VIOLETTE ODORANTE
herbe annuelle, commune en France, et dont on distingue
Le sirop de Violettes est fréquemment falsifié. On en a même fait de toutes pièces, tantôt avec de l’Iris et du tournesol ou de l’indigo, tantôt avec des infusions de Chou rouge ou d’ Airelle bleuies par addition de potasse, etc. Ces divers sirops se distinguent en ce que les alcalis ne les verdissent pas.
Selon Huraut-Moutillard, le sirop du Codex, en couche de 3 centimètres, intercepte la lumière; celle-ci traverse les sirops préparés, soit avec des fleurs doubles, soit avec des Violettes des quatre saisons, soit enfin avec une proportion trop faible de Violettes odorantes.
Préparé avec des fleurs de Pensées, le sirop de Violettes artificiel verdit sous l’action des alcalis, mais il n’a pas la saveur, ni l’odeur, ni même la belle couleur du sirop normal.
Les falsifications du sirop do Violettes sont très communes à Londres, selon Fréd. Kendall.
Pensée sauvage
La Pensée sauvage ( Viola tricolor, L.. fig . 370), est une
Fia. 370. — Pensée sauvage.
VIOLARIÈES
deux variétés : l’une sauvage (V. tricolor , var. arvensis), l’autre cultivée ( V. tricolor , var. hortensis). Ges deux variétés ne diffèrent que par la grandeur et la coloration des pétales. On leur attribue les mêmes propriétés.
La Pensée sauvage a une odeur faible, une saveur amère et mucilagincuse ; elle est réputée dépurative et antiscrofuleuse. On l’administre généralement, sous forme de sirop, ou sous forme d’une infusion, que l’on fait, soit avec la plante entière, soit avec ses sommités. La racine est émétique, dit- on, à la dose de 2 grammes.
Ipécacuanha ligneux
Dans l'Amérique du Sud, on emploie les racines de plusieurs Ionidiurn , sous le nom d’IpÉCACUANnA bla'nc; telles sont celles du Poaya branca {Ton. [Viola, L.] Ipécacuanha, Vent.), du Poaya da praya (Jon. Pou7/a, Saint-Mil.), de Y Ion. parvi florum, Y&nl. ( Viola eme~ tica, Humb.), de l'Ion, brevicaule, Mart. , ; telles sont encore celles du faux Ipécacuanha de Cayenne {Ion. Itoubou, Vent.), et la racine de Cuichunchilli, de Guayaquil {Ion. Marcutii, Hamilton). Cette dernière racine est rapportée par Holmes et par Decaisne à l’Z. microphyllum, Poir. Elle est usitée, au Vénézuéla, contre l’éléphan* tiasis tuberculeux. C'est un éméto-calhartique.
On emploie aussi, comme succédané de l'ipécacuanha : dans l'Inde, les racines de Ylonidium suffruticosum , Rœmer et Schultes et de Y Ion. heterophyllum, Vent.; dans l’Amérique du Nord, celle des Viola palmata, L., et V. pedata, L. On attribue même, dans ces régions, au V. ovata de Nuttal la propriété de combattre les accidents produits pas la morsure du Crotale. Enfin, les Brésiliens préconisent Y Anolùete a salutaris, Saint-Hil., sous le nom de Piriguara, contre les maladies de la peau.
L’ipécacuanha ligneux (Woody Ipécacuanha , des Anglais ; Poaya branca, des indigènes) est la mieux connue des racines ci-dessus. Ce faux Ipéca est produit, comme on l’a vu, par Y Ionidium Ipécacuanha, Vent., A. Saint-Hil. (Viola Ipécacuanha, L. ; Pombalia Ipéca cuanha, Vandell. ; Ionidium ltubu, H. B. K.; Ilybanthus Ipécacuanha, II. Bn.), plante des terrains sablonneux du bord de la mer, au Brésil, à la Guyane et aux Antilles.
Cette racine (ffg. 371), que l’on substitue frauduleusement
BIXACEES -
àl’Ipécacuanhaannelé,en difrèr leur pâleet l’absence de cercles annulaires. Elle est longue de loà 20 centimètres, un peu tortueuse et grosse comme une plume à écrire.
La racine de Y I pécacuanha ligneux ressemble quelquefois assez à celle de I I pécacuanha ondulé, mais elle est souvent bifurquée et terminée supérieurement par un grand nombre de tiges. Son écorce est mince, d’un gris jaunâtre, avec des rides longitudinales; le corps ligneux est épais, criblé de pores et composé de libres disposées en paquets tordus.
L’Ipécacuanha ligneux a une odeur herbacée et nauséeuse, une saveur d’abord faible, puis amère et très âcre; il est dépourvu d’amidon et selon Pelletier, renferme 5 0/0 de matière vomitive.
rocouyer 9
3 par ses ramifications, sa cou-
Ipecacuanha.
BIXACÈES
Rocouyer
.L’espèce la plus importante de cette famille est le Rocouyer ( Bixa Orellana, L., fig.372), dont les racines sont réputées digestives et fortifiantes et dont les graines aromatiques, amères sont dites stomachiques.
Les graines du Rocouyer sont entourées d’une pulpe molle,
BIXACÈES
gluante, rouge vif, ayant une odeur de Violette et une saveur amère, astringente. On prépare, avec cette pulpe, une boisson antifébrile, astringente et surtout une matière
colorante, appelée Rocou.
Le Rocou est obtenu de plusieurs manières : 1° on délaye la pulpe dans l’eau chaude ; 2° on broie les graines et, après addition d’eau, on passe la liqueur à travers un filtre grossier, puis on laisse fermenter, et l’on décante. Dans l’un et l’autre cas, la matière obtenue est évaporée en une sorte de pâte, laquelle est divisée en masses plus ou moins grosses, qu’on dessèche ensuite.
Le Rocou sec est dur et peu odorant ; celui du commerce est fig. 37>. — ^FUurs^'mis et grame maintenu nio u , par addition d u-
rine, ce qui lui donne une odeur désagréable. Il tache le papier en jaune rouge, brûle ai ec une flamme éclairante, fuligineuse; il est peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther, les alcalis, les huiles grasses et volatiles. L’acide sulfurique le colore en bleu indigo, puis en vert, enfin en violet.
On distingue plusieurs sortes de Rocou :
Le Rocou de Cayenne , en masses homogènes, grasses et onctueuses au toucher, de couleur rouge, de saveur astringente et d’odeur urineuse. Une sorte particulière est exportée dans des boîtes de fer-blanc ; celle-ci est bien préparée, d’un beau rouge et d’odeur agréable. On expédie aussi de Cayenne, sous le nom de Bixine , des tablettes obtenues par évaporation immédiate de l’eau de lavage des graines. C’est un produit très supérieur aux autres.
Le Rocou des Antilles a une pâte moins uniforme, granuleuse, souvent parsemée de points noirs.
ROCOUYER
Lo Rocou du Brésil est mou, rouge brun et d’odeur assez agréable.
Le Rocou de l'Inde est en gâteaux minces, secs, d’un rouge foncé.
Le Rocou en rouleaux est en masses cylindriques, sèches, d’un rouge foncé au dehors, rouge clair en dedans, et pesant environ 500 grammes.
Le Rocou renferme deux matières colorantes : une rouge (Bixine), résineuse, soluble dans l’alcool, l’éther, les solutions alcalines et que l’acide sulfurique colore d’abord en blanc, puis en vert, enfin en violet ; une jaune ( Orelline ), soluble dans l’eau et dans l’alcool.
Le Rocou est surtout employé comme matière colorante. Les Indiens s’en teignent le corps. Il a été préconisé comme tonique et antidysentérique.
Le Rocou est parfois altéré ou falsifié.
Les altérations sont dues, soit à l’emploi de graines pourries, soit à ce que la pâte a été brûlée, pendant la cuisson, ou qu’elle a fermenté ultérieurement et qu’une partie de la matière colorante a été détruite par des moisissures. Trop souvent aussi, on l'arrose avec de l’urine, comme nous l’avons dit ; il est alors parsemé de points brillants, formés par des sels ammoniacaux.
Les falsifications sont effectuées par addition de feuilles ou de matières minérales : ocre, brique 'pilée , colcothar, etc.
L’addition de feuilles est déterminée par différence, le Rocou ne devant guère contenir que 6 0/0 de feuilles, selon Girardin.
La falsification avec du Curcuma est dévoilée principalement par l’examen microscopique. La figure ci-jointe (Gg. 373), empruntée â Hassall, indique les caractères différentiels des tissus de la graine du Rocouyer et du Curcuma.
L’addition de substances minérales est décelée par l’incinération : un bon Rocou ne doit laisser en moyenne que 8-13 0,0 de cendres.
L’addition de fécules se reconnaît au microscope ; l’amidon du Rocouyer est arrondi, ovoïde ou réniforme et pourvu
d’un hile étoilé; il a pour dimension
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12 jBIXACÉES
La valeur tinctoriale du Rocou est déterminée par 1 essai comparatif d’un Rocou de bon aloi, avec celui qu on examine. On porte à l’ébullition 0,5 de Rocou, avec 1,0 de sel de
Fia. 373. — Rocou falsifié avec du Gurcuma, d après Ilassall (225/1) .
tartre et 200,0 d’eau et l’on y plonge un écheveau de soie blanche, pesant 2 grammes; après 15 minutes, on retire la soie, onia tord, on la lave et on la sèche. On peut aussi traiter, par 350 grammes d’alcool, 0,5 des deux Rocous, préalablement desséchés. 11 faut alors opérer successivement, en n’employant chaque fois que 50 grammes d’alcool et répéter le traitement, jusqu’à ce que tout l'alcool ait été utilisé. Les liqueurs obtenues du traitement successif de chacun des deux Rocous sont réunies et l’on compare au colorimètre l’intensité de leur teinte.
* a cellules en palissade et cellules sous-jacentes de la graine du Rocouyer, î), fécule de celte 'graine; c, cellules féculifères du Gurcuma; <{, fécule de Gurcuma traitée par la putasse.
GRAINES DE GYNOCARDE
Graines de Gynocarde
On emploie dans l’Inde, contre les maladies de la peau, les semences du Gynocardia odorata, R. Br. ( Chaut moogra , Roxb. ; Hydnocarpus , Lindl.), grand arbre des forêts de l'Inde et de la péninsule Malaise.
Ces semences (flg. 374.) sont ovoïdes-anguleuses, longues de 2 à 3 centimètres et pèsent environ 2 grammes. Elles sont pourvues d’un épisperme gris sombre, lisse, très mince, cassant et contien nent un embryon à cotylédons foliacés et à radicule volumineuse, inclus dansun périsperme huileux, abondant. On ne connaît pas leur composition; on y a signalé l’existence d’un acid e(ac. Gynocardique).
Onlesprescrit sous forme de poudre, à la dose de 40 centigrammes, dans la scrofule, les maladies delà peau, le rhumatisme, etc. Réduites en pâte et mêlées à de l’onguent simple, elles constituent V Unguentum Gynocardiæ , de la Pharmacopée de l’Inde: cet onguent est employé contre les maladies de la peau. L’huile des semences est usitée également à l’extérieur ; on l’administre aussi à l’intérieur, à la dose de 3 à 10 gouttes prises après le repas.
En Chine, on emploie, sous le nom de Ta-fung-tsze , une graine qui vient de Siam, où on l’appelle Lukrabo. Cette graine parait due à un Gynocardia ; mais son épisperme est plus épais que celui du Chaulmoogra.
Dans l’Inde et à Ceylan, on substitue aux graines du Gynocardia , celles des Hydnocarpus Wightiana, Blume, de l’Inde et celles de VH. venenala, Gaertn., de Ceylan. Ces graines paraissent très actives. Les Cingalais emploient, pour enivrer le poisson, celles d’une plante voisine, VH. inebrians, Valil.
CISTINEES
CISTIN EES
Getto famille ne fournit guère qu’un produit utile, appelé Ladanum ou Labdanum.
Le Ladanum pur est une matière résineuse, d’un noir grisâtre, d’odeur balsamique, suave, de saveur amère. Il est insoluble dans l’eau, presque entièrement soluble dans l’alcool, se ramollit entre les doigts et y adhère; enfin, il fond à la chaleur et brûle avec flamme. Sa cassure, d’abord grisâtre, noircit rapidement à l'air. Guibourt l’a trouvé composé des substances suivantes: résine e t huile essentielle , 8G; cire , 7 ; terre ci poils, 6 ; extrait aqueux , 1.
En Crète, on l’obtient en promenant, sur les Cistus cre~ ticus et C. cyprius, L., des lanières de cuir, que l’on racle ensuite. La résine est mise et pains ou enfermée dans des vessies.
Selon Guibourt. on obtient un Ladanum également odorant, en faisant bouillir les sommités du Cistus ladaniferus , L. Ce dernier végétal croît dans quelques parties du midi de la France, surtout dans les Corbières, aux environs de Narbonne, où les paysans le regardent, avec raison, comme un tonique précieux, qu’ils emploient contre les plaies de mauvaise nature.
Le Ladanum se présente sous trois formes ou sortes commerciales :
1° En masses; c’est la sorte décrite ci-dessus et qui est excessivement rare ;
2° En morceaux cylindroïdes, aplatis et roulés en spirales (Ladanum intortis). Cette sorte est lourde, cassante, grisâtre et formée surtout de sable et de terre, additionnes de résines le plus ordinairement fournies par les Conifères ;
o En rouleaux, ayant 1 aspect des bâtons d’extrait de Réglisse. Cette sorte a une odeur de Ladanum faible ; elle renferme beaucoup de terre et de poils.