‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 79 sur 219 · CUMIN · texte numérisé non relu

CUMIN

neuf côtes garnies d’aiguillons très courts, plus saillants sur les côtes secondaires. L’amande est volumineuse, réniforme sur une coupe transversale et contient des cristalloïdes , ainsi que de l’aleurone ; le péricarpe, est mince, foliacé et riche en matière tannique.

Ce fruit a une odeur forte et une saveur très aromatique ; il est très estimé des Allemands et des Hollandais. En Alsace, on en met, comme épice, dans une sorte de saucisse appelée

Pro f essor siourst. 11 contient, selon Bley:

7,70/0 d’huile grasse, 13 0/0 d erésineÇl),

8 demucilage etàe gomme, io, 5 de matières albuminoïdes, beaucoup de malates et environ 3 0/0 d’une huile volatile, dextrogyre, que Trapp dit être analogue à celle des fruits du Cicuta virosa, L.

L’Essence de Cumin est un mélange de plusieurs principes. On y a trouvé :

1° Du Cymol ou Cymène (C10 II14), corps qui existe dans l’essence de Thym et que l’on peut obtenir aussi, soit en soumettant le goudron à la distillation sèche, soit en faisant

Fia. 499. — Sommité du Cumin.

a ) Heur; b , n) fruit entier et coupé en travers,

Fia. 500. — Fruit du Cumin très grossi. A, entier ; B, coupé transversalement.

OMBELLIFÈRES

bouillir du camphre avec du chlorure de zinc sec. Le Cymol a un poids spécifique de 0,807 et bout à 177°.

2° Lu Cuminol ou Cuminaldéhyde (G1» Ii14 O), qui a un poids spécifique 0,972 et qui bout à 236°. L’essence brute en contient environ 56 0/0.

3° Un hydrure de carbone (G10 H10).

Le Cuminol a l’odeur et la saveur du Cumin ; l’odeur du Cymol est assez analogue à celle du Limon.

Silphion et Laser

Les Grecs désignaient, sous le nom de crcXçtov et les Latins sous Celui Laserpitium , une plante au suc de laquelle on attribuait des propriétés merveilleuses; ce suc se vendait au poids de l’or.

Le Laserpitium croissait exclusivement en Cyrénaïque. Sa tige, neommé Magydaris, était grande comme celle d'un Ferula ; sa racine épaisse, charnue, rameuse et revêtue d'une écorce noire; ses feuilles ressemblaient à celles de l’Ache ; son fruit était cordiforme et foliacé.

S’il faut en croire la figure qui en est donnée, sur les médailles cyrénéennes (fig. 501), les feuilles étaient opposées; chacune d’elles portait une inflorescence pauciflore, assez longuement pédonculée et la tige était terminée par une inflorescence capituliforme. Le cette figure, on a voulu tirer la conclusion que le Silphion était une Ombellifére. Toutefois, à part le Smyrnium Olusalrum et quelques autres plantes de celte famille, dont les feuilles supérieures sont parfois opposées, les Ombellifères ont toujours les feuilles alternes. La forme si différente des inflorescences latérales et terminale est encore un fait difficilement explicable. Quant à celle du fruit, s’il ressemble à un fruit d'Ombellifère, c’est, comme le fait remarquer F. Hérincq, de celui des Smyrnium qu’il se rapproche le plus.

Le suc du Silphion, que les Grecs appelaient Idaepo;, et les Latins Laser, était obtenu à l’aide des incisions faites à la tige et à la racine de la plante. Ce suc était x’ougeàtre, translucide, d'une odeur agréable de Myrrhe, d'une saveur douce et suave ; il donnait aisément, avec l’eau, une émulsion blanche. On rejetait celui qui avait une odeur alliacée, une saveur âpre et désagréable.

Pour des motifs peu connus, le Silphion disparut peu à peu de la Cyrénaïque; on substitua au Laser, des sucs de diverses provenances et même la tige d’une plante de Syrie, que l’on nommait Magydaris, comme celle du Silphion. Mais, selon les auteurs anciens, les Silphion

Fio. 501. — Médaille représentant le Laserpitinm.

ÉCORCE ET RÉSINE DE THArSIA 385

lui-même avait cessé d’exister et il semble bien établi que, si les méde* ci ns postériers à sa disparition ont parlé des propriétés de son suc, c'est en répétant successivement ce que leurs prédécesseurs en avaient dit, comme le prouve, d’ailleurs, la comparaison des textes.

Depuis cette époque, les botanistesont cherché à retrouverle Silphion et on lui a attribué toutes les plantes qui, de près ou de loin, avaient quelque ressemblance avec lui. Prosper Alpin décrivit, comme pouvant être le Laserpitium, une plante qui croissait dans le jardin de Padoue et qui provenait de graines envoyées de Thrace. La description de celte plante rappelle assez bien celle que Théophraste a faite du Silphion; mais la figure qu'il en donne rappelle tout à fait le Thapsia garganica ■ Les diverses espèces rapportées au Silphion sont les suivantes : Ligusticum lati folium, L. (Stapel); Laserpitium siler , L. (Linné); Ferula tingitana, L.(Sprengel) ; Laserpitium gummiferum, Desf. (Desfontaines); Scorodosma fœtidum, Bunge, et Nartliex A>a fœtida, Falc. (Déniau); Nartliex Silphium [sp. ign.] (GErsted); Thapsia Silphium, Yiv, (Viviani, Délia Cella, Pacho, Laval).

Il est aujourd'hui bien démontré que, de tou'.es ces plantes, sauf peutêtre celle d’Œrsled, aucune ne produit un suc comparable à celui du Silphion. Quant à celle qu’Œrsted a nommée Nartliex Silphion, c’est une espèce encore inconnue; le savant professeur de Copenhague pense qu’on la trouvera, en la cherchant vers le sud, de même qu’on y a trouvé le Papyrus des Anciens.

Écorce et Résine de Thapsia

Le Thapsia (Thapsia garganica, L. ; Th. decussala, Lag. ; Th. Silphium, Yiv. ; Th. garganica , var. y Silphium, DG.) est une plante vivace, haute de 50 centimètres à 1 mètre, commune dans les contrées méridionales de l’Europe, les îles de la Méditerranée et le nord de l’Afrique, depuis le Maroc jusqu’en Cyrénaïque. Il est appelé Adr ias et Dériês, par les Kabyles, et Bou Nefâ, par les Arabes. Les habitants de la Cyrénaïque le nomment Dèrias. C'est celte plante que Pacho avait rapportée au Silphion des Anciens et que Laval nomma Silphium cyrenaicum. On sait aujourd’hui que le Dérias de la Cyrénaïque ne diffère en aucune façon du Dérias algérien et que les distinctions admises par Viviani, qui en avait fait son Th. Silphium, ne sont pas exactes *.

1 Dans une note lue â la Société botanique de France, nous avions cru ievoir protester contre des assertions qui ne nous semblaient pas absolu-

Page 1