GUTTE EN SORTE
Résine
Gomme
CO
Ligneux
traces
Amidon
Eau et perte
La résine (Acide Ccnnbogique : Ci0 IL3 O9, Johnston) est une matière très soluble dans l’éther, moins soluble dans
GOMME-GUTTE
l’alcool, insoluble clans l’eau. L’ammoniaque forme, avec elle, une solution rouge hyacinthe fonce, d’où les acides la précipitent en llocons jaunes. Le sous-acétate de plomb la précipite abondamment et sa dissolution alcoolique est colorée en brun noirâtre foncé, par le perchlorure de fer. En la fondant avec de la potasse, lllasiwetz et Barth en obtinrent divers acides (gras ou autres) et environ 1 0/0 de Phloro glucine. Selon Braconnot, le chlore la décolore, s’y combine et forme, avec elle, un composé dans lequel ce métalloïde ne peut être déterminé que par incinération.
Flückiger a montré que la Gomme n’est pas identique avec l’arabinc. Cette gomme a été obtenue après épuisement de la Gomme-gutte par l’éther et l’alcool; elle est très soluble dans l’eau et neutre au tournesol; le perchlorure de fer, l’acétate neutre de plomb; le silicate et le borate de soude ne la précipitent pas de sa dissolution.
Les caractères offerts par la Gomme-gutte de bonne qualité ne permettent pas de la confondre avec d’autres gommesrésines. Les falsifications auxquelles elle est soumise sont, d’ailleurs, assez faciles à dévoiler.
Quand elle a été additionnée de résines , elle est moins aisée à émulsionner.
En traitant la Gomme-gutte suspecte par l’alcool et l'éther, puis reprenant le résidu par l’eau, on y reconnaîtra la fécule , par l’action de l’iode, si l’eau a laissé une matière blanche, insoluble.
Si le soluté aqueux, évaporé, laisse un résidu plus considérable que la moyenne ordinaire, on pourra y soupçonner la présence de la gomme arabique : celle ci sera précipitée par le perchlorure de fer ou par le borate de soude.
La terre , le sable , le ligneux resteront après traitement d’abord avec l’alcool et l'éther, ensuite avec l’eau.
Autres sortes de Gomme-gutte. — Les auteurs signalent, comme pouvant fournir de la Gomme-gutte, les arbres ciaprès, qui appartiennent aussi au genre Garcinia.
1° G. Morella , Desrouss., var. sessilis, arbre des forêts humides du sud de l'Inde et de üevlan;
2° G. pictoria, Roxb., bel arbre du sud de l’Inde;
GUTTI PÈRES
3° G , travancorica, Bedd., arbre des forêts du sud de Travancore et de Tinnevelly-Ghats;
4° G. Gaudichaudii, Triana et PL, arbre de la Cochinchine, qui, selon Pierra, fournit de très bonne Ctomme-gutte et devrait être exploité.
Gomme-gutte de Ceylan. — Cette sorte découle à la suite d’incisions faites au tronc de l’arbre, sur lequel elle se concrète en larmes celluleuses, irrégulières, recouvertes d’une poussière d’aspect terreux. Ces larmes sont rassem blées en masses arrondies, de couleur jaune orangé foncée, non homogènes, ni compactes et offrant de nombreux vides. Elles ne s’émulsionnent pas aussi facilement que la Gomme-gutte de Siam et donnent une émulsion jaune orangé, moins belle.
Moquin-Tandon rapporte cette Gomme-résine au Gare . Cambogia, Desrouss. ( Mangostana Cambogia , Gaertn.; Cambogia Gut/a, L.). Mais la Gomme-gutte extraite de cet arbre est, parait-il, une sorte très inférieure, en larmes jaune citron clair, à peu près inodores et insipides, ne formant pas d’émulsion, sous le doigt mouillé.
Nous ne possédons pas d’échantillon authentique de cette sorte. Ghristison y a trouvé : résine, 66; arabine, 14 ; huile volatile, 12; fibres corticales , 5.
L’existence d’une huile volatile, dans cette substance, la différencie aisément delà Gomme-gutte vraie, qui n’en contient pas; sa résine est, d’ailleurs, moins soluble dans l’éther et de couleur jaune plus pâle, non rouge, ni orangée.
La Gomme-gutte du Mysore (lndian Gamboge , des Anglais) fournie par la G. Pictoria, Koxb., diffère de la Gomme gutte vraie, selon Cleghorn, par ses propriétés chimiques et médicinales. Toutefois, d’après Hanbury, Ghristison, en 1846, et Broughton, en 1871, l’ont trouvée semblable à celle du G. Morella. Au reste, de Lanessan crut devoir, dès 1872, rapporter le G. Pictoria au G. Morella , var. pedicellata. Comme cette opinion semble justifiée, il est à croire que, s’il existe des différences, entre la Gomme-gutte de Siam et la Gomme-gutte de l’Inde, ces différences doivent être rappor tées à l’habitat ou au mode de récolte. D’autre part, Pierre
GOMME-GUTTE
( Flore de la Cochinchine), regarde le G. Picloria comme line espèce distincte, mais tout à fait voisine du G. Morella.
Il existe, à la Faculté de Lyon, un échantillon provenant du Droguier Chantre et portant l'étiquette suivante :
« Indian Garnboge. Gomme-gutte des Indes. Garcinia Victoria , « Roxb. Mêmes propriétés que celle du G. Morella, de Singapore. « Est originaire des Indes et très exploitée dans l'Ouest. L’échantillon « vient de Canara (Bombay). Très rare. »
Cet échantillon comprend des matières de trois sortes :
1° Des larmes jaune rougeâtre clair, irrégulières, de grandeur variable, mais surtout en grains très petits, et remplies de débris de branches, soit libres, soit engluées par la résine. Ces larmes forment aisément une belle émulsion.
2U Un fragment de cylindre aplati, formé de larmes analogues à celles de la sorte précédente, empâtées dans une matière résineuse brunâtre, plus ou moins caverneuse et contenant des débris de bois. Cette sorte donne aisément une émulsion gluante et belle. Elle paraît constituée par un suc épaissi à la chaleur et roulé chaud.
3» Des morceaux irrégulièrement bosselés sur l'une des faces, aplatis sur l'autre, et de couleur gris jaunâtre. Cette sorte paraît être formée par une matière très épaisse, que l'on a répandue sur une feuille de papier étalée sur une surface mal aplanie. La cassure est caverneuse, gris jaunâtre terne; elle s’émulsionne mal et donne, au doigt mouillé, l’impression d’une surface rugueuse, très dure.
La première sorte paraît aussi bonne que la Gomme-gutte de Siam. La deuxième et la troisième ont sans doute la même provenance; mais, si la deuxième semble à peu près pure, la troisième est évidemment très impure.
Si cette gomme résine est réellement fournie par le G. Pictoria, on ne saurait douter que cet arbre, convenablement exploité, pourrait donner une gomme équivalente à celle de Siam.
La Gomme gutte de Travancore est de couleur jaune brillant. Elle no semble pas être exportée, bien que, suivant Beddome, le G. Travancorica en produise beaucoup.
Guibourt mentionne, sous le nom de Gomme-résine du Xanthochymus pictorius, une matière en petites larmes vert grisâtre pâle, transparentes, assez dures, qui se ramollissent à la chaleur et ne s'émulsionnent pas avec l’eau. Nous ne possédons pas cette gomme-résine. Pierre, qui parle du X. pictorius, Roxb. (Gare. Xanthochymus, Hook.) dit que cet arbre fournit une résine de peu d’utilité.
GUTTIFÈRES
Tacamaques des Guttifères
On décrit assez généralement, sous ce nom, des oléo- résines produites par des arbres du genre Calophyl/um. G. Planchon les réunit sous le nom de Baume de Marie ou de Baume vert, qu’on leur donne ordinairement dans le commerce.
Les Calophylhcm croissent dans les régions tropicales de l’Amérique et dans les contrées maritimes de la plupart des terres de l’océan Indien. Ils sont remarquables par leurs belles feuilles coriaces, à nervures secondaires nombreuses, parallèles, très rapprochées. Ces feuilles, souvent engluées dans la résine des Calophyllum , sont un moyen commode de détermination, pour cette substance.
1° Tacamaque da Bourbon ( Baume vert ou Baume de Marie de Bourbon). — Cette résine est produite par le C. Tacamahaca , Willd., qui croit à Bourbon et à l’ile de France. Elle est en masses vert noirâtre, tantôt assez molles, tantôt plus consistantes ou même solides, recouvertes d’une poussière jaunâtre ou blanc jaunâtre. Elle possède une odeur, que G. Planchon compare à celle du Mélilot, mais qui nous semble se rapprocher plutôt de celle du Fenugrec.
Elle se dissout incomplètement dans l’alcool et abandonne alors, tantôt un résidu gommeux, tantôt une matière grasse, qui surnage.
2° Tacamaque des Indes orientales (East Indian Tacamahaca, des Anglais). — Il semble exister beaucoup de doute au sujet de la provenance de cette résine. En se basant sur les auteurs allemands, G. Planchon la rapporte au Calophyllum inophyllum , L., arbre de l’Inde, de la Nouvelle-Calédonie et de Madagascar. Hanbury et Flückiger, H. Bâillon, Bentley et Bcdwood, Bentley et Trimen ne la mentionnent pas.
Holmes l’attribue au Cal. Calaba, Willcl., et dit :
« Ce spécimen est étiqueté : ceci est l’Animi Tacamahac de Batka. Elle est employée en applications contre les ulcères indolents. Sa résine ressemble à certaines variétés
TACAMAQUES DES GUTTIEÈIIES
d’oliban et dégage une odeur semblable, quand on la chauffe. Elle offre aussi des fragments d’une écorce papyracéc, qui y adhèrent.
Ct. Planchon la décrit comme formée de morceaux d’un jaune brun, demi- transparents, mous et gluants, à cassure d’un éclat gras, à odeur de Lavande et à saveur amère.
Il existe, à la Faculté de Lyon, un échantillon de celte résine, provenant de li collection Chantre et étiqueté : Gomme Tacamahac. Résine aromatique , médicinale. Calophyllum Calaba, Guttifèrcs. Indes , Cote de Malabar.
Ce spécimen, qui nous semble être de même nature que celui dont parle Holmes, comprend trois sortes de x-ésines :
a) Les morceaux les plus nombreux sont en larmes iri’égulières, de grandeur variable, rnaisen général petites, les plus grosses ayantauplus une longueur de 1,5 à2 centimètres. Ces larmes sont de couleur jaunecitron clair, x'ecouvertés d’une poussière blanchâtre, demi- transparentes, parfois formées en partie d’une matière résineuse ternie, d'un blanc jaunâtre un peu laiteux. Plusieurs d'entre elles offrent des débris, soit empâtés dans la substance, soit attachés à sa surface et de deux ou (i*oii sortes: les «ns, formés d'une membrane foliacée, très mince, parcheminée, le plus souvent isolés, mais parfois réunis en petits amas juxtaposés et qui semblent être des feuillets libériens, bien que la loupe n'y montre aucune trace de fibres : ces membranes rappellent bien à l'esprit la mince enveloppe foliacée, qui constitue le péridium sec des Lycopcrdon ; les autres sont des débris d'une écorce sèche ou résineuse, réduite au parenchyme cortical et de couleur brunrouge noiràti’e ; quelques-uns , enfin, plus rares, sont évidemment formés par des fragments de feuilles, d'un vert noirâtre et empâtés de résine.
Ces larmes ont une odeur analogue à celle de l'encens, mais à laquelle s'ajoute une odeur prononcée d'Angélique. Leur cassure est brillante, grasse, comme huileuse.
[}) Des morceaux de couleur gris noirâtre ou jaune sale, ternes et couverts d'une poussière grise, mais qui, par transparence, offrent une coloraion blonde ou rougeâtre. Leur cassure est analogue à celle des larmes de la première sorte, dont elles ne paraissent différer, que par leur séjour plus prolongé, soit à terre, soit sur l'arbre qui les portât.
y) Un fragment anguleux, irrégulier, de couleur hépatique, d'éclat résineux et d’une odeur agréable d’Angélique vanillée (?). Nous ne pouvons le comparer à aucune autre l’ésine.
3U Tacamaque ordinaire ou Baume Focot. — Guibourta décrit, sous ces deux noms, une résine en masses jaunes ou rougeâtres, formées de petites larmes transparentes, agglomé-
GUTTIFÈRES
rées, mêlées de débris d'une écorce très mince, jaune, à libres très rapprochées, droites et parallèles. Cette résine a une saveur amère et dégage une odeur d’Angélique, quand on l’écrase.
Guibourt rapporte son Baume Focot à un arbre de Madagascar, appelé Four alla, nom donné en ce pays au C. ino-pliyllum. G. Planchon, qui rapporte à des débris de feuilles de cet arbre les débris d’écorce signalés par Guibourt, pense que la Tacamaque des Indes orientales et le Baume Focot sont des substances identiques. Nous adopterions volontiers cette manière de voir.
4° Baume de Marie ou Baume vert des Antilles (Aceite de Maria , des Espagnols). — Ce baume est attribué au Cal. Calaba , Jacq., des Antilles, et au C. Mariae, PI. etTriana, de la Nouvelle-Grenade. Bien que G. Planchon décrive à part les résines fournies par ces arbres, elles semblent différer si peu que nous les réunissons.
Le Baume de Marie se présente en masses d’un vert noirâtre, molles, gluantes et tenaces, qui, enfermées dans des vases en verre, laissent découler une matière semi-liquide, vert clair ou vert-bouteille, par transparence. Il a une odeurforte, rappelant celle du Mélilot.
G. Planchon regarde le Baume Marie du C. Mariae comme rapprochant la Tacamaque de Bourbon du Baume Marie du C. Calaba.
Le suc du C. Calaba peut être employé aux mêmes usages que le Copaliu.
Les Tacamaques décrites par Guibourt, sous les noms de Tacamaque en Coques , de Tac. sublime , de Tac. angélique , exhalent une odeur suave d'Angélique mêlée d'odeur de Mélilot. Ges résines, de provenance sud-américaine, sont probablement retirées d'un Calophyllum . G. Planchon les attribue, avec doute, au C. inojphyllum.
Résine de Ma ni
Cette résine est décrite par Guibourt et ensuite par G. Planchon, comme étant fournie par le Moronobea coccinea, Aubl. (Symphonia globulifera , L. f.). Elle découle-