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ENCENS OU OI.IBAN

6° Le Bosic. Frereana , Birdw. , qui croît sur les roches calcaires du pays des Somalis et que les indigènes nomment Yegaar. Il fournit une oléo-résine très odorante, vendue sous le nom de Lubân Matti ou de Lubân Meyeti ; nous en parlerons plus loin.

Dans le commerce, du moins en France, on distingue deux sortes générales d’Encens, que l’on désigne selon leur provenance apparente :

1° L’Encens de l’Inde est en larmes jaunes, semi opaques, arrondies, assez grosses, devenant translucides, quand on en a séparé la poussière blanche, qui les recouvre. Il a une odeur et une saveur parfumées. On l’exporte de l’Inde, par Bombay, mais il provient à peu près exclusivement du Somal, où il parait fourni surtout par deux variétés du Bosic . Carteri (Bosioellia n°5 et Bosioellia n° 6 d’Oliver), qui croissent dans l’intérieur des terres et dans les vallées de ce pays.

Cette sorte paraît avoir été triée avec soin, par les marchands de Bombay ; aussi ne contient -elle' pas les impuretés, ni les marrons que l’on trouve dans la sorte suivante ; elle est la plus estimée.

2° L’Encens d’Afrique est en larmes jaunes, oblongues ou arrondies, généralement petites, peu fragiles, à cassure terne et cireuse, non transparentes, se ramollissant sous la dent. Ces larmes sont mêlées d’autres plus grosses, rouges, nommées marrons , qui se ramollissent sous les doigts et offrent souvent des débris d’écorce, ainsi que des cristaux de spath calcaire ; leur saveur est aromatique et plus forte dans les marrons que dans les larmes.

La présence de cristaux de spath, dans cette sorte, semble indiquer qu’elle provient d’arbres vivant sur les rochers ou sur les détritus calcaires, comme le font le Bosioellia n° 4 d’Oliver et le B. sacra, Flückiger (Maghrayt dCSheeliaz -, des Maharas).

La différence entre les deux sortes peut tenir atlssi à la manière dont on en pratique la récolte, la première étant sans doute, recueillie sur l’arbre, tandis que la seconde serait ramassée principalement à terre.

TEREBI.NTHACEES

Ces deux sortes d’Oliban correspondent évidemment aux deux sortes que l’on distinguait jadis sous le nom d 'Encens mâle, qui était le plus pur, et à' Encens femelle , qui était de qualité inférieure.

L’Oliban se dissout en partie, dans l’eau et dans l’alcool. Avec l’eau, il se transforme en une masse molle et blanchâtre, qui s’émulsionne, quand on la malaxe dans un mortier ; avec l’alcool, il devient blanc et opaque. 11 fond difficilement à chaud et brille avec une flamme blanche. Braconnot y a trouvé : résine , 56; gomme , 30,8; résidu insoluble dans Veau et V alcool, 5,2 ; huile essentielle et perte, 8. La gomme paraît être de même nature que la gomme arabique.

Il entre dans la composition de la Thériaque, du Baume de Fioraventi et de divers emplâtres.

Résine Élémi

On désigne sous ce nom, dans le commerce, des résines odorantes de provenances diverses et dont les mieux connues sont V Elémi du Brésil , Y Elémi en pains et Y Elémi de Manille. A ces trois sortes, nous joindrons la résine appelée Lubân Matti, bien qu’elle soit fournie par un Bosicellia.

Elémi du Brésil. — Cette résine découle par incision de Ylcica Icicariba, DC. ( Amyris ambrosiaca,h.). Elle est en masses plus ou moins volumineuses, molles, onctueuses, devenant sèches et cassantes par le froid ou la vétusté, demitransparentes, blanc-jaunâtres, mêlées de points verdâtres, ou formées de larmes blanches, jaunes ou jaune verdâtre. Son odeur est forte, agréable, analogue à celle du Fenouil; sa saveur parfumée, d’abord douce, puis amère. L’alcool bouillant la dissout complètement ; en se refroidissant, le soluté laisse précipiter une résine blanche, opaque, légère et cristallisée, nommée Elèmine. L’élémi du Brésil est aujourd’hui rare dans le commerce.

L’Elémi en pains ou Elémi en roseaux est en masses triangulaires -aplaties, molles, opaques, verdâtres, pesant de 500 à 1000 grammes et enveloppées dans une feuille de

RÉSINE ÈLÈMt 419

Palmier. Ges masses ont une odeur de Fenouil très prononcée et une saveur amère.

L’origine de cette sorte est restée longtemps incertaine. On supposait qu’elle venait du Mexique et on l’attribuait à 1 ’Amyris elemifera,L. ( Am. Plumieri, DC ., Icica viridiflora, Aubl. ) ; on sait aujourd’hui qu’elle vient de la Nouvelle- Grenade, où elle est fournie par X Icica Carâna H. B. Iv.

L’Elémi en pains a été longtemps regardé comme Êlèmi faux ; il est rare dans le commerce.

L’Elémi de Manille, de beaucoup le plus commun aujourd’hui, est à peu près le seul que l’on importe en Angleterre et en France. Cette substance est fournie par un arbre des Philippines, où les naturels la nomment A hilo et les Espagnols Arbol à brea, c’est-à-dire, Arbre à poix , parce que sa résine sert au calfatage des navires.

L’xVbilo fut décrit par Blanco, qui le nomma Icica Abilo. Mais, selon Bennett, la description faite par ce botaniste ne se rapporte ni à un Barsera,' ni à un Amyris, ni à un Ca narium. Aussi Ilanbury et Bâillon émettent- ils des doutes sur sa détermination. Toutefois, Holmes et Bentley et Trimen attribuent l’Élémi de Manille au Canarium commune , L. ( C . Mehenbcthene , Gaertn. ; C, Z ephyrinum, Miq.).

L’Elémi de Manille se présente en masses molles, blancjaunâtre ou blanc grisâtre, ayant quelque ressemblance avec du miel blanc de qualité inférieure, ordinairement salies par des matières brunes ou rouges et par divers débris. Cette résine a une odeur poivrée assez forte, non désagréable, mêlée d’une odeur de citron et de fenouil, une saveur parfumée, piquante. Traitée par la benzine et examinée au microscope, elle se montre composée de cristaux en aiguilles, aisément dissociables. Elle se ramollit vers 100° et fond ensuite en une résine claire. Elle durcit par son exposition à l’air et se transforme en une matière moins odorante, jaune clair, d’aspect gras et à cassure lisse, conchoïdale, huileuse, avec quelques points blanchâtres : elle offre alors quelques uns des caractères de la Tacamaque jaune huileuse de Guibourt. Un spécimen, que nous avons sous les yeux, possède une odeur assez désagréable de Castoréum.

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L’Elémi de Manille a été analysé par divers chimistes, entre autres par Bonastre, Baup et Flückiger, qui l’ont trouvé composé d’une matière résineuse et d’une huile essentielle incolore, odorante, que Flückiger dit être fortement dextrogyre. Toutefois, H. Sainte-Glaire Deville, ayant examiné une essence provenant sans doute d’une autre sorte d’Élémi, l’a trouvée fortement lévogyre.

La matière résineuse contient, suivant Baup, plusieurs principes : 1° une résine (Brèine) soluble dans l’alcool froid, et cristallisable en prismes rhombiques obliques ; 2" une deuxième résine (Amyrine) soluble dans l’alcool bouillant; 3° une troisième résine (Bryoïdine) cristallisable en aiguilles soyeuses, fusible à 135° , soluble dans l’éther et dans 360 parties d’eau : 4° une matière ( Breidine ) cristallisable en prismes rhomboïdaux, fusible à 100° environ, soluble dans l’éther et dans 260 parties d’eau.

Flückiger a trouvé que l’Amyrine a pour formule : (G5 H8) 5 -f- H2 O et que la formule de la Bryoïdine est (G9 H8) 4 -4- 3 H2 O,

Autres sortes d’Ëléirti. — On trouve parfois, dans le commerce, diverses résines également appelées Èlémi. Telles sont les suivantes :

La Résine Elémi du Mexique, attribuée à Y Elaplirium elemiferum , Royle, arbre qui croît à Oaxaca (Mexique). Cette résine est en masses ou en fragments irréguliers, translucides ou plus souvent opaques, se ramollissant dans la bouche, comme le Mastic et dégageant une odeur térébenthinée agréable.

L’Elémi de Maurice, attribué au Colophonia Mauritiana, , DC., et qui, selon Hanbury, ressemble beaucoup à l'Elémi de Manille.

L'Élémi de Ceylan ou de l'Inde* dont nous avons un spécimen rapporté au Canariwn balsamiferum et étiqueté : « Résine Malakakoona, venant de Ceylan. » Celte résine est en fragments irréguliers, formés d'une matière d'un blanc grisâtre terne, semi-translucide, à cassure cireuse, rappelant celle du Bdellium et d'odeur térébenthinée» un peu analogue à celle de l'encens.

L’Elémi de l'Afrique orientale, considéré par Hanbury comme Y Èlémi oriental ou Elémi africain des anciens, est connu sous les noms de Lubdn Meycti et de Lubân Matti (ou Mattee). Il est fourni par le Yegaar (Boswellia Frereana, Birdw.), petit arbre des collines calcaires, situées à l'ouest du cap Gardafui.

Le Lubân Matti est obtenu par incisions. Il se présente sous forme de larmes ou de masses stalactiformes, soit entières, soit brisées.

TACAMAQUES

Lorsqu’elle est en masses, celte résine est recouverte d'une sorte de croûte blanche, d’aspect crayeux, surtout dans les anfractuosités et sur la face qui adhérait à l'arbre. Elle a une couleur jaune citrin clair, une saveur douce, térébenthineuse, une odeur citronnée agréable, avec une arrière-odeur d’Oliban. Sa cassure est translucide , et même transparente , conchoïdale, brillante, avec un éclat gras. Elle se dissout en grande par'.ie dans l’alcool à 85°. Flückigeren a retiré 3,1 0/0 d’une huile volatile lévogyre, ayant l’odeur de la drogue, offrant une densité de 0,856 à 4- 16° et composée d’un hydrocarbure de la formule G10 I11G, uni à une huile oxygénée.

Le Lubàn Matti paraît être surtout consommé en Orient, où il est usité en guise de Maslic. 11 arrive parfois en Europe, par les ports de l’Yémen, mêlé aux envois d’Oliban.

Tacamaques

Guibourt décrit, sous ce nom, un certain nombre de résines, dont la plupart ne se trouvent plus dans le commerce et qui sont fournies, les unes par des Guttifères, les autres par des Térébinthacées. Les Tacamaques des Guttifères ont été déjà décrites (V. t. II, p. 270). Celles qui proviennent des Térébinthacées sont les suivantes :

1° Tacamaque des Indes occidentales ou Tacamaque rougeâtre de Guibourt : en morceaux d'un jaune rougeâ tre ou jaune brun, bosselés, couverts d’une poussière jaune ou grise ; leur cassure est brillante, mais terne et blanchâtre par places. Cette gomme résine est soluble dans l’alcool; elle a une odeur forte et une saveur amère. Elle est attribuée à Y Elaphrium tomentosum, Jacq. (Amyris tomentosa , Spreng.).

2° Tacamaque jaune huileuse. — Cette sorte est rapportée au Lubàn Matti, par Hanbury, qui dit s’étre assuré, avecTaide de G. Planclion, de l’identité des deux drogues.

Or, selon Guibourt, la Tacamaque jaune huileuse est en morceaux demi-cylindriques, huileux ou plus souvent irréguliers, bosselés, couverts d’une poussière blanchâtre, avec des restes d’une écorce jaunâtre , mince ; ces morceaux ont une cassure huileuse, jaune, avec des points blanchâtres; leur odeur est aromatique, leur saveur douce, a peine amère. Cette substance se pulvérise d’abord, puis se Càuvet, Mat. méd. t. II. 24

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ramollit sous la dent; l’alcool la dissout presque complètement.

Cette description ne concorde guère avec celle que Hanbury fait du Lubân Matti, qu’il dit formé intérieurement par une substance 'parfaitement transparente , tandis que Guibourt y signale la présence de points blanchâtres. Il est vrai que Hanbury ajoute que certaines larmes de Lubân Matti offrent des débris d’une écorce mince, brune et papyracée. Nous avons sous les yeux trois spécimens pouvant être rapportés à la sorte décrite par Guibourt :

1° Une résine en larmes, dont la grosseur varie de celle d'un grain de Maïs à celle du pouce, toutes recouvertes d'une poussière blanchâtre et, les unes absolument transparen'es, avec une cassure vitreuse, les autres à peine translucides et à cassure terne, cireuse : ces dernières sont souvent salies par une matière noiràlre.

2° Une résine sans indication de provenance, const.tuée par une masse stalacliforme, ressemblant absolument au Lubân Matti et offrant, sur l'une de ses faces, un revêtement formé par une écorce très mince, papyracée, d"un jaune brun très clair, que recouvre, par places, un enduit blanchâtre, analogue à celui que l’on voit sur le Lubân Matti. Elle diffère de celui-ci, par sa cassure blanc jaunâtre, non transparente, sauf en quelques points, et offrant un éclat gras, brillant, comme vernissé.

3° Des fragments éliquetés : « Lubân Matti, importé comme sorte d'Oliban et reconnue par D. Hanbury comme un African Elemi ». Cetle résine est d'un jaune très clair, translucide et dégage une odeur agréable, un peu analogue à celle du Cumin. Elle diffère du Lubân Matti, en ce que la plupart de ses morceaux ont une cassure moins brillante, plus huileuse, moins transparente, quelquefois presque terne. Certains fragments offrent des débris d’une écorce brunâtre, identique à celle du spécimen n° 2.

La Tacamaque huileuse, regardée par quelques auteurs comme une sorte de Résine animé , est attribué à Y Icica decandra.

3° Tacamaque huileuse incolore, de Guibourt. Elle est, soit en bâtons semi- cylindriques, amincis à leurs extrémités, soit « en morceaux et en grains blancs ou d’un blanc jaunâtre, transparents, d’une odeur forte, agréable, d’une saveur d’abord parfumée, puis amère » (G. Planchon). Elle est fournie par plusieurs Icica de la Guyane, surtout

CARAGN1S

par Y I.guyanensis, Aubl. Elle paraît formée de deux résines cristallines (Bréanr, Icicane) et d’une résine amorphe (Colophane).

4°Tacamaque jaune terreuse, de Guibourt. C’est la sorte commerciale. Elle est en masses aplaties, parfois pourvues de débris d’écorces d’un gris noirâtre et comme farineuses en dehors, jaunes ou verdâtres, ondulées de zones blanches à l’intérieur ; son odeur est térébinthacée, sa saveur amère et âcre. Elle est fournie par Vie. heptaphylla, Aubl. L’alcool la dissout.

Une Tacamaque terreuse, que nous possédons, est d’un blanc grisâtre en dehors, plus blanche en dedans, où elle offre des zones blanches, séparées par de minces couches d’une matière jaune-soufre très clair. Ces zones sont traversées de stries fines, perpendiculaires aux faces. La cassure de ces morceaux de résine figure assez bien celle des croûtes calcaires, qui se déposent sur des parois verticales.

Caragne

Guibourt rapporte, d’après la Pharmacopée du Wurtemberg, que cette résine, d’abord tenace et ductile comme la poix, devient dure et fragile en vieillissant. Elle est d’un vert noirâtre, possède une saveur amère et dégage une odeur forte, agréable, surtout quand on la brûle. On l’apporte delà Nouvelle-Espagne, en morceaux cylindriques, enveloppés dans des feuilles de Roseau. Celle que l’on trouve dans le commerce se présente en morceaux irréguliers, d’un noir verdâtre, creusés de quelques anfractuosités et contenant des débris d’une feuille épaisse, à nervures droites, parallèles, qui ont laissé leur empreinte en certains points. Cette résine a une cassure terne, comme cireuse et une odeur forte, peu agréable, rappelant à la fois cellesdu Fenouil et du Fenu-grec. Guibourt l’attribue à VAniba guianensis , Aubl. H. Bâillon la rapporte à YAmyris Car aria , Humb.).

H. Bâillon cite, sous le nom de Ciragne blanche, une résine produite par Vie ica (Amyris, W.) allissima , Aubl., que l’on appelle vulgairement Iciquieii Cèdre de la Guyane.

424 LÉGUMINEUSES — PAPILIONACÈES

La résine du Cèdre de la Guyane se présente en morceaux de couleur blond foncé, translucides, fragiles, à cassure fortement conchoïdale, vitreuse et transparente. Elle se réduit aisément, sous les doigts, eu une poudre blanche, d’odeur un peu citronnée-thérébenthineuse. Nous ignorons l’usage de cette substance. Elle nous paraît pouvoir rem> placer la Colophane.

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