CIGUË OFFICINALE
d’odeur nauséabonde; ombelles étalées; involucre polyphylle; involucelles à trois folioles situées au côté extérieur de l’ombelle ; Heurs blanches, dents calicinales effacées et à pétales obcordés, dont le sommet se termine en une pointe infléchie; fruit (fig. 504) verdâtre, ovoïde- arrondi, comprimé latéralement, à méricarpes garnis de cinq côtes égales, crénelées ou tuberculeuses, les latérales marginantes ; vallècules dépourvues de canaux résineux ; carpophore bipartit.
La présence de taches pourpres, sur la tige de la Ciguë, n’est pas un caractère spécial cà cette plante.
Les Chærophyllum bulbosum, L., et Ch. temulum, L., offrent des taches semblables. Toutefois, ces deux végétaux ont un port différent et leur rachis porte quelques poils.
Quand on la froisse, la Ciguë exale une odeur vireuse, désagréable, rappelant celle de la souris. Lorsqu’on la triture avec quelques gouttes d’une solution de potasse caustique, elle dégage de la Conicine et de l’ammoniaque; le dégagement de ces deux corps est aisément dévoilé, par les vapeurs blanches, qui se forment autour d’une baguette de verre mouillée avec de l’acide acétique concentré et mise au-dessus du mortier, dans lequel se fait la trituration.
La Ciguë est une plante très vénéneuse, qui agit à la manière des poisons stupéfiants et détermine la mort par suite de syncope; à faible dose, elle produit de légers vertiges, avec un peu de céphalalgie : elle augmente les sécrétions urinaire et cutanée. Selon Laboulbène, elle paraît devoir être utile, intus et extra, dans les cas d’engorgement mono-articulaire chronique; son efficacité est incontestable, chez les sujets scrofuleux, atteints de cet engorgement mono-articulaire. On la prescrit sous forme de suc, de poudre, de teinture, d’alcoolature, d'extrait, d’huile, de pommade, d’emplâtre et de cataplasme.
Selon Hanbury et Flückiger, la teinture préparée avec les feuilles ou même avec les fruits possède une activité dé beaucoup inférieure à celle du suc de la plante. Les meilleures préparations de la Ciguë seraient donc l'extrait obtenu dans le vide et Y alcoolature ou mieux le suc de la plante addi-
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tionné d’alcool. L’ extrait obtenu par les moyens ordinaires est presque inerte.
La Ciguë doit son action vénéneuse à un alcaloïde volatil, appelé Conicine , Cicutine ou Conine. Cet alcaloïde existe dans toutes les parties de la plante, mais surtout dans les fruits, avant leur maturité complète.
On doit récolter la Ciguë pendant la deuxième année, quand elle est en pleine floraison et, autant que possible, avant la maturité de ses fruits. On doit éviter l’emploi de la Ciguë sèche, qui, selon Pereira et Geiger, est d’ordinaire privée de Conicine. Les fruits, cueillis avant la maturité et convenablement désséchés, conservent leurs propriétés.
La Conicine (C8 H15 A z) est un liquide oléagineux, limpide, doué d’une odeur forte, pénétrante, nauséabonde, intermédiaire entre celle du Tabac et celle de la Souris et d'une saveur âcre, analogue à celle du Tabac. Elle a une densité de 0,88 à 0,89; à la température ordinaire, elle émet des vapeurs, qui deviennent blanches et apparentes au contact d’une baguette imprégnée d’acide chlorhydrique; elle est soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes et les huiles volatiles, peu soluble dans l’eau, où elle se dissout, d’ailleurs, mieux à froid qu’à chaud. Une solution faite avec 1 partie de Conicine et 4 parties d’alcool n’est pas précipitée par l’eau.
La Conicine est fortement alcaline et ramène au bleu le papier de tournesol. Elle précipite beaucoup d’oxydes métalliques et paraît même expulser l’ammoniaque de ses combinaisons. Elle forme, avec l’azotate d’argent, un précipité soluble dans un excès de l’alcaloïde. Le chlore et le brome l’attaquent avec énergie et forment, avec elle, des composés cristallisables. Le gaz chlorhydrique la colore d’abord en pourpre, puis en bleu indigo. Les oxydants la décomposent en ammoniaque et acide butyrique hydraté..
C8 H15 Az +2 H20 + 20 = (C4 H8 O2) 2 4- Az H3
Conicine. Eau. Oxygène. Acide butyrique. Ammoniaque.
La Conicine forme, avec les acides, des sels neutres difficilement cristallisables, solubles dans l’eau et dans l’alcool, insolubles dans l’éther, mais solubles dans un mélange d’éther et d’alcool. Au contact de l’air, elle brunit et se résinifie.