pas d’amidon colorable par l’iode.

Le principe actif de la Saponaire parait être un glucoside appelé Saponine.

La Saponine (G33 IL4 O18, Rochlcder) est une substance blanche, pulvérulente, non cristalline, très friable, inodore et de saveur d’abord douceâtre, devenant peu à peu styptique, avec une âcreté persistante. C’est un sternutatoire puissant. Elle est très soluble dans l’eau, qu’elle rend mousseuse, à la proportion de 1/1000; l’alcool faible la dissout, mais l’alcool absolu, bouillant, n’en prend que 1/50; l’éther ne l’attaque pas. L’acide azotique la dissout à froid; à chaud, ilia transforme en une résine jaune, en acide mucique et en acide oxalique. Le sous-acétate de plomb la précipite et, selon Rochleder, l’acétate neutre y produit un précipité gélatineux. Traitée par l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique étendus, elle se dédouble en sucre et en Sapogênine (G28 H12 O4).

Lebœufa remarqué que la Saponine jouit de la propriété d’émulsionner certaines substances, insolubles dans l’eau, mais solubles dans l’alcool, et que les émulsions ainsi obtenues sont remarquablement persistantes. Le mercure luimême s’émulsionne et se divise en particules d’une extrême ténuité, quand on l’agite avec une solution alcoolique de Saponine. Cette propriété a été mise à profit dans la préparation de divers mélanges contenant du goudron* des résines, des baumes, etc.

La Saponine fut découverte, par Schrader, dans la Saponaire officinale et ensuite par Bussy et Bley, dans la Saponaire d’Orient. On l’a retrouvée dans beaucoup d’autres substances, telles que. les écorces de Panama, et du Gymnocladus canaclensis, dans la plupart des Caryophyllées, etc. L ' Agros temmine de la INielle, la Sènègine du Polygala, YÆsculine de l’écorce de Marronnier d’Inde ne seraient que de la Saponine, selon plusieurs chimistes. Toutefois,

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Rochleder regarde ce dernier principe comme un corps particulier, qu’il appelle Aphrodescine et auquel il attribue la formule : G52 H84 O23.

Selon Schroff, la Saponine provoque la toux et augmente la sécrétion du mucus bronchique : c’est là une des propriétés les mieux établies de la racine du Polvgala Sénéga. Mais, tandis que Becker avance que le Polvgala amène une excrétion plus grande de l’urine, Sclirolf n’a pas constaté que la Saponine déterminât une telle augmentation. 11 semble donc que la Saponine et la Sénégine, si elles ont des propriétés chimiques analogues, n’ont pas la même action physiologique. La Saponine, injectée sous la peau, donne lieu à la formation d’un abcès. D’après Pclikan et Kübler, une solution à 5 0/0 détermine, chez la Grenouille, une paralysie initiale des nerfs moteurs et sensitifs, voisins du point où l’injection a été faite ; la moelle épinière est atteinte plus tard. Si le poison agit directement sur le système central, la paralysie débute par ce système et s’étend progressivement vers la périphérie : tous les muscles, soit lisses, soit striés, sont soumis à l’action paralysante et le cœur s’arrête à l’état de diastole. Il en est de même chez les animaux à sang chaud. Toutefois, si la Saponine a été introduite dans l’estomac, il ne se produit pas de paralysie des nerfs périphériques, moteurs et sensitifs, ni des muscles striés.

La racine de Saponaire est réputée dépurative ; elle est employée, commetelle, contre les maladies cutanées et même contre la syphilis constitutionnelle. Ce que nous avons dit des propriétés de la Saponine ne semble pas justifier l’administration de la Saponaire contre ces maladies. 11 est à croire que la croyance, dans ses prétendus effets à l'intérieur, était basée sur l’assimilation que l’on en faisait avec son emploi dans le dégraissage (la dépuration) des étoffes. Maintenant que 1 usage des substances médicinales s'appuie principalement sur l’étude attentive de leur action physiologique et non sur des idées uniquement empiriques, la Saponaire est à peu près délaissée.

La Saponine seule a reçu quelques applications. Lebœuf en a fait la base de son Coaltar saponinè , qui parait être

VIOLARIEES - VIOLETTE ODORANTE

un désinfectant précieux, en même temps qu’un modificateur utile des plaies de mauvaise nature. Toutefois, comme ce médicament contient de l’acide phénique et de la Saponine, c’est-à-dire, des substances vénéneuses, on doit être très réservé dans son emploi et ne pas l’appliquer en trop grande quantité, principalement lorsqu'on agit sur des parties dénudées ou sur le cuir chevelu.

VIOLARIEES

Violette odorante

La Violette odorante (Viola odorata , L., fig. 308), est une plante à souche souterraine, tortueuse, horizontale, cylindrique, irrégulière, pourvue de fibres déliées. Elle croit dans les bois, les haies, les coteaux, les prairies sèches. On la cultive beaucoup, pour scs fleurs odorantes.

Toutes les parties de cette plante, surtout les souches et les graines, contiennent un principe, appelé Violine, sorte d’alcaloïde possédant les propriétés de l'émétine et de l’apomorphine.

La Violine se présente sous forme d’une poudre amère, âcre, un peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’éther et précipitée de ses dissolutions par la noix de galle. Elle a été découverte par Boullay.

La Racine de Violette, jadis employée comme succédané de lTpécacuanha, est aujourd’hui inusitée. Elle a une couleur blanc jaunâtre, une odeur faible, une saveur un peu amère, âcre et nauséabonde.

Les Fleurs de Violette sont récoltées surtout pour leurs pétales, qui servent à la préparation du Sirop de Violettes ;

I'io. 308. — Viola odorata.

VIOLARIÉES

mais on les trouve aussi, à l’état sec, dans le commerce. On leur substitue les fleurs des Viola calcarea et V. su detica, que l’on reconnaît à leur corolle plus grande , longuement éperonnée. Quant aux fleurs de Pensée sauvage (flg. 369), leur substitution ne peut tromper que des ignorants, ces fleurs étant diversicolures :

jaunes, bleues, blanches. Les fleurs de Violette doivent être d’un beau bleu vio lacé uniforme et pourvues d'un éperon à peine p>lus long que le calice.

Ces fleurs sont prescrites, en infusion, dans les catarrhes bronchiques, pour favoriser l’expulsion des mucosités, ce que l’on doit attribuer à la très faible proportion de Violine qu’elles renferment.

Le Sirop de Violettes possède une belle couleur bleue, une saveur agréable, accompagnée d’une légère âcreté et une odeur prononcée de Violettes. Il est employé dans la thérapeutique des enfants, comme un émétique faible.

Ce sirop verdit sous l’action des alcalis.

Il arrive fréquemment que le sirop de Violettes se décolore en partie au bout d’un certain temps ; cette décoloration, qu’Angillis attribue à la production d’un peu d’acide acétique, est combattue et le sirop est ramené à sa couleur naturelle, par deux moyens : 1° en versant ce liquide dans un vase en étain ; 2° en y mettant quelques morceaux d’étain. E. Baudrimont croit cette addition dangereuse ; nous l’avons mise fréquemment en pratique, sans qu’elle ait provoqué aucune espèce d’accident. J. Hardy, qui nomme Sirop stannè le sirop ainsi restauré, indique les moyens suivants, pour le reconnaître :

1° Le sirop stanné communique une belle couleur bleue cà dix fois son poids d’eau, ce que ne fait pas le sirop du Codex ;

2° Les liqueurs précédentes étant additionnées d’une solution de protochlorure d’étain au 11000, celle qui provient du sirop stanné conserve la même teinte, tandis que celle qui a été faite avec le sirop du Codex acquiert une couleur d’un beau bleu.

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