ÉCORCE ET RÉSINE DE THAPSIA
l’on fait sécher. Cette écorce, sèche, ne se trouve pas clans le commerce courant et n’est importée, en France, que pour l’extraction de la résine qu’elle renferme. Elle est alors en morceaux de grosseur variable, garnis d’un périderme noirâtre et irrégulièrement contournés sur eux- mêmes.
En Algérie, elle est vendue par les M’zabites.
L’Écorce de Thapsia des M’zabites est en fragments inégaux, friables, peu volumineux, épais de 4 à 10 millimètres, d’un jaune brunâtre très clair en dehors; leur face externe est tantôtlisse, tantôt garnie de ridesplusou moins profondes, délimitant parfois de petits espaces saillants, bombés, irrégulièrement quadrilatères. La face interne est blanche, crayeuse, souvent tachée de rouge brunâtre et finement striée en long. La surface primitive de section des fragments est souvent garnie d’une résine jaune doré très clair, que l’on trouve aussi dans les anfractuosités intérieures de l’écorce. La cassure est grenue, crayeuse, compacte ; examinée à la loupe, elle se montre criblée de pores, à parois jaunâtres, très rapprochés les uns des autres. Ces pores sont disposés en séries linéaires, concentriques, entre lesquelles s’interpose le tissu blanc crayeux, qui constitue la plus grande partie de la masse. Ils sont formés par la section transversale des canaux résineux.
L’écorce de Thapsia parait contenir une matière volatile, contre laquelle il faut se tenir en garde, dans la préparation de la résine.
On en extrait surtout une résine très usitée, en France, sous forme emplastique et dont Reboulleau et Berthcrand ont fait connaître les propriétés, en 1857. Cette résine, appliquée sur la peau, y détermine une rubéfaction intense, suivie d’une éruption miliaire très forte et d’un prurit extrêmement désagréable. Elle forme la base de quel ques préparations emplastiques, aujourd’hui fort employées, comme révulsifs ( collodion , sparadrap, taffetas:, et qui deviennent vésicantes, si leur action est prolongée. Selon le docteur Nisseron, de Mont-de-Marsan, son application peut déterminer des accidents inflammatoires du côté de l’appareil urinaire. Ce fait semble établir la possibilité de l’absorbtion lu principe actif par la peau et son élimination par les reins,
OMBELLJFÈRES
avec production consécutive d’une phlogose analogue au cantliaridisme réno-vésical. Il est plus probable, cependant, que l’emplâtre du Dr Nisseron contenait de la cantharidine.
Ganzoneri, ayant examiné la résine extraite du Thapsia au moyen de l’éther, a trouvé qu’elle possède des propriétés vésicantes énergiques. Cette résine se dissout à froid dans la potasse concentrée et, à chaud, dans la potasse étendue. La solution étant neutralisée par l’acide chlorhydrique, il s’est produit un précipité jaune cailleboté, d’odeur désagréable, constitué par un mélange de divers principes : acide Octylique, acide Thapsique , matière vésicante, etc.
L’Acide Octylique ou Caprylique (G8 Hi0 O2) retiré de la résine de Thapsia est analogue à celui que l’on retire de l’huile de Coco et à celui qui provient de l’oxydation de l’alcool octylique de l’huile essentielle d’Héracléum.
L’Acide Thapsique (G10 H30 O4) est envisagé . par Ganzoneri, comme pouvant être un acide Dioctylique, formé par l’acide octylique, qui s’oxyderait lentement au sein de la plante : G8 H1502, G8 H15 O2 = 2 (G8 H1G O2) — H2.
L’Acide Thapsique est obtenu en pressant, entre deux feuilles de papier, le précipite cailleboté, qui se forme par addition d’acide chlorhydrique à la solution de la résine, dans la potasse. Purifié par des traitements successifs, avec l’alcool bouillant et le charbon animal, il cristallise en écailles blanches, fusibles à 123-124°, solubles dans l’alcool, moins solubles dans l’éther, presque insolubles dans l’eau, dans la benzine et dans le sulfure de carbone. Chauffé convenablement, il distille sans altération ; il brûle en répandant une odeur de cire brûlée. Les acides nitrique et bromhydrique l’attaquent lentement. C’est un acide bibasique; son sel de potasse a pour formule : G16 II28 O4 K2.
La matière vésicante est une substance neutre, non azotée, toujours obtenue en très faible proportion et difficilement séparable de la résine et de la cire qui la souillent. Ce principe est soluble dans l'alcool chaud, d’où il se précipite à froid, sous forme d’aiguilles brillantes, fusibles à 87°. Il forme, avec l’éther et le sulfure de carbone, des solutions vésicantes ; es acides concentrés et bouillants ne l’altèrent