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MYRRHE

dendron Opobalsamum fournit aussi de la Myrrhe. Les ligures que ces auteurs donnent des deux espèces de Balsamodendron les montrent assez différentes :

Le B. Opobalsamum offre des rameaux grêles, à feuilles trifoliolées, les folioles latérales à peu près moitié moins grandes que l’impaire, toutes à bords entiers, non dentés. Cette figure ressemble presque absolument à celle que nous donnons du B. Ehrenbergianum, d’après G. Planchon et diffère à peine de celle du B. Gileadense, de Guibourt (v. p. 407).

Le B. Myrrha porte des rameaux spinescents, proportionnellement forts, et des feuilles à folioles très inégales, les latérales extrêment réduites et n’ayant pas le 1/10 de la grandeur de l’impaire; ces folioles sont dentées-crénelées.

Quoi qu’il en soit, on ne parait aucunement fixé sur l’origine botanique de la Myrrhe et Holmes décrit les divers échantillons mentionnés dans son catalogue, sous le titre général de Balsamodendron species.

Selon Ehrenberg, la Myrrhe découle spontanément, sous forme d’un liquide huileux, épais, d’un blanc jaunâtre, qui acquiert, en durcissant, une teinte d’abord dorée, puis rougeâtre. On la récolte dans cette pointe orientale do l’Afrique, qui est située au-dessous de l’Abyssinie et qui a la forme d’un triangle, dont le cap Gardafui est le sommet.

La partie de l’Arabie qui lui fait face, à l’est d’Aden, produit aussi de la Myrrhe ; celle-ci est récoltée par les Somalis, qui traversent le golfe à cet effet.

La Myrrhe se présente sous deux formes :

1° Myrrhe choisie (Turhey Myrrh, White Myrrh, des Anglais). Cette sorte est en larmes pesantes, irrégulières, rougeâtres, fragiles, un peu effiorcscentcs, à cassure huileuse, brillante, demi-transparente ; leur saveur est âcre, amère, aromatique, leur odeur forte, assez agréable. Quelques gros morceaux de Myrrhe offrent parfois des sortes de stries ou de taches opaques, jaunâtres ou blanchâtres, comparées à celles qui se produisent sur les ongles, d’où est venu à cette sorte le nom de Myrrhe onguiculée.

2° Myrrhe en sortes. — Elle est en masses irrégulières,

TÉRÉBI N Tl I A CKES

tantôt constituées par l’agglomération de larmes arrondies, translucides et brillantes ; tantôt en fragments plus ou moins agglutinés, de couleur foncée, presque opaques et mélangés de morceaux d’une écorce papyracée, demi-transparente. Cette sorte paraît être tirée de l’Arabie et sans doute aussi de l’Afrique : ello serait alors formée par des larmes de qualité inférieure ou mal récoltées. Il est probable qu’elle a la même origine que le Bdellium de l' Inde (v. ci-dessous et p. 409). Elle contient souvent diverses matières étrangères : gomme , Bdellium d' Afrique, etc.

Cette sorte est la Myrrhe d' Arabie, de Hanbury et Flückiger, X Arabian Myrrlx du catalogue de Holmes ; sans doute aussi, elle comprend la sorte que les Anglais appellent East-Indian Myrrh.

On trouve parfois, dans la Myrrhe vraie, une résine que Bonastre a fait connaître sous le nom de fausse Myrrhe , en indiquant le moyen suivant, pour la distinguer de la vraie : Si l’on ajoute quelques gouttes d'acide azotique dans une solution alcoolique de Myrrhe vraie, il se forme un précipité rose, qui passe au rouge et au lie de vin ; avec la fausse Myrrhe, il se produit un précipité jaunâtre. Cette gommerésine est appelée, par Guibourt, Bdellium de V Inde.

Les auteurs anglais décrivent, comme variété de Myrrhe, sous le nom de Myrrhe d’Arabie (Arabian Myrrh), la sorte que nous avons dit être récoltée par les Somalis, sur la côte de l’Arabie, à l’est d’Aden. Cette sorte se présente en morceaux irréguliers, n’ayant guère plus de 3 centimètres de long, d’aspect gommeux, formés par l’agglomération de petites larmes arrondies, translucides et brillantes. Sa cas sure est analogue à celle de la Myrrhe, mais sans taches onguiculées. Elle a l’odeur et la saveur de la drogue ordinaire; elle est cependant plus gommeuse, plus cassante, moins onctueuse et plus luisante. Certains morceaux offrent des débris d’une écorce papyracée, translucide.

On exporte de la côte des Somalis à Aden, et de là dans l’Inde, la Chine, etc., une autre variété de Myrrhe, connue sous les noms de Myrrhe des Indes orientales et de Bissa -Bôl (Hebback hade, des Somalis ; Myrrlia indica,de

MYRIUIK

Martiny). Cette Myrrhe offre les caractères extérieurs de la Myrrhe vraie, dont elle diffère surtout par l’odeur. Elle est le plus souvent impure, de couleur foncée et regardée comme une sorte inférieure, par les droguistes de Londres, ainsi que par les marchands Banians, de l’Inde. On l’emploie, d’après Vaughan, pour augmenter la quantité et la qualité du lait des Vaches et des Buftlesses et aussi pour donner une couleur brillante aux murs badigeonnés de chaux.

La Myrrhe forme, avec l’eau, une émulsion d’un brun clair; l’alcool la dissout incomplètement et laisse un résidu gommeux, dont la proportion varie entre 40, 50 et même 67 0/0, Brandes y a trouvé : huile volatile , 3,4; résine , 27,8; gomme , 63,7 ; etc.

Selon Hekmeyer, la Matière gommeuse serait de 3 sortes : 1° une ressemblant à la gomme adragante ; 2° une analogue à la gomme arabique; 3° une précipitée par l’acétate de plomb.

La Résine est soluble dans le chloroforme et incomplètement soluble dans les alcalis. Le sulfure de carbone en dissout une partie, que les acides azotique ou chlorhydrique colorent en violet. La partie insoluble se dissout dans l’éther.

L’Huile volatile est un liquide jaunâtre, visqueux, neutre, d’odeur de Myrrhe prononcée et d’une densité de 0,988 à -f- 13°. Elle bout vers 266° et distille entre 270° et 290°. Ruickholdt lui attribue la formule : C10 H14 O ; Flückiger a trouvé C22 H32 O. Rectifiée, l’essence est verdâtre et miscible en toutes proportions, au sulfure de carbone; traitée par l’acide azotique, elle prend, au bout de 1 à 2 heures, une teinte violette persistante. La solution de l’essence brute, dans le sulfure de carbone, traitée par le brome, se colore aussi en violet ; le résidu de l’évaporation se colore en bleu, quand on y ajoute de l’alcool (Flückiger).

La Myrrhe est un tonique puissant, que l’on administre à la dose de 0,2 à 2 grammes par jour, associée aux préparations ferrugineuses, contre la chlorose et l’aménorrhée. Elle entre dans la Thériaque , la Confection cl' Hyacinthe , le Baume de Fioraventi, l’ Elixir de G arus, etc. On en prépare un extrait, un vinaigre et surtout une teinture employée contre la carie dentaire et la gangrène.

TER ÈB1NTH ÂGÉES

La difficulté que l’on éprouve, pour déterminer les sortes de Myrrhe du commerce et la confusion qui existe, entre les Myrrhes et certains Bdellium, nous portent à mettre ici la traduction de l’article Balsamodendron species, du catalogue de Holmes, à cause de la synonymie.

a) Gomme-résine. Beau spécimen (Turhey Myrrh).

b) Gomme-résine de couleur plus pâle (White Myrrh).

Ce spécimen est identique avec la vraie Myrrhe de Dymock et avec le Kdrdm du marché de Bombay. C’est la plus belle Myrrhe du com merce anglais.

c) Gomme-résine en gros morceaux de couleur foncée, provenant de Bombay.

Cet échantillon a la saveur de la vraie Myrrhe, mais il a une odeur un peu urineuse. Il est identique à la drogue décrite par Dymock, sous le nom de Arabian Myrrh ou Meetiga, du marché de Bombay. Un échantillon de celle-ci provenant du professeur Dymok est enfermé dans le même bocal.

d) Gomme résine de l'Inde (East Indian Myrrh).

Ce spécimen est la « Myrrhe de 3« qualité » décrite par Pereira. Il est constitué par une Myrrhe de couleur foncée, mêlée de morceaux de Bdellium opaque et d’autres gommes en moindre quantité.

e) Gomme-résine d'Afrique (Somalie or African Myrrh).

Ce spécimen a été donne par le docteur Vaughan.

C’est la T urkey Myrrh du commerce anglais.

f) Gomme-résine d’Arabie ( Arabian Myrrh).

Ce spécimen a été donné par le Dr Vaughan. 11 provient des contrées situées à l’est d’Aden. Il est en masses irrégulières, formées de larmes agglomérées. Il est plus gommeux, plus cassant et plus luisant à l’extérieur, que la myrrhe ordinaire et n'offre pas, à l'intérieur, les mêmes taches blanchâtres. Il diffère entièrement de V Arabian Myrrh du Dr Dymock.

g) Bdellium opaque (Opaque Bdellium).

Ce spécimen de Bdellium a été trié dans un échantillon de Turhey Myrrh du commerce.il est opaque et a une saveur amère, sans àcreté. Il est identique avec le meena hârma ou opaque Bdellium de Dymock et avec le Bdellium opaque de Guibourt.

h-i) Deux spécimens provenant l'un (h) delà collection de Pereira, l'autre d'un triage fait dans la Turhey Myrrh.

Cette espèce de Bdellium se ramollit dans la main et possède une saveur âcre, mais non l’arome de la Myrrhe ; elle a une odeur un peu analogue à celle du Cèdre. Sa surface offre souvent des poils et des fragments d’une écorce papyracée.

j) Gomme-résine du Bengale (Googul).

Ce spécimen ressemble quelque peu au Bdellium de l’Inde, mais son odeur est différente et rappelle celle de la Poix de Bourgogne ou du Castoréum; elle est amère et légèrement âcre. Elle parait humide, ce qui est dû à l’existence de petits globules d'une matière huileuse, qui s’est solidifiée à sa surface. Cette variété de Bdellium est attribuée au Balsamodendron Mukul , Hook.

EXCENS OU O U BAN 415

k) Bissa Bôl. Ce spécimen a une odeur particulière, que Dymock compare à celle du sucre d'orge parfumé au citron.

Sa saveur ressemble à celle de Y Agaricus Gambosvs , Fr. 11 a l’apparence de la vraie Myrrhe. Ses morceaux sont quelquefois pourvus de fragments d’une écorce épaisse (non papyracée). Il est identique à la Myrrhe parfumée de Dymock, au Hâbâh haclee du marché de Bombay et au ïlebbah hade des Somalis,

Encens ou Oliban

On connaît, sous ce nom, dans le commerce, des résines fournies par diverses espèces de Bosioellia , arbres qui croissent dans le pays des Somalis, près du cap Gardafui et clans le sud de l’Arabie. La désignation spécifi que de ces arbres est encore incertaine, au moins pour plusieurs d’entre eux. Aussi Holmes en parlet-il sous la rubrique : Bosioellia species.

Voici le nom des mieux connues, d’après

Hanbury :

1 ° Bosioellia Carteri, Birdxvoocl (fi g. 514),

, Tr . ' Fio. 514. — Bosioellia Carteri.

auquel Hanbury

rapporte les Bosioellia nos 5 et G d’Oliver et le Bosio. thurifera (?), Carter (B. sacra , Fluck. ; Maghrayt

térèbinthacêes

d'Sheehaz, des Maharas). Il fournit 1 e Luban Bedoici ou Luban Sheheri (Playfair) : c’estle Mohr Madoio ou Mohr Med du des Somalie.

2° Bosiu, Bhau Bajiana , Birdw., du Somal ; (fig. 515); 3° BosveUia n° 4. Oliyer, arbre qui habite Murayah, dans

le Somal (Play fer) et dont le suc, est aussi appelé Lubân Bedoici et Luban Sheheri.

Il a été envoyé à Ivew, sous le nom de Mohr add , que B i r d w o o d donne au B . Bhau - Dajiana.

Ces espèces paraissent fournir une partie de l’Encens du commerce. Hanbury cite encore, comme produisant des résines analogues, les espèces ou formes suivantes :

4 0 he B . papy ri fer a, Rich.

(Ploesslea floribunda, Endl.), qui croit dans le Sennaaretl’Abys-

Kio. 515. — Boswellia Bau-Dajiana . . , .

sime; sa résiné

est analogue à l’Encens, mais elle n’est pas recueillie;

5° Le Bosw. thurifera , Colebr., nec Carter (B. serrata et B.glabra, Roxb.; Salai des Hindous), arbre de l’Inde, dont la résine molle et d’odeur agréable, est employée dans le pays, comme encens, mais n’est pas de l’Oliban;

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