‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 84 sur 219 · CORIANDRE · texte numérisé non relu

CORIANDRE

La Gonicine est un poison narcotique très actif. Selon Christison, elle agit énergiquement partout où l’absorption peut avoir lieu et détermine une irritation locale, bientôt suivie d’une paralysie des muscles volontaires et du diaphragme. Son influence s’exerce sur la moelle épinière, dont elle épuise l’action nerveuse et produit ainsi une paralysie musculaire générale, qui amène l’asphyxie. Son énergie ne peut être comparée qu’à colles de la nicotine et de l’acide prussique ; elle parait, toutefois, moins active que la nicotine.

Ivékulé et de Planta ont signalé, dans des échantillons de Conicine du commerce, une base alcaline, liquide et volatile, très réfringente, qu’ils ont nommée Mèthylconicine (CsH14Az, G H3) et dont laprésence, en proportions variables, dans la Gonicine, entraîne des différences plus ou moins grandes, dans l’énergie de cette dernière.

Wertheim a trouvé, dans les fleurs et dans les fruits de la Ciguë, indépendamment de la Gonicine, un nouvel alcaloïde, qu’il a appelé Conhydrine (G8Ht7AzO). Cet alcaloïde cristallise en lames nacrées irisées; il est assez soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et dans l’éther; chauffe à 200°, avec l’acide phosphorique anhydre, il se dédouble en Gonicine et eau; aussi le considère-t-on comme de la Gonicine, plus les éléments de l’eau : G8 H15 Az-j- H2 O.

La Conhydrine est beaucoup moins vénéneuse que la Gonicine.

Wertheim a séparé, des alcaloïdes de la Ciguë, un hydrure de carbone liquide, non toxique, le Conylène (G8 H14).

Coriandre

La Coriandre est le fruit du Coriandrum sativum, L., plante annuelle, peut-être originaire d’Orient, mais commune dans le région méditerranéenne, d’où elle s’est répandue en i’Europe et dans l’Asie tempérée. On la cultive dans le nord de l’Afrique et dans l’Inde. En France, elle est surtout cultivée en Touraine et dans la plaine des Vertus, près de Paris.

Toutes les parties de cette plante, lorsqu’elle est verte, dégagent une odeur fétide de Punaise, d’où son nom de

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Punaise mâle (xoptç. Punaise; àv7)p, mâle). Mais, après leur maturité, les fruits acquièrent une odeur et une saveur aromatiques, agréables. On les emploie comme condiment. En médecine, ils sont usités comme stimulants et carminatifs et, parfois, pour dissimuler la saveur désagréable de certains médicaments. Ils entrent dans la composition du Y Alcoolat de Mélisse.

Le fruit de la Coriandre (fig. 505) est à peu près sphérique et formé de deux méricarpes offrant chacun 11 côtes, dont : cinq primaires flexueuses ou en zigzag; six secondaires ,

La situation exactement médio-dorsale de l’une des côtes en zigzag s'oppose absolument à cette interprétation.

Sur la section transversale, on voit que l’albumen est concave et semi-lunaire ; le péricarpe n’offre que deux bandelettes ou canaux oléo -résineux, situés sur la face commis surale de chaque méricarpe ; il n’en existe pas de nettement définis, sur toute la portion extérieure des fruits.

La Coriandre doit son action stimulante à une essence, dont les propriétés varient, selon qu’on la retire de la plante verte ou des fruits mûrs. Celle que Flückiger a obtenue de la plante verte a une odeur désagréable et dévie de 1°,1 à droite la lumière polarisée, tandis que l’essence retirée des fruits mûrs dévie la lumière polarisée de5°,l, à droite.

Selon les auteurs, les fruits mûrs fournissent 0,37 0/0 d’essence; mais Flückiger dit qu’on peut en obtenir 1,5 0/0.

Fig. 505. — Fruit de Coriandre, entier et coupé transversalement.

filiformes , un peu saillantes et à carène aiguë. De ces côtes secondaires, les plus extérieures, devenues marginales, semblent être de nature primaire, à cause de leur position sur la commissure des carpelles; c’est pourquoi quelques auteurs regardent les côtes filiformes comme des côtes primaires.

ARALIACEES - GIN-SENG

L’Essence de Coriandre (Cl0H18O) serait isomérique du Bornèol ; elle parait cependant avoir une composition variable et semble constituée par un mélange de diverses huiles.

Selon Kawalier, elle est surtout formée de deux huiles : 1° La première distille vers 150° et répond à la formule cidessus. Cette huile, distillée sur l’anhydride phosphorique, perd de l’eau et se transforme en un isomère du térébenthène (C10 H1G), qui, traité par le gaz chlorhydrique, donne un chlorhydrate liquide, assez stable.

2° La seconde distille au-dessus de 150°; elle aurait pour formule : (Clü H1C)U H2 O = C40 H66 O.

L’essence brute est un liquide incolore ou jaune pâle, de saveur aromatique et ayant l’odeur des semences, mais plus agréable; sa densité est de 0,859 (Trommsdorff) ou de 0,871, à 14° (Kawalier). Elle se dissout dans l’éther et dans les huiles fixes ou volatiles. Elle fait explosion, avec l’iode. L’acide azotique la convertit en une matière résineuse ; l’acide sulfurique la transforme en un liquide brun rougeâtre, qui se charbonneà chaud.

A R ALI ACÉES

Gin-Seng

Cette racine est produite par le Panax Gin-Seng , C. A. Mey. (fig, 506), plante de la Chine, à laquelle les Chinois attribuent des propriétés merveilleuses et qu’ils vendent à des prix exorbitants. Sa rareté et surtout sa cherté ont porté à lui substituer la racine du Panax quinque folium, L., qui croit aux Etats-Unis et au Canada. Cette dernière plante fut découverte par le P. Lafiteau, qui la nomma /lwre/m canadensis. Guibourt et G. Planchon lui attribuent la racine de Gin-Seng vraie. Cette opinion paraît être erronée.

La racine de Gin-Seng a été étudiée par Raczinski, d’après des échantillons concordant avec les descriptions qu’en ont faites Caban, Meyer et Schultz. Voici ce qu’en dit Raczinski : « Ce sont des fragments de racines cylindriques, gros de quelques lignes et longs de 1 à 2 pouces, d’unjaune rougeâtre,

ARALI AGEES

à demi transparents, d’une consistance cassante, se ramollissant dans l’eau, avec augmentation notable de volume, fondant

dans la bouche et offrant une saveur légèrement amère, aromatique, avec un arrière goût sucré. » Cette racine n’est, en Europe, qu’un objet de curiosité, fort rare d’ailleurs, et ne mérite pas de nous arrêter davantage. Les Chinois la dessèchent à une chaleur modérée; ils la regardent comme le tonique le plus puissant et l’aphrodisiaque le plus actif.

La racine du Panax Quinquefolium (fig. 507) est connue sous le nom de Ginseng d’Amérique ( American Gin-Seng, des An glais). Elle se présente sous forme de racines longues d’environ 5 centimètres, simples ou bifides, cylindro-coniqueSj épaisses del cen timètre, jaunâtres en dehors, ridées et striées circulairement, blanches ou blanc jaunâtre en dedans et riches en fécule. Elle est toujours surmontée par un collet tortueux, offrant, de chaque côté, des traces alternes et obliques de la tige aérienne, qui se développe chaque année.

Fis. 50* Faux Giu-Scnc

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