TILIACEES - FLEURS DE TILLEUL
rure de zinc; mais, à chaud, ce réactif la colore en brun sépia foncé. Agitée avee de l’acide sulfurique, elle prend une couleur brun rouge très foncé. Elle forme, avec l’ammoniaque, un savon homogène, rougeâtre, veiné de gris.
Les tourteaux des graines du Cotonnier servent à l’alimentation des bestiaux, si ces graines avait été bien débarrassées, de leur duvet; sinon, on les utilise comme engrais.
TILIACEES Fleurs de Tilleul
On emploie, sous ce nom, les fleurs du Tilleul d’Europe (Tilia europaea, L.), dont on connaît deux variétés, souvent regardées comme des espèces distinctes :
Le Tilleul a petites feuilles, Tilleul sauvage, Tillot (Tilia micropliylla. Vent.; T. sylvestris, Desf. ; T.parvifolia , Ehrh.), arbre à feuilles glabres, brusquement acuminées, glauques en- dessous, à bourgeons glabres, à fleurs petites, blanchâtres et à fruit sans côtes saillantes.
Le Tilleul a larges feuilles ou Tilleul de Hollande (T. platyphylla, Scop. ; T. macropliylla,Nc nt. ; T.grancliflora, Ehrh.), arbre à feuilles plus grandes, suborbiculaires-acuminées , avec des poils mous en dessous, à fleurs jaunâtres. assez grandes, et à fruit muni I de côtes saillantes.
Les fleurs de Til—
I leu 1 Ont Une odeur Fia 4M. — Rameau fleuri du Tilleul argenté.
[suave. Elles sont disposées en une cymc corymbiforme (fig. 444), portée sur un I pédoncule axillaire, en partie soudé à une bractée membra- Ineuse, oblongue, spatulée, d’un vert jaunâtre. A la récolte,
TILUCÉES
on en sépare d’habitude la bractée, qui est à peu près inodore, et on les fait sécher à l’ombre, sur des claies.
Dans le commerce, elles se présentent sous forme de petites masses de couleur jaunâtre, formées d’inflorescences agglomérées, généralement privées de bractées et qui dégagent une odeur douce, agréable. Ces fleurs sont toujours dépourvues de calice. On doit les choisir, autant que possible, sans fruit, bien que celui-ci constitue, quand il existe, un caractère distinctif important. La présence des fruits indique une récolte tardive des fleurs, qui sont alors moins odorantes.
Les fleurs fraîches de Tilleul renferment une huile essentielle peu connue, que l’on obtient par distillation avec de l’eau. Cette essence paraît être douée de propriétés spéciales : on rapporte que l’eau distillée de Tilleul, plusieurs fois coliobée, détermine une ivresse gaie et une stimulation toute particulière.
Les fleurs sèches sont employées, sous forme d’infusion, comme antispamodiques et diaphoniques. L’eau distillée, que l’on prépare avec les fleurs sèches, sert fréquement de véhicule aux médicaments calmants et antispasmodiques.
Les feuilles et Y écorce du Tilleul contiennent beaucoup de mucilage et peuvent être utilisées comme émollientes.
En Russie, on fait des cordes et des nattes, avec les fibres libériennes du Tilleul. Les cordes durent plus longtemps que celles du Chanvre et sont surtout recherchées pour étendre le linge, qu’elles ne tachent pas.
Le Tilleul argenté (T. argentea , Desf.,fig. 444), originaire de Hongrie, sert aux mêmes usages. Il se distingue du Tilleul d’Europe, par scs feuilles couvertes en dessous d’un duvet blanc, court et serré, ainsi que par ses fleurs, à odeur de Jonquille, dont les étamines sont portées sur une sorte d’expansion liguliforme.
On emploie, dans l’Amérique du Nord, les fleurs des T. americana , L., T. canadensis , Michx., 7', carolinensis , Mill.
Les fibres libériennes du T. americana servent à la fabrication du papier, aux Etats-Unis.
JUTE - DT PTÉROC ARPÊES — BAUME DE GURJUN
Jute
On désigne, sous les noms de Jute , de Corète textile eide Chanvre cle Calcutta , les libres libériennes du Corchorus capsularis, L, et du C. olitorius , L.
Le C. capsularis (Gghinalita pat, du Bengale, Isbund, du nordouest de l'Inde, Rami tsjina , des Malais) est surtout cultivé en Chine et au Bengale, où il sert à la confection de tissus grossiers, appelés Magila , Tat, Choti, Gunny (G. Pennetier).
Le C. olitorius est cultivé principalement, sous les noms de Corète potagère et de Mélochie , dans l’Inde, en Afrique et en Amérique, pour ses feuilles, que l'on mange cuites et assaisonnées.
Le Jute est formé de fibres lisses, mais sinueuses, surtout vers leur extrémité; ces fibres offrent une paroi d’épaisseur irrégulière, et un canal médian large, dont la section transversale est arrondie ou ovale, très rarement linéaire.
L'action successive de l’iode et de l’acide sulfurique le colorent en jaune intense , ce qui le distingue du Lin et du Chanvre, qui sont alors colorés en bleu. Le sulfate d’aniline le teint en jaune fonce. Traité successivement par l'acide chromique étendu et par l'acide sulfurique, il se colore en bleu. Enfin, il est à peine gonflé, mais non dissous par l’ammoniure de cuivre, qui dissout le coton, gonfle et dissout en partie le chanvre et détermine un gonflement irrégulier du lin.
Le Jute n’est guère employé que pour la confection de tissus grossiers et pour falsifier le lin et le chanvre. Mais ses fibres très courtes sont unies par une matière que l’humidité ramollit, ce qui permet leur glissement et enlève toute résistance aux tissus fabriqués avec elles. On ne peut en faire des cordes; celles-ci cassent ne*, quand on les noue, ou se dissocient au contact de l’eau.
DIPTÉROCARPÉES Baume de Gurjun
Le Baume de Gurjun onde G or j un, aussi appelé Huile de bois (Wood-Oil, des Anglais), est une matière oléo- résineuse, employée comme succédané du Copahu ou servant à falsifier cette substance.
Il est fourni par plusieurs arbres du genre Dipterocarpus :
Le D. turbinatus, Gaertn. (D. lævis, Ham. ; J). indi~ eus, Bedd.), qui vit à l’est du Bengale, de Cbittagong et Pégu à Singapore ;
DIPTÈROCARPÉES
Le D. incanus, Roxb., de Chittagong et de Pégu ;
Le D. alatus, Roxb., de Ghittagong, Burma, Tenassérim, Siam, îles Andaman ;
Les D. zeylanicus et D. trispidus, Thw., de Geylan.
On retire un produit semblable, mais moins important, du D. trinervis , Blume, de Java et des Philippines, ainsi que des D. gracilis , Bl., D. littoralis, Bl., D. retusus, BL, de Java.
Selon Ilooker, le Gurjuu est un arbre gigantesque, à tronc droit, élevé, portant à son sommet une petite couronne régulière de feuilles larges et luisantes. Il peut atteindre une hauteur de 60 mètres et une circonférence de 4m,50.
Le Baume de Gurjun fut signalé par Franklin, ensuite par Ainslie; Roxburg dévoila son origine. O’Shaughnessy a montré qu’il a des propriétés analogues à celles du copaliu, et, ses observations ayant été confirmées, cette substance a pris place dans la Pharmacopée de l'Inde.
Le Baume de Gurjun est recueilli principalement sur la côte du Burma et des Détroits. Pour l’obtenir, on creuse avec une hache, dans le tronc de l’arbre, une cavité dans laquelle on fait du feu, jusqu’à ce que le bois soit un peu entamé. Le baume découle alors et on le reçoit dans des vases de Bambou. Lorsque l’écoulemeut se ralentit, on met de nouveau le feu dans la cavité, ce que l’on fait à plusieurs reprises pendant une même saison. Un même arbre peut avoir 2 ou 3 cavités à la fois et donner jusqu’à 30 et même 40 gallons de baume, en un an. Si l’on abat un arbre et qu’on le divise en pièces, l’oléo-résine, qui en découle, se concrète à la surface du bois, en une substance d’odeur aromatique, ayant l'aspect, du camphre. Le liquide recueilli dans les cavités de l’arbre, étant laissé au repos, se sépare en deux parties: l’une épaisse, appelée Guad, l’autre claire et liquide.
Nous avons dit que le baume de Gurjun provient de plusieurs arbres; on concevra donc que ses propriétés sont un peu variables.
Le Baume provenant de Moulmcin (Burmah) est épais, visqueux, opaque et gris verdâtre à la lumière réfléchie,
baume de gurjun
transparent et brun rougeâtre, quand on l’interpose entre l’œil et la lumière. Il a une odeur assez analogue à celle du copahu, une saveur amère, aromatique, avec une ùcreté non persistante et une densité de 0,964, à -}- 17o. Très soluble dans la benzine pure, le chloroforme, le sulfure de carbone, etc., il l’est moins dans l’éther, l’alcool amylique ou méthylique, l’acide acétique froid, le soluté alcoolique dépotasse. Chauffé pendant longtemps à 100°, il se trouble légèrement et se prend en une gelée, si l’on porte la température à 130° ; enfin, il devient solide, si on le chauffe à 220°, tandis que le baume de copahu reste alors encore assez fluide.
Le Baume de Gurjun, soumis à la distillation, fournit une huile essentielle, peu odorante, de couleur paille pâle. Purifiée, cette huile a une densité de 0,915 ; elle est soluble dans l’alcool amylique, et à peine soluble dans l’alcool absolu. J/acide chlorhydrique la sature en bleu magnifique.
La résine, qui reste dans l’alambic, est liquide, visqueuse et de couleur foncée. Une dissolution d’ammoniaque dans l’alcool faible en sépare un acide cristallisé ( Ac . Gurjunique ), que l’on précipite en saturant l’ammoniaque par un acide minéral. Le précipité dissous dans l’éther et dans l’alcool peut fournir de petits dépôts cristallins (Flückiger). Cet acide se dissout dans l’alcool à 0,838, dans l’éther, la benzine et le sulfure de carbone. Werner lui assigne la formule Cu II08 O8. Il fond à 220°, se solidifie à 180°, commence à bouillir, mais se décompose à 260° L’acide Gurjunique existe en petite quantité, dans le résidu de la distillation du baume. La résine amorphe, qui constitue la plus grande partie de ce résidu, semble avoir été peu étudiée, Fliickiger l’a trouvée insoluble dans l’alcool absolu.
Le Baume de Gurjun est exporté de Siam, du sud de l’Inde et de la presqu’île Malaise.
Le Dipterocarpus trinervis, Blume, de Java et des Philippines, et les Dipt. gracilis, Blume, D. littoralis , Blum., D. retusus, Blum., de Java, paraissent fournir un produit analogue, mais de moindre importance commerciale.
Le Gurjun est employé, dans l'Inde, comme succédané du copahu. Il sert encore au calfatage des bateaux, pour pré-
GUTT1KKRES
server le bois des Fourmis blanches, et aussi comme vernis, soit seul, soit mêlé à des substances colorantes.
Camphre de Bornéo et Dam mar de l’Inde
Dryobalane Camphrier (Dryobalanops Camphora, Colebr.) Cet arbre, que les naturels de Sumatra et de Bornéo appellent Capura, fournit une sorte de Camphre très estimé et très cher, nommé Camphre de Bornéo. Ce Camphre, qui ne vient en Europe que comme curiosité, a été étudié en même temps que le camphre des Laurinées. Nous n’y reviendrons pas ici (v. t. I, p. 628).
Dammar de l’Inde. — On vend, dans les bazars de l’Inde, une résine ordinairement désignée sous les noms de Dammar des bazars de l’Inde et produite par le Shorea robusta, Rcxb. Cette résine ne doit pas être confondue avec celle qu’on nomme Dammar des Indes orientales et qui découle du Dammar a orientalis, Lamb. (Conifères; v. 1. 1, p. 507).
Le Dammar du Shorea est transparent, incolore ou jaune plus ou moins foncé, inodore et insipide, soluble dans l’éther, l’essence de térébenthine et les huiles fixes. Il est à peu près inconnu dans le commerce européen.
Le Vateria indica, L , fournit aussi une résine appelée Dammar blanc et Copal de l’Inde; c’est une sorte d’Animé blanchâtre, servant aux mêmes usages que la cire.
GUTTIFÈRES
Gomme-Gutte
La Gomme-gutte est un suc gommo-résineux, qui forme, avec l’eau, une émulsion d’un jaune magnifique. Cette substance paraît avoir été employée par les Chinois, longtemps avant qu’elle fût signalée en Europe. On admet assez généralement que la première mention de la Gomme-gutte se trouve dans les Exotica de Ch. de l’Ecluse (libr. IV, cap. vnr, p. 82). Cet auteur, plus connu sous le nom d aClusius,
GOMME-GUTTE
l’avait reçue, en 1603, d’Amsterdam, où elle avait été apportée de Chine, par l’amiral Van Neek, sous le nom de Ghitta-jemou. Cependant, le géographe llitter dit qu'elle avait été rapportée de Chine, par un voyageur qui la décrivit sous le nom de Kinang -Hoang ou Kian-Kioang , avec l’indication qu’elle provient d’un arbre vivant au Cambodge et à Siam, entre les 10° et i2} degrés de latitude Nord.
Regardée comme un purgatif doux, la Gomme-gutte fût employée en médecine, dès son apparition. On la trouve mentionnée dans le tarif des pharmacies de Francfort (1611), dans les Court Minute Boo/îs, de la Compagnie des Indes (1615), dans la Pharmacopée de Londres de 1650, sous le nom de Gutta Gamba ou Ghitta-j emou , etc.
Bontius, médecin de Java, en fit connaître le lieu de pro ■ duction. en 1658, et Paul Hermann, médecin à Ceylan, annonça, en 1677, que cette substance est fournie par le Kanna Ghoraka des Cingalais, ou C arcapulli de Lynschoten. L’arbre ainsi désigné fut nommé successivement: Mangostana Morella , par Gaertner ; Guttæfera vera, par Kœnig, et Garcinia Morella, par Desrousseaux. En 1836, Graham montra que ce végétal est bien un Garcinia ; cette détermination fut confirmée par Wight. Ce dernier dit que l’arbre producteur de la Gomme-gutte existe aussi à Ceylan, mais n’y est pas exploité. Selon Thwaites (Enumeratio plant. Zeylan.) il serait, en effet, fourni par le G. Morella, Desrouss. Nous verrons plus loin que cette sorte provient d’une variété ( sessilis ) de cet arbre.
Ce fut seulement, en 1864, que Hanbury put en déterminer l’espèce, sur des exemplaires provenant de la propriété de la maison Alméida et fils, de Singapour. Hanbury a reconnu que le G. Morella offre deux variétés distinctes par leurs Heurs mâles, qui sont sessiles dans l’une (var. x, sessilis), pédicellées dans l’autre (var. (3, pediceltata)- Cette dernière fournit seule la Gomme-gutte de Siam ; Ilooker a cru devoir en faire une espace, qu’il a nommée Garcinia Hanburyi.
La synonymie de cette plante est très compliquée.
Outre les noms que nous avons fait connaître, on lui a
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donné les suivants : Stalagmilis cambogioides , Murr., pr. p.; Hebradendron cambogioides, Grali. ; Cambogia gutta, Lindl. ; Garcinia gutta , Wight; G. cambogioides, Roy le ; G. elliptica, Wall.; G. lateri/lora , Blume ; G. Gaudichaudii et G. cicuminata, Plancli.et Triana; Hebradendron pictorium, Grali. ; G. lobulosa, Wall., G. pictoria , Roxb.
Le G. Morella, Desr., var. [3, pedicellala (fig. 445) est un arbre dioïque, portant de petites fleurs jaunes et des
feuilles analogues à celles du Laurier. 11 habite les vallées et les montagnes du Cambodge, la province de Ghantibun (Siam), les des de la côte et du golfe de Siam, le nord de la Cochinchine, etc.
Il semble prospérer à Singapore, où il a été introduit.
Le suc constitutif de la Gomme-gutte est inclus dans des canaux de l’écorce et de la moelle ; les feuilles, les enveloppes florales et les parois du fruit en contiennent égale ment. Ces canaux sont bordés par une série simple de cellules sécrétantes, aplaties. Le bois n’en contient pas, selon de Lanessan ; mais Hanbury dit qu’il existe de la Gomme-gutte dans les vaisseaux ponctués, qui occupent la couche la plus extérieure du bois.
Les canaux situés dans l’écorce sont disposés en deux groupes séparés par une zone de cellules pierreuses, inter calée entre le liber et le parenchyme cortical et offrant quelque analogie avec celle que présente la fausse Angusture.
l'ir. Aiô — r arcinict Ufoiella.
GOMME-GUTTE
Les canaux du parenchyme sont répartis en deux cercles : l’un, extérieur, à canaux assez petits et nombreux; l’autre voisin de la zone sclérenchymateuse et comprenant des vaisseaux moins nombreux, mais plus grands. Les canaux du liber occupent le milieu des faisceaux ; ils sont disposés radialement et au nombre de 2 ou 3, dans chaque faisceau.
Les canaux de la moelle sont situés à la périphérie de ce cylindre, en face des rayons médullaires. Quant au suc gommo-résineux inclus dans les vaisseaux du bois, de Lanessan suppose qu’il est dû à l’extravasation du suc contenu dans les anastomoses, qui, au niveau des nœuds, font communiquer les canaux delà moelle avec ceux du liber : le suc s’échapperait des canaux par les intervalles (?) des cellules secrétantes et arriverait dans les vaisseaux, en traversant les ponctuations de leur paroi.
La Gomme-gutte est recueillie immédiatement après la saison des pluies ; la récolte commence en décembre et se continue jusqu’en avril et mai. Voici comment elle s’effectue: Les collecteurs font au tronc de l’arbre, avec une hache, une incision en spirale, profonde d’environ 2 à 3 millimètres et qui s’étend des premières branches à la base du tronc. Ils fixent ensuite, au bas de cette incision, un entre-nœud de Bambou, que l'on renouvelle dès qu’il est plein. Généralement, un arbre fournit assez de suc, pour remplir trois de ces entrenœuds et ceux-ci ont d’ordinaire 50 centimètres de long, sur 3 à 5 et même 7 centimètres de diamètre. Ces Bambous sont suspendus au toit de la case du collecteur, jusqu’à ce que le suc soit sec. D’abord liquide et jaunâtre, celui-ci s’épaissit graduellement, devient visqueux et enfin assez dur, pour qu’on puisse le retirer du Bambou.
Il se présente alors en bdlons cylindriques ou un peu déprimés, généralement distincts, parfois agglutinés et dont le volume, d'ailleurs variable, ne dépasse guère 20 centimètres de longueur sur 3 à 0 centimètres d’épaisseur. La dépression ou la soudure des cylindres sont dues à ce que le suc était encore mou, lorsqu’on l’a retiré du Bambou. On conçoit également que, si le suc a été sorti, avant d'avoir acquis une consistance suffisante, il ne soit pas resté cylin-
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drique et qu’il se présente sous forme de masses ou de gâteaux.
Ces masses ou gâteaux peuvent avoir été desséchés, sans addition de substances étrangères ; mais, le plus souvent, il semble qu’on y ait ajouté une proportion plus ou moins grande d’amidon. C’est sans doute à ces différences, dans le mode de préparation, que sont dues les 2 ou 3 sortes commerciales de Gomme-gutte vraie ou de Siam.
On trouve parfois, dans le commerce, des Gommes-guttes d’autres provenances fournies aussi par des Garcinia, mais, en général, de qualité médiocre ou inférieure et n’offrant pas les caractères de la Gutte vraie. Hanbury, ainsi que Bentley et Trimen paraissent croire que certaines de ces résines sont aussi bonnes que celles de Siam. Toutefois, elles ne figurent pas dans le catalogue des collections de la Société de Pharmacie de la Grande-Bretagne, et nous ne ferons guère que les mentionner.
La Gomme-gutte de Siam se présente, comme nous l'avons dit, sous deux états : en hâtons , en masses. Elle vient du Cambodge, par voie de Singapore, de Bangkok et de Saigon.
La Gomme-gutte en bâtons (Pipe Cambodge , des Anglais) est en rouleaux ou cylindres de 3 à 6 centimètres de diamètre, friables, lisses, plus souvent striés en long et offrant parfois, à leur surface, des débris du Bambou dans lequel on a fait dessécher le suc. Ces rouleaux sont généralement pleins; mais il n’est pas rare d’en trouver quelques-uns offrant à leur centre un vide plus ou moins grand, dû, sans doute, au retrait de la matière, pendant la dessiccation. Ce vide peut n’avoir qu’une certaine étendue ou occuper toute la longueur du bâton.
Les rouleaux sont de couleur jaune brun foncé, uniforme, ou recouverts d’une poussière, soit jaune verdâtre, soit jaune doré. Leur cassure est conchoïdale, fine, très homogène, unie, d’un jaune un peu pourpré, faiblement hépatique, tantôt demi-terne et comme cireuse, tantôt presque brillante ; dans ce dernier cas, les écailles minces sont semi-translucides.
Cette sorte est inodore et d’abord insipide, puis âcre
GOMME-GUTTE
à la gorge. Frottée avec le doigt imprégné d’eau ou de salive, elle donne rapidement une émulsion d’un jaune magnifique ; triturée dans un mortier, elle fournit une poudre d'un brun jaune brillant. Sa dissolution dans l’alcool est rouge et transparente. Elle donne, avec l’éther, un soluté limpide, d’un beau jaune d’or. La potasse la dissout et la colore en rouge intense.
Elle ne contient pas d’amidon. Ghristison y a trouvé : résine , 7i à 74 0/0 ; gomme , 13 à 24 0/0; eau , 4 à 5 0 0. 11 existe, dans le commerce, comme nous l’avons dit, des Gommes-guttes de qualité médiocre ou inférieure, qu’il est facile de discerner, si l’on a présents à l’esprit les caractères de la Gomme-gutte de bonne qualité. Voici une description des sortes de ce genre que nous possédons :
a) Singapore n° 3. — Fragment de cylindre fortement cannelé, noirâtre, couvert d’une fine poussière grise et dont certaines cannelures offrent, dans leur fond, une poudre jaune orangé; la cassure terne, cireuse, l'appelle assez bien celle du bdellium, et montre, dans sa masse, la présence de matières diverses : résineuses, charbonneuses, ligneuses, etc. Celte sorte est assez facilement émul-ionnée.
P) Singapore n° 4. — Fragment de cylindre brun jaunâtre, finement cannelé, offrant encore des restes de la face interne du Bambou, dans lequel s’est opérée la dessiccation; la cnssure est cireuse, grenuelamelleuse, avec des grains ou lamelles orangé clair, sur un fond terne, résineux, un peu hépatique. L’examen à la loupe y montre des débris de charbon et quelques matières terreuses ; les grains ou lamelles orangé clair semblent dus à des larmes d’une résine étrangère. Cette sorte s’émulsionne assez bien.
y) Singapore inferieure. — Cylindre brun rougeâtre très foncé, rappelant à l’esprit l’aspect du sang-dragon de qualité inférieure; sa face extérieure est finement cannelée et d’un éclat résineux. La cassure est conchoïdale, cireuse, mais luisante, et les fragments qu’on en détache sont semi-translucides, en lames minces. Cette sorte paraît contenir des matières étrangères, mais bien fondues dans la masse et semble avoir été épaissie a l’aide du feu. Elle s’émulsionne aisément.
Les rouleaux de la Gomme-gutte en bâtons sont parfois agglomérés en masses irrégulières, qu’il ne faut pas confondre avec celles de la sorte suivante. On a vu que la sou dure des cylindres est due à ce que la gomme-résine a été retirée du Bambou avant son complet durcissement.
GUTTIFÈRES
La Gomme-gutte en masses ou en gâteaux ( Cake Gambodge, or Lump , des Anglais) est en masses informes, pesant de 1,000 à 1,500 grammes et dont il est impossible de faire une description. Lorsqu’elle est pure, ce qui peut arriver, elle offre les caractères de cassure, etc., delaGutte en bâtons; mais, habituellement, elle renferme de la fécule et du ligneux. Ghristison lui prête la composition suivante : résine , 05; gomme , 20; fécule , 5 à G; ligneux, 4 à G ; eau, 4. La proportion des substances étrangères est beaucoup augmentée et, dans les sortes inférieures (Coarse Gambodge , des Anglais), la quantité de résine peut descendre à 35 0/0, tandis que la fécule peut atteindre 10 0/0 et le ligneux 22 0/0. Cette sorte se distingue alors, en ce que sa cassure est grossièrement esquilleuse et sa couleur brune ou grise; enfin, elle est à peu près opaque sur les bords amincis de ses fragments et, mouillée avec de la salive, elle s’émulsionne mal ou ne s’émulsionne pas.
Une sorte de Gomme- gutie commune, examinée par Gigon, a été trouvée formée par une matière brune, servant de gangue à du ligneux et à des larmes jaunâtres, difficilement émulsives.
Le tableau suivant indique la composition de ces diverses sortes, d’après les analyses faites par plusieurs auteurs:
PRINCIPES