‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 115 sur 189 · PREUVES TIRÉES DE L*ÉPRECVB DE LA CAVITÉ DU TTHPAN DB WSXD · texte numérisé non relu

PREUVES TIRÉES DE L*ÉPRECVB DE LA CAVITÉ DU TTHPAN DB WSXD

ET DB WREDBN.

Wreden a le premier appelé l'attention sur ce fait que le tissa muqueux fœtal (gélatine fœtale, bouchon muqueux) qui, comme TrôIUch l'avait déjà prouvé (1838), remplit tout à fait les cavités do tympan du fœtus, disparait dans les premières heures qui suivent la naissance et que c'est ainsi que se forme la lumière de la cavité du tympan. Wend a trouvé (1) que la diminution du bouchon mo-

(1) Wend, De Téut de la cavité du tympan cbex le fœtus et le nouveau-Dé (iftA.|

LUNFANTICIDE. 547

deux et gélatineux et par suite la formalion de la lumière de la irité du tympan avaient lieu immédiatement après la production ) paissants mouvements respiratoires, parce que le milieu aspiré taîètre dans les cavités du tympan et chasse le bouchon muqueux. ilà Wend a tiré cette conclusion que dans le cas où Ton observe leore chez un nouveau-né le bouchon muqueux tout à fait déveipp6, il ne peut y avoir eu de respiration puissante et que, si BUe-ci a eu lieu, la cavité du tympan doit être libre et contenir imiliea (air, liquide amniolique, matières d'une fosse d*aisances) lui s'est trouvé précisément devant les orifices respiratoires, lorsque a premières inspirations se sont produites. L'importance médicoégale de ce fait est manifeste, et c'est un réel mérite pour Wend de ravoir signalée et d*avoir introduit ainsi l'épreuve par les cavités fei tympan dans la pratique médico-légale. Malgré cela ce serait liOp s'avancer que de prétendre que cette preuve est si importante pi^eUe égale la docimasie pulmonaire et qu'elle lui est môme supélisiire.

Nos expériences ont montré, en effet, que chez des enfants ■ort-nés, qui ont été examinés aussitôt et qui n'offraient pas de lignes d'une respiration anticipée, les cavités du tympan étaient rikctivement remplies de mucosités gélatineuses. Mais il s'est prfientéà nous quelques cas où nous avons trouvé la môme chose, Moi que les enfants eussent vécu notoirement hors de l'utérus et filb fussent morts un certain temps après. Ces cas concernaient le |lv souvent des enfants non venus à terme, bien que déjà viables, Aqui évidemment n'avaient respiré ni longtemps ni fortement ; Art pourquoi il semble que l'entrée du milieu aspiré dans la caiHéda tympan suppose des mouvements respiratoires assez inities ; c'est en effet ce qu'a observé Wend qui attribue cet effet liiqaement à de fortes inspirations. Toutefois, dans deux cas contBmanl deux enfants venus à terme et vigoureux qui furent tués hosédiatement après la naissance et dont les poumons se mon- Httni complètement remplis d'air, nous avons trouvé un état tout 'tût fœtal des cavités du tympan. Cependant nous avons constaté Ma lorsque l'enfant a fait, soit avant, soit après la naissance, des looTeinents respiratoires, les mucosités de la cavité du tympan

Bnikumàe, 1S73, p. 97). — E. Hofoiann, Vierttljahrsch, f. ger, Med., 1878, U, 336et2S8. — Wreden, t6tci., 1874, XXI. 208. — Blumeostock, \Vr. mtd. TVo* I87i, n» 40 et s. — Ogston, Med. Centralb/,, 1876, p. 144. — Il % ibid., 905.— H. Scbmalu, Arch. der BeUk, XVm, 2&7. — TrOluch Lekrà fr Ohrmheiik., 1877, 6* édit., 170.

disparaissent plus ou moins, et que la cavité du tympan contient le môme milieu que celui qui a ^té également aspiré par les poumons. Dans tous les cas où l'enfant avait respiré, excepté dans les deux cas cités plus haut, nous avons pu trouver dans l'oreille moyenne une cavité pleine d'air, qui était d'autant plus prononcée que l'enfant avait vécu et respiré plus longtemps.

De même, on a presque toujours pu retrouver dans les cafità du tympan, chez les enfants morts par asphyxie fœtale, les solh stances (liquide amniotique, méconium) qui ont pénétré dans lei voies respiratoires, à la suite de mouvements respiratoires préouturés. Toutefois il est à remarquer sous ce rapport que tous les liquides qui se trouvent dans la cavité du tympan ne doivent pas être considérés comme venus du dehors, que plus souvent les mucosités qui remplissent Toreille se liquéfient rapidement, et pour celte raison on trouve presque toujours sur les cadavres avancés, et sans exception sur les corps en putréfaction, la cavité du tympan remplie d*une sérosité sanguinolente; cette sérosité estdœà la dissolution colliquative du bouchon muqueux, et on y décontre avec le microscope des détritus et des globules de sang en voie de destruction. Naturellement ce liquide peut se trouver en combinaison avec un autre contenu. S'il a pénétré dans la cavité do tympan du liquide amniotique ou du méconium, on peut souvent reconnaître, môme à l'œil nu et en ouvrant la cavité du tympan, ces diverses substances à Télat de flocons blancs, jaunâtres oo verdâtres, qui, enlevées séparément et placées sous le microscope, font voir les parties constitutives de l'enduit sébacé (cellules épidermiques, gouttelettes graisseuses, cristaux de cholestérine, quelquefois des poils et, s'il y a du méconium, la substance colorante delà bile en amas ou cristaux de bilirubine). Des autres matières qu'(»i peut trouver dans les cavités du tympan nous citerons surtout des matières fécales dont nous avons constaté la présence sur deux enfants jetés dans les lieux d'aisances (p. 412). Il peut aussi y avoir une combinaison de plusieurs matières, c'est-à-dire de l'air avec des parties constitutives du liquide amniotique ou avec des matières des lieux d'aisances. Sous le premier rapport, nous ferons remarquer qu'on peut trouver quelques cellules épithéliales plates avec de l'air^ dans Toreille moyenne, chez des enfants qui ont respiré régulièrement. Ces cellules épithéliales proviennent évidemment d« la muqueuse de la cavité buccale; ce serait donc une erreur de conclure de la présence de ces épithéliums à une aspiration de liquide amniotique.

L*examen de la cavité du tympan se fait de la façon suivante : on sépare d'abord la dure-mère de la face antérieure du rocher qui regarde la fosse moyenne du crÂne et on détache avec des ciseaux la petite lame osseuse qui forme la voûte légèrement aplatie de la cavité du tympan. On aperçoit aussitôt les osselets, soit isolés, soit entourés d'un mucus gélatineux ou d*un autre liquide. Les matières contenues dans l'oreille peuvent être enlevées très facilement «Q les aspirant avec une pipette ; on les met de côté pour les exa- ■iner au microscope ; dans cet examen, il faut accorder une ittaition particulière à des flocons jaunâtres ou verdÂtres qui se voient même déjà à Tœil nu.

Air. n. — COMBIEN DE TEMPS l'ENFANT à-T-IL VÉCU APRÈS LA NAISSANCE.

La nécessité d'une solution spéciale de cette question résulte de k définition môme de l'infanticide. En effet, le Code pénal ne con- ■dère le meurtre d*un enfant par sa mère comme un infanticide, il ne le punit moins sévèrement, que dans le cas où ce meurtre a io lieu pendant ou immédiatement après la naissance. De là, il limite que le meurtre d'un enfant par la mère est considéré eomoie un meurtre ordinaire, quand il a été accompli un certain iMDps après la naissance. Le temps après la naissance, pendant bquel le meurtre d'un enfant par sa mère est encore considéré comme un infanticide, n'est fixé nulle part dans la loi. Mais, eomme nous l'avons dit plus haut (p. 698), puisque c'est principdement l'excitation anormale du corps et de l'esprit dans lafoelle se trouve l'accouchée qui est la raison pour laquelle notre Code pénal est plus indulgent pour Tinfanlicide, il en résulte fall ne peut être question d'infanticide qu'autant que persiste cet ilât d'excitation anormale. Quant à fixer un délai, cela est imposable à cause de la nature môme de cette excitation. De là vient fue les délais fixés par les Codes anciens sont si différents. D'après le Code pénal bavarois, le délai était de trois jours; d'après les Codes pénaux de Saxe, du Wurtemberg, de Braunschweig et de Kide, il était de vingt-quatre heures. Le Code pénal autrichien leloel, comme le projet de réforme du Code pénal et le Code ^énal allemand n'ont pas cru nécessaire de fixer un délai; mais il ot hors de doute que, malgré l'expression : « immédiatement après knaistanee » qui se rapporte évidemment au temps qui suit immédiatement la délivrance, le meurtre d'un enfant par sa mère serait considéré comme un infanticide, môme si celui-ci avait eu lieu

postérieurement, mais encore sous l'influence de Tétat anormal de corps et d'esprit produit par l'acte de raccoachement. L'observâ« tion nous apprend que ces meurtres tardifs se produisent très rarement et il faut juger ces cas d'une façon tout à fait concrète.

A la suite d*an cas de ce genre, le tribunal suprême par une décision du 7 jui 1854 déclara que dans tous les cas douteux de cette espèce, on derait ooosiiiltf des médecins compétents et leur demander si dans ces circonstances les prindpci médico- psychologiques permettent d*affirmer que l'accusée se trooTait encora n moment de la perpétration de Tacte dans cet état anormal qoe la loi soppon exister pendant l'accomplissement d'un infanticide (1). Le numéro 15 du Joarail

Gtreschtshalle » de l'année 1873 rapporte un cas où le meurtre d'un eoftol commis une heure après la délivrance, fut reconnu par le tribunal supérinr comme étant encore un simple infanticide.

Nous devons reconnaître qu'en général, l'excitation d'esprit causée par raccoachement peut encore exercer une influence sur les actions de l'accouchée plasiaon heures après la naissance. Cette influence ne pourrait ôtre admise qo*exceptioiinellement, quand il s'est écoulé un temps plus long^ et il faudrait motiver œtts exception par les circonstances particulières. Lorsqu'on a à apprécier des at pareils il ne faut pas perdre de vue que l'excitation morale, à cause de laqneOt la loi punit moins sévèrement l'infanticide que le meurtre ordinaire, est considérés par le législateur comme un état normal des femmes en couches, ou platdt àm femmes qui accouchent secrètement et ayant une durée variable, et qu'il ne s'agit pas ici d'influences pathologiques capables de modifier ou de supprimer la liberté de la volonté, car, s'il en était ainsi, il faudrait porter sur celles qai sobiaseat cette influence, un Jugement spécial et considérer leur état comme un état psj^<^ pathique dans le sens strict du mot.

Un enfant qui vient de naître est appelé notiveau-n^, et l'état dans lequel il se trouve Vétat de nouveau-né. Quand on examine des cadavres d'enfants dans les accusations d'infanticide, il s'agit précisément de savoir si ces corps portent les caractères distinctifs de cet état ou non. Dans ce but, il faut prendre en considération l'état interne et externe du cadavre.

§ 1**. — CARACTèSES EXTÉaiBUBS DB L'^AT DE IfOOVBAU-lltf.

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