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VIOLENCES

S'agit-il de coït accompli avec violence, il y aura lieu de rechercher s'il est possible d'admettre que la personne a pu être forcée, et s'il y a moyen de constater sur une partie quelconque du corps des traces de violence.

On s'est demandé si une personne adulte, possédant toute son intelligence et bien constituée, pouvait être forcée par un seul homme à subir le coït. Les anciens médecins-légistes, tels que Paulus Zacchias (i), Hetzger (2), et même des sociétés médicales (3}, ont ré-

(1) P. Ztccbiis, Qucutionum med, leg., t. m.

(3)Met2;6r, System der ger, Amneiwissemtchaft 3. Aufl. |799, p. S3S.

(S) Die Lripïïiger medir, Facuttà*, Mende, toc, eitt I, 136.

pondu, plus ou moins catégoriquement par la négative, prétendant que si même la personne parvenait à être vaincue, Tintroduction du pénis pouvait facilement être empêchée par les mouvements da corps et surtout du bassin. Bien que ces assertions soient justes jusqu'à un certain point, on s'exposerait cependant à des erreurs graves, si on leur accordait une valeur absolue. Il faudra dans ces cas tenir compte des forces respectives de Thomme et de la femme. S'il est vrai qu'un homme faible ne puisse pas parvenir à violer une femme robuste, on ne peut cependant nier qu'un homme fortement constitué ne puisse venir à bout de subjuguer une fille peu développée et la forcer à subir le coït. Mais il ne faut pas oublier qu'une femme même assez forte, mais épuisée par la résistance même, par les douleurs et les violences, ainsi que par l'émotion, surtout la frayeur et la crainte d'un danger plus grand, peut être amenée après une lutte inutile soit à céder, soit à se trouver hors d'état de résister plus longtemps.

Il faut donc en général opposer la plus grande circonspection et les plus grandes réserves aux assertions de certaines femmes adultes et capables de résister qui prétendent avoir été violées, car l'expérience nous apprend qu'un grand nombre de ces assertions ne sont que de pures inventions.

Dans chacun de ces cas il faut rechercher les traces de violence et il est clair qu'on doit les trouver d'autant plus prononcées, que la résistance aura été plus longue et plus énergique. On peut constater des excoriations et des ecchymoses de la peau, plus rarement des lésions plus graves dont la constitution et le siège confirment plus ou moins les assertions de la plaignante. Casper a trouvé dans un cas, presqu'immédiatement après l'accomplissement d'un viol commis sur une jeune fille de faible constitution, outre une déchirure récente de i'bymen, des ecchymoses également récentes sur la face interne des cuisses au-dessus du genou, provenant manifestement de la pression des doigts, c'est-à-dire des efi'orts faits par le çpu* pable pour écarter les jambes de la jeune fille.

Par contre nous avons eu l'occasion d'observer un cas, concernant une jeune fille de 15 ans qui avait été violée et sur laquelle un premier médecin avait diagnostiqué des ecchymoses à la face interne des cuisses et prétendait qu'elles provenaient de la pression des doigts de l'accusé, tandis qu'à un examen plus attentif, on reconnut que ces taches n'étaient que des parties pigmentées de la peau, de forme semi-lunaire, telles qu'on les trouve souvent sur la face interne des cuisses et sur le bord inférieur du pli génito-cmral des

filles ou des femmes branes. Ces taches pigmentées sont souvent placées d'une façon tout à fait symétrique.

Gomme les traces de violence et de résistance sont en général assez faibles, on comprend que leur recherche ne donnera de résultat que dans les cas récents. Il en est de même des traces de lutte qu*on pourrait trouver sur le corps de Thomme. Il ne faut pourtant pas oublier de faire cette recherche, non seulement pour constater ces (races, mais encore pour juger de Tétat de son corps ou mieux de ses forces.

Il est inutile de démontrer que deux ou plusieurs hommes peuvent facilement vaincre la résistance d*une jeune ûlle même robuste. Pourtant, dans une affaire qui fut jugée à Vienne en 1872, il fut prouvé que-trois jeunes gens n*éiaient pas arrivés à violer une jeune fille de 18 ans, qu'ils avaient surprise sur une route.

§ 3. — VIOL SUR URB PERSONNE QUI A ÉTÉ MISE DANS CE BUT HORS d'ÉTAT

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