CHANCRE
1* Adénopathio constante (indolente, dure, persistante, généralement poly-gan gUonnalre . )
2* Base indurée.
3** Contours ne présentant jamais les 8cç;ments réguliersde petites circonférences propres à l'herpès.
1* Limitation moins rapide.
2" Cicatrisation plus lente en général.
1* Lésion absolument indolente, aprurigincuse.
2* Lésion souvent unique, ou multiple à un degré moindre que l'herpès.
:io Lésion en général plus étendue que l'herpès.
i* Lésion en général moins superficielle que Therpî's.
d'erreur : Coïncidence possible do Therpès et du chancre.
»U8 avons longuemenl insisté sur ce diagnostic parce que, en seine légale, il présente de réelles difficultés. Celles-ci avaient
déjà élé signalées en 1853 par Legendre (1) à propos d'un cas de présomplion de viol et son mémoire mérite d'être lu par les experts. Le diagnostic entre l'herpès vulvaire et les plaques muqueuses est quelquefois tout aussi difficile. Je rapporte ici un exemple qui permettra d'apprécier en présence de quelles incertitudes un expert peut se trouver placé. Dans ce cas, la petite fille avait des ulcératiou de la vulve, l'inculpé en avait une du gland, la petite fille était et pleine évolution dentaire et la muqueuse buccale était enflammée. On verra que nous avons dû procéder à des visites multiples et qui nous avons invoqué les lumières de M. Alfred Fournier avant di pouvoir donner au juge d'instruction des conclusions définitives.
Inculpation d'attentat à la pudeur commis le 29 octobre 18f8 par le nommé B. âgé de vingt et un ans sur la Jeune S, âgée de six ans et demi,
V* Rapport, — Examen de la jeune S, le il novembre 187$.
Cette petite fille âgée de six ans et demi est d'une intelligence très éreillée, elle est d'une constitution lymphatique, elle a une otorrbée chronique de roreilli gauche. Elle n'aurait Jamais eu d'autre maladie, elle n'en porte aucun sigM actuellement appréciable.
On ne trouve sur le corps ni écorchure, ni ecchymose, ni contusion, ni éropption.
l^s organes génitaux sont le siège d'une inflammation extrêmement Tive. Toutes les parties sont tuméfiées, les grandes lèvres forment de chaque côté de la vulve un bourrelet ayant le volume de deux doigts. La tuméfaction et uoe rougour vineuse s'étendent Jusqu'à l'anus et la partie moyenne de la fesse gaocbf. Du prépuce du clitoris à l'anus on trouve sur ce bourrelet œdémateux neaf pi* puies un peu dures, dont chacune a la largeur d'une grosse lentille assez saillante. Leur couleur est d'un rouge plus vif que celle des parties sur lesquelles elles reposent. Elles ne fournissent aucune sécrétion. Elles no sont pas ulcérées.
Les petites lèvres déplissées par le gonflement du tissu cellulaire sous-jaceot font partie du bourrelet des grandes lèvres. Le clitoris est tuméfié. L'orifice de l'urèthre est rouge et sensible au toucher. L'hymen n'est pas déchiré, les bordi do son orifice sont un peu gonflés.
Toutes ces parties sont le siège d'une sécrétion muqueuse, visqueuse, opaline, non purulente. Ces mucosités en se desséchant forment des croûtes jaun&tres» petites, qui constituent une ligne chassieuse sur le bord des grandes lèvres au point où cesso leur contact.
La miction et la défécation sont douloureuses. La marche est difficile.
Les ganglions des aines sont gonflés, un peu douloureux à la pression. Dans l'aine gauche on trouve un énorme ganglion qui a le volume d'une grosse boisette.
Au moment de mon examen la Jeune S. n'a pas de fièvre, la graod'mère madame M. nous affirme que depuis quelques Jours elle en a un peu vers le s^ir-
(1) Legendre, mémoire sur Pherpès de la vulve {Arch. gén, de Médecine, 5* »^ri«. 1853, t. n, p. 171.)
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