V. — Sqnelette
Le squelette de l'enfant n'éprouve pas de modifications esmtielles dans les premiers jours qui suivent la naissance. Aussi peuton très-difficilement distinguer le squelette d'un enfant déjà âgé de plusieurs jours de celui d'un nouveau-né. Les squelettes d'enfants qui ont vécu de deux à quatre semaines après la naissance le reconnaissent en général à leur longueur qui dépasse celle dei squelettes de nouveau-nés; on les reconnaît surtout à la grosseur du noyau osseux des épiphyses inférieures des cuisses, dont le diamètre ne dépasse jamais neuf millimètres chez les nouveau-nés.
ART. lïl. — CAUSES DE LA MORT DE i/bNPANT.
Il est du devoir du médecin-légiste de prêter son attention, non seulement aux processus qui peuvent amener la mort de l'enOant après sa naissance, mais encore à ceux qui peuvent causer la mort avant la naissance ou pendant l'accouchement, d'autant plus que ce n'est que la connaissance de ces causes de mort et des signes qu'elles laissent sur le cadavre qui permet au médecin de diagnostiquer le genre de mort; car, comme il résulte de ce qoi précède, il n'est pas permis par l'absence seule de l'air dans les poumons de conclure avec certitude que l'enfant est né mort, comme on le fait malheureusement si souvent.
§ ]•'. — MORT DE L'ENPANT AVANT 8A NAISSAHCE.
Nous avons déjà établi, en parlant des causes de l'avortement spontané, dans quelle mesure les maladies de la mère ou de l'enfant, ou des processus pathologiques se produisant dans le placenta et dans le cordon ombilical peuvent produire la mort de l'enfant Nous avons appelé l'attention sur ce fait que c'est précisément ao moment où la viabilité commence, que la mort des fœtus est la
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plus fréquente. Celle-ci peut cependant aussi se produire dans les périodes ultérieures de la grossesse et môme vers la fin de celle dernière.
Il faut admettre, tant en théorie que par l'observation pratique, qu'un enfant peut être tué ou blessé avant sa naissance, sans que la mère en meure ; il est vrai que des cas de ce genre peuvent être mis au nombre des raretés curieuses et pour ce motif ne possèdent qu'une importance secondaire. On comprend cependant qu'on puisse tuer ou blesser un fœtus par le vagin, et cela non pas accidentellement, mais dans la même intention que celle que nous avons conilatée dans l'avortement mécanique. Des blessures faites à travers les parois du ventre et atteignant l'utérus, causent naturellement fai mort de la mère, ou la mettent en grand danger. Cependant Garlt (1) cite deux cas où la mère et l'enfant furent blessés, dans im cas par une faulx, et dans l'autre par une fourche, et où les mères restèrent en vie, tandis que les fœtus en moururent.
On s'explique facilement la production de lésions intra-utérines déterminées sur l'enfant par des instruments contondants qui auraient atteint le bas-ventre sans blesser le fœtus, si on se rappelle qu'il peut se produire des lésions graves d'organes internes et même des fractures d'os sans la moindre solution de continuité de la peau. Des coups violents sur le bas- ventre, et surtout des chutes d'un lieu élevé, peuvent amener ces lésions ; dans ce cas, elles affectent presque toujours la charpente osseuse. Cependant Gharcott (2) prétend avoir vu une rupture de la rate du fœtus à la suite d'une chute faite par la mère. Dietrich décrit également un cas où l'enfant d'une femme, qui dans la trente-sixième semaine de sa grossesse était tombée d'un escalier et était accouchée seize jours après, avait une plaie delà grosseur d'une pièce de deux sous sur les deux bosses frontales ; le bord de ces blessures était en voie de cicatrisation, et le fond était recouvert de belles granulations. En 1872, Tarnier (3) a présenté à la Société de chirurgie de Paris, un enfant âgé d'un jour, qui était venu au monde avec une cicatrice au sommet de la tête. La provenance de cette cicatrice resta inexpliquée ; cependant on émit cette supposition, entre
(1) Gurll, Veber intrauieri ne Verletzungen des fOtalen Knochengerûstes (Ifcnûtssch. fur Getmrttkunde, IX, 321, n* 401^ 1857.) — Voir de plus : Buchner, Lekrb,^ 2* édit., 429. — Bergmann, in Pitha-BUlroths Bandb., \%1d, 111, 86. — Casper Liman, /. c, II, 930.
(2) Cbarcott, Wurtemberg, correspond,, EL, 1838, p, 5. (S) Tarnier, Vnion médicale, 187*2, n<> 33.
autres, que la cicatrice pouvait provenir d*une tentative d*avorlement mécanique. Les lésions intra-utérines du squelette affectent principalement les os longs. On connaît un grand nombre de cas où des nouveau-nés avaient, en venant au monde, des fractures des os des extrémités en voie de guérison ou déjà guéries par os cal; il est vrai qu'on a pris souvent la mobilité des os provenant d'un défaut d'ossiGcation pour des fractures. Les lésions dei os du crâne du fœtus, d'origine traumatique, sont excessivement rares ; cependant il peut s'en produire, comme le prouve le cas cité par Maschka (1), concernant une jeune fille enceinte de huit mois qui avait sauté d'un deuxième étage et était morte six heures après : on trouva sur le fœtus plusieurs fractures des deux os da crâne, avec des extravasations. Un cas semblable est rapporté par Gurlt (2), qui en mentionne encore plusieurs autres où on obsem simplement des enfoncements des os du crâne; il fait observer au sujet de ces derniers qu'ils peuvent se produire à la suite d'une pression prolongée (contre la colonne lombaire ou la paroi da bassin), car on les a trouvés sur des enfants dont les mères n'avaient été victimes d'aucune violence pendant leur grossesse.
Les fœtus morts pendant la grossesse et surtout ceux qui sont morts par suite de causes naturelles, ne se séparent que rarement de la mère immédiatement après qu'ils ont cessé de vivre ; ils ne se détachent qu'au bout de quelque temps et viennent au monde dans un état de macération ou de putréfaction. Ces fœtus sont faciles à reconnaître, quand ils n'ont pas été modifiés ultérieurement par la putréfaction. Quand le fœtus mort a passé plusieurs jours ou même des semaines dans le ventre de la mère, il est remarquablement mou, ratatiné et très flexible dans toutes les articulations. L'épiderme est détaché par morceaux ou du moins facile à enlever. Le derme est imbibé et coloré en rouge brun ; cette couleur est répandue uniformément sur tout le corps, ou du moins sur de grandes parties de celui-ci et présente des nuances variées; elle est surtout remarquable sur les fœtus qui ne sont pas à terme. Le chorion est en outre humide et glissant. La tête est comme aplatie. Le cuir chevelu forme une espèce de sac lâche à travers lequel on sent les os du crâne détachés de leurs sutures et devenus mobiles. Les yeux et les conjonctives sont imbibés de sang. Le cou est mou comme une poche; la peau du ventre retombe sur les côtes et est molle et fiasque ; le cordon ombilical est imbibé
(1) Maschka, Prager Vierteljahrstch., 1856, IV, 105.
(2) Garlt, /. c, 349.
de sang, souvent aussi de bile. A rexamen interne nous trouvons toutes les parties molles et môme les cartilages imbibés de sang et colorés en un rouge brun sale, de nuances variées. Dans toutes les cavités on observe des transsudations séreuses, surtout dans les Cavités pleurale et péritonéale; les poumons sont vides d'air et flasques ; parfois des eccbymoses sous la plèvre ou le péricarde, comme rignes des mouvements respiratoires prématurés et de Taspbyxie ; ians les voies respiratoires du liquide amniotique qui peut, il est vnî, y être arrivé après la mort.
Ces signes sont d'autant moins prononcés, que la naissance a soivi de plus près la mort de Tenfant. Les enfants qui sont morts peu de temps avant le commencement de l'accouchement, ne peuvent guère se distinguer de ceux qui sont morts pendant la uîssance, surtout lorsque le cadavre n'est pas examiné immé<^ diâtement, ce qui arrive dans les cas judiciaires. Même la bosse tuiguîne de la tête ne prouverait pas avec une certitude absolue ^ la mort a eu lieu pendant la naissance ; car il se produit également une infiltration de la peau de la tête chez les enfants morts tftnt la naissance. Cette infiltration qui est due en partie à une kypostase, en partie à une transsudation postérieure à la mort, se forme très rapidement.
Cb général les fœtus morts pendant la grossesse naissent avec le placenta. Cela Mile le diagnostic, parce que souvent la cause de la mort, qui réside dans les ■ilsdiet du placenta ou dans les torsions du cordon ombilical, peut être trouvée pt un examen direct. L'ancien nom d^hydrt^px fœtus sanyuinotentus, que les au- Util anciens donnaient à la transsudation sanguine et séreuse qui se trouve orfinirement dans les cavités séreuses des fœtus macérés, ce nom, disons-nous, Foave que les modifications produites par la macération sont considérées parlâê comme des proce&sus pathologiques. H est arrivé en outre que la dislocation il b mobiUté des os du cràiie d'un fœtus mort et putréfié ont été considérées ciaaie les effets d*un traumatisme (1). D'un autre côté il est nécessaire de reluquer que des enfants vivants (I) nés avec du pempbigus, ont été pris pour ^ (ottoM morts et patréfiés (?) .
§ 2. — MORT DB l'bIIPANT PENDANT l'aCCOCCHBMBNT .
La naissance est un danger de mort pour l'enfant. Il semble qu'à
(1) ?oy. Ronssemu, Sur un cas de mort de renfant pendant le travail de VaC" ^emtktment (Annales d'Hyg, pubL, 1876, p. 492, tome XLVI.)
A Des cas de ce genre sont rapportés, in Annalen der Staatsanneikundef 1838, ^ &&S et par Hammer {Beob, ùber faultodie Frûchie mit Itetonderer Beryksichtiso« 6 FàUen seheittàar faultodten Frùchlen, Leipsiger Dissertation, IS70.
ce moment la vie des fœtus à terme ou proches du terme est pin menacée qu'auparavant. D'après une statistique exacte faite i Genève, sur 200 mort-nés, 146 (48 p. iOO) sont morts avant el 154 (52 p. 100) pendant la naissance. D'après- une autre statistique moins exacte faile en Belgique, Je nombre des fœtus morts avui la naissance était de 64 p. 100 tandis que celui des enfants morti pendant la naissance n'était que de 36 p. 100 (i). De même qoeb nombre des mort-nés est presque deux fois plus grand parmi kl enfants adultérins que parmi les enfants légitimes (2), de mèmeb nombre des enfants illégitimes, morts pendant la naissance, estptai grand que celui des enfants issus du mariage; cela est vrai sortMl des enfants qui ont été mis au monde secrètement et aaxqueb i manqué tout secours intelligent, qui aurait pu écarter la cause di danger de mort dans lequel l'enfant se trouvait, et sauver leiXMh veau-né en terminant rapidement raccouchement.
Pendant la naissance, il y a deux choses qui constituent on dai* ger pour Tenfant : i^ la cessation prématurée de la respiration pli» centaire ; 2^ la pression que subit la tête de Tenfant.